Agression à Saint-Gabriel : un accusé est libéré

Après avoir entendu les arguments des deux parties lundi (26 octobre), la juge de la Cour du Québec, Célestina Almeida, à accepter, ce mardi (27 octobre), de remettre en liberté de Mathias Charafeddine, 18 ans, de Shawinigan, un des cinq individus arrêtés dans la nuit du 4 au 5 octobre dernier à la suite d’une introduction par effraction survenue dans une résidence de la rue Principale à Saint-Gabriel-de-Rimouski.
Ce dernier suivra une thérapie fermée de six mois au Centre l’autre côté de l’ombre, à Bécancour, pour ses problèmes de toxicomanie.
« J’ai pris connaissance de l’ensemble de la preuve. La présomption d’innocence doit s’appliquer, même s’il est certain qu’il se trouvait sur place. J’ai des réserves à l’effet que sa participation soit aussi élevée que le prétend le ministère public. Il y a beaucoup de contradictions dans les témoignages », mentionne la magistrate.
La juge se dit convaincu que l’accusé a un problème de consommation important. Elle estime que sa criminalité est en lien avec cette dépendance.
« Le plan de sortie proposé par la défense est sérieux en raison du jeune âge de l’accusé et du fait que sa conjointe des deux dernières années soit enceinte. Il dit vouloir se responsabiliser pour son enfant. Vous êtes sur la ligne. La balle est dans votre camp. Je vais vous donner une chance et accepter de vous remettre en liberté pour suivre une thérapie. Prenez cette chance. C’est le temps de changer votre vie. Si vous quittez la thérapie, vous devrez vous constituer prisonnier au poste de police le plus proche ».
Charafeddine reviendra en cour le 25 janvier 2027 pour son orientation et déclaration, c’est-à-dire l’enregistrement d’un plaidoyer.
Retour sur l’enquête caution
L’avocate de l’accusé, Me Caroline Bérubé, proposait un plan de sortie pour son client afin qu’il puisse suivre une thérapie fermée en matière de toxicomanie. Elle estime que la société ne serait pas menacée par la libération de son client pour aller suivre une thérapie.
La procureure de la Couronne, Me Frédérique Audet, n’était pas du même avis. Elle a fait valoir que l’accusé n’a pas respecté ses conditions imposées par les tribunaux jusqu’à maintenant.
Me Audet souligne qu’il était sous des conditions de mise en liberté au moment des événements comprenant notamment un couvre-feu entre 22 h et 6 h et que cela ne l’a pas empêché de se trouver à Saint-Gabriel-de-Rimouski dans la nuit du 4 au 5 octobre.
L’accusé a débuté trois thérapies sans les compléter à 15 et 16 ans. Il a mentionné consommer depuis l’âge de 13 ans.
« La toxicomanie est un facteur important dans la criminalité de mon client. Il faut régler ce problème pour que la criminalité cesse. Il sera père et il est maintenant plus mature. Il a choisi une thérapie de longue durée sans droit de visite avant quatre mois. Ça prouve qu’il est sérieux dans sa démarche », a plaidé Me Bérubé.
« La preuve démontre le contraire. Il a été arrêté alors qu’il a brisé des conditions. Son parcours démontre un non-respect constant des règes. Il serait lié à une organisation criminelle, ce qui est inquiétant. Il a de la difficulté à respecter un cadre. Il s’est présenté à Saint-Gabriel dans un contexte de règlement de compte. Les probabilités de condamnations à l’une des accusations les plus graves du code criminel (invasion de domicile pour y commettre des voies de faits armées) sont importantes et elles justifient la détention de l’accusé pendant la processus judiciaire », argue Me Audet, pour le ministère public.
Deux nouveaux chefs d’accusation
Avant l’enquête sur remise en liberté, le ministère public a ajouté deux chefs d’accusation contre l’accusé, soit d’avoir brisé les conditions de sa mise en liberté, le 5 octobre à Saint-Gabriel, en ne se trouvant pas à sa résidence de Shawinigan entre 22 h et 6 h, ainsi que de s’être déguisé en portant une cagoule dans l’intention de commettre un acte criminel.
Charafeddine était déjà accusé d’introduction par effraction dans une maison d’habitation et d’y avoir commis un acte criminel, soit des voies de fait armées. Il est détenu depuis son arrestation le 5 octobre.
Rappelons que vers 3 h 30 dans la nuit du 5 octobre, les policiers de la Sûreté du Québec sont intervenus sur la rue Principale à Saint-Gabriel-de-Rimouski à la suite d’une introduction par effraction dans une résidence.
Selon les premiers éléments de l’enquête, des suspects se seraient introduits dans l’habitation avant d’agresser les deux occupants. Les victimes, un homme et une femme dans la quarantaine, ont subi des blessures importantes et ont été transportés à l’Hôpital régional de Rimouski.
L’enquête policière a permis d’établir que cet événement ne serait pas attribuable au hasard. « Les informations recueillies jusqu’à maintenant indiquent plutôt que les victimes auraient été visées de façon spécifique », mentionne le corps policier.






























































