Russia and Ukraine: Societies transformed by war (article publié par The Brookings Institution)
On pense souvent la guerre comme un moment profondément transformateur, qui modifie les logique sociales et rebat les cartes, modifiant les statuts sociaux, introduisant de nouvelles pratiques et de nouvelles relations avec l’État. Bien sûr, cela est vrai à bien des égards. Il n’y a rien d’ordinaire à vivre sous les bombardements, à prendre les armes ou à se mobiliser pour combattre. Cependant, la sociologie des sociétés en guerre démontre que les comportements en temps de guerre sont fortement ancrés dans les dynamiques sociales en temps de paix. Les transformations en temps de guerre sont enracinées dans les expériences sociales, l’histoire et les valeurs préexistantes.
Les analystes s’appuient souvent sur des schémas binaires familiers lorsqu’ils comparent la Russie et l’Ukraine : autoritarisme contre démocratie, cercle restreint vieillissant autour de Poutine contre jeune leadership ukrainien, agression contre résistance, et répression contre mobilisation. Mon analyse adopte une perspective différente, en explorant trois dimensions clés qui façonnent l’évolution des deux sociétés : l’importance de l’adaptation en tant que compétence sociale fondamentale ; la relation des citoyens à l’État ; et l’évolution des perceptions de soi et de l’autre.
A lire dans cet article (en anglais) pour lequel je remercie The Brookings Institution, et qui reprend les idées exprimées lors de la conférence que j’ai donnée dans le cadre de la 21e Raymond Aron Lecture à Washington DC le 5 juin dernier.