La maison-mère de Facebook et Instagram était accusée par une quarantaine d’États américains d’avoir conçu ses réseaux sociaux pour les rendre addictifs auprès des jeunes.
L’entreprise américaine s’est entendue hier avec les États pour qu’ils mettent fin à leurs poursuites en acceptant de:
les payer, à certaines conditions, jusqu’à 16,7 milliards $US d’ici 2035;
limiter l’accès des jeunes de ces États à ses réseaux sociaux.
Dans ces États, les moins de 18 ans ne pourront désormai
La maison-mère de Facebook et Instagram était accusée par une quarantaine d’États américains d’avoir conçu ses réseaux sociaux pour les rendre addictifs auprès des jeunes.
L’entreprise américaine s’est entendue hier avec les États pour qu’ils mettent fin à leurs poursuites en acceptant de:
les payer, à certaines conditions, jusqu’à 16,7 milliards $US d’ici 2035;
limiter l’accès des jeunes de ces États à ses réseaux sociaux.
Dans ces États, les moins de 18 ans ne pourront désormais accéder à Facebook et Instagram:
La cour de l’école des Cheminots–de-Saint-Rémi de Price s’apprête à changer de visage. Près d’une centaine d’élèves participeront, le 3 septembre prochain, au retrait de 150 mètres carrés d’asphalte afin de faire place à un nouvel espace vert.
L’activité de dépavage collectif s’inscrit dans le projet Sous les pavés, une démarche du Centre d’écologie urbaine coordonnée dans la région par l’Organisme des bassins versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent.
Les élèves ont participé à la concept
La cour de l’école des Cheminots–de-Saint-Rémi de Price s’apprête à changer de visage. Près d’une centaine d’élèves participeront, le 3 septembre prochain, au retrait de 150 mètres carrés d’asphalte afin de faire place à un nouvel espace vert.
L’activité de dépavage collectif s’inscrit dans le projet Sous les pavés, une démarche du Centre d’écologie urbaine coordonnée dans la région par l’Organisme des bassins versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent.
Les élèves ont participé à la conception du nouvel aménagement au printemps dernier.
« Tout juste après la rentrée, ils passeront à l’action en retirant eux-mêmes les morceaux d’asphalte », souligne l’organisme dans une publication sur Facebook.
Des arbres, des arbustes et des plantes vivaces s’ajouteront afin de transformer cette portion de la cour d’école. Le projet vise notamment à diminuer les effets des îlots de chaleur et à offrir un espace plus vert aux élèves et à la communauté.
Énergie et enthousiasme
Les premiers travaux de découpe et de concassage de l’asphalte sont déjà amorcés.
« Ils donnent le coup d’envoi à un aménagement qui prendra vie grâce à leur énergie (des élèves) et leur enthousiasme », indique l’Organisme des bassins versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent.
L’activité du 3 septembre commencera à 9 h 30 à l’école des Cheminots–de-Saint-Rémi. En cas de forte pluie, elle se tiendra le lendemain.
Le projet est réalisé avec la collaboration de la Municipalité de Price, de la MRC de La Mitis, des Jardins de Métis, du Groupe Lebel et du député sortant de Matane-Matapédia-Mitis, Pascal Bérubé.
La troisième phase de Sous les pavés bénéficie également du soutien financier du gouvernement du Québec, dans le cadre du programme Action-Climat Québec, ainsi que du Groupe Banque TD.
À quelques semaines de sa 13e présentation, prévue le 19 septembre, le Challenge Vélo Plein Air ajoute une nouvelle façon de soutenir la Maison Marie-Élisabeth avec la mise en place d’un tirage 50/50.
Le prix des billets a été fixé à 40 $. La cagnotte de départ s’élève à 3 000 $ grâce à des contributions de Vélo Plein Air, du Groupe Ouellet Bolduc et de Plomberie Robert Deschênes.
La personne gagnante remportera la moitié de la somme finale, tandis que l’autre moitié ira à la Maison Marie-
À quelques semaines de sa 13e présentation, prévue le 19 septembre, le Challenge Vélo Plein Air ajoute une nouvelle façon de soutenir la Maison Marie-Élisabeth avec la mise en place d’un tirage 50/50.
Le prix des billets a été fixé à 40 $. La cagnotte de départ s’élève à 3 000 $ grâce à des contributions de Vélo Plein Air, du Groupe Ouellet Bolduc et de Plomberie Robert Deschênes.
La personne gagnante remportera la moitié de la somme finale, tandis que l’autre moitié ira à la Maison Marie-Élisabeth. La cagnotte continuera d’augmenter jusqu’au 27 septembre. Le tirage aura lieu le lendemain, à 17 h.
Le tirage est ouvert à tous, qu’il s’agisse d’anciens participants, de proches, de partenaires, de bénévoles ou simplement de personnes qui souhaitent appuyer la mission de l’organisme.
Cette 13e présentation se déroulera sous la présidence d’honneur d’Annie Théberge, de Pharmacie Brunet. L’objectif de la campagne de financement a été fixé à 50 000 $.
Les cyclistes pourront encore choisir entre la route et la montagne. Deux trajets routiers d’environ 80 kilomètres permettront de rejoindre le parc du Mont-Comi. En vélo de montagne, les participants parcourront des sentiers forestiers sur une distance d’environ 50 kilomètres.
Les organisateurs et partenaires du 12e Challenge Vélo Plein Air ont amassé 53 605$, surpassant l’objectif établi à 40 000$ (Photo courtoisie Carol-Ann Guy)
Le coût d’inscription demeure fixé à 50 $ et comprend notamment un vêtement technique aux couleurs de l’événement ainsi qu’un goûter à l’arrivée. Chaque participant doit également recueillir au moins 250 $ pour la Fondation Maison Marie-Élisabeth.
La Fondation Jack Herbert remettra aussi le prix Endurance, instauré il y a cinq ans, à un participant reconnu pour sa fidélité au Challenge Vélo Plein Air, sa persévérance et son engagement envers la Maison.
La Maison Marie-Élisabeth offre gratuitement des soins palliatifs aux personnes en phase terminale depuis plus de 16 ans. Elle doit recueillir plus de 1 M$ chaque année afin de poursuivre sa mission.
La propriétaire de La Boucherie Centre-Ville, à Trois-Pistoles, Renée LeBlanc-Paulin, a reçu la Médaille de la députée pour son implication dans l’achat local et le développement d’une filière régionale de la viande.
La distinction lui a été remise par la ministre du Tourisme et députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, Amélie Dionne.
Celle que l’on surnomme « La bouchère de Trois-Pistoles » travaille avec des carcasses entières provenant de producteurs de la région. Deux bovins
La propriétaire de La Boucherie Centre-Ville, à Trois-Pistoles, Renée LeBlanc-Paulin, a reçu la Médaille de la députée pour son implication dans l’achat local et le développement d’une filière régionale de la viande.
La distinction lui a été remise par la ministre du Tourisme et députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, Amélie Dionne.
Celle que l’on surnomme « La bouchère de Trois-Pistoles » travaille avec des carcasses entières provenant de producteurs de la région. Deux bovins sont découpés chaque semaine dans son commerce avant que la viande soit vendue directement aux consommateurs.
Cette façon de faire permet notamment de réduire le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le client. Renée LeBlanc-Paulin est également copropriétaire de l’abattoir du Groupe ADEL, à Sainte-Luce, et défend depuis plusieurs années le développement des circuits courts dans l’Est-du-Québec.
« Je suis très heureuse de recevoir cette distinction. Même si je fais mon travail par passion et par conviction, c’est toujours gratifiant de voir ses efforts reconnus », souligne-t-elle dans un communiqué.
Son engagement dépasse toutefois les activités de sa boucherie.
« Pour moi, c’est une véritable fierté au quotidien de contribuer à l’achat local et au développement du marché de la viande d’ici, en participant à ce maillon important de la chaîne, de la production à l’abattage, dans notre région. »
Documentaire sur son travail
Le parcours de Renée LeBlanc-Paulin et son modèle d’affaires sont également au cœur du documentaire La bouchère de Trois-Pistoles.
La production s’intéresse au travail d’un groupe de femmes actives à différentes étapes de la filière alimentaire, de l’élevage à la transformation, en passant par l’abattage et la cuisine.
Selon une étude menée par un chercheur de l’Université de Montréal et publiée par l’Institut de recherche sur le Québec:
En 1974, 12,5% des emplois fédéraux étaient exclusivement francophones.
En 2024, 50 ans plus tard, la proportion est tombée à 3,2%.
L’auteur souligne que la grande majorité des postes en français ont été transformés en postes bilingues exigeant l’anglais.
[L'article La fonction publique fédérale aurait perdu la majorité de ses postes en français a d'abord été
Depuis la publication de The Anxious Generation, en 2024, le psychologue social Jonathan Haidt est devenu l’une des principales voix accusant les téléphones intelligents et les réseaux sociaux d’avoir contribué à la crise de santé mentale chez les adolescents. Mais le psychologue Peter Gray propose maintenant une autre lecture. Selon lui, le problème viendrait surtout […]
Depuis la publication de The Anxious Generation, en 2024, le psychologue social Jonathan Haidt est devenu l’une des principales voix accusant les téléphones intelligents et les réseaux sociaux d’avoir contribué à la crise de santé mentale chez les adolescents. Mais le psychologue Peter Gray propose maintenant une autre lecture. Selon lui, le problème viendrait surtout […]
Cinq citoyens de La Mitis ont reçu la Médaille du député de l’Assemblée nationale de la part de Pascal Bérubé pour leur engagement et leur contribution au développement de la circonscription.
La distinction a été remise à l’un des bâtisseurs et défenseurs du développement des communautés rurales, Pierre Dufort, à la cofondatrice du Salon de la littérature de Mont-Joli, devenu le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture, Liz Fortin, à l’ex-présidente et directrice générale du CIS
Cinq citoyens de La Mitis ont reçu la Médaille du député de l’Assemblée nationale de la part de Pascal Bérubé pour leur engagement et leur contribution au développement de la circonscription.
La distinction a été remise à l’un des bâtisseurs et défenseurs du développement des communautés rurales, Pierre Dufort, à la cofondatrice du Salon de la littérature de Mont-Joli, devenu le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture, Liz Fortin, à l’ex-présidente et directrice générale du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, au membre de la Garde côtière auxiliaire canadienne, Ted Savage, ainsi qu’à celle qui a réalisé 400 dons de sang et de plasma à Héma-Québec, Jeanne-Mance Vaillancourt. Une cérémonie s’est tenue ce lundi 24 août, à Mont-Joli.
« Je suis très ému. Ce qui relie les cinq récipiendaires, c’est l’engagement collectif et pour les autres. Ce sont des Mitisiennes et des Mitisiens qui ont, soit dans leurs fonctions professionnelles ou dans leur engagement associatif, inspiré des gens. L’objectif, avec cette cérémonie, est d’inspirer d’autres personnes à s’engager. Je pense que j’ai bien choisi les personnes et j’en ai fait découvrir », exprime le député Pascal Bérubé.
Apport exceptionnel à la collectivité
La Médaille du député vise notamment à reconnaître des personnes, des organismes et des entreprises qui se démarquent par leur apport exceptionnel à la collectivité, que ce soit dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la culture, du sport ou du développement régional. Selon monsieur Bérubé, cet honneur n’est pas remis souvent afin qu’il conserve sa valeur.
Isabelle Malo a consacré plus de 40 ans au réseau de la santé. Première PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent, elle s’est distinguée par son leadership, son humanisme et son engagement envers l’accessibilité des soins et services à la population indique le député.
Isabelle Malo reçoit sa médaille des mains du député. (Photo courtoisie)
« C’était inattendu pour moi. Je reçois cet honneur avec beaucoup d’humilité. Quand nous travaillons en santé et services sociaux, nous sommes habitués à donner et les demandes sont infinies. De recevoir cet honneur, ça me touche beaucoup », mentionne madame Malo.
John Edward « Ted » Savage, de Métis-sur-Mer, s’est démarqué par son leadership en recherche et sauvetage maritime. Membre très actif de la Garde côtière auxiliaire, il a contribué à la sécurité des citoyens.
Monsieur Savage a joué un rôle majeur dans le développement des capacités de recherche et sauvetage maritime. Il a occupé de nombreuses fonctions, notamment comme sauveteur, capitaine, instructeur, commandant de l’unité de Rimouski et directeur de la zone Bas-Saint-Laurent–Gaspésie.
« C’est grâce au fait que nous avons l’appui de la communauté, c’est une responsabilité partagée. J’ai déménagé de Montréal à La Mitis en 2005. La Mitis est mon refuge. Le sauvetage nautique a commencé dans la région en 1995. Nous avons amélioré le service et notre capacité de répondre. Nous sommes maintenant très bien équipés. »
400 dons
Citoyenne de Sainte-Luce, Jeanne-Mance Vaillancourt fera son 400e don de sang et de plasma le 8 septembre prochain. Ambassadrice dévouée d’Héma-Québec, elle inspire depuis des années la générosité et l’engagement envers le don de vie.
Liz Fortin a consacré sa vie à l’éducation et au développement culturel. Elle a été présidente du Regroupement culturel de Sainte-Flavie et est gestionnaire bénévole de la bibliothèque Olivar-Asselin depuis plus de 25 ans. La citoyenne a multiplié les initiatives favorisant l’accès à la lecture, aux arts et à la culture, auprès des familles, des jeunes et des aînés.
Pierre Lefort a été honoré par le député de Matane-Matapédia. (Photo courtoisie)
Finalement, Pascal Bérubé a qualifié Pierre Dufort de figure emblématique de l’engagement citoyen et du développement rural dans l’Est-du-Québec. Il a consacré une grande partie de sa vie à défendre les intérêts des communautés rurales et à promouvoir leur vitalité. Ancien maire de Padoue, monsieur Dufort a été une figure marquante du mouvement des Opérations Dignité. Il a participé activement à la mobilisation citoyenne des années 1970.
Cinq citoyens de La Mitis ont reçu la Médaille du député de l’Assemblée nationale de la part de Pascal Bérubé pour leur engagement et leur contribution au développement de la circonscription.
La distinction a été remise à l’un des bâtisseurs et défenseurs du développement des communautés rurales, Pierre Dufort, à la cofondatrice du Salon de la littérature de Mont-Joli, devenu le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture, Liz Fortin, à l’ex-présidente et directrice générale du CIS
Cinq citoyens de La Mitis ont reçu la Médaille du député de l’Assemblée nationale de la part de Pascal Bérubé pour leur engagement et leur contribution au développement de la circonscription.
La distinction a été remise à l’un des bâtisseurs et défenseurs du développement des communautés rurales, Pierre Dufort, à la cofondatrice du Salon de la littérature de Mont-Joli, devenu le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture, Liz Fortin, à l’ex-présidente et directrice générale du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, au membre de la Garde côtière auxiliaire canadienne, Ted Savage, ainsi qu’à celle qui a réalisé 400 dons de sang et de plasma à Héma-Québec, Jeanne-Mance Vaillancourt. Une cérémonie s’est tenue ce lundi 24 août, à Mont-Joli.
« Je suis très ému. Ce qui relie les cinq récipiendaires, c’est l’engagement collectif et pour les autres. Ce sont des Mitisiennes et des Mitisiens qui ont, soit dans leurs fonctions professionnelles ou dans leur engagement associatif, inspiré des gens. L’objectif, avec cette cérémonie, est d’inspirer d’autres personnes à s’engager. Je pense que j’ai bien choisi les personnes et j’en ai fait découvrir », exprime le député Pascal Bérubé.
Apport exceptionnel à la collectivité
La Médaille du député vise notamment à reconnaître des personnes, des organismes et des entreprises qui se démarquent par leur apport exceptionnel à la collectivité, que ce soit dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la culture, du sport ou du développement régional. Selon monsieur Bérubé, cet honneur n’est pas remis souvent afin qu’il conserve sa valeur.
Isabelle Malo a consacré plus de 40 ans au réseau de la santé. Première PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent, elle s’est distinguée par son leadership, son humanisme et son engagement envers l’accessibilité des soins et services à la population indique le député.
Isabelle Malo reçoit sa médaille des mains du député. (Photo courtoisie)
« C’était inattendu pour moi. Je reçois cet honneur avec beaucoup d’humilité. Quand nous travaillons en santé et services sociaux, nous sommes habitués à donner et les demandes sont infinies. De recevoir cet honneur, ça me touche beaucoup », mentionne madame Malo.
John Edward « Ted » Savage, de Métis-sur-Mer, s’est démarqué par son leadership en recherche et sauvetage maritime. Membre très actif de la Garde côtière auxiliaire, il a contribué à la sécurité des citoyens.
Monsieur Savage a joué un rôle majeur dans le développement des capacités de recherche et sauvetage maritime. Il a occupé de nombreuses fonctions, notamment comme sauveteur, capitaine, instructeur, commandant de l’unité de Rimouski et directeur de la zone Bas-Saint-Laurent–Gaspésie.
« C’est grâce au fait que nous avons l’appui de la communauté, c’est une responsabilité partagée. J’ai déménagé de Montréal à La Mitis en 2005. La Mitis est mon refuge. Le sauvetage nautique a commencé dans la région en 1995. Nous avons amélioré le service et notre capacité de répondre. Nous sommes maintenant très bien équipés. »
400 dons
Citoyenne de Sainte-Luce, Jeanne-Mance Vaillancourt fera son 400e don de sang et de plasma le 8 septembre prochain. Ambassadrice dévouée d’Héma-Québec, elle inspire depuis des années la générosité et l’engagement envers le don de vie.
Liz Fortin a consacré sa vie à l’éducation et au développement culturel. Elle a été présidente du Regroupement culturel de Sainte-Flavie et est gestionnaire bénévole de la bibliothèque Olivar-Asselin depuis plus de 25 ans. La citoyenne a multiplié les initiatives favorisant l’accès à la lecture, aux arts et à la culture, auprès des familles, des jeunes et des aînés.
Pierre Lefort a été honoré par le député de Matane-Matapédia. (Photo courtoisie)
Finalement, Pascal Bérubé a qualifié Pierre Dufort de figure emblématique de l’engagement citoyen et du développement rural dans l’Est-du-Québec. Il a consacré une grande partie de sa vie à défendre les intérêts des communautés rurales et à promouvoir leur vitalité. Ancien maire de Padoue, monsieur Dufort a été une figure marquante du mouvement des Opérations Dignité. Il a participé activement à la mobilisation citoyenne des années 1970.
La Ville de Rimouski tiendra une grande vente de livres d’occasion, du 10 au 13 septembre 2026, à la bibliothèque Lisette-Morin. Des milliers de livres retirés des collections des bibliothèques seront offerts en échange d’une contribution volontaire.
Romans, documentaires, albums jeunesse : il y en aura pour tous les goûts. Tous les dons recueillis seront versés à l’organisme En tout C.A.S., au profit du centre d’hébergement d’urgence, Le 95.
« Cette vente de livres est l’occasion de donn
La Ville de Rimouski tiendra une grande vente de livres d’occasion, du 10 au 13 septembre 2026, à la bibliothèque Lisette-Morin. Des milliers de livres retirés des collections des bibliothèques seront offerts en échange d’une contribution volontaire.
Romans, documentaires, albums jeunesse : il y en aura pour tous les goûts. Tous les dons recueillis seront versés à l’organisme En tout C.A.S., au profit du centre d’hébergement d’urgence, Le 95.
« Cette vente de livres est l’occasion de donner une seconde vie à des milliers d’ouvrages, tout en faisant un geste concret pour notre communauté. Le centre d’hébergement Le 95 joue un rôle essentiel auprès des personnes en situation de vulnérabilité et son soutien s’inscrit naturellement dans la mission des bibliothèques. Plus qu’un lieu de prêt, la bibliothèque est un espace de partage et doit être partie intégrante du tissu communautaire de Rimouski », indique le chef de section – Bibliothèques à la Ville de Rimouski, David Nadeau, dans un communiqué.
La grande vente de livres d’occasion aura lieu le jeudi et vendredi, de 9 h 30 à 20 h, ainsi que le samedi et dimanche de 9 h 30 à 16 h 30.
Population invitée à contribuer
La Ville de Rimouski invite la population à faire don de ses livres pour la cause.
Jusqu’au 9 septembre 2026, les livres usagés en bon état dont les citoyens voudraient se départir pourront être déposés au comptoir de la bibliothèque Lisette-Morin.
L’activité est gratuite et qu’il est suggéré d’apporter un sac réutilisable afin de transporter les achats. Les dons en argent comptant et par carte de débit seront possibles.
Les personnes qui désirent plus d’informations sont invitées à communiquer avec l’équipe de la bibliothèque au 418 724-3164.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) dévoilait récemment sa toute nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Après des années de déstructuration et de dépouillement des centres locaux de services communautaires (CLSC), cette politique annonce l’intention du gouvernement de repositionner les CLSC comme point d’ancrage de la première ligne, voire comme « porte d’entrée » pour les personnes en quête de soins ou de services. Assistero
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) dévoilait récemment sa toute nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Après des années de déstructuration et de dépouillement des centres locaux de services communautaires (CLSC), cette politique annonce l’intention du gouvernement de repositionner les CLSC comme point d’ancrage de la première ligne, voire comme « porte d’entrée » pour les personnes en quête de soins ou de services. Assisterons-nous prochainement au grand retour du modèle des CLSC au Québec?
Ces dernières années, au gré de réformes très impopulaires en santé et en services sociaux, nous avons essentiellement assisté au déplacement de la porte d’entrée de notre réseau. Pour désengorger les urgences, nous disait-on, il était impératif de revoir le modèle d’accès aux soins et services. Et c’est ce qu’on nous répète depuis plus de 20 ans, alors qu’aujourd’hui encore, plus de 600 000 personnes n’ont pas accès à un médecin de famille au Québec, dont près du tiers seraient considérées comme vulnérables.
Du CLSC au GMF
Opérés ou détenus en majorité par des médecins, les groupes de médecine de famille (GMF) sont en quelque sorte venus remplacer le point d’accès en première ligne qu’était jadis le CLSC. Dans leur présentation initiale, les GMF devaient pourtant être complémentaires à l’offre de soins et de services en CLSC. Depuis le début des années 2000, plus de 400 GMF ont vu le jour au Québec. Pendant cette même période, le nombre de CLSC, lui, a stagné et bon nombre d’entre eux ont vu leurs services réduits, ce qui permet de remettre en question la thèse de la complémentarité entre ces services.
Le but des GMF était simple : augmenter la capacité de prise en charge médicale de la population afin d’éviter une surcharge des urgences, tout en assurant une bonne allocation des ressources et une meilleure prévention en santé, en privatisant en quelque sorte la gestion des services. Leur implantation a nécessité un important effort d’inscription des Québécoises et des Québécois auprès d’un médecin de famille ou d’un guichet d’accès pour les personnes en attente.
Le modèle du CLSC, pour sa part, reposait sur un fonctionnement tout autre. Il présentait de grands avantages puisqu’il était responsable de la gestion et de l’opérationnalisation des soins en première ligne : facilité d’accès sans rendez-vous, absence de patients orphelins, soins et gestion de proximité, arrimages communautaires-médicaux, planification locale en fonction de critères populationnels, etc. Il comportait cependant un défaut originel, une limite héritée de la création même de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) : l’incapacité à recruter des médecins salariés pour y œuvrer.
Au Québec, les médecins sont incorporés comme des entreprises. Que ce soit en GMF ou en CLSC, le médecin que monsieur ou madame Tout-le-monde consulte est en fait un entrepreneur qui facture ses services à notre réseau public – une entreprise ayant essentiellement un seul client : la RAMQ. Nous assistons d’ailleurs aujourd’hui à la multiplication des incursions de grands consortiums privés dans la médecine familiale au Québec. De grands groupes – MAclinique, Medway, ELNA ou encore des fonds privés comme ceux de Telus Santé – cherchent des opportunités d’affaires avec la multiplication des GMF. Ces organisations offrent aux médecins de se regrouper en leur sein et d’y exercer en échange d’une prise en charge complète des volets administratif, locatif et des ressources humaines. En peu de temps, ces groupes en sont venus à se substituer à ce que l’État offrait jadis aux médecins, mais en version privée et lucrative, que nous payons collectivement à fort prix, souvent sans le savoir.
Et la politique de première ligne dans tout ça?
L’attachement des Québécois au modèle des CLSC est très fort. Pour les plus âgés, le CLSC symbolise la nationalisation des soins de santé, qui étaient auparavant privés, sous-développés et largement inaccessibles. C’est aussi le symbole d’une époque où notre réseau public produisait des résultats concrets et offrait des services réellement accessibles. Pour les plus jeunes, cela relève presque du mythe : celui d’un projet collectif visant à se doter d’un réseau public, gratuit, décentralisé et démocratiquement géré.
Malgré un lancement quelque peu pompeux, la nouvelle politique du MSSS ne vise pas à restituer aux CLSC les pleins pouvoirs sur la gestion de la première ligne. Elle cherche plutôt à rétablir les territoires de CLSC comme cadre de gestion. Concrètement, ces territoires seront désormais responsables de la planification du déploiement des soins et des services et feront du CLSC un guichet d’accès unique en première ligne. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction. Toutefois, rien n’indique pour l’instant que les CLSC redeviendront responsables de la dispensation des soins et des services. Ils seront plutôt appelés à gérer les flux. À ce jour, aucun financement additionnel significatif n’a été annoncé pour soutenir ce nouveau mandat, ce qui inquiète grandement le personnel des CLSC, déjà à bout de souffle.
S’il faut saluer le fait qu’une politique gouvernementale vise à rapprocher la planification des soins des milieux où ils sont offerts, de nombreux défis demeurent. Comment cette politique s’inscrira-t-elle dans le virage vers la mégastructure de l’Agence Santé Québec? Quelles ressources seront déployées pour permettre une meilleure représentation des collectivités dans la planification, à l’échelle des territoires de CLSC? Quels pouvoirs seront réellement confiés aux communautés locales? Pour le moment, les réponses demeurent incertaines, se préciseront-elles à l’approche des élections de l’automne?
Pour la suite
Face aux nombreux enjeux – matériels, financiers, humains et démocratiques – auxquels notre réseau public de santé et de services sociaux fait face, il est urgent de renouer avec une tradition québécoise de dialogue social. Devant la progression rapide de la privatisation en santé, il importe de prendre un recul collectif afin de déterminer la direction que nous souhaitons donner à notre réseau public.
Rimouski se maintient parmi les endroits où les citoyens se disent les plus heureux au Québec, selon le palmarès 2026 des villes du bonheur dévoilé par le Journal de Québec et le Journal de Montréal. Avec un indice de bonheur de 77,6 sur 100, elle occupe le 17e rang du sondage réalisé par la firme Léger.
La capitale du Bas-Saint-Laurent perd une position par rapport à l’an dernier, mais son résultat s’améliore nettement. Rimouski avait pris le 16e rang en 2025 avec un indice de 73,9.
Rimou
Rimouski se maintient parmi les endroits où les citoyens se disent les plus heureux au Québec, selon le palmarès 2026 des villes du bonheur dévoilé par le Journal de Québec et le Journal de Montréal. Avec un indice de bonheur de 77,6 sur 100, elle occupe le 17e rang du sondage réalisé par la firme Léger.
La capitale du Bas-Saint-Laurent perd une position par rapport à l’an dernier, mais son résultat s’améliore nettement. Rimouski avait pris le 16e rang en 2025 avec un indice de 73,9.
Rimouski obtient également un résultat supérieur à la moyenne québécoise, qui atteint 74,5 sur 100 cette année.
En 2012 et 2013, Rimouski avait terminé en tête d’un autre palmarès du genre, celui de l’Indice relatif de bonheur.
Gaspé tout près
Ailleurs dans l’Est-du-Québec, Gaspé suit immédiatement Rimouski au 18e rang avec un indice de 77,4. La ville ne figurait pas parmi les 50 municipalités du classement publié l’an dernier.
Rivière-du-Loup occupe le 34e rang avec un résultat de 76,2, alors qu’elle avait terminé 45e en 2025 avec un indice de 70,4.
Saint-Sauveur domine le classement québécois avec une note de 82 sur 100, devant Prévost à 81 et Lavaltrie à 79,8.
Le palmarès repose sur un sondage web mené par Léger du 9 au 29 juin auprès de 63 710 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Un minimum de 50 répondants dans une ville était nécessaire pour que celle-ci puisse apparaître au classement.
L’indice mesure la perception qu’ont les citoyens de leur niveau de bonheur et de leur qualité de vie. Le sentiment de sécurité, l’accès à la nature et le milieu de vie figurent notamment parmi les facteurs pris en compte.
La Fondation Jennely-Germain a récolté 4 000 $ lors de son tournoi de golf présenté jeudi au Club Les Saules de Rimouski.
Plus de 50 personnes ont participé à l’activité, disputée pour la première fois sur neuf trous dans une formule axée sur le plaisir.
La Fondation Jennely-Germain, qui combat la malnutrition infantile à Rimouski, dans la Vallée de La Matapédia et à Baie-Comeau, recevra 2 000 $. L’autre moitié des profits ira à Moisson Rimouski-Neigette.
L’organisme a été créé en 201
La Fondation Jennely-Germain a récolté 4 000 $ lors de son tournoi de golf présenté jeudi au Club Les Saules de Rimouski.
Plus de 50 personnes ont participé à l’activité, disputée pour la première fois sur neuf trous dans une formule axée sur le plaisir.
La Fondation Jennely-Germain, qui combat la malnutrition infantile à Rimouski, dans la Vallée de La Matapédia et à Baie-Comeau, recevra 2 000 $. L’autre moitié des profits ira à Moisson Rimouski-Neigette.
L’organisme a été créé en 2019 par le journaliste sportif Michel Germain en mémoire de sa fille.
Sur la photo, des membres du conseil d’administration de la Fondation Jennely-Germain, Jocelyn Ross, Yves Boulianne et Christian Gendron, accompagnent Michel Germain et le directeur général du Club de golf Les Saules, David Beaudry.
Le gouvernement Fréchette a adopté hier un règlement qui vise à élargir le rôle des pharmaciens afin de réduire la pression sur les médecins.
Les pharmaciens pourront à compter du 9 décembre proposer de nouveaux services.
Le déploiement en sera graduel.
À terme, les pharmaciens pourront notamment:
prescrire des médicaments contre des maladies chroniques déjà diagnostiquées, et pour davantage de problèmes de santé courants;
renouveler une ordonnance sans limite de durée;
Le gouvernement Fréchette a adopté hier un règlement qui vise à élargir le rôle des pharmaciens afin de réduire la pression sur les médecins.
Les pharmaciens pourront à compter du 9 décembre proposer de nouveaux services.
Le déploiement en sera graduel.
À terme, les pharmaciens pourront notamment:
prescrire des médicaments contre des maladies chroniques déjà diagnostiquées, et pour davantage de problèmes de santé courants;
renouveler une ordonnance sans limite de durée;
changer le médicament d’un patient lorsqu’un problème survient en cours de traitement, et lorsque le médicament n’est pas couvert par le régime d’assurance du patient.
Selon un sondage de l’Association médicale canadienne (AMC) réalisé cette année, un peu plus de la moitié des Canadiens utilisent des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT pour obtenir des conseils sur leur santé.
Toutefois, les personnes qui suivent ces conseils courent des risques de subir des effets néfastes.
Beaucoup de répondants du sondage en sont conscients.
Le Dr Jean-Joseph Condé, porte-parole de l’AMC, explique à InfoBref que l’IA a tendance à construire des
Selon un sondage de l’Association médicale canadienne (AMC) réalisé cette année, un peu plus de la moitié des Canadiens utilisent des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT pour obtenir des conseils sur leur santé.
Toutefois, les personnes qui suivent ces conseils courent des risques de subir des effets néfastes.
Beaucoup de répondants du sondage en sont conscients.
Le Dr Jean-Joseph Condé, porte-parole de l’AMC, explique à InfoBref que l’IA a tendance à construire des réponses selon les informations dominantes qu’elle trouve sur le web – que ces informations soient vraies ou non.
La facilité d’utilisation des robots conversationnels d’IA pousse beaucoup de personnes à s’en servir, croit Jean-Joseph Condé.
«Avant, les gens devaient chercher des articles, puis les lire et analyser l’information. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle fait toutes ces tâches pour eux.»
Impacts nocifs de l’IA
Le médecin identifie plusieurs impacts nocifs sur la santé que peut avoir l’information fournie par les robots d’IA.
L’information que génère l’IA n’est pas nécessairement exacte.
«On ne sait pas toujours d’où vient l’information, dit Dr Condé. C’est dangereux sachant qu’elle peut provenir de sources erronées.»
Il souligne un paradoxe: 69% des répondants au sondage de l’AMC éprouvent de la méfiance à l’égard des informations de santé trouvées en ligne, comme celle trouvées à l’aide de l’IA.
Les traitements prescrits ou recommandés par des professionnels de la santé ne sont pas toujours respectés par les patients qui utilisent l’IA.
L’expert note que l’IA peut même pousser des personnes à arrêter des traitements médicaux vitaux, comme la chimiothérapie ou le traitement du diabète, pour se tourner vers des produits ou des méthodes non prouvés scientifiquement.
L’anxiété générée par les réponses de l’IA est un autre problème.
Le Dr Condé explique que l’intelligence artificielle exacerbe un problème qui existait déjà depuis l’apparition des moteurs de recherche comme Google:
«Les patients qui cherchent sur Internet les causes de leurs symptômes, même bénins, peuvent avoir tendance à s’autodiagnostiquer des maladies graves.»
Ce phénomène a pris de l’ampleur avec les robots d’IA, qui donnent des réponses en apparence complètes plus rapidement que les moteurs de recherche traditionnels.
Pistes de solutions
L’information diffusée sur Internet pourrait être mieux contrôlée par les géants du web et par le gouvernement, afin d’éviter la propagation de fausses informations, estime Jean-Joseph Condé.
L’accès aux soins de santé doit aussi être amélioré, dit le médecin.
Il note qu’environ 6,5 millions de Canadiens et 2 millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille.
Selon lui, pour améliorer l’accès aux soins de première ligne, le système de santé devrait se concentrer sur le développement d’équipes multidisciplinaires incluant des infirmières, physiothérapeutes et pharmaciens.
La productivité des médecins pourrait, en parallèle, s’améliorer grâce aux bénéfices de l’IA, croit le médecin.
Il note que moins du tiers des médecins utilisent actuellement l’IA pour les aider à réaliser des tâches administratives.
À une semaine de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’éducation indique que 2075 postes d’enseignants sont encore vacants.
Selon un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement, les enseignants restent passionnés par leur profession, mais se disent épuisés par le système.
93% d’entre eux affirment que «la passion de transmettre leurs connaissances et de donner le gout d’apprendre» est ce qui les motive le plus à rester.
Toutefois, 16% ne pensent proba
À une semaine de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’éducation indique que 2075 postes d’enseignants sont encore vacants.
Selon un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement, les enseignants restent passionnés par leur profession, mais se disent épuisés par le système.
93% d’entre eux affirment que «la passion de transmettre leurs connaissances et de donner le gout d’apprendre» est ce qui les motive le plus à rester.
Toutefois, 16% ne pensent probablement pas rester dans la profession ou ne savent pas encore s’ils y resteront.
Bien que ces deux concepts appartiennent à des mondes totalement différents (les neurosciences cognitives humaines et l'informatique), ils partagent une métaphore commune : la superposition de couches de traitement pour extraire du sens.
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Bien que ces deux concepts appartiennent à des mondes totalement différents (les neurosciences cognitives humaines et l'informatique), ils partagent une métaphore commune : la superposition de couches de traitement pour extraire du sens.
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Un Rimouskois de 29 ans atteint d’une maladie dégénérative, Raphaël Dumais, a besoin d’un véhicule mieux adapté à sa condition qui s’est détériorée au fil des années rendant ses déplacements de plus en plus difficiles pour lui et son père Serge, qui doit l’aider dans ses déplacements.
« Raphaël était un jeune très actif et qui excellait dans les sports, notamment au soccer. Vers l’âge de 8 ans, il se repliait toujours en défense après avoir fait une attaque. Il disait qu’il n’était plus capab
Un Rimouskois de 29 ans atteint d’une maladie dégénérative, Raphaël Dumais, a besoin d’un véhicule mieux adapté à sa condition qui s’est détériorée au fil des années rendant ses déplacements de plus en plus difficiles pour lui et son père Serge, qui doit l’aider dans ses déplacements.
« Raphaël était un jeune très actif et qui excellait dans les sports, notamment au soccer. Vers l’âge de 8 ans, il se repliait toujours en défense après avoir fait une attaque. Il disait qu’il n’était plus capable après avoir fait une montée. C’est là que nous avons commencé à consulter. On s’est rendu compte qu’il était plus fort d’un côté que de l’autre », raconte Serge Dumais.
À 15 ans, après plusieurs examens, un spécialiste de l’Hôpital Sainte-Justine lui a diagnostiqué une dystrophie musculaire dégénérative appelée dystrophie facio-scapulo-humérale (FSH).
« La maladie a atteint sa colonne vertébrale. Aujourd’hui, Raphaël ne marche plus du tout. Il doit se déplacer une chaise roulante. Il a toute sa tête, mais rien dans les bras », ajoute le père de famille.
Cette dystrophie musculaire dégénérative affecte progressivement mes muscles et rend plusieurs gestes du quotidien de plus en plus difficiles.
« Au fil du temps, certaines choses que la plupart des gens peuvent faire sans y penser deviennent pour moi de véritables défis », poursuit Raphaël, qui a également dû composer avec des problèmes rénaux.
GoFundMe
Pour aider ses parents à faire l’achat d’un véhicule adapté, Raphaël vient de lancer une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe.
« On a besoin d’un véhicule mieux adapté afin que Raphaël puisse y entrer et en sortir plus facilement et se déplacer de façon plus sécuritaire et autonome », précise son père.
« Présentement, nous avons un trailer pour son fauteuil roulant électrique, mais pour les commissions et les voyages, c’est compliqué. Raphaël ne peut pas rester assis dans une chaise roulante à cause de son dos. Il existe des véhicules avec un banc pouvant sortir de la voiture. Ce sont des bancs amovibles et inclinables, ce qui lui permettrait d’être plus confortables. Sans cela, il est penché vers l’avant. Ce n’est pas sécuritaire », poursuit Serge Dumais.
« Votre aide nous permettrait de rendre nos déplacements plus faciles et sécuritaires et surtout de me permettre de conserver une certaine autonomie malgré l’évolution de ma maladie », affirme Raphaël, qui a préparé sa demande sur GoFundMe lui-même.
« Il est très intelligent. Il fait beaucoup d’Internet. Il reste avec sa mère et moi. Il n’est pas question qu’on le place, tant que je serai capable. Avec l’intervenante du CLSC, on tente de trouver d’autres équipements parce qu’il est pesant et que je vieilli », souligne son père, qui est à la retraite.
Les personnes désirant aider Raphaël et sa famille pour faire un don via ce lien.
Nous sommes donc vraisemblablement moins devant une « fin de la lecture » que devant une recomposition des pratiques de lecture : ce que nous lisons, sur quels supports, à quelle fréquence, pendant combien de temps, avec quel degré d’attention et au milieu de quelles autres sollicitations. C’est peut-être là que se situe le véritable déplacement : non pas dans la disparition de la lecture, mais dans la fragilisation de la lecture soutenue ou profonde.
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Nous sommes donc vraisemblablement moins devant une « fin de la lecture » que devant une recomposition des pratiques de lecture : ce que nous lisons, sur quels supports, à quelle fréquence, pendant combien de temps, avec quel degré d’attention et au milieu de quelles autres sollicitations. C’est peut-être là que se situe le véritable déplacement : non pas dans la disparition de la lecture, mais dans la fragilisation de la lecture soutenue ou profonde.
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Bibliothèque René-Richard, Baie-Saint-Paul (Québec), inaugurée en 1998. Photo : Marie D. Martel, octobre 2025.
Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices?
Chaque 12 août, depuis mai
Bibliothèque René-Richard, Baie-Saint-Paul (Québec), inaugurée en 1998. Photo : Marie D. Martel, octobre 2025.
Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices?
Chaque 12 août, depuis maintenant plus d’une décennie, l’initiative J’achète un livre québécois! invite les Québécoises et les Québécois à entrer dans une librairie et à repartir avec un livre d’ici. Si on en a les moyens, le geste est simple : choisir un livre, l’acheter, peut-être le lire, le donner ou en parler. Et pourtant, cette journée dit quelque chose d’important sur la lecture : une culture du livre ne se maintient pas toute seule. Elle se construit, se transmet et s’entretient.
Cette réflexion s’est aussi nourrie des conversations que j’ai eues autour du 12 août, d’abord avec Alexandre Sirois dans La Presse, puis à ICI Côte-Nord, avec Catherine Paquette et mon collègue Mathieu Dauphinais, de la Bibliothèque de Sept-Îles. Plutôt que de rester prisonniers et prisonnières de la question spectaculaire de « la fin de la lecture », je voudrais donc déplacer le regard vers ce qui permet à la lecture de continuer à occuper une place dans nos vies : si nous voulons demeurer une société de lecteurs et de lectrices, quelles conditions devons-nous collectivement préserver?
Car on ne devient pas lecteur ou lectrice par la seule force de sa volonté. On le devient parce que des livres se trouvent à portée de main. Parce que quelqu’un nous en a lu lorsque nous étions enfants. Parce que nous avons parfois grandi dans une famille où les livres étaient présents, où lire allait de soi, où certaines habitudes, dispositions et familiarités avec la culture nous ont été transmises. La lecture est aussi affaire d’héritage culturel, au sens où l’entendaient Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron — et cet héritage est inégalement distribué.
Mais ce qui n’est pas hérité peut aussi se construire ailleurs. Parce qu’une personne enseignante nous a fait découvrir un livre qui nous parlait. Parce qu’une bibliothécaire a su nous conseiller. Parce qu’une librairie existe dans notre quartier ou qu’une bibliothèque scolaire ou publique nous permet d’emprunter gratuitement. Parce que nous avons vu d’autres personnes lire, entendu parler de livres, reçu des recommandations, participé à une heure du conte ou à un club de lecture.
C’est là que les institutions et les communautés prennent toute leur importance : elles peuvent élargir, prolonger, parfois même compenser ce qui n’a pas été transmis dans la famille. Au contact de ces personnes, de ces lieux et de ces expériences se construisent progressivement les capacités, les habitudes, l’attention, le désir et la motivation nécessaires pour entrer dans un texte et y demeurer. Autrement dit, la lecture est une pratique sociale avant d’être seulement une compétence individuelle.
L’infrastructure de la lecture
On parle beaucoup de l’accès aux livres. Avec raison. Mais avoir des livres disponibles ne suffit pas à faire des lecteurs et des lectrices. Entre la présence d’un livre sur une tablette et son appropriation par une personne existe tout un monde de médiations : familles, écoles, bibliothèques, librairies, maisons d’édition, médias, organismes communautaires, auteurs et autrices, enseignants et enseignantes, bibliothécaires, événements littéraires, politiques culturelles et éducatives. C’est cette infrastructure de la lecture qui m’intéresse.
Le mot infrastructure peut sembler étrange lorsqu’il est question de lecture. Nous l’associons plus spontanément aux routes, aux réseaux électriques ou aux télécommunications. Mais les pratiques culturelles reposent elles aussi sur des infrastructures, certaines matérielles, d’autres sociales et institutionnelles. Elles sont souvent peu visibles, comme nous l’a enseigné Susan Leigh Star, précisément parce que, lorsqu’elles fonctionnent bien, nous finissons par les tenir pour acquises.
Une société de lecteurs et de lectrices repose ainsi sur une véritable écologie de la lecture : des livres, certes, mais également des lieux où les rencontrer, des personnes qui les font circuler, des institutions qui en garantissent l’accès, des communautés dans lesquelles on peut en parler et, chose peut-être de plus en plus précieuse, du temps et de l’attention pour les lire.
Cette manière d’envisager la lecture rejoint aussi les travaux que nous avons menés autour de la littératie communautaire. Celle-ci invite précisément à ne pas considérer la littératie comme une compétence qui se développerait uniquement dans l’individu ou dans l’école, mais à regarder l’ensemble des milieux, des relations, des acteurs et actrices qui contribuent à la rendre possible. Les pratiques de littératie sont situées : elles prennent forme dans des communautés, des institutions et des contextes sociaux particuliers, traversés par la diversité et par des conditions d’accès inégales.
Cette perspective permet alors et surtout de déplacer le regard de la responsabilité individuelle vers une responsabilité partagée. Familles, écoles, bibliothèques, organismes communautaires, librairies, institutions culturelles et politiques publiques ne jouent évidemment pas le même rôle, mais leurs actions sont interdépendantes et peuvent se renforcer mutuellement. Soutenir la lecture revient alors moins à demander aux individus de lire davantage qu’à construire intentionnellement et collectivement les conditions dans lesquelles lire devient possible, significatif et désirable.
Les bibliothèques : créer les conditions de la rencontre
Mais un autre chiffre retient particulièrement mon attention : les activités proposées par les bibliothèques ont attiré 1,5 million de participations, soit 33 % de plus qu’en 2022. La reprise de la participation aux activités a donc été plus rapide que celle des entrées physiques — même si, dans les deux cas, les niveaux demeuraient encore inférieurs à ceux d’avant la pandémie.
Il ne faudrait pas faire dire à ces chiffres davantage qu’ils ne permettent d’établir. Ils ne prouvent pas que les Québécois et les Québécoises fréquentent désormais les bibliothèques davantage pour leurs activités que pour leurs collections. Ils nous rappellent cependant quelque chose que l’on ne peut plus ignorer : une bibliothèque ne se contente pas de mettre des livres à disposition.
L’accès et la médiation sont deux choses différentes, mais complémentaires. Nous avons beaucoup travaillé, à juste titre, à démocratiser l’accès aux livres et à l’information. Le défi de notre temps pourrait être aussi de préserver — et peut-être de renforcer — les conditions sociales de leur appropriation.
Les effets se font sentir au-delà des murs de l’école. Lors du récent Congrès mondial d’IBBY à Ottawa, j’ai entendu des maisons d’édition jeunesse québécoises témoigner directement des répercussions de ces mesures sur leurs ventes. J’y étais moi-même pour présenter une étude sur les contestations et la censure des livres jeunesse en matière de sexualité ainsi que de diversité sexuelle et de genre au Canada, ce qui rappelle une autre manière dont cette infrastructure peut être compromise : non seulement lorsque les ressources diminuent, mais lorsque certains livres sont retirés, déplacés, restreints ou rendus plus difficiles d’accès.
On pourrait encore allonger la liste. Un bilan critique récent fait ainsi état d’une « érosion silencieuse » de la mission de BAnQ. Il faudrait aussi parler du financement longtemps jugé insuffisant dans le milieu des CRSBP (Réseaux BIBLIO), malgré les bonifications récentes, alors que ceux-ci jouent un rôle déterminant dans l’accès aux bibliothèques sur une grande partie du territoire québécois. Ces institutions ont ceci de particulier qu’elles relèvent, à des degrés divers, d’une responsabilité nationale plutôt que strictement municipale — comme les bibliothèques scolaires — et qu’elles semblent pourtant demeurer dans l’angle mort des politiques publiques. À filer la métaphore de l’infrastructure, les nids-de-poule ne manquent pas sur la route historique de la littératie au Québec.
Ces phénomènes sont évidemment différents, mais ils invitent à regarder l’ensemble du réseau du livre et de la lecture, plutôt qu’une simple chaîne linéaire. Lorsqu’un de ses nœuds s’affaiblit, ce sont les possibilités de rencontre entre une diversité d’œuvres et leurs publics, jeunes ou moins jeunes, qui se réduisent. Le paradoxe est alors frappant. D’un côté, nous nous inquiétons du recul de la lecture chez les jeunes et cherchons des moyens de leur donner le goût des livres. De l’autre, nous fragilisons parfois les conditions mêmes qui leur permettent de les rencontrer.
Lorsque nous constatons que certains jeunes lisent moins, la question ne peut donc pas être uniquement : Pourquoi ne lisent-ils pas davantage? Elle doit également être, encore une fois : quelles conditions leur donnons-nous pour devenir lecteurs et lectrices?
Le 12 août : rendre visible une écologie du livre et de la lecture
C’est ce qui donne au 12 août une portée qui dépasse l’achat individuel d’un livre. J’achète un livre québécois! met en lumière, pendant une journée, tout un réseau : des auteurs et autrices écrivent, des maisons d’édition publient, des librairies font circuler les œuvres, des bibliothèques et des écoles les rendent accessibles, des médiateurs et médiatrices les font découvrir, des lecteurs et lectrices les lisent, les recommandent et les transmettent.
Acheter un livre québécois ne « sauvera » évidemment ni la lecture ni « la civilisation » — ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de l’initiative. Mais l’événement accomplit quelque chose de moins sensationnel mais peut-être de plus intéressant : il rend le livre visible et socialement désirable.
Car les pratiques culturelles ne se développent pas sur le seul mode de l’injonction : il faut lire davantage. Elles se nourrissent de désir, de curiosité, de rencontres et d’une communauté qui leur accorde de la valeur. À sa manière, le 12 août contribue à entretenir une culture dans laquelle les livres et la lecture comptent.
Et les jeunes?
La question devient particulièrement pressante lorsqu’on observe le recul de certaines pratiques de lecture chez les jeunes. Il est tentant d’en chercher la cause du côté des écrans, de TikTok, des téléphones ou du manque d’attention. L’intelligence artificielle ajoute toutefois une dimension nouvelle. La technologie peut désormais non seulement concurrencer la lecture, mais accomplir une partie de son travail à notre place.
Les outils d’intelligence artificielle générative peuvent résumer un livre, expliquer un texte difficile, répondre à des questions sur son contenu et même produire une analyse qui donne toutes les apparences de la compréhension. Ils peuvent certes soutenir l’apprentissage, mais ils rendent aussi possible quelque chose d’assez radical : obtenir certains des produits de la lecture sans avoir accompli soi-même le travail de lecture.
C’est pourquoi la lecture profonde (Deep Reading) me paraît devenir, paradoxalement, plus importante à l’ère de l’IA — cette forme de lecture attentive, réflexive et exigeante à laquelle se sont notamment intéressées Maryanne Wolf et Naomi Baron, et sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet. Ce qui est en jeu n’est pas tant la survie du livre comme objet que l’expérience de la lecture elle-même : entrer dans un texte complexe, y consacrer du temps et de l’attention, l’interpréter, le confronter à d’autres idées et construire son propre jugement.
L’enjeu pour les bibliothèques comme pour les différentes instances des réseaux de littératie, sera donc moins d’empêcher l’usage de ces outils que de faire en sorte qu’ils soutiennent l’apprentissage et la pensée plutôt qu’ils ne nous dispensent de penser.
Entretenir une culture de la lecture
C’est peut-être là que le diagnostic d’une société « postlittéraire » devient utile, à condition de ne pas en faire une prophétie. La lecture n’est peut-être pas en train de disparaître. Elle devient une pratique qu’il faut activement soutenir. Non pas en idéalisant un âge d’or où tout le monde aurait lu de longs romans — il n’a probablement jamais existé — ni en opposant systématiquement le livre aux écrans. Mais en nous demandant quelles expériences de lecture nous jugeons suffisamment précieuses pour vouloir les transmettre et les préserver.
Cela suppose bien sûr des livres, des lieux et des personnes qui les font circuler. Mais aussi quelque chose de plus difficile à protéger : du temps et des espaces pour lire, réfléchir et discuter sans être constamment sollicités ailleurs. Acheter un livre québécois le 12 août est un geste culturel. Faire en sorte que nous ayons encore le désir, le temps et la capacité de le lire est un projet social.
Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles cons
Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles consacrés à des femmes chercheuses, militantes, ainsi qu’à des personnes issues de communautés encore trop peu visibles en ligne.
-> À noter que le support de présentation utilisé lors de cette intervention est disponible à la fin du billet.
Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour ouvrir ce marathon d’écriture Wikipédia. Je me présente brièvement : je suis Marie D. Martel, professeure à l’EBSI, à l’Université de Montréal, et impliquée dans le groupe Les sans pagEs Montréal, un collectif engagé dans l’amélioration de la représentation des personnes s’identifiant comme femmes et marginalisées sur Wikipédia. Merci pour cette invitation, merci à Simon Côté-Lapointe, bibliothécaire à l’UQAM, pour la qualité de son engagement et de l’organisation.
Fondée en 2001, Wikipédia célèbre ses 25 ans cette année. En un quart de siècle, elle est devenue une infrastructure majeure du savoir, avec plus de 60 millions d’articles, dont plus de 2,5 millions en français, dans plus de 300 langues, et des centaines de millions de consultations chaque mois. Mais il faut insister sur un point fondamental : Wikipédia ne fait pas que diffuser le savoir, elle contribue aussi à définir ce qui est visible, reconnu et documenté. Une personne sans page Wikipédia est beaucoup moins visible, moins citée, moins reconnue ; à l’inverse, le simple fait d’y être présent contribue à sa reconnaissance dans l’espace public.
Lorsque l’on regarde les données, le constat est clair. Environ 19 % des biographies dans les projets Wikimédia concernent les personnes identifiées comme femmes, et à peine plus de 20 % sur Wikipédia en français. Les autres identités de genre restent presque invisibles, autour de 0,15 %. Du côté de Wikidata, la base de données qui structure ces contenus, on observe également des écarts : environ 24% de femmes pour le Canada, contre 33 % à l’échelle globale. Ce sont des chiffres qui ne traduisent pas seulement un manque : ils révèlent un déséquilibre structurel dans la manière dont le savoir est produit et rendu visible.
Ce déséquilibre s’explique en grande partie par la composition de la communauté contributrice. Les enquêtes de la Wikimedia Foundation montrent que celle-ci reste encore largement masculine, historiquement entre 80 et 90 % de personnes identifiées comme hommes y contribuent. Cela a des effets directs : moins d’articles sur les personnes identifiées comme femmes, certains sujets moins développés, et plus largement, il y a une reproduction des hiérarchies existantes dans les sources.
Quand on dit qu’il y a une « reproduction des hiérarchies existantes dans les sources », on veut dire que Wikipédia dépend fortement de sources déjà reconnues — comme les articles dans les médias, les articles et les ouvrages académiques ou les institutions. Or, ces sources ne sont pas neutres. Historiquement, elles ont davantage documenté : les hommes, les figures institutionnelles, les trajectoires dominantes Et beaucoup moins : les femmes, les personnes autochtones, les actrices communautaires ou certaines figures locales.
Or, Wikipédia s’appuie sur ces sources pour l’écritute des articles… et donc, ce faisant, elle reproduit les mêmes déséquilibres. Autrement dit, Wikipédia ne fait pas que refléter le monde, elle contribue aussi à perpétuer et structurer certaines inégalités dans la production et la circulation du savoir.
Dans le cas du Québec, la situation se complexifie encore. Les contributeurs de Wikipédia en français sont majoritairement européens, et notamment français. La présence canadienne y est relativement faible : on l’estime autour de 7 %, avec environ 300 personnes contributives actives canadiennes contre près de 4000 françaises. Mais on ne dispose pas de données précises permettant d’identifier la part de la contribution québécoise, ni celle des contributrices.
Cette absence de données est en soi révélatrice : elle rend difficile la mesure des inégalités tout en contribuant à invisibiliser des dynamiques territoriales, sociales et culturelles bien réelles.
À cela s’ajoute une reconnaissance moindre de certaines sources québécoises dans les protocoles d’évaluation, notamment lorsque le statut de médias comme Le Devoir ou La Presse comme sources nationales est questionné. Alors, les effets sont cumulatifs : invisibilisation des personnes identifiées comme femmes, invisibilisation des figures québécoises, et sous-documentation de nombreuses trajectoires locales. Nous sommes donc face, à tout le moins, à un double biais, à la fois de genre et géographique.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Les sans pagEs qui vise à combler le fossé des genres sur Wikipédia, notamment à travers des éditathons comme celui d’aujourd’hui, et aussi par la formation et l’accompagnement à l’écriture. Mais il ne s’agit pas seulement de produire des articles : il s’agit aussi de créer des communautés, de rendre la contribution plus accessible et de valoriser d’autres trajectoires et d’autres savoirs.
Il existe plusieurs autres initiatives : Art + féminisme, WikiGap, le projet Women in Red, le marathon d’aujourd’hui. Ce sont des initiatives très fortes, mais elles ont leurs limites : elles reposent largement sur le bénévolat, elles restent ponctuelles et elles ne transforment pas automatiquement les structures qui produisent les inégalités.
C’est ici qu’intervient la notion de féminisme des données. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des femmes dans les données, mais de transformer les conditions mêmes de production du savoir. Les travaux de Catherine D’Ignazio et Lauren Klein montrent que les données ne sont jamais neutres : elles sont produites dans des contextes sociaux et reflètent des rapports de pouvoir. Cela implique de se demander qui décide des critères, quelles sources sont reconnues, qu’est-ce qui rend visible — ou invisibilise — certains savoirs. L’enjeu n’est donc pas seulement de combler un manque, mais de transformer le système qui le produit.
Aujourd’hui, en participant à ce marathon, vous pouvez faire encore bien plus qu’écrire des articles. On peut aussi s’exercer à développer une conscience critique et envisager d’autres niveaux d’action dans une perspective de féminisme des données.
À un second niveau, nous chercherons, en outre, à analyser les biais et à rendre plus visibles les inégalités. Comment ? En mesurant les écarts, en identifiant les absences, en repérant les déséquilibres dans les contenus ou les catégories. Il s’agit également de montrer comment les systèmes de classification participent eux-mêmes à l’invisibilisation de certaines figures, afin de mieux comprendre ces mécanismes. C’est dans cette perspective que Simon Villeneuve et moi avons travaillé à quantifier le fossé des genres dans les ressources biographiques, en particulier canadiennes, en incluant notamment les projets Wikimédia.
Cette étape est cruciale, car elle permet de situer précisément les problèmes, d’en objectiver les manifestations afin de mieux les déjouer et d’orienter des pistes d’amélioration. Toutefois, elle ne suffit pas entièrement.
À un autre niveau, il devient nécessaire de chercher à transformer le système lui-même. Cela implique d’agir sur les sources, de questionner les critères de notoriété, d’accompagner activement de nouvelles contributrices, de mobiliser différents acteurs du réseau documentaire dans une forme convergence par rapport à ces enjeux, en plus d’améliorer la structuration des données afin de rendre certains contenus plus visibles. À titre d’exemple, j’ai créé il y a quelques années la catégorie « bibliothécaire québécoise », précisément pour mettre en évidence un angle mort dans la structuration des savoirs. Ce type d’intervention, à la fois modeste et stratégique, participe d’un travail plus large de reconfiguration des infrastructures informationnelles.
Et dans le contexte québécois, par exemple, cela peut vouloir dire constater le manque de biographies de personnes s’identifiant comme femmes ou issues des diversités sexuelles et de genre, mais aussi agir concrètement sur les sources : documenter ces figures dans des publications reconnues (articles scientifiques, presse nationale et régionale), soutenir la production de contenus éditoriaux (catalogues d’exposition, ouvrages collectifs), mobiliser des archives existantes souvent peu visibles, améliorer leur repérabilité (indexation, métadonnées, numérisation) et leur admissibilité selon les standards de Wikipédia. Cela implique également de traduire ou adapter certaines sources pour les rendre davantage mobilisables, de diversifier les corpus de référence en intégrant des savoirs situés ou communautaires, et de renforcer les liens entre institutions (bibliothèques, centres d’archives, milieux culturels) afin de consolider l’écosystème documentaire. Autrement dit, il s’agit d’intervenir à la fois sur la production, la reconnaissance, la structuration et la circulation des sources afin de rendre ces figures plus admissibles et visibles dans l’encyclopédie.
C’est ce que l’on entend lorsque l’on affirme qu’il ne s’agit pas seulement de combler des absences, mais de comprendre — et d’agir sur — les mécanismes qui les produisent. Le chemin est plus exigeant, mais il permet d’avoir un impact plus profond et ouvre la voie à une véritable forme de justice sociale.
Le rez-de-chaussée de la bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec qui vient de remporter le prix de la bibliothèque publique de l’année de l’International Federation of Library Associations and Institutions
À noter : J’ai initialement entamé et publié cet article sur la plateforme Praxis de Projet collectif. Toutefois, consciente et soucieuse des aléas et des destins parfois incertains des plateformes numériques, je republie ces contenus également sur ma propre plateforme, afin d’en assurer la pér
Le rez-de-chaussée de la bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec qui vient de remporter le prix de la bibliothèque publique de l’année de l’International Federation of Library Associations and Institutions
À noter : J’ai initialement entamé et publié cet article sur la plateforme Praxis de Projet collectif. Toutefois, consciente et soucieuse des aléas et des destins parfois incertains des plateformes numériques, je republie ces contenus également sur ma propre plateforme, afin d’en assurer la pérennité et l’accessibilité.
En 2024, l’Institut de la statistique du Québec a mené l’Enquête québécoise sur les loisirs culturels et le divertissement (EQLCD), une vaste étude auprès de plus de 16 000 personnes de 15 ans et plus. L’objectif est de mieux comprendre comment les Québécois et Québécoises pratiquent la culture aujourd’hui, dans un contexte caractérisé par l’essor du numérique et la diversification des usages. Ce rapport important mérite toute l’attention des acteurs et actrices œuvrant dans le milieu des bibliothèques incluant celleux qui les gouvernent.
Ce rapport attendu, qui vient d’être publié, s’inscrit dans la lignée des enquêtes réalisées depuis 1979 sur les pratiques culturelles. Il permet cette fois de capter l’ampleur des transformations numériques récentes : instantanéité, mobilité, interactivité, entre autres. Il donne à voir l’importance croissante des usages numériques, la variété des pratiques selon les secteurs (lecture, musique, audiovisuel, arts de la scène) et les déterminants sociaux, ainsi que la place des activités culturelles vécues dès l’enfance.
À travers ce portrait, se révèlent non seulement la vitalité culturelle du Québec, mais aussi les inégalités et les écarts générationnels qui continuent de structurer l’accès et la participation aux biens culturels et au capital culturel [1]. Je veux me pencher, plus particulièrement, sur les pratiques entourant les bibliothèques.
Les bibliothèques occupent une place singulière dans les pratiques culturelles des Québécois et des Québécoises. Elles se présentent à la fois comme des lieux de culture, de socialisation et d’apprentissage, mais aussi comme des portes d’entrée vers la lecture et les savoirs numériques. Plus que de simples dépôts de livres, on le répète souvent, elles constituent des espaces où se tissent des liens sociaux, des nouveaux tiers lieux (Jacobs, 1961 ; Putnam et Feldstein, 2003), où s’expérimentent des formes particulières de médiation culturelle et interculturelle (White et Martel, 2021). C’est en ce sens qu’elles peuvent être pensées comme de véritables infrastructures critiques (Mattern, 2014 ; Klinenberg, 2018), indispensables à la dynamique des communautés et à l’opérationnalisation de la justice sociale. Elles cristallisent cependant plus d’un paradoxe : très fréquentées, elles demeurent néanmoins largement invisibles dans le discours public sur la culture; conçues pour réduire les inégalités, elles tendent aussi, à certains égards, à les reproduire. Que nous apprend alors ce rapport dans ces circonstances?
Que nous apprend ce rapport au sujet des bibliothèques?
D’abord, il faut souligner que l’EQLCD jette un nouvel éclairage sur le portrait des bibliothèques déjà tracé par les données provenant du bulletin Optique culture, no 99 (décembre 2024), « Les bibliothèques publiques québécoises en 2022 », rédigé par Sylvie Marceau (Observatoire de la culture et des communications du Québec) [2]. On pouvait lire dans cette étude qu’en 2022, les bibliothèques publiques québécoises, présentes dans 932 municipalités, rejoignant 97 % de la population, offraient un accès à 56 millions de documents, soit environ sept par personne habitante. Leur fréquentation a atteint 20 millions d’entrées, en hausse marquée par rapport à 2021 (+34 %), mais toujours inférieure de 30 % aux niveaux pré-pandémiques. La participation aux activités (1,1 million de personnes) suivait la même tendance, en nette reprise mais en deçà des 1,7 million de 2019. Les prêts progressaient (+19 %), avec un maintien élevé des usages numériques, preuve de leur ancrage durable. Au plan financier, les revenus et dépenses indiquaient une augmentation, traduisant des investissements accrus, mais timides, en services et en personnel. Ces résultats montraient donc que les bibliothèques sortaient progressivement de la crise sanitaire. Elles se devaient, comprenait-on dès lors, de consolider leur rôle en tant que lieux physiques de fréquentation régulière tout en tirant parti de la généralisation du numérique pour renforcer leur capacité sociale et culturelle.
Ces résultats chiffrés prennent un nouveau sens lorsqu’on les relie aux tendances dégagées par l’EQLCD : la croissance du numérique, la fracture générationnelle et sociale des pratiques culturelles, et la tension entre inclusion et distinction.
Mais que nous apprend donc ce rapport au sujet des bibliothèques?
Le numérique en plein essor
Le contexte : La quasi-totalité (96%) de la population utilise internet à des fins personnelles; 74% utilisent des outils numériques pour faire des achats en ligne. Dans les douze mois précédant l’enquête, 29 % de la population a emprunté ou réservé des livres en ligne (p. 9; p. 33). Ce chiffre grimpe à 34 % chez les femmes (c. 24%), à 34 % chez les 15-29 ans, 36 % chez les 30-44 ans et à 40 % chez les diplômés universitaires (c. 29% pour l’ensemble de la population); ce qui illustre le rôle grandissant des services numériques de bibliothèque. Derrière ces données se lit et se consolide une transformation profonde : la bibliothèque se déploie dans nos écrans, se rend accessible à distance, et touche des publics pour qui la mobilité, le temps ou la langue (peut-être plus particulièrement depuis l’application de la loi 14 dans ce dernier cas), sont des obstacles.
En parallèle, 6 % des Québécois et Québécoises ont participé à une activité culturelle en ligne offerte par une bibliothèque (p.33). Ce taux est plus élevé chez les jeunes familles, les 30-44 ans (10%) et les personnes immigrantes (11%). On explique ces résultats, entre autres, par le type d’activités proposées et visant généralement les familles, notamment en contexte interculturel : capsules vidéo, cours et jeux en ligne, ateliers de français ou de clubs de lecture virtuels, ces pratiques rappellent que la bibliothèque est aussi un espace d’intégration et d’accompagnement. On précise, de surcroît, que l’enquête ne permet pas d’observer de différence notable selon le revenu du ménage en ce qui a trait à la participation à une activité en ligne organisée par une bibliothèque ou autre (p. 34).
Avant d’aller plus loin, présentons brièvement les principales données concernant la lecture et l’écoute de livres (papier, numérique et audio), la fréquentation des bibliothèques étant encore intimement liée à la lecture.
Lecture et écoute de livres : principaux résultats de l’EQLCD
Le chapitre 4 de l’EQLCD (pp. 68-79) consacré à la lecture et à l’écoute de livres permet de mieux comprendre les pratiques actuelles, qu’elles soient liées aux formats papier, numériques ou audio. Trois volets sont abordés : le profil sociodémographique du lectorat, la lecture numérique et l’écoute de livres audio.
L’écosystème québécois du livre est à la fois vaste et diversifié : plus de 200 librairies, une centaine de maisons d’édition publiant près de 7 700 titres par an, et surtout, comme on l’a dit plus tôt, plus de 1 000 bibliothèques publiques desservant 97 % de la population (p.69). Ces institutions occupent une place stratégique dans l’accès et la démocratisation de la lecture, tout en étant confrontées à des défis et à des tensions qui viennent nuancer ce rôle.
Par « lecture de livres », on entend « habitudes de lecture de livres (papier ou numérique) durant les temps libres, en dehors des obligations professionnelles et scolaires. Cela comprend la lecture faite à des enfants, mais exclut la lecture de journaux et de magazines » (p.69).
Le « lectorat » est défini comme « la population de 15 ans et plus qui a lu un livre (papier ou numérique) au cours des 12 mois précédant l’enquête » (p. 19).
Qui lit des livres au Québec et comment ?
Selon l’enquête, 82 % des personnes de 15 ans et plus ont lu au moins un livre papier ou numérique dans leurs temps libres au cours des 12 mois précédents (p.69). La lecture est plus fréquente chez les femmes (89 %) que chez les hommes (75 %), et elle augmente avec le niveau de scolarité : 93 % des diplômés universitaires lisent, contre 68 % des personnes sans diplôme. Les ménages à revenu élevé (89 %) et les personnes nées à l’extérieur du Québec (88 %) présentent aussi des taux plus élevés de lecture (p.69-70). À l’inverse, la lecture est moins répandue en région en dehors de la métropole (75 % contre 83–85 % en milieu plus urbain) et chez les personnes dont la langue parlée à la maison est uniquement le français (79 % contre 88–90 % pour les autres groupes linguistiques) (p.70).
Un quart de la population de 15 ans et plus (23 %) lisent tous les jours ou presque, tandis que 19 % lisent au moins une fois par semaine, 20 % une fois par mois, 18% n’ont pas lu de livre pendant cette période (p. 70). Les jeunes de 15 à 29 ans lisent proportionnellement autant que les autres groupes d’âge (86 %), mais leur lecture est moins quotidienne (17 % contre 27–30 % chez les 60 ans et plus). Les femmes et les diplômés universitaires se distinguent par une plus grande régularité de lecture (p. 70).
Genres littéraires
Les genres les plus populaires sont les suivants :
Romans et nouvelles (36 % du lectorat), particulièrement chez les personnes aînées (44 % des 75 ans et plus).
Livres de développement personnel (17 %), surtout chez les 45–59 ans.
Livres pratiques (16 %), prisés par les 45–74 ans.
Bandes dessinées (15 %) chez les 15–29 ans.
Livres jeunesse (20 %) chez les 30–44 ans, en lien avec la lecture faite aux enfants.
Biographies (19 %) chez les 75 ans et plus (p. 71).
Ce panorama illustre bien la segmentation générationnelle des goûts littéraires : les jeunes privilégient les genres visuels et ludiques (BD, jeunesse), les personnes adultes d’âge moyen s’orientent vers des ouvrages pratiques ou de développement personnel, tandis que les personnes aînées restent attachés aux formes plus classiques (romans, biographies). On retrouve ici une structuration des préférences en fonction des cycles de vie, mais aussi des rôles sociaux associés à chaque étape (parentalité, retraite, etc.).
Motivations et obstacles
Les principales motivations de lecture sont le plaisir et le divertissement (82 %), la détente (80 %) et l’apprentissage (71 %). Chez les 30-44 ans, la lecture revêt une dimension familiale marquée : une personne sur deux lit pour ses enfants, ce qui souligne le rôle de la lecture comme pratique de transmission intergénérationnelle (p. 72). Ici encore, la bibliothèque est susceptible d’agir comme médiatrice culturelle et éducative.
Du côté des personnes non-lectrices (18 % de la population), les raisons évoquées sont surtout le manque d’intérêt (71 %), le prix élevé des livres (61 %) et le manque de temps (44 %). Les difficultés de lecture comme frein à la pratique sont plus souvent évoquées par les 75 ans et plus (29 %) et, dans une moindre mesure, par les 15-29 ans (21 %), comparativement aux groupes intermédiaires (13 à 21 %) (p. 73). Ce constat suggère que les obstacles liés à la lecture touchent à la fois les âges avancés, souvent en raison de facteurs physiques et/ou cognitifs, et les plus jeunes, possiblement en lien avec des enjeux scolaires ou de littératie.
Seules de faibles proportions mentionnent l’absence de bibliothèque (9 %) ou la complexité des modalités d’emprunt (14 %) (p.73). Ceci souligne la valeur du réseau public déjà largement accessible, mais dont l’utilisabilité pourrait encore être améliorée.
Langues et provenance des auteurs
La langue de lecture illustre un clivage générationnel : 64 % du lectorat lit surtout en français, mais cette proportion chute à 48 % chez les 15–29 ans, qui lisent davantage en anglais (26 %) ou de manière bilingue (23 %) (p.74).
Quant à la provenance des personnes autrices, 18 % du lectorat privilégient surtout les autrices et auteurs québécois. Cette proportion grimpe à 22–26 % chez les 60 ans et plus, mais tombe à 15 % chez les 15–29 ans, qui se tournent majoritairement vers des auteurs et autrices non québécoises (54 %). Ce décalage générationnel met en lumière la difficulté pour la littérature québécoise de s’imposer auprès des plus jeunes, malgré la vitalité de l’édition locale (p.74).
Lecture numérique et audio
Depuis les années 2000, les livres numériques ont élargi l’accessibilité à la lecture, notamment grâce aux bibliothèques publiques qui contribuent à une offre en ligne généreuse. Ils favorisent la diversité des usages et, avec leurs fonctionnalités interactives, enrichissent l’expérience des personnes usagères.
La lecture numérique a été adoptée par 24 % de la population, principalement les jeunes (32 % des 15–29 ans) et les universitaires (32 %):
« La lecture de livres numériques semble être associée au diplôme obtenu. Les personnes n’ayant aucun diplôme ou celles ayant tout au plus un diplôme de niveau secondaire sont moins nombreuses en proportion à avoir lu des livres numériques (respectivement 17 % et 18 %) que les personnes détenant un diplôme de niveau collégial (23 %) ou universitaire (32 %) » (p. 76).
Ce serait aussi le cas en ce qui concerne le revenu. En outre, les personnes immigrantes lisent proportionnellement plus en numérique (34 %) que les natives du Québec (21 %) (p.77).
L’écoute de livres audio concerne 15 % de la population, avec une surreprésentation des 15–44 ans et des ménages à revenu élevé. Cette pratique serait également associée au diplôme et au revenu (pp. 78-79). Comme pour les livres numériques, les personnes vivant dans la région métropolitaine ou nées à l’extérieur du Québec sont plus nombreuses à adopter cette pratique (23 % contre 13 % des personnes natives)(p.79).
Il semble que les bibliothèques publiques évoluent dans un contexte où la lecture demeure une pratique culturelle majeure mais socialement différenciée. Elles contribuent à atténuer les inégalités d’accès, particulièrement face au prix élevé des livres, tout en ayant à relever le défi de la diversification des publics et des supports (numérique et audio).
La fréquentation physique, entre fidélité et comparaison
Considérons maintenant les résultats du chapitre 5 sur les lieux et événements culturels (pp. 80-86). On y apprend que près d’une personne sur deux (49 %) visite une bibliothèque au moins une fois par an, et que 24 % s’y rendent plusieurs fois (voir la capture d’écran du tableau 5.1). Ce taux est légèrement inférieur à celui des musées (51 %) et nettement en deçà de celui des librairies (62 %) (p.81).
Toutefois, les bibliothèques se démarquent par la régularité de leur fréquentation : un quart des Québécois et Québécoises y retournent plusieurs fois par an. Comparativement aux autres lieux culturels (seulement 11 % retournent plusieurs fois dans les musées par exemple), elles figurent parmi les rares institutions à maintenir une régularité d’usage « ordinaire ». Cette donnée souligne encore que les bibliothèques ne relèvent pas seulement d’une sortie culturelle ponctuelle, mais qu’elles s’imposent comme de véritables tiers lieux, des lieux de vie dont l’offre est intégrée aux routines sociales, éducatives et communautaires. Comme le rappelle l’EQLCD : « près du quart (24 %) des personnes de 15 ans et plus ont fréquenté plusieurs fois dans l’année des bibliothèques publiques, et 29 % ont visité plusieurs fois des librairies » (voir capture d’écran du tableau 5.1). Cette fidélité s’explique par l’offre particulière de ces lieux consacrés au livre et à la lecture (prêt de documents, activités culturelles et rencontres littéraires) qui contribue à ancrer durablement les bibliothèques dans leur communauté (p. 83).
En revanche, plus de la moitié des personnes répondantes déclarent ne pas avoir fréquenté une seule fois une bibliothèque au cours de cette période.
Qui fréquente les bibliothèques ?
Les profils révèlent des écarts persistants. Les femmes fréquentent davantage les bibliothèques (55 % contre 44 % des hommes), de même que les diplômés universitaires (63 % contre 36 % des personnes sans diplôme). On note, en outre, que les écarts de fréquentation liés au revenu sont nettement moins prononcés lorsqu’il s’agit des bibliothèques publiques (45 % à 53 %), contrairement à ce qu’on observe pour les librairies ou les musées. Cela met en évidence la fonction particulière des bibliothèques comme espaces culturels accessibles et inclusifs, capables d’atténuer certaines inégalités sociales dans l’accès à la culture :
« On observe de grandes disparités entre les personnes détenant un diplôme de niveau universitaire et celles n’ayant aucun diplôme, notamment en ce qui concerne la fréquentation d’une librairie (77 % c. 40 %), d’un musée, d’un centre d’exposition ou d’une exposition (67 % c. 31 %) ou d’une bibliothèque publique (63 % c. 36 %). Les personnes vivant dans un ménage à revenu élevé sont, en proportion, plus susceptibles que celles vivant dans un ménage à faible revenu de visiter régulièrement une librairie (70 % c. 50 %) ou un musée, un centre d’exposition ou une exposition (63 % c. 39 %). Cependant, les écarts selon le niveau de revenu du ménage sont moindres quant à la fréquentation des bibliothèques publiques (proportions variant de 45 % à 53 %), ce qui illustre l’importance de ces établissements dans la réduction des inégalités en matière d’accès à la culture » (p. 81).
Les personnes immigrantes affichent des taux de fréquentation plus élevés (63 % contre 45 % des personnes natives), confirmant que les bibliothèques jouent un rôle interculturel significatif dans les parcours d’intégration. De même, les personnes en milieu urbain fréquentent davantage les bibliothèques (56 % à Montréal contre 40 % en région) (p. 82).
Revenons sur cette fréquentation régulière de la bibliothèque en considérant l’âge (voir capture d’écran du tableau 5.2). On constate que l’analyse des groupes d’âge met en évidence une courbe en U inversé : la fréquentation est particulièrement élevée chez les jeunes adultes (26 %) et les familles en âge scolaire (31,3 % chez les 30-44 ans), diminue à l’âge actif (19,3 % chez les 45-59 ans, 18,9 % chez les 60-74 ans), puis remonte chez les aînés (23,2 %). Cette variation illustre ce que Bourdieu associe à l’habitus ou à la structuration des pratiques par les rythmes sociaux : les bibliothèques sont sollicitées différemment selon les étapes de la trajectoire de vie (études, parentalité, contraintes professionnelles, retraite).
Comparées aux librairies, qui demeurent les lieux consacrés au livre les plus fréquentés (29,2 % plusieurs fois par an), les bibliothèques se distinguent par une fonction égalisatrice. La librairie suppose un capital économique, alors que la bibliothèque repose sur la gratuité et l’accessibilité. La remontée de la fréquentation chez les aînés témoigne aussi de leur rôle de proximité et de socialisation, là où la consommation marchande du livre diminue vraisemblablement en importance.
L’EQLCD souligne aussi que le lien avec les bibliothèques s’enracine dès l’enfance : 78 % des adultes se rappellent y avoir participé entre 6 et 15 ans (p. 98). Cette expérience d’éveil culturel reste un point de passage majeur, mais elle n’assure pas à elle seule la fidélité à l’âge adulte : elle doit être relayée par le capital scolaire et social qui se transmet, s’incorpore et se consolide au fil de la vie et des trajectoires sociales.
Des défis
Il semble donc que L’EQLCD met en lumière une transformation des pratiques culturelles au Québec, fortement influencée par le numérique et la diversification des modes de consommation. Pour les bibliothèques publiques, plusieurs défis se profilent. Sur le plan de l’accessibilité, elles demeurent des espaces stratégiques pour la réduction des inégalités, mais elles doivent composer avec la fracture numérique, particulièrement marquée chez les personnes âgées, à faible revenu ou vivant hors des grands centres. Elles sont aussi confrontées à la concurrence des plateformes numériques, qui attirent par l’instantanéité et la personnalisation, les obligeant à repenser leur attractivité et à renforcer leur offre hybride assez fragile actuellement.
Par ailleurs, les bibliothèques jouent un rôle crucial dans la diversité culturelle et linguistique, en valorisant la production québécoise, francophone, autochtone et issue de l’immigration. Elles doivent aussi accompagner les cycles de vie, en consolidant la transmission culturelle dès l’enfance et en soutenant l’apprentissage et la lecture tout au long de la vie.
À la croisée des chemins, elles affrontent simultanément l’expansion du numérique, les attentes croissantes en matière de justice sociale et d’inclusion, ainsi que les défis environnementaux. Et, comme l’avait montré Bourdieu, l’institution culturelle, en l’occurrence ici la bibliothèque, demeure un espace à la fois d’inclusion et de distinction.
Une conclusion : Les bibliothèques, entre démocratie, distinction et care
Ces données, en effet, suggèrent fortement que les bibliothèques sont à la fois inclusives et sélectives. Inclusives, parce qu’elles desservent presque toute la population et réduisent certains écarts liés au revenu. Sélectives, parce que leur fréquentation demeure fortement corrélée au capital scolaire et culturel. Bourdieu rappelle, dans La Distinction (1979), que les pratiques culturelles ne sont jamais neutres : elles traduisent et reproduisent la distribution inégale des capitaux. Ce qui est une autre manière de questionner la neutralité de la bibliothèque.
L’ancrage précoce à la bibliothèque pendant l’enfance illustre également ce que Bourdieu et Passeron analysent dans La Reproduction (1970) – et aussi, mais autrement, dans Les Héritiers (1967) : les dispositions acquises tôt ne portent leurs fruits qu’en interaction avec les ressources scolaires et sociales ultérieures. Celleux qui accumulent le capital culturel nécessaire poursuivent la fréquentation, tandis que d’autres s’en éloignent.
À l’ère du numérique, l’inégalité ne disparaît pas, elle se reconfigure. L’accès aux nouvelles formes de culture suppose la maîtrise de codes et de compétences techniques spécifiques, inégalement distribuées (Bourdieu, 1989). Ainsi, si les personnes diplômées et les jeunes adoptent massivement les services numériques, ces outils ne gomment pas les hiérarchies : ils en dessinent de nouvelles.
Les bibliothèques apparaissent dès lors comme des infrastructures critiques de savoirs, mais aussi comme des institutions paradoxales prises dans une tension entre ouverture et distinction. Elles peuvent certes être vues comme des lieux de démocratisation, voire de démocratie culturelle, mais aussi comme des espaces où se rejouent les luttes symboliques du champ culturel (Bourdieu, 1992).
S’il faut parler d’avenir, à ce point, celui-ci dépendra de la capacité des bibliothèques à retrouver leurs publics, à redéfinir les formes de capital culturel qu’elles valorisent, à reconnaître la pluralité des savoirs et à se positionner comme actrices de justice sociale et environnementale dans un monde traversé par de multiples urgences – qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou de la crise écologique. Redéfinir le capital culturel implique, par exemple, d’élargir la reconnaissance des pratiques légitimes en intégrant les littératies communautaires, numériques, médiatiques et informationnelles, mais aussi la culture populaire – mangas, balados ou jeux vidéo – au même titre que la littérature dite « classique » (Dufour et al., 2021). Cela suppose également de poursuivre le développement des espaces de création et de participation, tels que les fab labs ou les laboratoires citoyens, qui diversifient les pratiques reconnues et contribuent au soutien des cultures numériques. Reconnaître la pluralité des savoirs veut dire valoriser, dans la foulée des stratégies d’équité-diversité-inclusion-réconciliation en émergence (Martel et Dufour, 2024), les perspectives autochtones et interculturelles, comme celles des personnes issues de l’immigration dans les collections, mais aussi co-construire avec les communautés des ressources vivantes et accessibles, qu’il s’agisse d’archives communautaires ou de ressources éducatives libres, et ce, malgré un climat d’adversité.
Mais cet avenir repose aussi sur la responsabilité et la responsabilisation des gouvernements locaux et nationaux, qui ne peuvent se contenter d’ajustements marginaux. Ils doivent envisager le financement des bibliothèques comme un investissement structurant, stable et conséquent – car une augmentation ponctuelle n’aboutit pas forcément à un budget suffisant et durable, même bien géré – et reconnaître politiquement leur rôle stratégique pour la société, l’éducation, la démocratie culturelle.
Enfin, le rôle des bibliothèques dans la justice sociale et environnementale s’exprime déjà, à certains égards, dans leurs fonctions d’accueil – refuges climatisés en période de canicule ou chauffés en hiver – et pourrait s’élargir à des initiatives de sobriété numérique ou à l’organisation d’ateliers citoyens sur les enjeux écologiques et technologiques. Dans cette perspective, leur mission s’enrichit d’une véritable dimension de care, telle que définie par Joan Tronto dans Un monde vulnérable (2010), fondée sur la responsabilité éthique, la réciprocité et l’attention aux interdépendances. Prendre soin des communautés, c’est non seulement répondre à leurs besoins culturels et sociaux immédiats, mais aussi reconnaître leur vulnérabilité, soutenir leur agentivité et favoriser une participation inclusive. En ce sens, les bibliothèques apparaissent comme des infrastructures critiques et résilientes, mais aussi comme des institutions attentives, capables de contribuer activement à la justice sociale et écologique.
Notes
[1] Bourdieu, P. (1979). Les trois états du capital culturel. Actes de la recherche en sciences sociales, 30(1), 3-6. https://doi.org/10.3406/arss.1979.2654
[2] Les données proviennent de l’Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques (EABP) réalisée par le MCC et BAnQ.
[3] L’article présente une parité dans les citations puisque presque autant de personnes identifiées comme hommes et femmes sont mentionnées; ce qui rappelle l’importance de la représentativité dans la production et la reconnaissance du savoir.
Références [3]
Bourdieu, P., et Passeron, J.-C. (1967). Les héritiers: Les étudiants et la culture. Paris: Éditions de Minuit.
Bourdieu, P., et Passeron, J.-C. (1970). La reproduction: Éléments pour une théorie du système d’enseignement. Paris: Éditions de Minuit.
Bourdieu, P. (1979). La distinction: Critique sociale du jugement. Paris: Les Éditions de Minuit.
Bourdieu, P. (1989). La noblesse d’État: Grandes écoles et esprit de corps. Paris: Éditions de Minuit.
Bourdieu, P. (1992). Les règles de l’art: Genèse et structure du champ littéraire. Paris: Seuil.
Dufour, C., Martel, M. D., Lacelle, N., Kiamé, S., Garneau-Gaudreault, L.-A. & Poulin, T. (2021). Littératie communautaire : analyse de la production documentaire et revue de la littérature. Revue de recherches en littératie médiatique multimodale, 14. https://doi.org/10.7202/1086911ar
Jacobs, J. (1961). The Death and Life of Great American Cities. New York, NY: Random House.
Klinenberg, E. (2018). Palaces for the people: How social infrastructure can help fight inequality, polarization, and the decline of civic life. New York, NY: Crown.
Marceau, S. (2024, décembre). Les bibliothèques publiques québécoises en 2022 (Optique culture, no 99). Observatoire de la culture et des communications du Québec. Ministère de la Culture et des Communications du Québec et Bibliothèque et Archives nationales du Québec. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/bibliotheques-publiques-quebecoises-2022.pdf
Martel, M. D., et Dufour, C. (2024, 31 octobre). Enquête RÉDI : Rapport final. Résultats des analyses des réponses au questionnaire RÉDI. Rapport préparé en collaboration avec le Comité ÉDI de la Fédération des milieux documentaires (FMD) et l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI), Université de Montréal.
Putnam, R. D., & Feldstein, L. M. (2003). Better together: Restoring the American community. Simon & Schuster.
Tronto, J. (2010). Un monde vulnérable: Pour une politique du care (S. Laugier, Trad.). Paris: La Découverte.
White, B. & Martel, M. D. (2021). An Intercultural Framework for Theory and Practice in Third Place Libraries, Public Library Quarterly, DOI: 10.1080/01616846.2021.1918968
Le rassemblement dans le jardin de la Grande Bibliothèque
Le 10 mai 2025, un rassemblement citoyen a eu lieu dans le jardin de la Grande Bibliothèque (BAnQ) à Montréal. Organisé en opposition au projet d’Hydro-Québec d’y installer un poste de transformation électrique de 315 000 volts, l’événement a réuni des citoyen·nes, bibliothécaires, archivistes, artistes, urbanistes et personnalités politiques autour d’une même conviction : cet espace est un bien commun, culturel et mémoriel, et ne
Le rassemblement dans le jardin de la Grande Bibliothèque
Le 10 mai 2025, un rassemblement citoyen a eu lieu dans le jardin de la Grande Bibliothèque (BAnQ) à Montréal. Organisé en opposition au projet d’Hydro-Québec d’y installer un poste de transformation électrique de 315 000 volts, l’événement a réuni des citoyen·nes, bibliothécaires, archivistes, artistes, urbanistes et personnalités politiques autour d’une même conviction : cet espace est un bien commun, culturel et mémoriel, et ne doit pas être sacrifié.
Un terrain stratégique, pas un terrain vague
Dès 1998, lors du choix du site de la Grande Bibliothèque, le terrain adjacent avait été réservé pour permettre une éventuelle expansion, conformément aux normes internationales en bibliothéconomie. Guylaine Beaudry, bibliothécaire chevronnée ayant œuvré dans plusieurs universités, a rappelé que le choix du terrain de la Grande Bibliothèque avait été guidé par une analyse rigoureuse. Ce site avait été retenu pour son potentiel à accueillir un lieu inspirant, tout en répondant aux besoins futurs en matière d’espaces pour BAnQ — conformément aux recommandations de la Fédération internationale des associations de bibliothèques, qui préconise une capacité d’agrandissement de 60 à 70 %.
« Le Jardin d’art n’est pas une incongruité ou une anomalie pour BAnQ. Le Jardin d’art n’est pas un actif superflu à vendre pour combler un déficit ou assurer les coûts d’un projet. Le Jardin de BAnQ n’est pas à vendre, il fait partie du tissu du Quartier latin et de l’avenir de la Grande Bibliothèque. »
Le jardin de la Grande Bibliothèque
De plus, dans ses 30 années de pratique, elle n’a « jamais vu un poste de transformation électrique à côté d’une bibliothèque ».
Plus préoccupant encore, le projet prévoit de réserver deux étages dans le poste électrique pour entreposer des collections de BAnQ. « Ahurissant ! », s’indigne Guylaine Beaudry, en rappelant que les collections de bibliothèques et les archives doivent être conservées dans des conditions strictes : « à environnement contrôlé et selon des critères de température et d’humidité très précis. » Elle affirme : « Dans toutes ces normes, rien, mais absolument rien, ne peut permettre d’aménager un centre de conservation dans un poste électrique. »
Guylaine Beaudry souligne également que les pires cauchemars des bibliothécaires et archivistes concernent « le feu, l’eau et les cyberattaques », et qu’un poste électrique adossé à une bibliothèque fait partie des risques majeurs. Des études en ingénierie démontrent que les risques d’incendie pour ce type d’installation peuvent être quatre fois plus élevés que dans un édifice public traditionnel.
« D’un point de vue urbanistique, il s’agit d’une proposition inacceptable. Aux plans archivistique et bibliothéconomique, ce projet est saugrenu, insoutenable et insensé. En augmentant les risques quant aux conditions de conservation, on met en péril une partie de la mission de
La première présidente-directrice générale, Mme Lise Bissonnette et Guylaine Beaudry, bibliothécaire
BAnQ. »
La première présidente-directrice générale, Mme Lise Bissonnette, était présente à ce « love-in » pour la Grande Bibliothèque, qui célébrait le 30 avril dernier ses 20 ans d’existence. En 2024, ce sont un million et demi de personnes qui ont franchi ses portes. Sa présence témoignait de l’attachement durable à cette institution née d’un projet visionnaire, devenu un lieu emblématique de savoir, de culture et de vie citoyenne.
Les racines d’une aberration
Pierre MacDuff, pour sa part, rappelle que la construction du poste de transformation projetée nécessite une superficie de 80 000 pieds carrés — soit l’équivalent d’un terrain et demi de football américain. « La volumétrie de ce bâtiment sera plus imposante que celle de la Grande Bibliothèque elle-même », précise-t-il.
Comment a-t-on pu en arriver à une telle « aberration » : implanter un poste électrique massif au cœur du jardin de la Grande Bibliothèque ? Plusieurs éléments se conjuguent pour expliquer cette dérive.
MacDuff dénonce, premièrement, le « catimini » dans lequel ce projet a été développé. Il est stupéfiant de constater que « deux sociétés d’État, on ne parle pas de promoteurs privés désireux de se soustraire aux regards de la compétition, ont fait avancer ce projet dans l’ombre ». Cette absence totale de transparence soulève de sérieuses questions quant au processus décisionnel.
Deuxièmement, « l’aplaventrisme » manifeste de BAnQ et de ses instances dirigeantes. On ne peut que déplorer que « son conseil d’administration accepte sans broncher de se laisser déposséder de ce terrain et que sa présidente-directrice générale refuse incidemment toute entrevue sur le sujet ».
Troisièmement, « l’insensibilité » dont fait preuve Hydro-Québec face aux enjeux culturels et urbanistiques. La société d’État démontre une complète « insensibilité à l’égard des besoins de la Grande Bibliothèque ainsi qu’à l’égard du Quartier latin dont ce sera le plus imposant bâtiment». Cette approche technocratique ignore les dimensions patrimoniales et communautaires.
Ramon Vitesse, zinester et acteur innovant du monde des bibliothèques
Enfin, et non le moindre des aspects, « le silence » assourdissant des autorités municipales. Plutôt que de défendre les intérêts des citoyens et des citoyennes ainsi que du patrimoine culturel, « la Ville de Montréal a eu peur d’affronter Hydro-Québec ». Plus révélateur encore, « il y a un an, elle a plutôt renoncé, au profit d’Hydro-Québec, à une partie de la servitude de passage de ce terrain ». Même les récentes prises de position politiques semblent timides, préférant demander des consultations plutôt que d’opposer un refus catégorique à ce projet inapproprié.
Une lueur d’espoir: la vente du terrain nécessite encore l’autorisation gouvernementale via un décret qui n’a pas été signé.
Une mobilisation politique face à un projet opaque
Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Québec solidaire
La députée de Québec solidaire, Manon Massé, revient sur son implication et la mobilisation qu’elle mène contre le projet de poste électrique d’Hydro-Québec. Informée dès l’automne 2023 par un lanceur d’alerte, elle a entrepris depuis une série d’interventions soutenues auprès du gouvernement caquiste. Courriels, questions, interpellations : rien n’y fait. Les réponses tardent, ou se contentent de reprendre les arguments de la société d’État.
« Ça a été long… j’ai à peu près jamais eu de réponse, sinon mot pour mot le même discours qu’Hydro-Québec », déplore-t-elle, en évoquant ses échanges avec Christine Fréchette, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, également responsable de la Métropole. Cette dernière la renvoie finalement à Mathieu Lacombe, ministre de la Culture, qui finit par lui répondre :
« Ce que je peux vous dire, c’est que lorsqu’il y aura transaction, ma condition, c’est que ce soit au bénéfice du milieu culturel. »
Une déclaration jugée évasive, inquiétante et largement déconnectée par rapport à l’ampleur de l’enjeu. Manon Massé prévient que la bataille citoyenne est loin d’être terminée et que les citoyennes et citoyens qui sont engagés ici sont « du bon côté de l’histoire ».
Une voix de l’intérieur contre le projet
Sylviane Cossette, représentante syndicale et travailleuse de la Grande Bibliothèque, a dénoncé à son tour avec force le projet. Elle y voit un symptôme de plus du sous-financement chronique de cette institution culturelle pourtant vitale :
« Ceci fait remonter un problème récurrent : le manque de financement chronique de cette institution et son manque d’espace pour la conservation des archives du Québec. »
Sylviane Cossette, représentante syndicale et travailleuse de la Grande Bibliothèque
Elle rappelle que cela fait vingt ans que les citoyennes et citoyens se sont approprié·es la Grande Bibliothèque et son jardin, un espace qui vit, respire et rayonne à travers des projets inspirants de médiation culturelle, comme le jardin de plantes comestibles en 2023 ou les œuvres d’art en plein air.
Elle critique aussi l’absence de vision durable, et l’hypocrisie d’une solution qui ferait de l’espace pour les archives au cœur même d’un poste électrique : « C’est tout simplement mettre un pansement sur une plaie déjà ouverte. »
Sylviane Cossette rappelle que des institutions comme Bibliothèque et Archives Canada, confrontées aux mêmes défis, ont su obtenir des investissements majeurs pour construire de véritables centres de conservation. BAnQ, elle, voit son potentiel d’expansion compromis. « La vente des terrains empêcherait de bâtir un projet du type de celui dont a besoin BAnQ pour ses collections. » Elle conclut en lançant un appel à la transparence, à la démocratie participative, et à la protection de l’intérêt public.
Pour une culture centrale, pas périphérique
Lorraine Pintal insiste sur l’importance, pour une nation rassemblée autour de la devise « Je me souviens », de se remémorer les idéaux qui ont inspiré la création de la Grande Bibliothèque, portée avec tant de conviction par Lise Bissonnette. Aujourd’hui, ces raisons demeurent : une métropole culturelle digne de ce nom doit pouvoir compter sur une institution phare au cœur de la ville, à la fois lieu de mémoire, de savoir et de transmission.
« Ce poumon vert au cœur du Quartier Latin en pleine métamorphose, est un espace de réflexion où bon nombre de citoyens et citoyennes viennent puiser une élévation de l’esprit en lien direct avec la richesse littéraire de BAnQ. C’est aussi un lieu de rassemblement où la culture dans toute sa diversité regroupe des communautés avides de découvertes et de dialogues. »
Lorraine Pintal, metteure en scène, comédienne, autrice
L’idée d’y implanter un poste de transformation électrique d’Hydro-Québec témoigne d’une forme d’« amnésie collective », oubliant que Montréal a déjà souffert de décisions hâtives, de projets mal situés, conçus sans consultation sérieuse. Toutefois, « il est encore temps d’empêcher l’inévitable […] Nous pourrons dire avec fierté Je me souviens.»
Dans une adresse vibrante, Hugo Fréjabise, a proclamé que la culture n’est pas une option ni un loisir de fin de semaine, mais un besoin vital et politique :
« Nous pensons tout ce qui est art et culture comme une urgence très sérieuse, très centrale et vitale. »
Hugo Fréjabise, auteur et metteur en scène
Engagé dans la Grande mobilisation pour les arts, qui a contribué à l’obtention d’une hausse du financement public en culture, il témoigne de l’impact concret que peut avoir la résistance citoyenne planifiée et déterminée. Il dénonce le réflexe de reléguer la culture « au vendredi cinq à sept » ou « au samedi après-midi », comme si elle ne méritait pas d’être au cœur des décisions publiques. Hugo Fréjabise termine avec les mots percutants de Jean-Luc Lagarce, rappelant la mission fondamentale des lieux culturels :
« Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux de l’invention de tout ce qui n’existe pas encore… Ce sont nos maisons à tous. »
La forêt civilisée de 2005 par Robert Gaudreau dans le jardin de la Grande Bibliothèque
Pas un terrain vacant
Ce terrain n’est pas vacant. Depuis des années, il accueille des projets de médiation culturelle, des œuvres d’art en plein air, des activités communautaires et des jardins comestibles. Il constitue un refuge urbain et un tiers lieu précieux au cœur d’un quartier en transformation, marqué par la densification, la fermeture de commerces de proximité et la fragilisation du tissu social.
Face à cette situation déplorable, les attentes citoyennes que Pierre MacDuff réitère sont claires et se déclinent en trois points essentiels :
La Ville de Montréal, tant Projet Montréal qu’Ensemble Montréal, doit exprimer sans ambiguïté son opposition au projet, en raison de sa non-acceptabilité sociale.
Le gouvernement du Québec ne doit pas signer le décret autorisant la vente du terrain appartenant à BAnQ.
Et surtout, Hydro-Québec doit renoncer à cet emplacement, définitivement.
Pour Pierre MacDuff, l’élan citoyen qui s’est formé au fil des mois témoigne d’un refus clair et organisé. En l’espace d’un an, des lettres ouvertes ont été publiées, une page Facebook a été créée, une pétition a recueilli près de 1 300 signatures. Des citoyen·nes sont intervenu·es en conseil municipal, l’ensemble des député·es de l’Assemblée nationale ont été contacté·es, et la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, a relayé ces préoccupations jusqu’à Québec. Le rassemblement d’aujourd’hui n’est qu’une étape. Il y en aura d’autres, affirme-t-il, tant qu’Hydro-Québec n’aura pas renoncé à ce site.
Militantisme documentaire
Un des affiches de l’auteur et artiste Clément de Gaulejac en contexte
Cet article s’inscrit dans une démarche de militantisme documentaire : il rassemble, documente et articule des prises de parole citoyennes, politiques, culturelles et professionnelles autour d’un enjeu urbain majeur, soit le projet d’implantation d’un poste électrique sur le terrain de la Grande Bibliothèque. Témoignages, citations, références médiatiques, et appels à l’action y sont consignés non seulement pour informer, mais pour nourrir la mémoire collective d’une mobilisation en cours.
En cela, le texte fonctionne comme une archive militante : il conserve les traces d’un moment de résistance civique, tout en donnant sens et portée aux gestes, aux voix et aux arguments qui s’y expriment. Il contribue à fixer une mémoire vive, ancrée dans la défense d’un bien commun culturel et environnemental.
Parmi les traces de cette mobilisation, les logos d’invitation et les illustrations des pancartes créées, entre autres, par l’auteur et artiste Clément de Gaulejac distribuées par les organisateurs et organisatrices. Un zine d’amour a aussi été partagé.
L’affiche J’aime BAnQ de Clément de GaulejacL’affiche N’Hydro ni Maître de Clément de Gaulejac Le verso d’une affiche N’Hydro ni Maître, conçu par Réjean Gagnon (à l’aide d’une IAG) Le feuillet du syndicatLe zine
Pour aller plus loin : comprendre les enjeux autour de BAnQ et du projet de poste électrique
Album photo – Mobilisation du 10 mai 2025 Une série de photos publiées sur Flickr documente le rassemblement citoyen en soutien à la Grande Bibliothèque et contre la vente de son terrain.
L’Action nationale – « BAnQ / Le saccage » Un dossier qui analyse en profondeur la crise institutionnelle que traverse Bibliothèque et Archives nationales du Québec et les menaces qui pèsent sur sa mission.
Le Devoir – Quartier latin unis contre le projet d’Hydro-Québec Article de Jean-François Nadeau, 5 février 2025 Un reportage qui rend compte de la mobilisation locale et de l’attachement des citoyens à ce lieu emblématique.
Le Devoir – BAnQ à vendre, une institution de moins en moins grande et une décision sans vision pour l’avenir Une tribune publiée le 1er mars sur les enjeux politiques et symboliques liés à la vente du terrain et au projet de poste électrique.
Radio-Canada – Berri 2 : un projet d’Hydro-Québec qui suscite de l’opposition Article de Jérôme Labbé, 18 février 2025 Un article de synthèse qui expose les tensions entourant le projet de poste électrique à proximité de BAnQ.
Actualitté – Non au béton et aux kilovolts à la place de la culture et des espaces verts Article de Hocine Bouhadjera, 28 avril 2025 Un article relayant les préoccupations citoyennes et professionnelles quant à l’avenir de ce lieu public.
Pétition contre le projet de poste électrique L’appel lancé par des citoyen·nes, chercheur·es et membres de la communauté universitaire pour préserver les terrains de la Grande Bibliothèque.
Sélection d’activités de médiation culturelle proposées dans le jardin
Médiation culturelle, expositions et installations artistiques Le Jardin d’art accueille des œuvres en plein air, offrant aux visiteurs une expérience culturelle immersive.
Potager éducatif et plantes comestibles. Un potager urbain a été aménagé pour sensibiliser à l’agriculture urbaine et à l’autonomie alimentaire; certaines en collaboration avec Montréal, métropole en santé et l’organisme Sentier urbain.
Lectures pour les enfants dans le jardin. Des séances de lecture sont organisées en plein air, offrant aux enfants une expérience littéraire au milieu de la nature.
Yvonne Oddon, bibliothécaire et résistante
L’exposition « Sur l’air de la liberté : Chansons de résistantes dans les prisons nazies » offre une relecture forte et poignante de l’engagement de la bibliothécaire et résistante Yvonne Oddon. Autour de 19 chansons documentées par cette dernière à son retour des prisons et camps nazis, cette exposition musicale et documentaire révèle comment les arts populaires et la création poétique ont pu devenir des armes de survie, d’espoir et de résistance. E
L’exposition « Sur l’air de la liberté : Chansons de résistantes dans les prisons nazies » offre une relecture forte et poignante de l’engagement de la bibliothécaire et résistante Yvonne Oddon. Autour de 19 chansons documentées par cette dernière à son retour des prisons et camps nazis, cette exposition musicale et documentaire révèle comment les arts populaires et la création poétique ont pu devenir des armes de survie, d’espoir et de résistance. En donnant à entendre ces voix de femmes emprisonnées et déportées, l’exposition témoigne aussi d’une part oubliée d’une histoire culturelle et mémorielle.
Sur l’air de la liberté : quand chanter devient résister
L’exposition présente également des reconstitutions vocales a cappella ou accompagnées au piano que l’on a pu entendre lors d’un récital mémorable présenté lors du vernissage à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (Montréal, Québec). Offerte en formats physique et numérique depuis le 28 mars 2025 jusqu’au 2 mai, on peut la voir et l’entendre au Centre d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal (Pavillon 3744 rue Jean Brillant, 5e étage) ; elle est hébergée sur un site web dédié, enrichi de contenus analytiques et historiques.
La version itinérante est appelée à circuler dans plusieurs institutions au Québec et en France, prolongeant ainsi l’impact pédagogique et mémoriel du projet. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche-création et qui a donné lieu à diverses publications scientifiques qui approfondissent le sujet des dynamiques de résistance à l’œuvre dans ces chants de détention.
Page d’accueil de l’exposition numérique « Chansons de résistance dans les prisons nazies »
Yvonne Oddon, pionnière oubliée de la bibliothéconomie
Yvonne Oddon, la plus américaine des bibliothécaires françaises, occupe une place importante dans le livre « Bâtisseuses de la lecture publique », publié en 2024 aux Presses de l’ENSSIB, sous la direction d’Isabelle Antonutti. Cet ouvrage remarquable réhabilite la mémoire de soixante pionnières de la lecture publique en France. En s’appuyant sur des archives souvent fragmentaires, cet ouvrage met en lumière le rôle fondamental joué par les femmes dans la structuration de la profession, dans un univers historiquement façonné au masculin et où les figures des bibliothécaires sont longtemps restées invisibilisées. Préfacé par Arlette Farge, cette recherche fait émerger une véritable histoire sociale des travailleuses de bibliothèque, en exposant leurs réalisations, leurs luttes pour la reconnaissance, et leur apport dans l’évolution de la lecture publique. Un article et plusieurs entrées dans cet ouvrage sont consacrés à Yvonne Oddon.
Née en 1902, Yvonne Oddon suit une formation à l’American Library School à Paris, puis part en stage à l’université du Michigan, aux États-Unis, où elle s’étonne de constater la place centrale accordée aux bibliothèques dans la vie universitaire. De retour en France, elle contribue activement au développement des bibliothèques dans les régions dévastées, notamment par la mise en place du tout premier bibliobus à Soissons en 1933. En 1929, elle est recrutée comme bibliothécaire du musée d’ethnographie du Trocadéro, devenu musée de l’Homme en 1937, où elle introduit des standards innovants inspirés des pratiques américaines : libre accès, classement méthodique, réseaux d’échange de périodiques, et une photothèque documentaire.
Résistante dès 1940, elle cofonde le réseau du Musée de l’Homme avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky. Elle affirme, dans une archive sonore qui contient un extrait d’entretien diffusé sur France Culture en 1963, que son engagement est né d’une réaction instinctive face aux «fausses nouvelles», alors qu’elle effectuait, à titre de bibliothécaire, un travail de dépouillement de la presse. Il s’agissait donc, dès le départ, d’une posture résolument antipropagandiste, en réponse à la machine de désinformation nazie. Peu à peu, elle s’est engagée dans une résistance tous azimuts : fabrication de tracts, création du journal clandestin Résistance, contacts avec l’Angleterre pour « transmettre des renseignements nécessaires à la France libre », « transports de volontaires et d’évadés », « organisation de groupes de combat avec dépôts d’armes », etc. Suite à une dénonciation, elle arrêtée en 1941. Elle échappe à la peine de mort, mais elle est déportée et incarcérée dans plusieurs prisons et camps nazis, dont Ravensbrück et Mauthausen. C’est au cours de sa détention qu’elle compose avec ses compagnes de captivité ces chansons de résistance, rassemblées à son retour. Ce matériel constitue aujourd’hui un témoignage bouleversant de la vie culturelle au quotidien dans un contexte de violence extrême.
Après la guerre, elle reprend ses fonctions de bibliothécaire; elle participe activement à la création de l’ICOM (Internationa Council of Museums), collabore avec l’UNESCO, et réédite avec Charles-Henri Bach leGuide du bibliothécaire, devenu une référence. Elle poursuit des missions internationales en Afrique et en Haïti, où elle forme des professionnel.les de la documentation. Yvonne Oddon s’est éteinte en 1982, mais où on se souvient d’elle à la bibliothèque du Musée de l’Homme qui porte son nom.
L’exposition « Sur l’air de la liberté », devrait, à plus d’un titre, faire partie du circuit des bibliothèques et des centres d’archives, car elle appartient à l’histoire professionnelle de ces travailleuses de la mémoire et du savoir.
Nous avons besoin cette énergie de résistance que portait Yvonne Oddon, alors que nous nous abandonnons peut-être en ce moment à une forme de résignation feutrée, souvent maquillée en pragmatisme, qui banalise les reculs en matière de liberté, de justice et de mémoire collective. Le courage d’Oddon, sa créativité, et sa vision d’une bibliothèque comme lieu vivant, solidaire et émancipateur, résonnent avec une acuité particulière dans le monde actuel. Entre démarches individuelles et actions collectives, émerge aussi une injonction à maintenir vivant et bien audible l’ espoir pour des futurs alternatifs — un appel que le parcours de Oddon vient puissamment relayer en écho.
Don’t Look Away : dans l’air du temps, un écho
Ainsi, la plus américaine des bibliothécaires françaises serait sans doute en accord avec R. David Lankes, qui, face à la vague de censure et de persécutions visant les bibliothécaires aux États-Unis, répondait avec force : « Don’t look away. »Ne détournez pas le regard. C’est exactement ce qu’Yvonne Oddon a refusé de faire et qu’il faut entendre : résister, agir et documenter.
Dans ce texte percutant, publié le 26 mars dernier et que j’ai traduit ici, Lankes s’inquiète de la dérive autoritaire actuelle aux États-Unis, où les bibliothèques et institutions culturelles, loin d’être simplement fermées, sont en voie de devenir des instruments de propagande. Il évoque les attaques contre les agences fédérales, les bibliothèques universitaires, les chercheurs et les archivistes, ainsi que la montée inquiétante de la censure, des listes de mots interdits, et des persécutions de bibliothécaires accusés d’être trop « libéraux ». Face à l’inquiétude grandissante de la communauté internationale, il appelle à ne pas détourner le regard.
Plutôt que de se contenter de déclarations officielles ou de pressions diplomatiques, l’auteur exhorte les bibliothécaires à documenter activement cette nouvelle forme de « McCarthysme anti-woke » : archiver les documents censurés, recueillir les témoignages, créer des canaux de soutien, favoriser les discussions critiques et protéger la mémoire du moment. Il insiste aussi sur la nécessité d’agir à l’échelle locale, là où les bibliothèques restent profondément ancrées dans la confiance des communautés. En cultivant des espaces de dialogue, de solidarité et de résistance, les bibliothécaires peuvent, ici comme ailleurs, défendre la démocratie. Mais pour cela : don’t look away.
Rendre visibles les invisibles, les oubliées
Dessin en cours (avant le fusain et l’encrage au stylo noir)
Yvonne Oddon faisait également partie de ces nombreuses femmes notables sans image sur Wikipédia. Pour remédier à cette absence visuelle, je me suis permis de dessiner un portrait inspiré d’un remix composite d’images disponibles (vidéo, photo… c’est toujours un défi particulier), afin de rendre hommage à sa mémoire et de contribuer à la visibilité de son engagement. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’initiative portée par Les sans pagEs qui lancent un appel aux illustrateurs et illustratrices pour créer des portraits de femmes dont les biographies sur Wikipédia n’ont pas d’image. Ce projet vise à réduire le biais de genre sur la plateforme en enrichissant les articles consacrés aux femmes, aux féminismes et d’autres sujets sous-représentés.
Je note, par ailleurs, que dans l’article consacré au journal Résistance sur Wikipédia, Yvonne Oddon n’est pas mentionnée parmi les créateurs de cette publication. J’en ai fait un sujet de discussion. Mais, selon le Musée de l’Homme, ce serait bien le cas; elle serait d’ailleurs à l’origine du nom du journal. C’est aussi ce qui est affirmée sur le site du Musée de la résistance en ligne.
Sources principales
Antonutti, Isabelle (dir.) (2024). Bâtisseuses de la lecture publique. Presses de l’ENSSIB. Chapitre consacré à Yvonne Oddon, dans une étude collective sur les pionnières de la lecture publique en France. https://books.openedition.org/pressesenssib/13279
Wikipédia – Yvonne Oddon (voir aussi la section bibliographie) Article biographique détaillé retraçant sa carrière bibliothéconomique et son engagement dans la Résistance. https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Oddon
Exposition « Sur l’air de la liberté : chansons de résistantes dans les prisons nazies » (2025). Projet dirigé par Marie-Hélène Benoit-Otis avec la collaboration de Cécile Quesney. Reconstitution musicale de 19 chansons documentés par Yvonne Oddon.https://chansonsresistantes.crcmp.org/
R. D. Lankes dans la salle de lecture de la collection nationale à la Grande bibliothèque lors de son séjour à Montréal en 2019
Le texte qui suit, Don’t Look Away, est signé par R. David Lankes, professeur, chercheur et bibliothécaire américain engagé. Il est l’auteur de The Atlas of New Librarianship et de l’essai bien connu Expect More: Demanding Better Libraries, traduit en 2018 sous le titre Exigeons de meilleures bibliothèques par un collectif de bibliothécaires francophones. Dans cette
R. D. Lankes dans la salle de lecture de la collection nationale à la Grande bibliothèque lors de son séjour à Montréal en 2019
Le texte qui suit, Don’t Look Away, est signé par R. David Lankes, professeur, chercheur et bibliothécaire américain engagé. Il est l’auteur de The Atlas of New Librarianship et de l’essai bien connu Expect More: Demanding Better Libraries, traduit en 2018 sous le titre Exigeons de meilleures bibliothèques par un collectif de bibliothécaires francophones. Dans cette nouvelle prise de position, que nous traduisons ici, Lankes revient avec force sur les menaces qui pèsent actuellement sur les bibliothèques, la liberté intellectuelle et les institutions du savoir — et nous rappelle l’importance critique de l’engagement du corps travaillant dans les milieux documentaires.
Ne détournez pas le regard
Lors d’un récent voyage en Europe, on m’a sans cesse posé la même question : « Que pouvons-nous faire ? » La communauté des bibliothèques européennes (et sans doute aussi la communauté mondiale) observe les développements aux États-Unis avec confusion et inquiétude. Comment le gouvernement fédéral peut-il fermer des agences, s’en prendre à l’Institute for Museum and Library Services, réduire les budgets de la National Agricultural Library, stopper les recherches des National Institutes of Health, limoger l’archiviste nationale et défaire des décennies de travail dans les bibliothèques et le patrimoine culturel ? Comment un pays qui s’identifie si fortement à la liberté, et à la liberté d’expression, peut-il établir une liste de mots interdits utilisés pour purger, sans distinction, les sites web de leurs collections, données et documents ?
La première crainte était que les institutions culturelles soient fermées. La nouvelle réalité, c’est qu’elles seront transformées, une fois de plus, en instruments de propagande et d’endoctrinement. L’Institute for Museum and Library Services n’est pas fermé. En revanche, son nouveau directeur veut s’en servir pour « remettre l’accent sur le patriotisme, préserver les valeurs fondamentales de notre pays, promouvoir l’exceptionnalisme américain et cultiver l’amour de la patrie chez les générations futures ».
Au-delà du gouvernement fédéral, comment les bibliothécaires et institutions de l’UE peuvent-ils réagir, me demandait-on, face à la vague continue d’interdictions de livres, de licenciements de bibliothécaires jugés « trop libéraux », et aux poursuites judiciaires contre ceux et celles qui exercent simplement leur métier et soutiennent leurs associations professionnelles ?
Ma réponse est simple : ne détournez pas le regard.
Je comprends l’importance des déclarations institutionnelles de l’IFLA, de l’ALA, de la SLA, de l’ACRL et autres ; c’est d’ailleurs ce que nous faisons ici, au fond. Je comprends l’idée selon laquelle une pression internationale devrait, au minimum, attirer l’attention sur les attaques contre les fondements mêmes du métier de bibliothécaire. Je comprends aussi ce besoin d’agir. Continuez à publier des déclarations, continuez à poser des questions. Mais sachez que cela ne suffira pas. En réalité, l’idée que les États-Unis agissent malgré la désapprobation internationale est même au cœur du projet de l’administration actuelle.
Non, le véritable travail à accomplir, c’est celui que les bibliothécaires mènent depuis des siècles : encourager la conversation éclairée et assurer la mémoire rigoureuse de l’instant, en vue d’une action informée.
Un moment où une nation prospère et démocratique décide que son infrastructure culturelle, scientifique et intellectuelle, celle-là même qui l’a menée à sa position dans le monde moderne, est désormais suspecte, infestée d’agents porteurs de sentiments «anti-américains». Un moment où interroger l’histoire et les actions d’un pays dans une perspective de progrès devient un acte de dissidence. Un moment où les idées deviennent dangereuses. Où l’éducation devient dangereuse, où les bibliothèques deviennent dangereuses, où les mots deviennent dangereux. Où, au lieu d’un dialogue vital sur ceux qui réussissent dans la nation et sur la manière de bâtir une économie et une démocratie capables d’éliminer les désespoirs les plus profonds et de redonner une voix aux personnes exclues, nous cédons le pouvoir à des politiques du ressentiment et de la revanche.
Ne détournez pas le regard.
Aidez-nous à documenter ce nouveau maccarthysme « anti-woke ». Ouvrez des dépôts d’archives pour les documents purgés. Créez une plateforme centralisée d’articles de presse et de témoignages de bibliothécaires licenciés. Documentez les décisions de justice américaines qui tentent de contraindre les agences de l’exécutif. Proposez des canaux sécurisés et anonymisés pour les travailleurs et travailleuses des bibliothèques aux États-Unis et à l’étranger. Organisez des discussions pour réfléchir, soutenir, témoigner. Tout comme nous l’avons fait pour d’autres nations à travers le monde.
Et surtout — je ne saurais trop insister — regardez aussi chez vous, du côté de vos propres frontières. Nous vivons une époque de déstabilisation. Les alliances traditionnelles se rompent. L’idée que nous étions sur une trajectoire linéaire vers toujours plus de libertés s’effondre face au retour cyclique des idéologies politiques. L’histoire n’est pas terminée.
Sachez que malgré ces paroles, je reste optimiste. Les bibliothèques américaines, toutes catégories confondues, sont des institutions locales. Leur financement provient en majorité de taxes locales et de frais de scolarité. Les gens soutiennent encore massivement leurs bibliothèques et font confiance à leurs bibliothécaires. Le soutien aux bibliothèques, à l’éducation, aux musées n’est pas idéologique. Leur fonctionnement demeure, dans une large mesure, du ressort des communautés locales.
C’est cette ancrage local, cette orientation communautaire — acquise de haute lutte au fil des décennies — qui me donne de l’espoir. Nous devons veiller, aux États-Unis comme ailleurs, à restaurer et renforcer ces liens communautaires. Les bibliothécaires ont tout à gagner à se tourner vers l’hôtel de ville plutôt que vers le parlement ou la Maison-Blanche. Bâtir du consensus. Donner du pouvoir à ceux et celles qui se sentent marginalisés. Encourager la rencontre entre voisins. Donner l’exemple d’un débat sain.
Salle de lecture, Boston Public Library, Boston, 2024
Fondée en 1848, la Boston Public Library (BPL) est la première grande bibliothèque municipale gratuite aux États-Unis. Dès son origine, elle a porté une vision profondément démocratique : celle de l’accès au savoir pour toutes et tous, indépendamment du statut social ou économique. Son inscription gravée sur le fronton — « Free to all » — est devenue un emblème puissant de la mission publique des bibliothèques américaines. La BPL a non s
Salle de lecture, Boston Public Library, Boston, 2024
Fondée en 1848, la Boston Public Library (BPL) est la première grande bibliothèque municipale gratuite aux États-Unis. Dès son origine, elle a porté une vision profondément démocratique : celle de l’accès au savoir pour toutes et tous, indépendamment du statut social ou économique. Son inscription gravée sur le fronton — « Free to all » — est devenue un emblème puissant de la mission publique des bibliothèques américaines. La BPL a non seulement servi de modèle pour les bibliothèques publiques dans le monde entier, mais elle incarne toujours aujourd’hui l’idéal d’une institution culturelle ouverte, inclusive, enracinée dans la justice sociale et la citoyenneté éclairée. J’ai eu le plaisir de revisiter cette institution inspirante l’été dernier, loin d’imaginer alors l’ampleur des menaces qui allaient émerger quelques mois plus tard.
Aujourd’hui, la mairesse de Boston, Michelle Wu, figure montante de la scène politique américaine, est l’une des voix les plus engagées dans la résistance face aux atteintes aux institutions publiques — dont les bibliothèques, en première ligne. Lors de son discours sur l’état de la ville en janvier 2025, elle déclarait sans broncher (ma traduction) : « Boston a été fondée en affrontant les tyrans. Personne ne dicte à Boston comment prendre soin des siens. Pas les rois, et pas les présidents qui se prennent pour des rois. »
Ainsi, alors que l’actualité nationale et internationale tourne souvent autour de crises géopolitiques, il est une autre forme de crise qui mérite notre attention, particulièrement au sein de notre communauté professionnelle : celle qui touche actuellement les bibliothèques, les archives et l’accès à l’information publique aux États-Unis. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence le 20 janvier dernier, plusieurs décisions et décrets exécutifs viennent ébranler les fondements mêmes de la mission sociale et éducative de nos collègues américains.
À travers cet article, je souhaite partager avec mes collègues du Québec, du Canada et de la francophonie quelques faits récents qui, bien qu’ils puissent sembler lointains, résonnent profondément avec les valeurs que nous portons collectivement. Il s’agit ici non seulement de la liberté intellectuelle et de l’accès à l’information, mais aussi de l’intégrité professionnelle, de la recherche, de la diversité des savoirs et de la justice sociale.
Je suis bien consciente que nous évoluons dans un contexte de surcharge informationnelle, où la multiplication des nouvelles et des signaux contradictoires participe, volontairement ou non, à une forme de brouillage stratégique. Cette saturation fait d’ailleurs partie des techniques de propagande utilisées par certains gouvernements, visant à diluer la portée des enjeux réels et à noyer les alertes. C’est précisément pour cette raison qu’il devient si important, dans nos milieux — bibliothèques, archives, recherche, journalisme — de trier, colliger, organiser et analyser l’information, afin de rendre lisible ce qui tend à être fragmenté ou camouflé.
En tant que membre de l’American Library Association (ALA), je vois passer un flux constant de communications, de communiqués, de témoignages et d’alertes. Ce texte est une tentative de partager une lecture d’ensemble, une synthèse permettant de rendre perceptible la dynamique actuelle pour celles et ceux qui, d’ici ou d’ailleurs, n’en mesurent pas encore l’ampleur. Car mieux comprendre ce qui se joue au sud de la frontière est devenu un enjeu tout aussi stratégique, en réponse à la désinformation, et tant pour anticiper les répercussions possibles dans nos contrées que pour protéger nos propres institutions contre les dérives autoritaires et les atteintes à la démocratie.
Derrière un langage technocratique se cache une réalité bien plus brutale : le décret vise à éliminer de facto l’IMLS, en limitant ses demandes budgétaires aux seuls fonds nécessaires à sa fermeture. Toute autre demande de financement sera rejetée par l’Office of Management and Budget (OMB).
Ce décret s’ajoute à une loi de crédits provisoires pour l’exercice 2025, adoptée et signée le même jour, qui maintenait pourtant les fonds de l’IMLS au niveau de 2024. Mais le décret présidentiel restreint désormais leur utilisation aux seuls programmes explicitement requis par la loi, excluant ainsi potentiellement un grand nombre d’initiatives pourtant cruciales pour les bibliothèques publiques, scolaires et universitaires à travers le pays et, en premier chef, les programmes reliés à l’équité, la diversité, l’inclusion.
L’heure du conte dans le jardin, BPL, Boston, 2024
L’ambiguïté persistante sur ce qui est considéré comme « statutairement requis » laisse craindre une interprétation restrictive, voire hostile, dans la mise en œuvre. La réduction à néant de l’IMLS pourrait se concrétiser très bientôt par l’inscription d’un budget de fermeture dans la proposition présidentielle pour l’exercice 2026, attendue dans les prochaines semaines.
The Plot Thickens, collection de littérature, BPL, Boston, 2024
Des répercussions bien au-delà de l’IMLS
La menace qui pèse sur l’Institute of Museum and Library Services n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans un climat plus large de méfiance, voire d’hostilité, à l’égard des institutions publiques de mémoire, de savoir et de transmission culturelle. Depuis janvier 2025, plusieurs autres mesures prises par l’administration Trump viennent accentuer cette pression, transformant ce qui semblait être un conflit budgétaire en attaque idéologique systémique contre les fondements mêmes de l’accès libre et pluraliste à l’information.
Suppression de données publiques : une mémoire numérique effacée
Depuis la fin janvier, des milliers de pages web et de bases de données gouvernementales ont été altérées, rendues inaccessibles ou supprimées. Cela concerne des sujets comme la santé publique, les changements climatiques ou les inégalités sociales. Des articles de référence comme ceux publiés dans le New York Times, Wired, et The New Yorker ont documenté cette tendance alarmante.
Pour y faire face, le Data Rescue Project, un collectif d’archivistes, de bibliothécaires et d’activistes des données, coordonne les efforts de sauvegarde et de mise à disposition alternative des données effacées.
Les attaques actuelles du gouvernement Trump ne ciblent pas uniquement les bibliothèques et les archives : le secteur de la recherche scientifique est lui aussi directement visé. Plusieurs programmes de financement ont été suspendus ou redirigés, en particulier ceux liés à la diversité, à l’environnement ou à la santé publique. Des mesures préoccupantes ont également été signalées en lien avec l’indépendance des données scientifiques produites par les agences fédérales. Sur ce sujet, je vous invite aussi à consulter les interventions de mon collègue Vincent Larivière, qui suit l’évolution des politiques américaines en matière de science et de diffusion des savoirs, et qui éclaire leur impact sur la recherche canadienne.
Des licenciements ciblés dans les institutions fédérales
Des coupures budgétaires mises en œuvre par le Department of Government Efficiency (DOGE) ont conduit à une vague de licenciements, entraînant notamment la fermeture temporaire de la John F. Kennedy Presidential Library ainsi que des perturbations au sein des Archives nationales des États-Unis (NARA). D’autres bibliothèques présidentielles auraient également été touchées par des mesures similaires. Ces licenciements visent en particulier les employés en période probatoire — c’est-à-dire en poste depuis moins de deux ans —, ce qui facilite leur révocation sans obligation de justification formelle.
Le 7 février, l’archiviste nationale des États-Unis, Colleen Shogan, a été abruptement congédiée par le président Trump, comme l’ont rapporté CBS News. Son adjoint, William “Jay” Bosanko, a choisi de prendre sa retraite peu après.
En réaction, l’American Library Association (ALA) a signé une lettre ouverte adressée à la Maison-Blanche, en collaboration avec plusieurs organisations, puis rejointe par la Society of American Archivists (SAA), dénonçant une atteinte grave à la mémoire nationale et aux droits d’accès à l’information publique.
Espace de valorisation thématique, BPL, Boston, 2024
Censure idéologique dans les bibliothèques scolaires militaires
Conformément à un décret présidentiel de début 2025, les bibliothèques scolaires des bases militaires ont reçu l’ordre de retirer les livres associés à « l’idéologie du genre » ou aux « approches discriminatoires de l’équité ». Ce langage flou mais orienté vise en réalité à purger les collections de tout contenu lié aux luttes sociales ou aux enjeux actuels de justice; une avenue qui affecte aussi les activités telles que les clubs de lecture. Parmi les titres visés : No Truth Without Ruth (sur la juge Ruth Bader Ginsburg), Freckleface Strawberry (de Julianne Moore), et Hillbilly Elegy (de J. D. Vance, le vice-président!). La directive a été dénoncée par l’ALA et l’American Association of School Librarians (AASL) comme une violation du Premier amendement.
Des élèves de bases américaines en Europe et en Asie ont organisé une protestation coordonnée, comme le rapporte Stars and Stripes et PEN America.
Une offensive anticipée, une riposte organisée
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump tente d’éliminer l’IMLS : il l’avait déjà proposé à quatre reprises lors de son premier mandat dans ses propositions budgétaires annuelles (2017–2020), comme le rappelle l’American Library Association (ALA). Mais cette fois, les mesures sont plus concrètes, plus structurées et plus menaçantes.
Heureusement, la riposte s’organise. L’ALA a publié une déclaration officielle le 15 mars dénonçant sans détour cette attaque, affirmant que cette décision « coupe les jambes à l’une plus aimées et respectées des institutions américaines, en s’en prenant à son personnel et aux services qu’elle rend » (« cutting off at the knees the most beloved and trusted of American institutions and the staff and services they offer », ma traduction).
La campagne Show Up for Our Libraries, lancée en anticipation de ce scénario dès la fin de 2024, mobilise depuis des mois bibliothécaires, archivistes, élu·e·s et citoyen·ne·s autour de la défense du financement fédéral de institutions. Depuis la publication du décret, plus de 55 000 messages ont été envoyés aux membres du Congrès via le centre d’action de l’ALA. La campagne met à disposition des modèles de lettres personnalisables, ainsi que des ressources pour organiser des visites de bibliothèques avec des élu·e·s.
En parallèle, l’ALA renforce ses efforts juridiques et politiques, notamment à travers son Public Policy and Advocacy Office (PPAO). Elle prépare activement le Congrès annuel de plaidoyer à Washington, prévu les 2 et 3 avril 2025, où des représentant·e·s de l’ALA — dont la présidente Cindy Hohl, la directrice générale par intérim Leslie Burger, le président du comité législatif,Ed Garcia et la présidente élue Sam Helmick — rencontreront les bureaux des membres du Congrès responsables des budgets liés aux bibliothèques.
Enfin, dans le cadre de la Semaine nationale des bibliothèques (6 au 12 avril 2025), l’ALA offrira un webinaire qui sera accessible à tous et toutes, le 11 avril, intitulé How to Protect Federal Library Funding. Ce sera le quatrième volet de la série Show Up for Our Libraries.
« Build by the People and Dedicated to the Advancement of Learning », (BPL), Boston, 2024
Une solidarité nécessaire, une vigilance partagée
Pour les professionnel·le·s des bibliothèques et des archives d’ici et d’ailleurs, ces événements rappellent que nos institutions ne sont jamais totalement à l’abri. Ce qui se passe actuellement aux États-Unis est un signal fort : les bibliothèques deviennent des cibles dès lors qu’elles incarnent la diversité des savoirs, l’accès à la connaissance, et la résistance aux discours dominants. Le cas de l’Institute of Museum and Library Services menacé de fermeture, les licenciements aux Archives nationales, ou encore la censure dans les bibliothèques scolaires militaires, en sont autant d’exemples récents.
Ces actions ne sont pas isolées. Elles traduisent une stratégie concertée de réduction de l’espace public des savoirs, sous prétexte de simplification administrative ou de neutralité idéologique. En réalité, ce sont la pluralité des points de vue, l’autonomie des institutions de mémoire, et la liberté de chercher, d’enseigner et de transmettre qui sont visées. Ces dynamiques ont été bien analysées dans plusieurs études critiques et formations sur les effets de la désinformation et du populisme sur les institutions du savoir, notamment par Freedom to Read Foundation ou PEN America.
Pour les bibliothécaires, archivistes, enseignant·e·s, chercheur·se·s et défenseur·se·s des biens communs informationnels, il ne s’agit pas d’observer ces événements comme une simple crise américaine. Ce qui se joue là-bas peut — et doit — nous inspirer des mécanismes de vigilance, des réflexes de solidarité, et une réaffirmation de notre rôle critique, social, et éthique, notamment à travers nos engagements envers la liberté intellectuelle et la justice sociale. Au sujet de cette dernière, on se rappelera que l’American Library Association (ALA) reconnaît désormais, depuis 2022, la justice sociale comme une compétence professionnelle fondamentale et transversale, affirmant qu’elle fait partie intégrante de la pratique des bibliothécaires et des professionel·l·e·s de l’information, notamment dans leur capacité à promouvoir l’équité, la diversité et l’inclusion, à remettre en question les systèmes d’oppression, et à servir toutes les communautés avec sensibilité et engagement (ALA Core Competences of Librarianship, 2022, p. 4). On ne peut que craindre un recul important sur ces plans.
Il importe de rester informé·e·s, mais aussi de faire écho à ces luttes dans nos propres contextes. En relayant ces informations au sein de nos réseaux professionnels et communautaires, en réfléchissant collectivement à leur portée dans nos milieux, et en cherchant à clarifier et réaffirmer nos engagements éthiques et professionnels, nous participons — fût-ce modestement et pour l’instant — à l’exercice d’une veille critique et démocratique transnationale. C’est un minimum nécessaire, pour l’instant, mais aussi une responsabilité partagée.
Les répercussions ne sont d’ailleurs plus seulement théoriques ou lointaines. Ce qui se passe actuellement du côté de la bibliothèque Haskell, située à cheval entre Derby Line (Vermont) et Stanstead (Québec), en est un signe troublant. Cette institution unique, littéralement traversée par la frontière canado-américaine, « symbole de l’amitié canado-américaine », a récemment vu ses accès restreints et ses usages surveillés, dans un contexte sécuritaire exacerbé. Les usagères et usagers canadiens désormais empêchés doivent passer par la porte de secours pour y accéder. Un prélude dystopique, peut-être, où les tensions politiques du Sud commencent déjà à se faire sentir jusqu’au Nord — jusque dans les lieux mêmes qui incarnent la coopération, la culture partagée et l’idée d’un savoir sans frontière.
Des ressources et des services en santé mentale, BPL, Boston, 2024
On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement.
– Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants
L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages?
Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouv
On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement.
– Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants
L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages?
Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouvernement a décidé d’ajouter 10 000 MW d’énergie éolienne dans son réseau, tout le Québec est touché par l’éolien, sauf la riche région de Memphrémagog qui aurait défendu que ses paysages méritaient d’être préservés : hors de notre champ de vision les paysages aux allures industrielles!
Ça veut dire quoi?
En plus des 482 éoliennes déjà installées au Bas-Saint-Laurent et dont certaines arrivent en fin de vie (Que faire des tonnes de pâles usées? Recherches de solutions toujours en cours…), on doit bientôt compter 103 éoliennes pour Pohénégamook, Picard, Saint-Antonin et Wolastokuk (phases 1 et 2), 45 éoliennes pour Dégelis et Saint-Jean-de-la-Lande, 20 éoliennes pour Saint-Damase et Saint-Noël.
Ça, c’est ce qui est déjà dans « la machine », il faut ajouter des zones très sérieusement à l’étude : Wocawson (150 éoliennes?), Wetsok : MRC de Montmagny, L’Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup et Témiscouata (240 éoliennes?); Gespe’gewa’gi qui correspond à la Gaspésie et à l’Est du Bas-Saint-Laurent (1000 éoliennes?).
Résister
Un soir de mai, une quarantaine de personnes sont réunies à Témiscouata-sur-le-Lac pour écouter Tina et Étienne, tous deux engagés dans Éoloin, un des nombreux groupes qui s’activent dans différentes régions dans le but de susciter la réflexion à propos de l’implantation de l’éolien, des groupes qui veillent, qui tentent de se faire entendre et de combler le déficit démocratique que le développement éolien a tout simplement soufflé. La dense présentation du comité Éoloin, que tout le monde devrait voir et dont je ramènerai ici quelques fragments, dessine le revers de la médaille.
« Notre économie dans le Témiscouata repose sur l’acériculture, la foresterie et la villégiature. Et l’éolien fragilise tous nos moteurs économiques, dira avec assurance Tina. S’il y avait de véritables consultations, on pourrait peut-être décider ensemble que sur telle partie du territoire on accepte qu’il y ait des éoliennes. Mais de la façon dont ça se fait présentement, sans vue d’ensemble, sans BAPE générique, en laissant les partenaires privés aller frapper aux portes pour offrir de l’argent en échange d’une éolienne, c’est non. Ça ne peut pas se faire comme ça. » Bienvenue au Far-West des gisements de vent. Le bar est ouvert. En plus, l’Alliance de l’énergie de l’Est, partenaire de tous les projets avec des promoteurs privés (de Montmagny jusqu’aux îles de la Madeleine) et dont le conseil d’administration est formé uniquement d’élus (où sont passés les acteurs de la société civile?), assure que l’acceptabilité sociale est là. Ah bon? À voir tous les articles qui s’écrivent, tous les regroupements qui se forment, même des élus déçus se regroupent, il est évident que le consensus en regard de la façon dont les projets se déploient, non il n’y en a pas….
D’ailleurs, en cherchant un peu, on est choqué d’apprendre que c’est l’Alliance qui a insisté auprès d’Hydro-Québec pour obtenir une ligne de transport électrique qui allait permettre le développement de tous les nouveaux parcs dans l’est. Dans la démesure qui semble être sa ligne d’approche, l’Alliance était même prête à construire elle-même la ligne… alors qu’Hydro-Québec avait des réserves1.
Dans cette course à l’éolien, on fait reposer l’acceptabilité sociale sur la promesse d’une transition énergétique, mais on ne peut faire l’équation que par exemple des emprises dans les précieuses érablières sont « le prix à payer, un sacrifice à faire » pour atteindre la carboneutralité. En fait, comme il n’y a pas de lignes directrices pour diminuer le recours aux énergies fossiles, les MW éoliens ne viendront que s’ajouter à l’offre2 (pour que prennent forment plus de projets énergivores comme des centres de données?). Le gouvernement vient d’ailleurs de repousser de 2030 à 2035 sa cible de réduction de GES et de diminuer les sommes pour y arriver. L’engagement dans une transition énergétique, c’est du vent… De plus, l’efficacité et la sobriété énergétiques qui pourraient nous permettre de développer moins de nouveaux projets ne sont pas mises de l’avant3.
« On veut nous enfoncer un projet dans la gorge, mais le fait que l’éolien, c’est mieux que l’énergie fossile ne peut justifier la catastrophe qui s’annonce », dira avec colère un participant au Témiscouata. La catastrophe, elle est économique, en raison de la diminution de la valeur des propriétés, en raison des sommes colossales que les MRC empruntent pour devenir partenaires des projets, en raison du portefeuille de tous les Québécois qui s’alourdit pour financer le déploiement.
La catastrophe, elle est environnementale. On parle de fragmentation du territoire, de compactage des sols, de multiplication de bases de béton (environ 1500 tonnes par éolienne), du bruit, de risques pour les puits, des avions de la SOPFEU qui pourront difficilement circuler dans certaines zones, de fragilisation de milieux humides, de chemins forestiers fraîchement déboisés assez larges et droits (de 21 mètres) pour faire circuler pâles et turbines. Et comme on refuse une analyse d’ensemble, on ne cherchera pas à connaître les effets de la multiplication des parcs sur la faune, la flore, les écosystèmes, l’économie, les communautés, les paysages. Que se passe-t-il? A-t-on pris goût à foncer droit dans le mur comme on l’a fait avec d’autres filières?
Le développement éolien et les revenus qu’il génère pour le Bas-Saint-Laurent doivent être présentés pour ce qu’ils sont : un déploiement qui se fait dans une logique économique capitaliste pour simplement produire plus d’énergie et dont certains tireront de gros profits.
Faire entendre sa voix
À un citoyen du Témiscouata qui demandait « Qu’est-ce qu’on peut faire? », on pourrait répondre : combattons le sentiment d’impuissance. Ne soyons pas ce peuple qui a trop souvent « l’habitude des ruines » (Marie-Hélène Voyer) et ayons le courage de reconnaître que ce développement éolien tous azimuts, précipité et à l’aveugle ne nous représente pas, qu’il dégradera notre milieu alors que l’ère, on le sait, est à la préservation. Dans Charlevoix, on s’apprête d’ailleurs à empiéter sur le maigre territoire du caribou… C’est pour de « l’énergie verte », pourquoi on se gênerait?
Veillons sur notre territoire. Faisons entendre nos voix de toutes les manières, dans toutes les MRC. Signons la pétition pour un BAPE générique, exigeons une vue d’ensemble. Joignons des groupes4 qui essaient d’y voir clair. Un projet qui dépasse les mille éoliennes et qui ne garantit pas la carboneutralité, ça vaut bien mille questions!
1. « L’Alliance de l’énergie de l’Est explore l’idée de construire une ligne à haute tension », Radio-Canada, 2023, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1959219/eolien-transport-ligne-infrastructure-energie-electricite
2.Voir Iris, Projet de loi 69 : vers une transition énergétique?, 2024.
3.« Si le Québec choisissait la voie de la sobriété énergétique, il pourrait se décarboner en 2050 avec trois fois moins de nouvelle production d’électricité » Le Devoir, 31 janvier 2026.
4. Vigilance éolienne de l’est, Vent commun, Éoloin, Vent d’élus, Regroupement Vigilance Énergie Québec, Toujours Maîtres chez nous, etc.
Saint-Tharcisius enfouira une capsule temporelle remplie de souvenirs du 100e anniversaire de la paroisse au parc Pirouettes et Cacahuètes, après une fin de semaine de festivités qui a attiré environ 1 000 personnes par jour dans la municipalité d’un peu plus de 400 habitants.
La malle demeurera sous terre pendant 25 ans. Son ouverture s’effectuera en 2051, lors du 125e anniversaire de la paroisse.
Un livre souvenir consacré au 100e anniversaire de Saint-Tharcisius doit également être publ
Saint-Tharcisius enfouira une capsule temporelle remplie de souvenirs du 100e anniversaire de la paroisse au parc Pirouettes et Cacahuètes, après une fin de semaine de festivités qui a attiré environ 1 000 personnes par jour dans la municipalité d’un peu plus de 400 habitants.
La malle demeurera sous terre pendant 25 ans. Son ouverture s’effectuera en 2051, lors du 125e anniversaire de la paroisse.
Un livre souvenir consacré au 100e anniversaire de Saint-Tharcisius doit également être publié, au cours des prochains mois, afin de conserver une trace des célébrations.
Anciens résidents, citoyens et visiteurs provenant de plusieurs secteurs de la vallée de la Matapédia ont profité du centenaire pour se retrouver et participer aux différentes activités organisées au cours de la fin de semaine.
La programmation proposait des activités durant la journée ainsi que des spectacles en soirée. Les festivités ont pris fin avec le tirage de plusieurs prix d’importance. Joël Rémillard, de Terrebonne, a notamment remporté le grand prix, une Chevrolet Trax 2026.
Le comité organisateur remercie les bénévoles, les commanditaires, les fournisseurs ainsi que toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation du centenaire.
Accueil et Intégration BSL (AIBSL), organisme porteur du Festival interculturel de Rimouski, dévoile la programmation de sa prochaine présentation, qui se tiendra du 21 au 23 août à la place des Anciens-Combattants. Pendant trois jours, la population est invitée à célébrer la richesse des cultures dans un cadre festif, inclusif et rassembleur.
L’événement s’installera au centre-ville afin de faciliter l’accès aux activités.
Cet emplacement permettra au public de profiter pleinement du fes
Accueil et Intégration BSL (AIBSL), organisme porteur du Festival interculturel de Rimouski, dévoile la programmation de sa prochaine présentation, qui se tiendra du 21 au 23 août à la place des Anciens-Combattants. Pendant trois jours, la population est invitée à célébrer la richesse des cultures dans un cadre festif, inclusif et rassembleur.
L’événement s’installera au centre-ville afin de faciliter l’accès aux activités.
Cet emplacement permettra au public de profiter pleinement du festival, au bord du fleuve, avec l’ajout d’un grand chapiteau. L’aménagement a été pensé pour favoriser la circulation et encourager les rencontres spontanées.
Cette année, le Festival interculturel de Rimouski (FIR) présente une programmation riche et variée, où la musique, la danse, la gastronomie et les traditions du monde se rencontrent. Spectacles, ateliers, animations familiales et kiosques culturels permettront à toutes et tous de vivre une expérience immersive, accessible et conviviale.
« Le Festival interculturel de Rimouski est un moment privilégié pour célébrer la diversité qui nous rassemble. C’est une occasion de découvrir, mais surtout de rencontrer l’autre et de tisser des liens, et l’édition de 2026 promet d’être flamboyante! », souligne Sarah Toulouse, directrice générale d’Accueil et Intégration BSL.
Programmation gratuite
La programmation 2026 propose un équilibre entre des spectacles qui mettent en lumière des artistes de divers horizons culturels et des activités participatives qui invitent le public à vivre pleinement l’expérience du Festival.
Cette diversité se reflète notamment à travers des découvertes musicales telles que Rei, un artiste originaire de Nouvelle-Zélande dont l’univers s’inspire de la culture māorie, offrant une expérience artistique à la fois unique et immersive.
De son côté, NAXX BITOTA fera résonner les rythmes du Congo, tandis que Sonido Pesao entraînera le public avec ses sonorités latino-américaines festives et dansantes.
La directrice d’Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, Sarah Toulouse. (Photo courtoisie)
Les festivaliers pourront également se laisser emporter par Dumai Dunai, un collectif aux influences ukrainiennes et bulgares qui mêle dub-punk et fanfares balkaniques, découvrir Less Toches, dont les racines colombiennes, mexicaines, cubaines et argentines donnent vie à une cumbia festive et rassembleuse, ou encore plonger dans l’univers d’Astral Coyote, un duo mexico-québécois qui fusionne cumbia et musique électronique dans une ambiance psychédélique et envoûtante.
La programmation met également en valeur des artistes bas-laurentiens, dont Pascal Demalsy et l’Orchestre de l’Antarctique, et le rendez-vous tricot des Matantes à bouche, un moment chaleureux autour du chant a cappella. Kasàlà Poutine présentera une performance inspirée de la tradition poétique africaine favorisant le partage entre parole, culture et création.
Une attention aux familles
Une attention particulière est accordée aux familles et au jeune public, avec Zak, le dompteur de défis, un spectacle ludique et participatif, ainsi que Eadsé, Révélation Radio-Canada 2025-2026, dont la pop teintée de soul, inspirée de ses racines wendates, s’adresse à un large public.
Tout au long de la fin de semaine, une série d’activités participatives viendra enrichir l’expérience, notamment un atelier de danse haka, une initiation à la danse salsa colombienne, un atelier de danse et de percussions congolaises, ainsi qu’un atelier polyglotte, invitant le public à des découvertes culturelles accessibles.
Côté gourmand, un marché d’artisanat et de cuisine du monde proposera une variété de saveurs et de découvertes, contribuant à faire du Festival un véritable lieu de rencontre et de partage pour toute la communauté.
La programmation complète est disponible en ligne : aibsl.org/fir
Pour une huitième année, Mont-Joli son concours de photographie destiné à son calendrier municipal. La formule change toutefois cette année. puisque la Ville choisira une seule image comme photo officielle de Mont-Joli pour 2027.
Les photographes amateurs et professionnels de Mont-Joli peuvent participer en soumettant jusqu’à quatre photos prises sur le territoire de la ville.
Les images peuvent notamment mettre en valeur les paysages, le patrimoine, les activités, les bâtiments ou tout au
Pour une huitième année, Mont-Joli son concours de photographie destiné à son calendrier municipal. La formule change toutefois cette année. puisque la Ville choisira une seule image comme photo officielle de Mont-Joli pour 2027.
Les photographes amateurs et professionnels de Mont-Joli peuvent participer en soumettant jusqu’à quatre photos prises sur le territoire de la ville.
Les images peuvent notamment mettre en valeur les paysages, le patrimoine, les activités, les bâtiments ou tout autre élément permettant de reconnaître Mont-Joli et son caractère particulier.
La photographie choisie par le jury occupera une place de choix dans le calendrier municipal 2027. Son auteur recevra également un prix de 1 000 $ et fera l’objet d’un portrait dans le journal municipal.
Les photos doivent être en couleur, en format horizontal et en haute résolution, avec un minimum de 300 dpi. Les lieux photographiés doivent aussi être facilement identifiables comme étant situés à Mont-Joli.
Le maire sur le jury
Un jury formé du maire Martin Soucy, d’un membre du conseil municipal, de la régisseuse de la Bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers et d’un photographe évaluera les photos selon leur originalité, leur qualité technique, leur composition et leur capacité à représenter Mont-Joli.
Les participants doivent transmettre leurs photos par courriel à communicationsmj@ville.mont-joli.qc.ca, avec le titre de l’image, le lieu où elle a été prise ainsi que leurs coordonnées.
Le concours prendra fin le 24 octobre à minuit. La photo gagnante sera dévoilée en novembre à la Bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers avant d’être reproduite dans les 3 500 exemplaires du calendrier municipal distribués aux résidences de Mont-Joli en décembre.
Selon une récente étude de l’Université Dalhousie, d’Halifax, la proportion des Canadiens qui se décrivent comme omnivores, c’est-à-dire qui ne suivent aucune restriction alimentaire particulière, a diminué en 18 mois.
Elle est passée de 68% à l’automne 2024 à 55% au printemps 2026.
Les consommateurs mangent moins de viande pour plusieurs raisons.
La principale: «Les prix ont beaucoup augmenté», dit à InfoBref Sylvain Charlebois, directeur scientifique au Laboratoire de sciences an
Selon une récente étude de l’Université Dalhousie, d’Halifax, la proportion des Canadiens qui se décrivent comme omnivores, c’est-à-dire qui ne suivent aucune restriction alimentaire particulière, a diminué en 18 mois.
Elle est passée de 68% à l’automne 2024 à 55% au printemps 2026.
Les consommateurs mangent moins de viande pour plusieurs raisons.
La principale: «Les prix ont beaucoup augmenté», dit à InfoBref Sylvain Charlebois, directeur scientifique au Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.
Il s’attend à ce que la tendance à réduire la consommation de viande se poursuive au cours des prochaines années.
Hausse spectaculaire des prix
Depuis 5 ans, selon Statistique Canada, le prix du bœuf a augmenté d’environ:
Selon Sylvain Charlebois, «le prix élevé de la viande pousse beaucoup de consommateurs à se tourner vers des choix plus économiques, comme les protéines végétales».
Il souligne que l’alimentation végétale est souvent aussi motivée par des raisons:
• de santé • de protection de l’environnement • de bien-être animal
Éliminer totalement la consommation de viande et de poisson n’est généralement pas l’option privilégiée par les consommateurs.
Seule une part limitée et relativement stable de la population suit un régime végétarien ou végétalien strict.
«Les gens veulent généralement rester flexibles», note l’expert.
«La plupart optent donc pour une diète flexitarienne et continuent de manger de la viande à l’occasion, par exemple seulement la fin de semaine.»
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Quelles protéines de remplacement?
Les produits d’imitation vendus en épicerie, comme les viandes végétales des marques Beyond Meat ou Impossible Foods, sont moins populaires depuis quelque temps, observe Sylvain Charlebois.
«On remarque un regain d’intérêt pour les protéines végétales non transformées, comme les légumineuses.»
Les produits en conserve, comme le saumon et les sardines, moins chers que les poissons frais, ont aussi gagné en popularité.
Tendance à long terme
Sylvain Charlebois s’attend à ce que la proportion d’omnivores poursuive sa diminution au cours 10 prochaines années.
«Les consommateurs vont continuer à s’éloigner des habitudes strictement omnivores pour adopter des alimentations plus variées et flexibles, comme le flexitarisme.»
D’autres types de diète, comme les régimes paléo, ont légèrement gagné en popularité au cours des derniers mois, et cette tendance aussi pourrait se poursuivre, croit l’expert.
Dans l’édition 2026 du classement de Shanghai, un classement mondial des 1000 meilleures institutions universitaires établi par une université chinoise réputée, le Canada compte 30 établissements, dont 6 au Québec.
Le classement est fondé sur des critères principalement liés à la recherche: distinctions scientifiques, chercheurs les plus cités, publications dans des revues scientifiques.
Les trois universités canadiennes les mieux classées:
Université de Toronto (24e)
Universi
Dans l’édition 2026 du classement de Shanghai, un classement mondial des 1000 meilleures institutions universitaires établi par une université chinoise réputée, le Canada compte 30 établissements, dont 6 au Québec.
Le classement est fondé sur des critères principalement liés à la recherche: distinctions scientifiques, chercheurs les plus cités, publications dans des revues scientifiques.
Les trois universités canadiennes les mieux classées:
Université de Toronto (24e)
Université de la Colombie-Britannique (54e)
Université McGill, à Montréal (73e)
Les universités américaines occupent la tête du classement:
Harvard (1re)
Stanford (2e)
Institut de technologie du Massachusetts – MIT (3e)
Construction Albert a fracassé samedi son record de dons à l’occasion de son 40e tournoi de golf annuel, au Club Les Saules de Rimouski, en remettant 100 000 $ à sept organismes de la région.
Cette somme surpasse les 70 000 $ remis l’an dernier et représente plus du double des 48 000 $ amassés en 2024.
Le Centre de prévention du suicide de l’Est du Québec, La Débrouille, l’Association du cancer de l’Est du Québec, la Fondation Martin-D’Astous, la Fondation de l’école Paul-Hubert, le Club d
Construction Albert a fracassé samedi son record de dons à l’occasion de son 40e tournoi de golf annuel, au Club Les Saules de Rimouski, en remettant 100 000 $ à sept organismes de la région.
Cette somme surpasse les 70 000 $ remis l’an dernier et représente plus du double des 48 000 $ amassés en 2024.
Le Centre de prévention du suicide de l’Est du Québec, La Débrouille, l’Association du cancer de l’Est du Québec, la Fondation Martin-D’Astous, la Fondation de l’école Paul-Hubert, le Club de patinage artistique de Rimouski et l’Association de hockey mineur de Rimouski se partagent le montant récolté cette année.
Dirigés par Mélissa Pelletier et Louis-Vincent Albert, le comité organisateur a accueilli plus de 260 golfeurs lors de deux départs, à 8 h et à 13 h, sous la formule Mulligan à cinq joueurs.
Depuis 40 ans, le tournoi de golf Construction Albert demeure un rendez-vous annuel important à Rimouski, tout en permettant de soutenir financièrement plusieurs organismes du milieu rimouskois.
La membre du Club Lions de Rimouski, Rita Marquis, a reçu la Médaille de la députée de l’Assemblée nationale de la part de Maïté Blanchette Vézina, en juin dernier, pour son engagement communautaire qui inclut l’organisation de son populaire tournoi de golf « Formule Rita ».
« J’étais bien émue de ça. Je trouve qu’il y aurait d’autres personnes qui l’auraient mérité plus que moi », exprime-t-elle.
Membre engagée au sein du Club Lions depuis 28 ans, Rita Marquis a lancé « Formule Rita » au
La membre du Club Lions de Rimouski, Rita Marquis, a reçu la Médaille de la députée de l’Assemblée nationale de la part de Maïté Blanchette Vézina, en juin dernier, pour son engagement communautaire qui inclut l’organisation de son populaire tournoi de golf « Formule Rita ».
« J’étais bien émue de ça. Je trouve qu’il y aurait d’autres personnes qui l’auraient mérité plus que moi », exprime-t-elle.
Membre engagée au sein du Club Lions depuis 28 ans, Rita Marquis a lancé « Formule Rita » au même moment. L’an dernier, l’événement a permis d’amasser près de 45 000 $ pour un total 740 000 $ depuis ses débuts.
« Cette année, nous allons remettre encore plus de sous pour nos œuvres. Ce qui me rend le plus fière, c’est d’avoir réussi à le faire aussi longtemps. Quand j’ai commencé ce tournoi, c’était pour aider le Club Lions parce qu’ils n’étaient plus capables de remettre d’argent. Comme j’étais déjà coordonnatrice de tournois de golf, ils ont fait appel à moi », dit-elle.
Le tournoi 2026, qui se tiendra les 18 et 19 septembre, au Club de golf Les Saules, permettra de remettre 5 000 $ à l’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent, 5 000 $ au Centre d’action bénévole de Rimouski, 3 000 $ à Centraide BSL, 3 000 $ à Moisson Rimouski-Neigette, 3 000 $ pour Sclérose en plaques Canada – Bas-Saint-Laurent, 3 000 $ au Répit du passant, 2 000 $ à Pro-Jeune-Est, 2 000 $ à l’Hôtellerie Omer-Brazeau, 2 000 $ à la Maison Marie-Élisabeth et 2 000 $ au Fonds Sourire.
« Je suis contente de pouvoir aider ces causes. Celle des handicapés visuels me touche particulièrement parce que j’ai une sœur qui a un handicap visuel. C’est très valorisant. Quand mon tournoi est fini, je ne peux pas dormir la nuit suivante tellement je pense à toutes les personnes que nous avons pu aider et aux personnes sur le terrain qui étaient joyeuses », affirme madame Marquis.
Vers le 30e « Formule Rita »
Le « Formule Rita » attire environ 300 golfeurs annuellement. Rita Marquis précise qu’elle doit même refuser des participants depuis cinq ans en raison de la grande popularité de l’événement.
« Pour le prochain, j’ai quatre équipes en attente pour le samedi. Je dois refuser des gens de l’extérieur parce que je prends les personnes de Rimouski avant. »
Rita Marquis lors de la remise du titre de « Compagnon de Melvin Jones », la plus haute distinction pour un Lion à l’échelle internationale. (Photo courtoisie)
La bénévole prévoit se rendre au 30e « Formule Rita » et elle pense laisser sa place ensuite. Elle veut s’assurer que son événement demeure actif et qu’il soit entre de bonnes mains.
« C’est certain que je vais être là pour aider les personnes qui vont le reprendre tant que je vais être capable », indique celle qui a récemment commencé à donner du temps pour une autre cause qui lui tient à cœur, soit la sclérose en plaques.
Le plaisir de donner
Rita Marquis a commencé à faire du bénévolat alors qu’elle était dans la trentaine pour le Centre d’hébergement de Rimouski et s’est occupée du tournoi Marcel-Jacob pendant une dizaine d’années.
Elle a travaillé comme cadre dans le domaine de l’hôtellerie pendant de nombreuses années avant de travailler au Club Les Saules où elle donne encore quelques heures par semaine pendant la période estivale.
« Je me trouve chanceuse parce qu’à mon âge je fonctionne encore bien et je suis en santé. J’ai juste des petits problèmes mineurs, mais je vais souvent à l’hôpital avec mon conjoint et je vois des personnes seules dans la soixantaine », ajoute madame Marquis.
La Rimouskoise a également été récompensée à plusieurs reprises par les Lions en plus de recevoir la Médaille du jubilé d’or de la reine Elizabeth II, en 2002, la médaille du gouverneur à deux reprises et l’insigne diamant du centenaire en mai 2018.
Construction Albert tient son 40e tournoi de golf ce samedi 15 août prochain, au Club Les Saules, au profit de sept organismes régionaux. Son comité organisateur compte dépasser le montant record de 70 000 $, amassé en 2025.
Cette année, l’entreprise soutiendra de nouveau La Débrouille, l’Association du hockey mineur de Rimouski, le Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, le Club de patinage artistique de Rimouski, la Fondation de l’école Paul-Hubert,
Construction Albert tient son 40e tournoi de golf ce samedi 15 août prochain, au Club Les Saules, au profit de sept organismes régionaux. Son comité organisateur compte dépasser le montant record de 70 000 $, amassé en 2025.
Cette année, l’entreprise soutiendra de nouveau La Débrouille, l’Association du hockey mineur de Rimouski, le Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, le Club de patinage artistique de Rimouski, la Fondation de l’école Paul-Hubert, la Fondation Martin D’Astous ainsi que l’Association du cancer de l’Est du Québec.
Sous la responsabilité de Mélissa Pelletier et de Louis-Vincent Albert, le comité accueillera les premiers participants dès 7 h avec le traditionnel brunch. Le départ matinal s’effectuera à 8 h sous la formule Mulligan à cinq joueurs, en mode participation ou compétition.
Les autres golfeurs prendront le départ en après-midi, à compter de 13 h, pour profiter du parcours dans une ambiance conviviale.
Depuis près de 40 ans, le tournoi de golf de Construction Albert allie plaisir du jeu et engagement communautaire.
La Ville de Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie, ce samedi 15 août, avec une cérémonie présentée à 10 h devant l’hôtel de ville.
Le maire Guy Caron procédera à la levée du drapeau acadien, en compagnie du trompettiste Louis Arsenault, âgé de 95 ans. Celui-ci interprétera Ave Maris Stella, l’hymne national de l’Acadie.
Bernard Babin assurera l’animation de la cérémonie, qui se poursuivra avec des chansons et de la musique acadienne interprétées par Lucien Poirier et Richard Au
La Ville de Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie, ce samedi 15 août, avec une cérémonie présentée à 10 h devant l’hôtel de ville.
Le maire Guy Caron procédera à la levée du drapeau acadien, en compagnie du trompettiste Louis Arsenault, âgé de 95 ans. Celui-ci interprétera Ave Maris Stella, l’hymne national de l’Acadie.
Bernard Babin assurera l’animation de la cérémonie, qui se poursuivra avec des chansons et de la musique acadienne interprétées par Lucien Poirier et Richard Aubut.
La population est invitée à prendre part au rassemblement afin de souligner la fête nationale de l’Acadie, célébrée chaque année le 15 août.
Montréal arrive au 20e rang de la plus récente édition du QS Best Student Cities, un classement mondial de 150 grandes villes universitaires réalisé par une firme britannique spécialisée dans l’analyse de l’enseignement supérieur.
La métropole a descendu:
de 2 places par rapport au classement de l’an dernier;
de 10 places par rapport à il y a deux ans.
Montréal demeure cependant la première ville universitaire du Canada.
Elle se classe deuxième en Amérique du Nord, derri
Montréal arrive au 20e rang de la plus récente édition du QS Best Student Cities, un classement mondial de 150 grandes villes universitaires réalisé par une firme britannique spécialisée dans l’analyse de l’enseignement supérieur.
La métropole a descendu:
de 2 places par rapport au classement de l’an dernier;
de 10 places par rapport à il y a deux ans.
Montréal demeure cependant la première ville universitaire du Canada.
Elle se classe deuxième en Amérique du Nord, derrière Boston.
La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie.
Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus.
Le départ s’effec
La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie.
Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus.
Le départ s’effectuait à Matane. Les Demoiselles de l’Est ont ensuite effectué une boucle qui les a notamment menées dans La Mitis et La Matapédia.
Les participantes ont terminé leur journée au bar Le Barachois, à Matane, en compagnie d’une soixantaine de personnes, dont des femmes ayant reçu l’aide des Demoiselles de l’Est au cours de la dernière année.
Que ce soit l’hiver en motoneige ou l’été en moto, les Demoiselles de l’Est organisent chaque année des levées de fonds pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans les trois MRC.
Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région.
Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de pri
Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région.
Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de prix de présence.
Les sommes recueillies serviront notamment à bonifier les services de proximité et d’accompagnement offerts dans la région ainsi qu’à soutenir des projets de recherche sur la maladie de Parkinson.
Les personnes qui ne peuvent pas participer à la marche du 19 septembre peuvent contribuer à la campagne en ligne. Les citoyens intéressés doivent s’inscrire individuellement ou créer une équipe familiale, amicale ou corporative afin d’amasser des fonds.
Le Parcours Parkinson compte aussi sur la participation des entreprises du Bas-Saint-Laurent. Quatre catégories de partenariat, soit Platine, Or, Argent et Bronze, leur sont proposées.
Les inscriptions et les dons peuvent être effectués par l’entremise du site de Parkinson Bas-Saint-Laurent.
C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).
Partis de Rimouski le 4 août, ils étaient de retour, ce samedi 8 août, après un trajet de 700 kilomètres dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.
Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts
C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).
Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts conjugués de tous les cyclistes, donateurs, bénévoles et partenaires pour soutenir la mission de l’Association d’offrir des services humains et réconfortants pour les personnes touchées par la maladie.
Tant le promoteur, Carl Bérubé, propriétaire de Vélo Plein Air, que le comité organisateur et les bénévoles ont travaillé ardemment depuis plusieurs mois pour offrir aux cyclistes une nouvelle édition rehaussée qui leur a permis de rouler sur un parcours renouvelé offrant une expérience sportive dans des paysages bucoliques.
Nos plus chaleureux remerciements à tous les partenaires engagés dans la réussite du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air : Fondation Jack Herbert, Vélo Plein Air, PMI-Prometek, Promutuel Assurance Côte-Est, Plomberie Robert Deschênes Inc., Électro 1983 Inc., Lelièvre Mécanique Sports Enr, Les restaurants YD Guérette inc., Les Cuisines Gaspésiennes, Win Info (1996) inc., Ciment St Marys, Simon Pelletier – Groupe Conseil Khalil, La Distillerie Mitis, Maïté Blanchette Vézina, Uniprix Dominic Paradis et Maxime Bérubé, Brunet Isabelle Rouleau, Uniprix Didier Rioux et Karine Larochelle, Familiprix Extra Nadia Garon et Samuel Castilloux, Jean Coutu Édith Castilloux et Luc Normandeau, Jean Coutu Michel Carrier, Accès Pharma Normand Perron, Proxim Katy Gauthier et Marie-Renée Chouinard, Pharmaprix Stéphane Plante et Jean Coutu Stéphanie Gagné.
Le comité adresse également ses plus sincères remerciements à tous les bénévoles qui ont gravité autour du groupe de cyclistes durant la semaine, ainsi qu’aux gens d’affaires, groupes sociaux et citoyens qui ont soutenu les participants lors des haltes, des repas et des couchers.
Soutien aux personnes touchées par le cancer
Depuis plus de 40 ans, l’Association du cancer de l’Est du Québec travaille à mettre en place et à maintenir des services qui procurent un soutien réconfortant aux personnes touchées par le cancer.
Un cycliste du Vélo Tour de la Gaspésie 2026 (Photo courtoisie)
Parmi la gamme des services qu’elle offre, on compte un accueil chaleureux à l’Hôtellerie Omer-Brazeau, de l’entraide et de l’accompagnement à toutes les étapes de la maladie, une trousse procurant chaleur et mieux-être aux personnes débutant une chimiothérapie par intraveineuse ou une immunothérapie, et bien plus.
Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.
Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.
Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ron
Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.
Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.
Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ronde de golf, la voiturette, un souper trois services, la soirée ainsi que les prix de présence.
Les personnes qui souhaitent uniquement assister au souper et à la soirée pourront le faire au coût de 50$.
Les participants profiteront d’une soirée orchestre avec Jean-Maurice Lebreux et Anne Minville
La soirée sera animée par le musicien Jean-Maurice Lebreux et la choriste Anne Minville. Le chanteur, auteur-compositeur et metteur en scène gaspésien Nelson Minville agira à titre d’invité d’honneur.
Les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information ou s’inscrire en communiquant avec Jean-Pierre Bélanger au 418 355-5546.