Vue normale

Le nouveau président colombien, pro-Trump, entame son mandat aujourd’hui 

7 août 2026 à 01:27

Abelardo de la Espriella a remporté de justesse en juin l’élection présidentielle en Colombie. 

Avocat et homme d’affaires d’extrême droite, il entre en fonction aujourd’hui.  

Mais il n’a pas attendu d’être officiellement à la tête du pays pour annoncer de grands changements. 

  • Fin juillet, il a affirmé qu’il comptait rompre toute relation diplomatique avec Cuba et le Nicaragua.

Joseph Bouchard, journaliste et chercheur québécois sur la politique de l’Amérique du Sud, explique à InfoBref que sa présidence constituera «un test majeur pour la solidité et la résilience des institutions démocratiques colombiennes».


Politique internationale 

Joseph Bouchard, doctorant en science politique à l’Université de Virginie, s’attend à ce que De la Espriella «s’en prenne aux institutions multilatérales, au droit international et aux droits de l’homme».

Il pourrait, dit-il, avoir recours à des politiques protectionnistes et à des sanctions ciblant certains secteurs, comme l’a fait Donald Trump. 

Par ailleurs, le nouveau président colombien va probablement «jouer un rôle de chien de garde pour Trump et la politique étrangère de la droite dans la région».

De la Espriella «rejoindra certainement l’administration Trump dans sa guerre contre la drogue, comme il l’avait promis durant sa campagne», note le chercheur.

  • Il soutiendra les frappes américaines dans les Caraïbes et le Pacifique visant des navires soupçonnés de transporter de la drogue.

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Politique économique et sociale 

De la Espriella devrait adopter une politique économique «libérale, voire libertarienne, proche de celle du président Javier Milei en Argentine». 

Le nouveau dirigeant colombien prévoit notamment de: 

  • privatiser les entreprises d’État; 
  • déréglementer de nombreux secteurs pour attirer les investissements étrangers et stimuler le commerce;
  • réduire les services sociaux et les programmes publics.

Éducation 

De la Espriella a déjà pris position contre l’enseignement public, y compris les universités de premier plan, affirme Joseph Bouchard.  

  • Cette position risque, selon lui, «d’entraîner une fuite des cerveaux et une baisse du nombre d’étudiants et de chercheurs étrangers». 

Il réduira probablement le financement alloué à la recherche, notamment dans les domaines de la biodiversité et du climat. 

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L’efficacité énergétique couterait trois à cinq fois moins cher que produire de la nouvelle électricité

6 août 2026 à 02:27

C’est économiquement rentable de réduire la consommation d’électricité pour nos besoins actuels afin de mieux répondre à nos besoins futurs, explique à InfoBref le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal.

Selon une étude commandée par le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique, dont Pierre-Olivier Pineau est un des auteurs: 

  • les économies d’énergie coutent en moyenne 3 cents le kilowattheure;
  • produire de l’électricité supplémentaire coute en moyenne 12 cents le kilowattheure.

Miser sur l’efficacité énergétique est donc plus rentable, constate Pierre-Olivier Pineau.

Les kilowattheures économisés peuvent de plus alimenter de nouveaux bâtiments, de nouvelles entreprises ou des véhicules. 

Par ailleurs, l’efficacité énergétique réduit la vulnérabilité du réseau, parce qu’elle n’ajoute pas de nouvelles infrastructures à entretenir. 

Pourtant, selon l’étude, 60% de l’énergie consommée par le secteur industriel est perdue sans être valorisée.


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Si l’efficacité énergétique est rentable, pourquoi n’est-elle pas plus mise en pratique? 

«L’un des éléments est qu’il faut investir de l’argent immédiatement pour des bénéfices qui n’arriveront que dans plusieurs années», répond le professeur. 

  • «Les gens préfèrent étaler sur 15 ans plutôt que de faire de gros investissements aujourd’hui», ajoute-t-il.   

Aussi, la mise en place de nouvelles technologies peut temporairement perturber les activités d’une entreprise. 

  • «Des travaux dans le bâtiment, personne n’aime ça.»

Par ailleurs, «ce n’est pas toujours facile de savoir à qui faire appel».  

  • «L’écosystème de l’efficacité énergétique est complexe». 

[Pour aller plus loin: Portrait de l’industrie de l’efficacité énergétique au Québec (PDF)]

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La plus récente éclosion de rougeole au Québec est terminée

3 août 2026 à 20:41

28 cas de rougeole ont été déclarés au Québec depuis le début de l’été.

Le dernier cas a été signalé le 1er juillet. 

Or, le ministère de la santé considère qu’une éclosion est terminée lorsque 32 jours se sont écoulés depuis le dernier cas.

Dans l’ensemble du Canada, plus de 1100 cas ont été déclarés depuis janvier. 

Marie-Pier Burelle, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada, a indiqué à InfoBref que le pays avait récemment connu «sa plus importante éclosion de rougeole depuis plusieurs décennies», mais que seule «une transmission limitée» persiste désormais.


Fin 2024, le Canada a vu une importante recrudescence de la rougeole à la suite de l’importation du virus au pays. 

  • L’éclosion qui s’est alors déclenchée a été la plus importante au pays depuis plusieurs décennies.  

«La transmission a atteint un sommet au printemps 2025, raconte Marie-Pier Burelle. Elle a touché principalement des personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées.» 

Le Canada a perdu en novembre 2025 son statut de pays ayant éliminé la rougeole, statut qu’il détenait depuis presque 30 ans.  


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«Les efforts soutenus de santé publique [des provinces, du fédéral et des municipalités] ont depuis permis de réduire considérablement le nombre de cas.»

Parmi les moyens déployés, Marie-Pier Burelle cite: 

  • la sensibilisation aux maladies évitables par la vaccination
  • la lutte contre la désinformation en matière de santé

Alors que le nombre de cas de rougeole atteint un sommet aux États-Unis, Marie-Pier Burelle reconnait que «le risque d’importation de cas au Canada par l’entremise des voyages internationaux demeure, particulièrement pendant les périodes de déplacements accrus [comme la saison estivale]».

  • Les voyageurs non vaccinés contre la rougeole risquent de la contracter à l’étranger, explique-t-elle, et ils peuvent introduire la maladie au Canada.

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Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée? 

29 juillet 2026 à 21:05

Les effets des réseaux sociaux sur les jeunes sont préoccupants et de plus en plus de pays adoptent des lois pour en restreindre l’accès aux mineurs.

Cette stratégie comporte toutefois plusieurs lacunes.

Ces lois sont difficiles à appliquer et elles peuvent avoir des effets imprévus sur les jeunes.  


Les dangers que posent les réseaux sociaux pour les jeunes sont bien connus. 

Une étude réalisée l’an dernier a révélé que les enfants qui y sont actifs sont deux fois plus susceptibles que les autres de présenter des symptômes de dépression ou d’anxiété. 

En réaction à ces préoccupations grandissantes, des pays ont décidé d’agir. 

L’Australie a été, en décembre 2025, le premier pays à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.  

La loi australienne exige maintenant des entreprises qu’elles prennent des mesures raisonnables pour empêcher les jeunes d’utiliser leur plateforme.

La France a adopté en juillet une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. 

Cette mesure s’appliquera dès septembre pour les nouveaux comptes. 

Les comptes existants devront être fermés d’ici janvier prochain.


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Difficile à mettre en place

L’application de ces lois est toutefois plus compliquée qu’il n’y parait, selon un rapport sur les effets de la nouvelle réglementation australienne.  

Les auteurs ont constaté que 7 parents sur 10 affirmaient que leur enfant avait toujours un compte sur Facebook, Instagram, Snapchat ou TikTok. 

  • Dans 67% des cas, les jeunes avaient conservé l’accès à l’application parce que l’entreprise n’avait pas encore vérifié leur âge.

Un rapport de l’organisme britannique Internet Matters montre que les méthodes utilisées pour vérifier l’âge, comme la reconnaissance faciale, la vérification par une organisation indépendante ou la demande d’une pièce d’identité officielle, sont loin d’être infaillibles. 

Près de la moitié des enfants britanniques interrogés pour le rapport considéraient qu’il était facile de contourner ces méthodes de vérification.

Les jeunes étaient particulièrement imaginatifs. 

  • Une mère a raconté avoir surpris son fils qui se dessinait une moustache avec un crayon à maquillage pour tromper, avec succès, une application.

Des effets pervers

Par ailleurs, ces lois peuvent avoir des conséquences imprévues.

D’abord, la vérification de l’âge implique dans certains cas une collecte de données sur les mineurs, une mine d’informations personnelles attirante pour les cybercriminels. 

De plus, l’interdiction pure et dure des réseaux sociaux peut placer les jeunes dans des situations difficiles, selon Andrée-Anne Légaré, professeure au Service sur les dépendances de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. 

Un enfant victime de cyberintimidation ou témoin d’une vidéo traumatisante pourrait, explique-t-elle, hésiter à en parler à un parent ou un adulte parce qu’il craint de se faire réprimander.


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Utilité des réseaux sociaux

Mais surtout, les réseaux sociaux ne sont pas qu’un endroit pour se divertir. 

C’est aussi un espace pour socialiser, apprendre et trouver de l’information, souligne Claudia Del Pozo dans un article publié sur le site du magazine Wired

La vie numérique constitue une extension de la vraie vie, mentionne-t-elle. 

Autres moyens d’action

La solution ne serait donc pas, selon elle, d’interdire les réseaux sociaux, mais plutôt de s’assurer que ces plateformes sont sécuritaires. 

Elle cite l’exemple du Brésil qui demande aux entreprises: 

  • d’incorporer des contrôles parentaux accessibles; 
  • de réduire les caractéristiques addictives; 
  • d’être plus transparentes sur le fonctionnement de leurs algorithmes.

Aussi, l’éducation a un rôle à jouer puisqu’il est important de développer la littératie numérique des jeunes dans les écoles, insiste Claudia Del Pozo.

[L'article Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée?  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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