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Montréal reste l’une des meilleures villes universitaires au monde

12 août 2026 à 20:37

Montréal arrive au 20e rang de la plus récente édition du QS Best Student Cities, un classement mondial de 150 grandes villes universitaires réalisé par une firme britannique spécialisée dans l’analyse de l’enseignement supérieur. 

La métropole a descendu:

  • de 2 places par rapport au classement de l’an dernier; 
  • de 10 places par rapport à il y a deux ans. 

Montréal demeure cependant la première ville universitaire du Canada.

Elle se classe deuxième en Amérique du Nord, derrière Boston.

[L'article Montréal reste l’une des meilleures villes universitaires au monde a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Demoiselles de l’Est : 52 136 $ pour contrer le cancer
    La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie. Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus. Le départ s’effec
     

Demoiselles de l’Est : 52 136 $ pour contrer le cancer

12 août 2026 à 18:00

La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie.

Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus.

Le départ s’effectuait à Matane. Les Demoiselles de l’Est ont ensuite effectué une boucle qui les a notamment menées dans La Mitis et La Matapédia.

Les participantes ont terminé leur journée au bar Le Barachois, à Matane, en compagnie d’une soixantaine de personnes, dont des femmes ayant reçu l’aide des Demoiselles de l’Est au cours de la dernière année.

Que ce soit l’hiver en motoneige ou l’été en moto, les Demoiselles de l’Est organisent chaque année des levées de fonds pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans les trois MRC.

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  • Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent : objectif de 25 000$
    Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région. Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de pri
     

Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent : objectif de 25 000$

12 août 2026 à 08:00

Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région.

Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de prix de présence.

Les sommes recueillies serviront notamment à bonifier les services de proximité et d’accompagnement offerts dans la région ainsi qu’à soutenir des projets de recherche sur la maladie de Parkinson.

Les personnes qui ne peuvent pas participer à la marche du 19 septembre peuvent contribuer à la campagne en ligne. Les citoyens intéressés doivent s’inscrire individuellement ou créer une équipe familiale, amicale ou corporative afin d’amasser des fonds.

Le Parcours Parkinson compte aussi sur la participation des entreprises du Bas-Saint-Laurent. Quatre catégories de partenariat, soit Platine, Or, Argent et Bronze, leur sont proposées.

Les inscriptions et les dons peuvent être effectués par l’entremise du site de Parkinson Bas-Saint-Laurent.

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  • 11e Vélo Tour de la Gaspésie : 76 212$ amassés en 2026
    C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ). Partis de Rimouski le 4 août, ils étaient de retour, ce samedi 8 août, après un trajet de 700 kilomètres dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts
     

11e Vélo Tour de la Gaspésie : 76 212$ amassés en 2026

8 août 2026 à 17:00

C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).

Partis de Rimouski le 4 août, ils étaient de retour, ce samedi 8 août, après un trajet de 700 kilomètres dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.

Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts conjugués de tous les cyclistes, donateurs, bénévoles et partenaires pour soutenir la mission de l’Association d’offrir des services humains et réconfortants pour les personnes touchées par la maladie.

Tant le promoteur, Carl Bérubé, propriétaire de Vélo Plein Air, que le comité organisateur et les bénévoles ont travaillé ardemment depuis plusieurs mois pour offrir aux cyclistes une nouvelle édition rehaussée qui leur a permis de rouler sur un parcours renouvelé offrant une expérience sportive dans des paysages bucoliques.

Nos plus chaleureux remerciements à tous les partenaires engagés dans la réussite du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air : Fondation Jack Herbert, Vélo Plein Air, PMI-Prometek, Promutuel Assurance Côte-Est, Plomberie Robert Deschênes Inc., Électro 1983 Inc., Lelièvre Mécanique Sports Enr, Les restaurants YD Guérette inc., Les Cuisines Gaspésiennes, Win Info (1996) inc., Ciment St Marys, Simon Pelletier – Groupe Conseil Khalil, La Distillerie Mitis, Maïté Blanchette Vézina, Uniprix Dominic Paradis et Maxime Bérubé, Brunet Isabelle Rouleau, Uniprix Didier Rioux et Karine Larochelle, Familiprix Extra Nadia Garon et Samuel Castilloux, Jean Coutu Édith Castilloux et Luc Normandeau, Jean Coutu Michel Carrier, Accès Pharma Normand Perron, Proxim Katy Gauthier et Marie-Renée Chouinard, Pharmaprix Stéphane Plante et Jean Coutu Stéphanie Gagné.

Le comité adresse également ses plus sincères remerciements à tous les bénévoles qui ont gravité autour du groupe de cyclistes durant la semaine, ainsi qu’aux gens d’affaires, groupes sociaux et citoyens qui ont soutenu les participants lors des haltes, des repas et des couchers.

Soutien aux personnes touchées par le cancer

Depuis plus de 40 ans, l’Association du cancer de l’Est du Québec travaille à mettre en place et à maintenir des services qui procurent un soutien réconfortant aux personnes touchées par le cancer.

Un cycliste du Vélo Tour de la Gaspésie 2026 (Photo courtoisie)

Parmi la gamme des services qu’elle offre, on compte un accueil chaleureux à l’Hôtellerie Omer-Brazeau, de l’entraide et de l’accompagnement à toutes les étapes de la maladie, une trousse procurant chaleur et mieux-être aux personnes débutant une chimiothérapie par intraveineuse ou une immunothérapie, et bien plus.

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  • Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes
    Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée. Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30. Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ron
     

Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes

6 août 2026 à 14:00

Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.

Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.

Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ronde de golf, la voiturette, un souper trois services, la soirée ainsi que les prix de présence.

Les personnes qui souhaitent uniquement assister au souper et à la soirée pourront le faire au coût de 50$.

Les participants profiteront d’une soirée orchestre avec Jean-Maurice Lebreux et Anne Minville

La soirée sera animée par le musicien Jean-Maurice Lebreux et la choriste Anne Minville. Le chanteur, auteur-compositeur et metteur en scène gaspésien Nelson Minville agira à titre d’invité d’honneur.

Les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information ou s’inscrire en communiquant avec Jean-Pierre Bélanger au 418 355-5546.

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  • Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes
    Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée. Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30. Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ron
     

Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes

6 août 2026 à 14:00

Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.

Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.

Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ronde de golf, la voiturette, un souper trois services, la soirée ainsi que les prix de présence.

Les personnes qui souhaitent uniquement assister au souper et à la soirée pourront le faire au coût de 50$.

Les participants profiteront d’une soirée orchestre avec Jean-Maurice Lebreux et Anne Minville

La soirée sera animée par le musicien Jean-Maurice Lebreux et la choriste Anne Minville. Le chanteur, auteur-compositeur et metteur en scène gaspésien Nelson Minville agira à titre d’invité d’honneur.

Les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information ou s’inscrire en communiquant avec Jean-Pierre Bélanger au 418 355-5546.

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  • Le Club Bic sur Mer revient avec son Tournoi du Centenaire
    Bic sur Mer poursuit son Tournoi du Centenaire, un rendez-vous annuel de golf qui culminera en 2032, année où le club célébrera son 100e anniversaire. Après une première édition l’an dernier, l’événement reviendra le 10 septembre au profit du Centre Artistique Le Mouvement de Rimouski. Le tournoi a pour objectif d’amasser des fonds au bénéfice de causes régionales. Cette année, la coprésidence d’honneur a été confiée à Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil en 1984, et à Monique
     

Le Club Bic sur Mer revient avec son Tournoi du Centenaire

5 août 2026 à 14:00

Bic sur Mer poursuit son Tournoi du Centenaire, un rendez-vous annuel de golf qui culminera en 2032, année où le club célébrera son 100e anniversaire. Après une première édition l’an dernier, l’événement reviendra le 10 septembre au profit du Centre Artistique Le Mouvement de Rimouski.

Le tournoi a pour objectif d’amasser des fonds au bénéfice de causes régionales.

Cette année, la coprésidence d’honneur a été confiée à Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil en 1984, et à Monique Voyer, originaire du Bic, qui a œuvré pendant près de 20 ans au sein de l’équipe de création des costumes du Cirque du Soleil.

Les deux coprésidents ont choisi de remettre les fonds recueillis au Centre Artistique Le Mouvement afin de soutenir la formation en arts du cirque et en disciplines acrobatiques.

« Depuis une quinzaine d’années, nos coprésidents d’honneur se consacrent à la valorisation des jeunes par les arts du cirque. Ils ont fondé une école de cirque à San Pancho, au Mexique, qui accueille aujourd’hui plus d’une centaine d’élèves, ainsi que le Festival de Cirque des Îles, aux Îles-de-la-Madeleine, qui en était cette année à sa septième édition », indique le club dans une publication sur Facebook.

Bénéfiques au développement des jeunes

Les profits serviront notamment à l’aménagement de locaux adaptés au Centre Artistique Le Mouvement, à l’achat d’équipements aériens et acrobatiques, à la formation continue des intervenants ainsi qu’à la promotion de ses activités auprès des jeunes et des familles de la région.

Les coprésidents d’honneur du Tournoi du Centenaire de Bic sur Mer, Gilles Ste-Croix et Monique Voyer (Photo courtoisie)

« Notre implication à titre de coprésidents du Tournoi du Centenaire témoigne de notre conviction que les arts du cirque sont bénéfiques au développement des jeunes. C’est pourquoi nous sommes heureux de soutenir le Centre Artistique Le Mouvement, qui pourra offrir des occasions à un plus grand nombre de jeunes de la région », expliquent Gilles Ste-Croix et Monique Voyer.

La journée se conclura par une soirée gastronomique préparée par le chef de Bic sur Mer, Adrian Pastor. Les personnes intéressées à participer au tournoi peuvent communiquer directement avec le club de golf.

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  • L’ACEQ entame sa 38e campagne Porte-à-porte
    Pour une 38e année, la campagne Porte-à-porte de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ) débutera ce lundi 10 août et se terminera le 30 septembre 2026. L’an dernier, elle avait permis de récolter 214 671$. À cette occasion, 1 249 bénévoles démarcheurs sillonneront le territoire couvert par l’Association, soit plus de 1 844 rues du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Tous partagent le même objectif, soit de recueillir le plus de dons p
     

L’ACEQ entame sa 38e campagne Porte-à-porte

5 août 2026 à 10:00

Pour une 38e année, la campagne Porte-à-porte de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ) débutera ce lundi 10 août et se terminera le 30 septembre 2026. L’an dernier, elle avait permis de récolter 214 671$.

À cette occasion, 1 249 bénévoles démarcheurs sillonneront le territoire couvert par l’Association, soit plus de 1 844 rues du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Tous partagent le même objectif, soit de recueillir le plus de dons possibles afin de développer et de maintenir des services de qualité pour les personnes touchées par la maladie.

Tous les bénévoles porteront leur autocollants d’identification et auront en mains le matériel de sollicitation aux couleurs de l’Association. 

Vous pouvez faire un don en ligne à la campagne Porte-à-porte de l’Association via le formulaire de la campagne : https://www.jedonneenligne.org/aceq/PAP/.

Des dons réinvestis à 100%

Depuis plus de 40 ans, l’Association du cancer de l’Est du Québec travaille à mettre en place et à maintenir des services qui procurent un soutien réconfortant aux personnes touchées par le cancer.

Seulement en 2025, l’organisme a investi plus de 2 M$ en services. L’Hôtellerie Omer-Brazeau de Rimouski a enregistré plus de 14 000 nuitées et accueilli plus de 8 000 clients provenant de l’ensemble de l’Est-du-Québec. Près de 1 900 heures de bénévolat y ont également été réalisées.

L’ACEQ souligne également la contribution de ses autres services, notamment la maison Chez Martine, la plateforme Vers le mieux-être, le Centre de mieux-être Cendrine et Philippe ainsi que les groupes Perce-Neige de Sept-Îles et L’Unisson de Port-Cartier.

Santé Canada autorise Moderna à tester un vaccin contre la maladie Ebola

4 août 2026 à 20:20

L’entreprise de biotechnologies américaine Moderna va entamer un essai clinique de phase I pour évaluer son vaccin contre la souche du virus à l’origine de l’éclosion qui a fait, depuis mi-mai, plus de 1000 morts en République démocratique du Congo. 

  • Il n’existe pour l’instant aucun vaccin ni traitement contre cette souche.

La phase I d’un essai vise à évaluer: 

  • l’innocuité du vaccin
  • d’éventuels effets secondaires

Moderna devra ensuite mener d’autres essais avant de soumettre son vaccin à Santé Canada en vue d’une homologation.

[L'article Santé Canada autorise Moderna à tester un vaccin contre la maladie Ebola a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • La maison Lamontagne tiendra une première Fête des familles
    Le Site historique de la maison Lamontagne de Rimouski convie les familles à une toute nouvelle activité estivale avec la première édition de la Fête des familles, qui se déroulera le samedi 15 août, de 9 h à 16 h. Histoire, jeux, musique et animation feront partie de la programmation de cette journée gratuite destinée aux familles. Les visiteurs profiteront notamment de maquillage pour enfants, de sculptures de ballons, d’un kiosque photo libre-service ainsi que d’un espace de fouilles ar
     

La maison Lamontagne tiendra une première Fête des familles

4 août 2026 à 07:00

Le Site historique de la maison Lamontagne de Rimouski convie les familles à une toute nouvelle activité estivale avec la première édition de la Fête des familles, qui se déroulera le samedi 15 août, de 9 h à 16 h.

Histoire, jeux, musique et animation feront partie de la programmation de cette journée gratuite destinée aux familles.

Les visiteurs profiteront notamment de maquillage pour enfants, de sculptures de ballons, d’un kiosque photo libre-service ainsi que d’un espace de fouilles archéologiques accessible en continu.

Le jeu éducatif Une année en Nouvelle-France permettra aux participants de se replonger à l’époque de la colonie française en relevant différents défis liés aux quatre saisons.

Deux séances seront proposées, en matinée et en après-midi, en plus de deux grands quiz familiaux portant sur la Nouvelle-France.

Le Bas-Laurentien Keven Côté offrira une prestation musicale de 11 h à 13 h. Au même moment, les visiteurs dégusteront des mini-pizzas cuites dans le four extérieur de la maison Lamontagne, en échange d’une contribution volontaire.

Le vent du fleuve m’a raconté

En après-midi, le conteur Olivier Garot présentera le spectacle Le vent du fleuve m’a raconté, qui relate l’histoire d’un jeune garçon rêvant de devenir capitaine. Son périple le conduit de la rivière Rimouski jusqu’au fleuve Saint-Laurent, à la découverte des croyances maritimes et des mystères des profondeurs.

Des guides en costume d’époque suggéreront des visites guidées de la maison Lamontagne toute la journée, au tarif habituel.

L’activité se tiendra beau temps, mauvais temps. Les organisateurs invitent les participants à apporter leurs chaises, leurs couvertures et leur pique-nique afin de profiter pleinement de cette journée familiale.

La plus récente éclosion de rougeole au Québec est terminée

3 août 2026 à 20:41

28 cas de rougeole ont été déclarés au Québec depuis le début de l’été.

Le dernier cas a été signalé le 1er juillet. 

Or, le ministère de la santé considère qu’une éclosion est terminée lorsque 32 jours se sont écoulés depuis le dernier cas.

Dans l’ensemble du Canada, plus de 1100 cas ont été déclarés depuis janvier. 

Marie-Pier Burelle, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada, a indiqué à InfoBref que le pays avait récemment connu «sa plus importante éclosion de rougeole depuis plusieurs décennies», mais que seule «une transmission limitée» persiste désormais.


Fin 2024, le Canada a vu une importante recrudescence de la rougeole à la suite de l’importation du virus au pays. 

  • L’éclosion qui s’est alors déclenchée a été la plus importante au pays depuis plusieurs décennies.  

«La transmission a atteint un sommet au printemps 2025, raconte Marie-Pier Burelle. Elle a touché principalement des personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées.» 

Le Canada a perdu en novembre 2025 son statut de pays ayant éliminé la rougeole, statut qu’il détenait depuis presque 30 ans.  


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«Les efforts soutenus de santé publique [des provinces, du fédéral et des municipalités] ont depuis permis de réduire considérablement le nombre de cas.»

Parmi les moyens déployés, Marie-Pier Burelle cite: 

  • la sensibilisation aux maladies évitables par la vaccination
  • la lutte contre la désinformation en matière de santé

Alors que le nombre de cas de rougeole atteint un sommet aux États-Unis, Marie-Pier Burelle reconnait que «le risque d’importation de cas au Canada par l’entremise des voyages internationaux demeure, particulièrement pendant les périodes de déplacements accrus [comme la saison estivale]».

  • Les voyageurs non vaccinés contre la rougeole risquent de la contracter à l’étranger, explique-t-elle, et ils peuvent introduire la maladie au Canada.

[L'article La plus récente éclosion de rougeole au Québec est terminée a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Vélo Tour de la Gaspésie : c’est un départ !
    Les 36 cyclistes inscrits au 11e Vélo Tour de la Gaspésie s’élanceront, ce mardi matin, pour un périple de près de 700 kilomètres au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ). À la veille du départ, les organisateurs rappellent aux automobilistes de redoubler de prudence jusqu’au 8 août, particulièrement sur les routes 132 et 299, où circuleront les participants. Le coup d’envoi se donnera à 7 h 30 au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les cyclistes
     

Vélo Tour de la Gaspésie : c’est un départ !

3 août 2026 à 19:00

Les 36 cyclistes inscrits au 11e Vélo Tour de la Gaspésie s’élanceront, ce mardi matin, pour un périple de près de 700 kilomètres au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).

À la veille du départ, les organisateurs rappellent aux automobilistes de redoubler de prudence jusqu’au 8 août, particulièrement sur les routes 132 et 299, où circuleront les participants.

Le coup d’envoi se donnera à 7 h 30 au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les cyclistes parcourront la distance en cinq jours avant de revenir au Site historique maritime de la Pointe-au-Père, samedi, vers 17 h.

La première étape mènera le groupe vers Sainte-Angèle-de-Mérici, Amqui, Sainte-Florence et Pointe-à-la-Croix.

Au fil des cinq journées, l’itinéraire passera notamment par Dalhousie, Carleton-sur-Mer, Cascapédia, le secteur du mont Albert, Marsoui, Cap-Chat, Sainte-Félicité et Baie-des-Sables avant le retour à Rimouski.

Les participants rouleront en pelotons et seront accompagnés de véhicules d’escorte clairement identifiés afin d’assurer leur sécurité.

Les organisateurs demandent aux usagers de la route de faire preuve de patience, de ralentir à l’approche des groupes de cyclistes et de respecter les consignes des accompagnateurs tout au long du parcours.

Encourager les participants

Le comité organisateur invite également la population à venir saluer les cyclistes au départ, lors de leur passage dans les différentes municipalités ainsi qu’à leur arrivée, samedi.

Les personnes qui souhaitent appuyer la cause pourront faire un don à l’Association du cancer de l’Est du Québec.

Des cyclistes au départ du 10e Vélo Tour de la Gaspésie à Rimouski. (Photo tirée de Facebook)

Les fonds recueillis serviront à financer les services offerts aux personnes atteintes de cancer ainsi qu’à leurs proches.

En 2024, le 10e Vélo Tour de la Gaspésie avait permis d’amasser 186 021$ avec la participation de 75 cyclistes.

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  • Demoiselles de l’Est : une vague de motos roses se prépare
    Les Demoiselles de l’Est prendront la route à bord de leur moto pour une 5e édition de leur Randonnée-bénéfice, qui se déroulera le samedi 8 août 2026, en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia. Par Véronique Bossé, Initiative de journalisme local – L’Avant-Poste Valérie Lapointe fait partie du comité organisateur de cet événement. Elle rappelle que les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009.  « Tout comm
     

Demoiselles de l’Est : une vague de motos roses se prépare

2 août 2026 à 07:30

Les Demoiselles de l’Est prendront la route à bord de leur moto pour une 5e édition de leur Randonnée-bénéfice, qui se déroulera le samedi 8 août 2026, en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia.

Par Véronique Bossé, Initiative de journalisme local – L’Avant-Poste

Valérie Lapointe fait partie du comité organisateur de cet événement. Elle rappelle que les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009. 

« Tout commencé avec des amies qui ont eu l’idée d’organiser une randonnée de motoneige au profit des femmes atteintes d’un cancer du sein. L’hiver qui s’en vient marquera ainsi la 18e édition de notre randonnée en motoneige. »

Madame Lapointe a rejoint le mouvement il y a cinq ans.

« J’enseigne, entre autres, la conduite de la moto. J’ai eu une élève qui a eu un cancer du sein. J’ai mentionné que ce serait le fun de se faire une randonnée de filles. Elle était enthousiaste à l’idée. Elle m’a mentionné que dans son parcours, celles qui l’avaient le plus aidé étaient les Demoiselles de l’Est, donc si on amassait des fonds pour la cause, elle aimerait qu’ils leur soient remis. C’est de cette façon qu’à commencé la randonnée de moto. »

La première randonnée, a l’été 2022, s’est faite de façon indépendante, au profit des Demoiselles de l’Est. Valérie Lapointe s’est ensuite impliquée auprès des Demoiselles, permettant d’incorporer complètement cette randonnée estivale.

« La motoneige se fait dans les sentiers. Les gens qui en font nous ont vu passer et ont entendu parler de nous, mais pendant la randonnée de moto, on circule sur des réseaux routiers. On arrête dans des restos et on bénéficie d’une belle visibilité, ce qui fait que les gens nous connaissent de plus en plus, depuis les cinq dernières années. »

La cause à cœur

Que ce soit l’hiver ou l’été, les Demoiselles de l’Est œuvrent dans un but commun : organiser une levée de fonds pour soutenir les femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin (ovaires ou utérus) dans les MRC de Matane, Mitis et de La Matapédia. 

« On est un groupe de femmes 100 % bénévoles. On ramasse les levées de fonds, mais aussi, concrètement, tout au long de l’année, on va rencontrer les dames, parce que les gens peuvent nous faire directement une demande d’aide. Nos deux critères sont d’habiter sur le territoire desservi et d’avoir un cancer du sein ou un cancer féminins. Une fois que l’on reçoit une preuve de ces deux critères, une bénévole se déplace. »

Les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009 en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia. (Photo courtoisie Tatum Guillermic)

Madame Lapointe indique que les Demoiselles ont pu venir en aide à 50 femmes au cours de la dernière année. L’aide fournie consiste surtout en un soutien financier.

« Au besoin, on peut émettre des références, par exemple vers une infirmière pivot ou différentes ressources. »

Horaire de la journée

Le départ est prévu à 10 h à La Boutique de la Moto, à Matane. Les participants feront une boucle, en passant notamment par la Mitis et La Matapédia, avant de faire une pause dîner à La Cantine Fortier d’Amqui.

La randonnée se poursuivra ensuite vers Matane pour se conclure par un 5 à 7 au Barachois, où auront lieu le tirage de nombreux prix de présence ainsi que le dévoilement des résultats de l’activité de financement. Un souper sera servi au coût de 50$ pour ceux qui voudraient s’y joindre.

Si la tendance se poursuit, une cinquantaine de randonneuses prendront la route à bord d’une moto le 8 août prochain. Le convoi sera décoré en rose et disposera de l’accompagnement de camions de sécurité à l’avant et à l’arrière.

Les personnes qui souhaitent s’inscrire peuvent le faire en ligne, via la page Facebook « Les Demoiselles de l’est », où il est également possible de trouver le lien vers la plateforme Zeffy, où sont recueillis les dons.

Pour ceux et celles qui sont moins à l’aise de passer par Zeffy, il est aussi possible de contacter la page Facebook en privé pour effectuer un don par virement.

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  • Élisabeth Turgeon : première neuvaine en son honneur à Rimouski
    La paroisse de La Bienheureuse-Élisabeth-Turgeon tiendra, du 8 au 16 août, la toute première neuvaine consacrée à sa patronne, la bienheureuse Élisabeth Turgeon, en prélude à sa fête liturgique, célébrée le 17 août. Sous le thème « Éduquer par l’amour, faire grandir dans l’espérance », cette démarche spirituelle vise à mieux faire connaître la vie et l’héritage de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire. Chaque journée sera consacrée à une intention particulière de prière, notamment pour
     

Élisabeth Turgeon : première neuvaine en son honneur à Rimouski

1 août 2026 à 12:00

La paroisse de La Bienheureuse-Élisabeth-Turgeon tiendra, du 8 au 16 août, la toute première neuvaine consacrée à sa patronne, la bienheureuse Élisabeth Turgeon, en prélude à sa fête liturgique, célébrée le 17 août.

Sous le thème « Éduquer par l’amour, faire grandir dans l’espérance », cette démarche spirituelle vise à mieux faire connaître la vie et l’héritage de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire.

Chaque journée sera consacrée à une intention particulière de prière, notamment pour les enfants, les éducateurs, les personnes associées des Sœurs du Saint-Rosaire, les personnes malades, les religieuses, les personnes en situation de pauvreté, l’Église, les familles ainsi que les jeunes en discernement vocationnel.

Au cours de la neuvaine, plusieurs célébrations eucharistiques, un sacrement des malades et différents temps de recueillement seront proposés.

Les organisateurs souhaitent offrir un moment de rassemblement permettant aux fidèles d’approfondir leur connaissance de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire et de confier leurs intentions de prière par son intercession.

Cérémonie présidée par Mgr Denis Grondin

Les célébrations se concluront le 17 août, à l’occasion de sa fête liturgique. Une procession ainsi qu’une célébration solennelle d’action de grâce auront lieu à la Maison Mère des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, située sur l’allée du Rosaire, à Rimouski.

La cérémonie sera présidée par l’archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin.

Les activités sont ouvertes à tous. Les personnes souhaitant découvrir l’héritage de la bienheureuse Élisabeth Turgeon, demander son intercession ou simplement participer à un temps de prière et de réflexion pourront y prendre part.

La programmation complète sera dévoilée dans les prochains jours sur les plateformes de la paroisse.

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  • Les robots conversationnels plus efficaces que les humains dans les arnaques sentimentales
    Les robots conversationnels propulsés par l’intelligence artificielle pourraient devenir des outils particulièrement redoutables pour les fraudeurs spécialisés dans les arnaques sentimentales. Une étude menée par des chercheurs de quatre universités indique que des systèmes comme ChatGPT, Claude et Gemini réussissent parfois mieux que des humains à établir une relation de confiance avec leurs interlocuteurs. Les […]
     

Les robots conversationnels plus efficaces que les humains dans les arnaques sentimentales

30 juillet 2026 à 13:15
Les robots conversationnels propulsés par l’intelligence artificielle pourraient devenir des outils particulièrement redoutables pour les fraudeurs spécialisés dans les arnaques sentimentales. Une étude menée par des chercheurs de quatre universités indique que des systèmes comme ChatGPT, Claude et Gemini réussissent parfois mieux que des humains à établir une relation de confiance avec leurs interlocuteurs. Les […]
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  • Endurance hockey Rimouski : gala et hommage à Doris Labonté
    Endurance hockey Rimouski annonce la mise sur pied d’un gala annuel qui aura pour objectif de saluer ses partenaires, rendre hommage à ses membres ainsi que de poursuivre sa mission qui se veut d’outiller les jeunes de Rimouski-Neigette en matière de santé mentale.Dans le cadre du Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ, qui aura lieu le 14janvier 2027 dans la salle de montre du Rimouski Toyota, le comité organisteur proposera la mise surpied de son tout nouveau Temple de la re
     

Endurance hockey Rimouski : gala et hommage à Doris Labonté

30 juillet 2026 à 06:00

Endurance hockey Rimouski annonce la mise sur pied d’un gala annuel qui aura pour objectif de saluer ses partenaires, rendre hommage à ses membres ainsi que de poursuivre sa mission qui se veut d’outiller les jeunes de Rimouski-Neigette en matière de santé mentale.

Dans le cadre du Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ, qui aura lieu le 14
janvier 2027 dans la salle de montre du Rimouski Toyota, le comité organisteur proposera la mise sur
pied de son tout nouveau Temple de la renommée qui permettra l’intronisation de gens qui auront
marqué, à leur façon, les premières éditions d’Endurance hockey Rimouski.

Les intronisations auront lieu dans les catégories « partenaires », « joueurs » et « bénévoles ». En plus de la présentation de son Temple de la renommée, le Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ donnera l’opportunité aux gens présents d’être témoins des meilleures anecdotes de carrière de l’ex-officiel professionnel, Kerry Fraser, qui se prêtera au jeu d’une séance de questions-réponses avec l’animateur et le public.

Les invités pourront aussi profiter d’un souper sous forme de bouchées et d’une performance de 60 minutes d’un artiste bien connu de la scène musicale québécoise depuis maintenant 25 ans.

Pour compléter la soirée, Endurance hockey Rimouski dévoilera un trophée honorifique nommé en l’honneur d’un grand homme de notre région qui a tout donner pour notre jeunesse au cours de sa vie, Doris Labonté.

« Le trophée Doris-Labonté sera remis annuellement à une personne qui aura fait preuve qu’elle
détient les valeurs fondamentales du projet qui sont l’entraide communautaire, le respect, la
passion et le leadership », indique le cofondateur d’Endurance hockey Rimouski, Nicolas Thibeault.

« Lorsque nous avons eu cette idée de rendre hommage à Doris, je me suis tout de suite empressé de demander la permission à son entourage. J’aurais tellement aimé pouvoir partager ce projet avec lui. J’avais un énorme respect pour Doris, et c’est un peu ma façon de pouvoir lui redonner ce qu’il m’a apporté dans notre relation qui aura été beaucoup trop courte ».

Les lauréats du trophée Doris-Labonté seront choisis par un comité indépendant d’Endurance
hockey Rimouski. Ledit comité sera nommé au cours des prochaines semaines.

Les billets pour le Gala Endurance sont disponibles au coût de 60$ et en quantité très limitées dès
maintenant.

Les personnes intéressées peuvent contacter Endurance hockey Rimouski en message
privé via leur page Facebook ou encore par courriel à l’adresse nthibeault@tag8.ca.

Anciens Canadiens à Rimouski

À la suite de l’énorme succès connu lors de l’édition 4 en janvier dernier, le cap est maintenant dirigé
vers la cinquième édition qui sera présentée par Total Construction DMJ, les 15 et 16 janvier 2027, au
Colisée Financière Sun Life.

Le match d’ouverture opposera l’équipe d’Endurance hockey Rimouski à David Savard et les Anciens Canadiens de Montréal.

Les joueurs, partenaires et collaborateurs d’Endurance hockey Rimouski 2026. (Folio Photo – Iften Redjah)

Les billets, au coût de 25$, sont en vente en cliquant ici. Toutes les personnes qui se procureront des billets en ligne ou à la billetterie du Colisée obtiendront en retour un certificat de 20$ au garage LMS-HP et 5$ au Pub St-Barnabé.

Depuis maintenant quatre ans, 218 431,85$ ont été investis en santé mentale chez les jeunes, remis aux organismes bénéficiaires d’Endurance hockey Rimouski.

Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée? 

29 juillet 2026 à 21:05

Les effets des réseaux sociaux sur les jeunes sont préoccupants et de plus en plus de pays adoptent des lois pour en restreindre l’accès aux mineurs.

Cette stratégie comporte toutefois plusieurs lacunes.

Ces lois sont difficiles à appliquer et elles peuvent avoir des effets imprévus sur les jeunes.  


Les dangers que posent les réseaux sociaux pour les jeunes sont bien connus. 

Une étude réalisée l’an dernier a révélé que les enfants qui y sont actifs sont deux fois plus susceptibles que les autres de présenter des symptômes de dépression ou d’anxiété. 

En réaction à ces préoccupations grandissantes, des pays ont décidé d’agir. 

L’Australie a été, en décembre 2025, le premier pays à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.  

La loi australienne exige maintenant des entreprises qu’elles prennent des mesures raisonnables pour empêcher les jeunes d’utiliser leur plateforme.

La France a adopté en juillet une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. 

Cette mesure s’appliquera dès septembre pour les nouveaux comptes. 

Les comptes existants devront être fermés d’ici janvier prochain.


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Difficile à mettre en place

L’application de ces lois est toutefois plus compliquée qu’il n’y parait, selon un rapport sur les effets de la nouvelle réglementation australienne.  

Les auteurs ont constaté que 7 parents sur 10 affirmaient que leur enfant avait toujours un compte sur Facebook, Instagram, Snapchat ou TikTok. 

  • Dans 67% des cas, les jeunes avaient conservé l’accès à l’application parce que l’entreprise n’avait pas encore vérifié leur âge.

Un rapport de l’organisme britannique Internet Matters montre que les méthodes utilisées pour vérifier l’âge, comme la reconnaissance faciale, la vérification par une organisation indépendante ou la demande d’une pièce d’identité officielle, sont loin d’être infaillibles. 

Près de la moitié des enfants britanniques interrogés pour le rapport considéraient qu’il était facile de contourner ces méthodes de vérification.

Les jeunes étaient particulièrement imaginatifs. 

  • Une mère a raconté avoir surpris son fils qui se dessinait une moustache avec un crayon à maquillage pour tromper, avec succès, une application.

Des effets pervers

Par ailleurs, ces lois peuvent avoir des conséquences imprévues.

D’abord, la vérification de l’âge implique dans certains cas une collecte de données sur les mineurs, une mine d’informations personnelles attirante pour les cybercriminels. 

De plus, l’interdiction pure et dure des réseaux sociaux peut placer les jeunes dans des situations difficiles, selon Andrée-Anne Légaré, professeure au Service sur les dépendances de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. 

Un enfant victime de cyberintimidation ou témoin d’une vidéo traumatisante pourrait, explique-t-elle, hésiter à en parler à un parent ou un adulte parce qu’il craint de se faire réprimander.


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Utilité des réseaux sociaux

Mais surtout, les réseaux sociaux ne sont pas qu’un endroit pour se divertir. 

C’est aussi un espace pour socialiser, apprendre et trouver de l’information, souligne Claudia Del Pozo dans un article publié sur le site du magazine Wired

La vie numérique constitue une extension de la vraie vie, mentionne-t-elle. 

Autres moyens d’action

La solution ne serait donc pas, selon elle, d’interdire les réseaux sociaux, mais plutôt de s’assurer que ces plateformes sont sécuritaires. 

Elle cite l’exemple du Brésil qui demande aux entreprises: 

  • d’incorporer des contrôles parentaux accessibles; 
  • de réduire les caractéristiques addictives; 
  • d’être plus transparentes sur le fonctionnement de leurs algorithmes.

Aussi, l’éducation a un rôle à jouer puisqu’il est important de développer la littératie numérique des jeunes dans les écoles, insiste Claudia Del Pozo.

[L'article Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée?  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Le Vélo Tour Vélo Plein Air reprend la route du 4 au 8 août
    Les 36 cyclistes qui parcourront près de 700 kilomètres à travers le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie dans le cadre de la 11e édition du Vélo Tour Vélo Plein Air, au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec, terminent leurs derniers préparatifs. Les organisateurs invitent les automobilistes à faire preuve d’une vigilance accrue du 4 au 8 août, tout au long du parcours. Le départ s’effectuera le mardi 4 août, à 8 h, au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les pa
     

Le Vélo Tour Vélo Plein Air reprend la route du 4 au 8 août

28 juillet 2026 à 07:00

Les 36 cyclistes qui parcourront près de 700 kilomètres à travers le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie dans le cadre de la 11e édition du Vélo Tour Vélo Plein Air, au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec, terminent leurs derniers préparatifs. Les organisateurs invitent les automobilistes à faire preuve d’une vigilance accrue du 4 au 8 août, tout au long du parcours.

Le départ s’effectuera le mardi 4 août, à 8 h, au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les participants franchiront la distance en cinq jours, principalement sur les routes 132 et 299, avant de revenir au Site historique maritime de la Pointe-au-Père, le samedi 8 août, vers 17 h.

Le parcours mènera les participants vers Sainte-Angèle-de-Mérici, Amqui, Sainte-Florence et Pointe-à-la-Croix lors de la première journée. Ils poursuivront ensuite leur trajet en passant notamment par Dalhousie, Carleton-sur-Mer, Cascapédia, le secteur du mont Albert, Marsoui, Cap-Chat, Sainte-Félicité et Baie-des-Sables, avant de revenir à Rimouski.

Les cyclistes rouleront en pelotons et seront accompagnés de véhicules d’escorte identifiés afin d’assurer leur sécurité. Le comité organisateur rappelle que la collaboration des automobilistes est essentielle au bon déroulement de l’événement.

Encourager les cyclistes

Le comité organisateur invite également la population à venir saluer et encourager les participants, notamment au départ et à l’arrivée.

Les personnes qui souhaitent soutenir la cause pourront aussi faire un don au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec. Les sommes recueillies serviront à financer les services offerts aux personnes atteintes de cancer et à leurs proches.

En 2024, le 10e Vélo Tour de la Gaspésie avait permis d’amasser 186 021$ avec la participation de 75 cyclistes. 

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  • Des médecins épuisés quittent les urgences
    Selon une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne, la plupart des urgentologues canadiens continuent à souffrir d’épuisement professionnel à un niveau comparable à celui observé au plus fort de la pandémie. Sur les 410 urgentologues qui ont répondu à trois sondages (en 2020, 2022 et 2025), en 2025, 10% avaient quitté les services d’urgence. Parmi ceux qui exerçaient toujours aux urgences: près de la moitié avaient réduit leurs heures; 20% avaient, dur
     

Des médecins épuisés quittent les urgences

27 juillet 2026 à 20:47

Selon une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne, la plupart des urgentologues canadiens continuent à souffrir d’épuisement professionnel à un niveau comparable à celui observé au plus fort de la pandémie.

Sur les 410 urgentologues qui ont répondu à trois sondages (en 2020, 2022 et 2025), en 2025, 10% avaient quitté les services d’urgence.

Parmi ceux qui exerçaient toujours aux urgences:

  • près de la moitié avaient réduit leurs heures;
  • 20% avaient, durant la période, pris une pause de la médecine d’urgence.

[L'article Des médecins épuisés quittent les urgences a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Feste médiévale : retour des combats et joutes équestres en 2026
    La Feste médiévale de Saint-Marcellin a dévoilé la programmation de sa 24e présentation, du 14 au 16 août, avec trois journées de combats, de joutes équestres, de reconstitutions historiques et d’animations inspirées du Moyen Âge. Les festivités débuteront le vendredi avec la traditionnelle parade des clans, suivie du serment d’allégeance, d’une démonstration de runes et de la bataille de Stamford Bridge. Un banquet royal, des contes et légendes celtiques, un spectacle de Skarazula, les Dr
     

Feste médiévale : retour des combats et joutes équestres en 2026

27 juillet 2026 à 12:00

La Feste médiévale de Saint-Marcellin a dévoilé la programmation de sa 24e présentation, du 14 au 16 août, avec trois journées de combats, de joutes équestres, de reconstitutions historiques et d’animations inspirées du Moyen Âge.

Les festivités débuteront le vendredi avec la traditionnelle parade des clans, suivie du serment d’allégeance, d’une démonstration de runes et de la bataille de Stamford Bridge.

Un banquet royal, des contes et légendes celtiques, un spectacle de Skarazula, les Dragons humains et un feu de joie compléteront cette première journée.

La programmation prendra davantage d’ampleur le samedi avec des activités présentées dès 10 h. Les visiteurs pourront assister à des démonstrations d’escrime ancienne, aux jeux équestres, à une conférence de la romancière Isabelle Berrubey ainsi qu’à une nouveauté, un concours de costumes.

La bataille de Stamford Bridge sera de nouveau présentée en après-midi, tout comme le tournoi des chevaliers et un combat médiéval inspiré du 15e siècle.

La Grande Rébellion

La Grande Rébellion marquera la journée de dimanche. Présentée à midi, cette animation de 45 minutes s’ajoutera au tournoi de hallebarde, au tournoi des chevaliers et aux différentes prestations offertes sur le site.

Les joutes équestres occuperont encore une place importante dans la programmation. Plusieurs animations musicales et activités historiques seront également proposées tout au long de la fin de semaine.

La Feste médiévale se tient à Saint-Marcellin. (Photo courtoisie Jacinthe Chénard)

La Feste médiévale de Saint-Marcellin misera de nouveau sur ses différents villages historiques pour plonger les visiteurs dans la vie quotidienne de l’époque.

Des campements islandais, écossais et vikings seront notamment aménagés, en plus du village des chevaliers de l’Association médiévale de Québec et de ceux de la Compagnie Saint-Adrien et des Templiers.

Mission pour les jeunes de 6 à 12 ans

Les jeunes de 6 à 12 ans pourront aussi se rendre à la boutique souvenir afin de recevoir une mission à accomplir pendant leur visite et courir la chance de gagner une récompense.

En 2025, l’événement avait attiré environ 12 000 visiteurs. Quelque 350 bénévoles et reconstitueurs avaient contribué à sa présentation.

Cette 24e édition servira également de prélude au 25e anniversaire de la Feste médiévale, que l’organisation compte célébrer en grand en 2027.

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  • Expo agricole de Rimouski : premiers manèges dévoilés
    L’Expo agricole de Rimouski a dévoilé une liste préliminaire de nouveaux manèges et de nombreuses activités à venir du 29 juillet au 2 août pour sa 81e présentation. La liste préliminaire des manèges confirme le retour de manèges populaires dont le Zipper, l’Himalaya, le Formula, le Fult Tilt, le Zéro Gravity et le Fireball. Les autres manèges demeurent secrets pour le moment, confirme la direction de l’Expo. D’autres attractions pourraient s’ajouter, selon les disponibilités de Beauce Car
     

Expo agricole de Rimouski : premiers manèges dévoilés

26 juillet 2026 à 12:00

L’Expo agricole de Rimouski a dévoilé une liste préliminaire de nouveaux manèges et de nombreuses activités à venir du 29 juillet au 2 août pour sa 81e présentation.

La liste préliminaire des manèges confirme le retour de manèges populaires dont le Zipper, l’Himalaya, le Formula, le Fult Tilt, le Zéro Gravity et le Fireball.

Les autres manèges demeurent secrets pour le moment, confirme la direction de l’Expo. D’autres attractions pourraient s’ajouter, selon les disponibilités de Beauce Carnaval.

L’organisation précise qu’il s’agit d’une liste préliminaire et que des confirmations supplémentaires sont attendues d’ici l’ouverture de l’événement, ce mercredi 29 juillet.

L’événement, qui a attiré 46 000 visiteurs l’an dernier, mise encore une fois sur une combinaison de divertissement, d’activités agricoles et de spectacles pour attirer un large public.

Retour de plusieurs activités à l’Expo

Parmi les activités, l’Expo agricole de Rimouski accueillera cette année des spectacles d’humour, dont ceux de Jérémy Demay et d’Ève Côté, ainsi que le retour du Milot Land Tour, des démonstrations de BMX, des compétitions équestres et le gala de lutte NSPW.

Les traditionnels tirs de camions et de tracteurs demeurent au programme, tout comme les jugements d’animaux et la compétitions d’hommes forts.

Les tête d’affiche des spectacles sur les scène de l’Expo Agricole (Photo tiré de Facebook)

L’organisation confirme également plusieurs nouveautés pour 2026, notamment une bonification du circuit éducatif forestier, l’ajout des Ninjas de la nature du Little Ray’s Reptile Zoo, ainsi qu’une soirée d’ouverture animée par les Winslow Dancers.

Le Pavillon polyvalent accueillera de nouveau le parcours agricole, tandis que la mini-ferme Napolie sera accessible aux familles pendant cinq jours consécutifs.

L’organisation invite le public à consulter sa programmation complète en ligne et à surveiller les prochaines mises à jour concernant les manèges et les activités.

Un bracelet de cinq jours est offert en prévente au coût de 60 $, donnant accès illimité aux manèges pendant toute la durée de l’événement.

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  • Saint-Vianney est prête à festoyer
    Depuis un peu moins d’un mois, la montagne qui surplombe la municipalité de Saint-Vianney arbore l’imposant nombre « 100 » : signe que Saint-Vianney célèbrera son centième anniversaire. Par Véronique Bossé- Initiative de journalisme local- L’Avant-Poste Les festivités qui s’y dérouleront sont l’aboutissement du travail d’un comité organisateur, qui s’affaire depuis deux ans à mettre sur pied une programmation pour souligner cette fête d’envergure.  Sous le thème « Saint-Vianney invite e
     

Saint-Vianney est prête à festoyer

25 juillet 2026 à 12:00

Depuis un peu moins d’un mois, la montagne qui surplombe la municipalité de Saint-Vianney arbore l’imposant nombre « 100 » : signe que Saint-Vianney célèbrera son centième anniversaire.

Par Véronique Bossé- Initiative de journalisme local- L’Avant-Poste

Les festivités qui s’y dérouleront sont l’aboutissement du travail d’un comité organisateur, qui s’affaire depuis deux ans à mettre sur pied une programmation pour souligner cette fête d’envergure. 

Sous le thème « Saint-Vianney invite et se souvient », le comité propose une semaine complète d’activités dans ce but précis.

Comme le mentionnait la coordonnatrice du comité du 100e, Mylène Guénard, au printemps dernier, l’idée est que le festival puisse rendre hommage à tout ce que représente Saint-Vianney, pour les gens qui y vivent et leurs proches. 

Depuis février, le comité invite les gens à voyager à travers les époques, en partageant chaque jeudi une photo d’antan de la municipalité. 

Le centième anniversaire de la municipalité se veut d’autant plus significatif qu’il est un rappel de sa résistance, puisqu’elle avait été ciblée par les fermetures de localités dans les années 1960 par le Plan du Bureau d’aménagement de l’Est-du-Québec.

Rappelons qu’en voyant comment les gens étaient traités par le gouvernement lors des expropriations, la population s’est soulevée et s’est jointe aux Opérations Dignité pour éviter la fermeture.

Le fruit de cette mobilisation a d’ailleurs valu à Saint-Vianney d’être nommée Municipalité de résistance et fierté rurale 2026 par le Centre de mise en valeur des Opérations Dignité.

Préfestival

Le centième débute avec un préfestival, du 26 juillet au 29 juillet. Les deux premières journées se tiendront au parc et sur la montagne, tandis que le mardi aura lieu au grand lac et présentera, entre autres, des activités nautiques.

La fin du préfestival sera notamment marquée par le super bingo du 100e, le mercredi soir. 

Le festival débutera le jeudi matin, avec un déjeuner « traditionnel » à la cafétéria. L’après-midi laissera place à un classique d’antan, soit la course de boites à savon. 

Le lancement officiel des festivités aura lieu en fin d’après-midi, avec le coup d’envoi du 100e à 17 h 30. La soirée se terminera avec le concert Rock Story, le spectacle de Jean Ravel et d’Andie Duquette, qui se veut l’ultime revue musicale des plus grands classiques du rock.

Le vendredi laissera place au rallye auto, à de la danse country ainsi qu’à des démonstrations de force avec l’homme fort Louis-Philippe Jean – qui a des origines à Saint-Vianney – et ses invités.

La soirée de spectacle se fera cette fois en compagnie de Réal Béland, suivi d’un Jamboree des Anciens, au cours duquel plusieurs groupes originaires de Saint-Vianney remonteront sur scène.

Des compétitions forestières, pour amateurs et professionnels, auront lieu au parc une bonne partie de la journée du samedi 1er août. CCR Reborn, Noir Silence et DJ Danick seront en spectacle en soirée à 20 h 30, 22 h et minuit, respectivement.

Parade et messe extérieure

Finalement, les festivités du centième anniversaire se concluront avec une parade, une messe extérieure sur la montagne et un hommage aux pionniers de Saint-Vianney, le dimanche 2 août. Un mot de clôture, un feu de camp et des feux d’artifice de fermeture sont aussi prévus en soirée. 

La programmation du festival comprend également des visites guidées de la mine, des représentations de la pièce de théâtre Si l’histoire nous rattrapait… de la troupe Casse-Tête 2026, ainsi que des tours en hélicoptère.

Le programme dans son ensemble, avec les dates, les heures, les lieux et les modalités de chaque activité, est disponible via la page Facebook 100e – Saint-Vianney. 

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  • Être patient, un job à mi-temps [en]
    [en] Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter: Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer). Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chos
     

Être patient, un job à mi-temps [en]

10 juillet 2026 à 12:51
[en]

Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter:

  1. Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer).
  2. Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chose qui est “bon” peut à un moment devenir “pas bon”).

Vis ma vie de patiente, quelques éclairages.

J’ai eu un accident. Ça implique des assurances. C’est bien qu’il y ait des assurances: ça veut dire que je ne perds pas mon job, ça veut dire que je continue à recevoir un salaire, ça veut dire que mes frais médicaux sont payés, ça veut dire que si j’ai des séquelles durables qui résultent en un manque à gagner, il y a un filet de sécurité.

Les assurances ont besoin de rapports médicaux. Elles les demandent aux médecins. Les médecins sont noyés sous toujours plus de paperasse, eux qui ont fait des études probablement pour soigner de gens plutôt que faire de l’administratif.

Je me retrouve au milieu d’un bal comprenant la SUVA, l’AI, le médecin-conseil de l’assurance de mon employeur, mon case manager, mes médecins, les secrétaires, réceptionnistes, et interlocuteurs divers et variés, à passer des heures au téléphone (étalé sur des mois, parce que non, si c’était juste l’affaire de perdre une après-midi ce serait pas drôle) pour tenter de comprendre pourquoi d’un côté on me dit qu’on attend un rapport depuis six mois malgré moult relances, de l’autre que les rapports ont été envoyés et réenvoyés, et que les choses seront faites sans faute et qu’on me tiendra au courant (scoop: c’est rare que ça suive – pas pour jeter la pierre aux individus concernés, c’est un problème systémique, quand on surcharge les gens et qu’on crée des systèmes où chacun est supposé s’occuper de son petit rouage et plus personne n’a la responsabilité réelle de l’ensemble, ça fait des trous).

Ensuite, ça se transforme en courriers administrativement polis mais inquiétants quand même (“si on n’a pas le rapport, on va devoir arrêter l’instruction”) ou en conséquences peu alléchantes (“si on n’a pas de rapport, va falloir venir à Berne pour être évaluée là-bas”). Tout le monde est très gentil et compréhensif mais à un moment donné faut quand même faire son job et il y a des procédures à suivre.

Et quand on pense que le bal des rapports est terminé et que tout est en ordre, ça repart pour un tour, pour plus de fun.

Ensuite, rien à voir avec l’accident de ski, je mets le pied dans un tas de briques de verre. J’essaie de limiter un peu ma “consommation” médicale, parce que je n’en peux plus de voir la moitié de ma semaine disparaître dans les rendez-vous médicaux et paramédicaux (et l’administratif qui les accompagne inévitablement). Donc dans l’immédiat, appel à la centrale des médecins, décision commune que c’est pas très utile que j’aille passer 3h à attendre à la permanence pour me faire entendre que j’ai tout fait juste et “wait and see”. Fière de moi.

Avance rapide, quelques semaines plus tard: quelques douleurs intermittentes suspectes font soupçonner qu’il reste un fragment de verre. Une radio le confirme. Bon, on va faire ôter ça, n’est-ce pas?

Evidemment, la copie du rapport et des radios que j’avais expressément demandée et pour laquelle j’avais donné mon adresse e-mail n’arrive pas, dix jours plus tard. J’appelle. On me renvoie ça. J’attends. Ça n’arrive pas. Je rappelle. Ah, mon adresse e-mail a été mal notée. Bon, on me renvoie ça, cette fois ça arrive. Je raccroche, je suis contente. J’ouvre le mail: juste le rapport, pas les radios. Je rappelle: ah, ok, on va m’envoyer ça. J’attends. J’attends… ah, voilà un mail sécurisé. Je clique pour ouvrir. Je mets mon numéro pour recevoir le SMS avec le code. OK, je rouvre, je rentre le code. Ah, maintenant on va m’envoyer un mail avec un mot de passe. Qu’à cela ne tienne. J’attends, je copie le mot de passe, je rouvre, je rentre le mot de passe… page grise, rien. Bon, je refais toute la manip deux fois histoire d’être sûr que c’est pas “moi” le problème. Je rappelle. On pourrait pas juste m’envoyer les images par mail normal? Ah non, c’est pas possible. On peut m’envoyer un CD. (C’est cool, j’ai plus de quoi lire un CD, et le médecin qui me voit demain aimerait bien voir les radios avant mon pied en chair et en os.) Ah oui, c’est possible d’envoyer directement au médecin. Merci. J’écris quand même au secrétariat du médecin pour qu’ils me confirment qu’ils ont bien reçu les fameuses radios.

Bon, alors, ce morceau de verre, on fait quoi? On le sort du pied, on le laisse? Mon père m’a gentiment proposé de s’en occupé lui-même. Quand j’étais petite, je me souviens, je m’étais enfilé dans le gros orteil une aiguille cassée qui s’était méchamment installée sans qu’on la voie. Si mes souvenirs sont bons j’avais fait une semaine de camp d’été avec l’aiguille dans le pied, sans qu’on sache. A mon retour, ça faisait vraiment mal, ça s’infectait. Mon père s’était improvisé chirurgien et à force d’aller grailler dedans il avait fini par extraire l’aiguille, triomphalement. On n’en revenait pas de la taille de ce machin invisible qui m’avait pourri mon camp. Bon, tout ça pour dire qu’il m’a gentiment proposé de s’occuper de ma brique de verre. J’ai poliment décliné.

Deux options selon le spécialiste du pied: attendre que ça sorte tout seul, ou l’aider à sortir. Je prends l’option aider. Je veux être libérée de ce truc qui vient inopinément se rappeler à mon bon souvenir alors que j’essaie juste de vivre ma vie. J’ai pas mal sauf quand ça fait mal, et ça finit par me tendre. Si le verre était dans son pied, il prendrait l’option scalpel, ça me conforte dans mon envie de faire de même. C’est pas une anesthésie locale, c’est une “vraie chirurgie” avec un anesthésiste et tout, parce que dix injections d’anesthésie locale dans la plante du pied, ça fait mal mal mal. Ça me semble un bon plan, tant qu’on évite de me mettre sous propofol, vu mes mésaventures post-accident avec en décembre.

Bon, ça veut quand même dire une journée entière “off” pour l’intervention, 2-3 jours en béquilles (ça j’imaginais bien), deux semaines en chaussure spéciale et pied lever avec déplacement minimaux… gloups. Mais bon, faut ce qu’il faut.

Direction secrétariat pour organiser ça. Plus ça avance, plus je pâlis. Rendez-vous préop (OK), auquel s’ajoute le rendez-vous avec l’anesthésiste. J’ai quand même plein de petites histoires de santé (vous savez, l’opération cardiaque à six ans, le méthylphénidate, les histoires post-commotion qui font que j’aimerais éviter le propofol, un peu d’asthme). Faut faire une prise de sang, aussi – ah non j’en ai une récente, ça va aller. Et un électrocardiogramme.

L’offre de mon père commence à sembler attirante.

L’option “attendre” aussi.

Et la formule “dix injections dans le pied, mais pas d’anesthésiste et juste deux-trois heures au lieu d’une journée entière”.

Jeudi j’avais mon groupe d’ergothérapie. Le groupe “énergie”. Sujet de la séance: simplifier ou adapter certaines activités pour qu’elles nous prennent moins d’énergie. On a parlé de trucs comme faire la cuisine, etc. Chez moi, ce qui me bouffe de l’énergie: l’organisation, la planification, les rendez-vous médicaux.

Et donc ça me trotte dans la tête: comment faire en sorte que la gestion de ma santé me prenne moins d’énergie.

Sérieux, je sais que c’est un truisme, mais si je ne croulais pas sous tous ces rendez-vous médicaux et l’admin qui les accompagne, je pourrais bosser à 80% dès maintenant.

D’un côté:

  • un rendez-vous pré-op
  • un rendez-vous avec l’anesthésiste
  • aller voir ma généraliste pour faire un electrocardiogramme
  • une journée entière à l’hôpital pour l’intervention
  • un bloc qui d’après mon expérience précédente marche pas top chez moi
  • trois jours en béquilles
  • deux semaines limitée dans mes déplacements
  • retour chez le médecin pour ôter les fils

Et de l’autre:

  • attendre, et avoir mal (ou: aller voir papa).

Bon, je me renseigne quand même pour la version “anesthésie locale”. Quitte à morfler, autant que ça dure moins longtemps.

Quelqu’un a de l’expérience avec les injections d’anesthésiant local sous le pied?

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  • Collectivité ZéN Rimouski-Neigette: Lancement de la vision collective
    Quand j’ai lu le document de Collectivité ZéN1 Rimouski-Neigette, Tisser demain, ensemble, je me suis dit : « C’est donc ben beau! » Oui, c’est vraiment beau du monde qui rêve en gang. Plus de 200 personnes qui s’assoient, concrètement, pour rêver 2050. C’est beau! Parler de beauté et de rêve, ça ne fait pas trop sérieux quand on parle de développement des collectivités. Ça fait poète déconnecté du réel. Pourtant… Aurélien Barrau, l’astrophysicien français, a proposé, dans une conférence e
     

Collectivité ZéN Rimouski-Neigette: Lancement de la vision collective

14 juin 2026 à 12:26

Quand j’ai lu le document de Collectivité ZéN1 Rimouski-Neigette, Tisser demain, ensemble, je me suis dit : « C’est donc ben beau! » Oui, c’est vraiment beau du monde qui rêve en gang. Plus de 200 personnes qui s’assoient, concrètement, pour rêver 2050. C’est beau!

Parler de beauté et de rêve, ça ne fait pas trop sérieux quand on parle de développement des collectivités. Ça fait poète déconnecté du réel. Pourtant…

Aurélien Barrau, l’astrophysicien français, a proposé, dans une conférence en janvier dernier, de remplacer l’éthique par l’esthétique pour affronter la crise climatique. (Ça rime!)

Barrau nous invite à regarder autour de nous pour constater comment le productivisme capitaliste rend le réel laid. Comment, par exemple, un jardin communautaire est bien plus beau qu’une terre saccagée par la monoculture excessive…

Eh oui, c’est beau la vision collective qu’il y a dans le document Tisser demain, ensemble.

Ici, certains pourraient dire : « C’est ben beau la beauté et tout ça, mais c’est pas mal utopique. » Moi je répondrais : « Oui, bien sûr que c’est utopique, et tant mieux! »

Il y a plus de 20 ans, j’ai fait une thèse de doctorat en développement régional sur le thème de la pensée utopique2. Autrement dit, j’ai travaillé sur la pertinence concrète de l’utopie pour le développement des communautés.

Aujourd’hui, admiratif devant le travail accompli (et à accomplir) par le comité ZéN Rimouski-Neigette, je vais parler d’utopie, en espérant qu’il y aura un peu de parcelles de beauté dans mes humbles propos.   

L’utopie et la pensée utopique

Le mot utopie a été inventé par le philosophe anglais Thomas More dans un roman publié en 1516. Il signifie « lieu qui n’existe pas » ou « lieu parfait existant hors de la réalité ». More y décrivait de façon critique la réalité sociale de l’Angleterre de l’époque, et projetait, sur l’île d’Utopia, la société idéale qu’il imaginait.

Dans les décennies suivantes, plusieurs personnes se sont inspirées de cette « figure » pour rédiger des écrits politiques comportant une critique de « ce qui est » et une projection de « ce qui pourrait être ».

Jusqu’au début de XXe siècle, jusqu’à la révolution bolchévique en Russie, l’utopie avait une connotation assez positive. (Je dirais jusqu’au détournement autoritaire des aspirations révolutionnaires.)

Ainsi, délégitimée par cette première « tentative de réalisation », la figure de l’utopie a été associée à la terreur, à la dictature, etc., et réduite à ses dérives potentielles.

Voilà pourquoi, lorsqu’on soumet quelques propositions pour améliorer nos conditions d’existence, on entend des gens dire : « C’est ben beau tout ça, mais c’est utopique. » L’utopie, ce serait donc des bonnes idées, mais qui sont irréalisables, des belles vertus qui ne peuvent s’adapter au réel.

Vue de cette façon, l’utopie c’est dangereux. Ça nous fait rêver un monde parfait qu’on cherche à imposer par la terreur parce que la réalité résiste.

Mais au tournant du troisième millénaire, on assiste à diverses tentatives de « réhabilitation » de l’utopie. Plusieurs personnes, inspirées notamment par le mouvement altermondialiste, le Forum social et d’autres actions de la société civile (« Un autre monde est possible »), s’appliquent à repenser l’utopie pour insuffler un peu d’espoir dans un monde qui en a réellement besoin.

On est alors au cœur du monde néolibéral dominé par une « pensée unique » où la loi du marché s’impose comme entité presque divine (la productivité, la rentabilité, la rationalité économique confondue avec la pensée rationnelle, le profit comme seul moteur d’action, la concentration du pouvoir, etc.).

C’est à cette époque que j’ai élaboré ce que j’appelle la pensée utopique. J’ai essayé de proposer une méthode pour nous permettre d’effectuer une lecture plus diversifiée du réel, ce qui constitue la base si on veut vraiment agir pour changer les choses. Autrement dit, si on se limite à une lecture imposée (celle de ceux qui tiennent à ce que rien ne change), on se prive d’un espace d’agir.

En d’autres mots, il faut d’abord varier nos lectures de « ce qui est » si on veut diversifier nos possibilités d’action, pour mettre en œuvre « ce qui pourrait être ».

***

Mais c’est quoi, la pensée utopique?

La pensée utopique, c’est l’utopie réhabilitée, débarrassée des connotations négatives qu’elle a pu avoir dans l’histoire. En d’autres mots, c’est la bonne utopie.

Parce qu’il faut distinguer la bonne utopie de la mauvaise utopie. La mauvaise utopie, c’est celle qui promet le bonheur tandis que la bonne tente de réduire les conditions du malheur. La mauvaise utopie propose un modèle figé, tandis que la bonne envisage l’émergence de l’inédit, de l’alternative. La mauvaise utopie, enfin, procède par la négation des faits, tandis que la bonne utopie prend en considération la complexité du réel.

On peut donc identifier les critères d’une bonne utopie. Elle doit être de liberté : ne pas être figée. Elle doit être modeste en  considérant qu’il existe d’autres valeurs que les siennes. Elle doit être alternative, c’est-à-dire que plutôt que de promettre le bonheur une bonne fois pour toutes, elle se contente de créer des brèches. Finalement, elle doit être réaliste : tenir compte de la complexité du réel.

En d’autres termes, on peut dire que la bonne utopie n’est pas la projection d’un idéal dans un ailleurs, mais qu’elle est la quête de ce que le réel contient d’idéal. Ou encore, elle n’est pas la projection d’un futur meilleur des mondes, mais la quête des idéaux potentiels du présent.

Plus simplement, c’est n’est pas parce qu’on ne peut pas construire le meilleur des mondes qu’on ne peut pas agir pour rendre le monde meilleur.

Et c’est ça que j’appelle la pensée utopique, une conception dynamique du concept d’utopie.

***

Je me suis ici amusé à confronter le projet Collectivité ZéN aux fonctions de la pensée utopique. Et devinez quoi? On est en présence ici d’un vrai projet utopique, mais dans le sens de la bonne utopie.

Voici quelques-unes des fonctions de la pensée utopique en lien avec le projet.

Fonction propédeutique : Montre le chemin et révèle le « pouvoir devenir » du monde.

Il est clair que le projet Collectivité ZéN n’existerait pas si les personnes qui y sont impliquées ne croyaient pas à la base qu’elles ont un certain pouvoir sur le devenir du monde.

Fonction projective : Soumet un projet qui donne sens au futur.

Ici, on retrouve la dimension projective du projet Collectivité ZéN, qui pense la MRC Rimouski-Neigette de 2050.

Fonction défatalisante : Démonte les mécanismes de la fatalité.

Ici, on peut facilement constater que le projet Collectivité ZéN est un exemple concret d’antidote au fatalisme, son objet même étant la mise en action de la communauté – c’est le contraire de « ça donne rien, on peut rien changer, y a rien à faire ».

Fonction d’espérance : Exprime le besoin nécessaire de rêver une vie plus belle.

La beauté comme besoin, ce serait un peu ça qui serait à l’origine du projet. Dans un monde où on parle beaucoup de divisions, on oublie qu’on rêve toutes et tous d’une vie plus belle, pour soi et pour les autres.

Fonction praxéologique : Stimule l’action réelle.

Ici, ça signifie qu’on a tout à fait raison d’agir pour rendre le monde plus beau, que c’est scientifiquement prouvé qu’on n’agit pas pour rien. La preuve irréfutable : tout ce qui existe a d’abord été rêvé.

Fonction heuristique : Permet de saisir les espoirs des personnes.

En tenant compte de la pertinence des espoirs que les personnes ont pour l’avenir de leur collectivité, on se trouve du même coup à mieux comprendre ce qui est déjà en train de se réaliser, on saisit mieux les transformations en cours. Nos espoirs sont en quelque sorte des indices des développements en latence. Nos espoirs sont des matériaux aussi tangibles que les ressources naturelles, les espaces et les territoires, les infrastructures. Je pourrais dire autrement que nos espoirs sont des lectures du réel en train de se créer, et ça c’est concret. 

Fonction socio-politique : Permet d’« organiser » les imaginaires sociaux, favorise la transformation du « système » vers plus de démocratie.

Les démarches entreprises par le projet Collectivité ZéN sont en fait un processus d’organisation, de mise en action des espoirs des membres de la collectivité. La démocratie, c’est faire en sorte que le plus grand nombre possible de personnes participent aux délibérations sur les décisions qui concernent l’ensemble de la communauté.

***

Sur un plan disons stratégique, la pensée utopique contemporaine procède en trois étapes : il y a d’abord une critique de ce qui est, il y a une projection de ce qui pourrait être, puis une mise en action. Ici, on retrouve en quelque sorte les cinq étapes présentées dans Tisser demain, ensemble.

Sur une note plus poétique, je citerais Castoriadis : « Ce n’est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être qui a besoin de nous. »

À la lumière de tout cela, je n’hésite pas à dire qu’on a besoin d’initiative collective comme le projet ZéN Rimouski-Neigette.

Alors, lorsqu’on vous demandera si le projet Collectivité ZéN est utopique, vous pourrez répondre : « Oui, heureusement! » Et vous pourrez rajouter : « Et c’est tellement beau! »

1. ZéN pour Zéro Émission Nette.

2. Marcel Méthot, Le développement local au risque de l’utopie : vers une interprétation des enjeux du développement local au 21e siècle [Thèse de doctorat], Université du Québec à Rimouski, 2003, https://irec.quebec/ressources/repertoire/memoires-theses/Marcel_Methot.pdf

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  • POURQUOI FAUDRAIT-IL DÉFÉQUER DANS LA FORÊT?
    Ne vous êtes-vous jamais dit : « À quoi bon? » Vous savez, en parcourant par exemple les rangées d’une bibliothèque où des milliers de livres d’autrices et d’auteurs, ayant depuis longtemps sombré dans l’oubli, accumulent la poussière. À cette vue, il est difficile de ne pas être confronté à l’idée qu’après notre trépas, nous sombrerons inéluctablement dans cet abysse des oubliés… Épris sans doute par un désir d’immortalité, on peut se demander quel est le but de l’existence et a fortiori ce que
     

POURQUOI FAUDRAIT-IL DÉFÉQUER DANS LA FORÊT?

13 juin 2026 à 13:15

Ne vous êtes-vous jamais dit : « À quoi bon? » Vous savez, en parcourant par exemple les rangées d’une bibliothèque où des milliers de livres d’autrices et d’auteurs, ayant depuis longtemps sombré dans l’oubli, accumulent la poussière. À cette vue, il est difficile de ne pas être confronté à l’idée qu’après notre trépas, nous sombrerons inéluctablement dans cet abysse des oubliés… Épris sans doute par un désir d’immortalité, on peut se demander quel est le but de l’existence et a fortiori ce que notre si succinct passage aura apporté au monde. Et si ce but était aussi trivial que déféquer dans la forêt?

Cette idée extravagante a éclos au sortir de la lecture du très inspirant livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben; ma conception de ce qu’est une forêt s’est alors métamorphosée. Aidé par mes études en biologie, j’ai compris qu’une forêt est holistique, c’est-à-dire qu’elle est plus que la somme des arbres, des plantes et des animaux qui y vivent autant que notre individualité est bien plus que la somme de nos organes, de nos cheveux et des bactéries qui cohabitent en symbiose avec nous. Ce que nous apprend Darwin dans L’Origine des espèces est que, depuis plusieurs millions d’années, les êtres vivants ont évolué par sélection naturelle en fonction de leur écosystème et des autres vivants qui le partagent. Les fleurs, par exemple, ont besoin des insectes pollinisateurs — une espèce radicalement différente — pour assurer leur reproduction, tandis que les champignons mycorhiziens, qui innervent les forêts et permettent aux arbres de communiquer entre eux, requièrent le soutien de ceux-ci pour se nourrir. En d’autres mots, une forêt, c’est avant tout un ensemble de relations symbiotiques interreliées et formant un réseau de connivence nécessaire à la survie du collectif.

Ce n’est pas une coïncidence si la première mesure prise par le médecin lors d’un rendez-vous est notre pression artérielle. En effet, la communication entre les organes est nodale pour le bon fonctionnement de l’organisme. Chaque organe avec sa fonction propre collabore avec les autres dans le but commun de persévérer l’être. La forêt, eh bien, c’est pareil! Chaque arbre, plante, champignon ou animal collabore afin de persévérer l’organisme forêt. Chaque être vivant la constituant et ayant sa fonction permet la survie de l’organisme-forêt comme le font d’office les organes. On peut en déduire qu’il n’y a pas « d’êtres qui vivent dans la forêt » : habiter la forêt, c’est en fait être la forêt.

Il n’y a pas seulement les forêts que nous pouvons voir comme des organismes : les relations symbiotiques au sein des lacs et des océans autant que celles des plaines, des montagnes et des déserts évoluent de manière analogue. Avec un peu d’altitude, on prend conscience que chacun de ces systèmes biologiques est interrelié. Le phytoplancton par exemple, cette algue marine photosynthétique, produit à lui seul 50 % de l’oxygène sur Terre1. Cet oxygène est un déchet pour ces algues, mais est absolument nécessaire à tous les êtres vivants terrestres. De la même manière, des poussières de diatomées, vestiges sédimentaires d’un ancien lac aujourd’hui asséché et désertique au cœur du Sahara, traversent l’océan pour fertiliser la forêt amazonienne. Cette interdépendance nous convie de manière frappante vers la même déduction allégorique où chaque écosystème fait office d’organe permettant au grand organisme des vivants de persévérer.

Cette conception de l’ensemble des vivants sur Terre comme un grand et unique organisme, je la nomme « l’holobiotisme », mot provenant du terme holobionte qui désigne un superorganisme. Inéluctablement, cette manière audacieuse d’interpréter le vivant entraîne d’importantes considérations philosophiques. La plus cardinale est sans doute celle de l’Autre, cet autrui qui, héritier de notre culture naturaliste occidentale, s’est vu réifié et exploité jusqu’à l’extermination presque achevée. Cet Autre objectivé se transmute — lorsqu’il n’y a plus « la Nature » comme entité extérieure mais plutôt comme un tout duquel nul vivant ne peut se destituer — en subjectivité. Formant un seul et même organisme, que peut devenir l’Autre si ce n’est une part de nous-mêmes? Aussi différent peut-il être, tel un muscle de l’iris et une méninge du cerveau, ayant chacun leur fonction propre et travaillant conjointement pour que l’organisme puisse persévérer dans l’être, l’Autre ne peut que se singulariser. L’Autre n’est plus « autre » : il est nous, il est « Je » … Être au monde, c’est donc être Un : je suis l’arbre, le champignon et l’abeille, je suis la forêt, la nature et l’holobiote.

De plus, puisque notre espèce, comme toute autre, est pourvue d’une fonction inhérente, celle-ci doit être en adéquation avec celles des autres espèces et permettre à l’organisme des vivants de persévérer. Est-ce là peut-être le but a minima de l’existence humaine? Loin d’être les prédateurs que nous croyons être, notre espèce, par sa physiologie naturelle, se range plutôt dans la branche des frugivores/charognards/opportunistes2. Aussi trivial que cela puisse paraître, peut-être que notre fonction au sein de l’écosystème consiste à disséminer, par l’entremise de nos selles, des graines appartenant aux fruits que l’on consomme, comme c’est le cas pour de nombreux autres mammifères.

Toutefois, il n’en est rien. Notre civilisation a l’une des plus insignifiantes fonctions et sape celle des autres, nécrosant, tel un cancer, ce que Spinoza définit comme étant Dieu3. Notre lien-vie à « l’Autre » se meurt, se refroidit comme une roche inerte, qui, par folie de verticalité, se perd dans le firmament. L’extermination de la vie sur Terre ne pourrait pas être autre chose qu’un suicide au sens propre.

Ce serait cela, le progrès?

1. National Oceanic and Atmospheric Administration, « How much oxygen comes from the ocean? » National Ocean Service, 16 juin 2024.

2. K. Milton, « Nutritional characteristics of wild primate foods: do the diets of our closest living relatives have lessons for us?  », Nutrition, vol. 15, no 6, 1999, p. 488-498.

3. Pour Spinoza, Dieu et la Nature ne sont que deux modes d’une même substance.

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  • Chronique du gars en mots dits: Le mot en W
    (1re partie) Ma chronique de février, « Le Devoir dévoyé » a fait sortir de ses gonds le fondateur du Mouton NOIR, Jacques Bérubé. Je ne suis plus le seul « gars en mots dits »… Je m’enorgueillis du fait que mon appel au boycottage du vénérable Devoir ait mis fin à son mutisme, armé de sa plume acérée. Jean-François Vallée, La Pocatière Dans sa diatribe Alerte ! Au woke ! On « censure » Rioux !, Jacques Bérubé proclame haut et fort sa détestation du chroniqueur Christian Rioux et son am
     

Chronique du gars en mots dits: Le mot en W

11 juin 2026 à 13:21

(1re partie)

Ma chronique de février, « Le Devoir dévoyé » a fait sortir de ses gonds le fondateur du Mouton NOIR, Jacques Bérubé. Je ne suis plus le seul « gars en mots dits »… Je m’enorgueillis du fait que mon appel au boycottage du vénérable Devoir ait mis fin à son mutisme, armé de sa plume acérée.

Jean-François Vallée, La Pocatière

Dans sa diatribe Alerte ! Au woke ! On « censure » Rioux !, Jacques Bérubé proclame haut et fort sa détestation du chroniqueur Christian Rioux et son amour inconditionnel pour Le Devoir sauce woke. Je lui sais gré de me procurer ainsi une occasion en or d’inscrire ma pensée dans une réflexion plus large sur l’identité profonde de son bébé de papier maintenant sevré.

Le brûlot de Jacques Bérubé m’a poussé à relire les deux chroniques que tous les contempteurs de Christian Rioux utilisent comme grenade pour le démolir, même si, du même souffle indigné, l’auteur avoue candidement et péremptoirement ne l’avoir lu qu’« occasionnellement, peut-être pour [s]’en écœurer davantage ». J’étais donc curieux de découvrir par moi-même ce que ces chroniques avaient de si écœurant. La première s’intéresse à la définition du terme « génocide » pour voir s’il s’applique au cas des exactions commises par Israël à Gaza (72 549 Palestiniens tués) depuis les attentats du Hamas le 7 octobre 2023 (1 200 Juifs tués). La seconde porte sur l’arrestation de Nicolas Sarkozy à la suite d’un procès nébuleux et bâclé, que Rioux utilise surtout pour dénoncer le gouvernement des juges qui, des deux côtés de l’Atlantique, multiplie de plus en plus les entraves envers le pouvoir des élus. Si on ne me reproche que deux chroniques d’une telle eau quand je laisserai tomber la plume pour le plumard, le jour où la bien-pensance woke m’aura « cancellé » à mort, je serai déçu… Quoi! Prendre ma retraite avec seulement deux misérables chroniques à mon actif ayant provoqué de l’urticaire souvent à droite ou à gauche ? Je n’aurais été qu’un bien piètre pugiliste dans le ring des idées.

Les moutons gris

Jacques Bérubé pose des questions de grande importance, en filigrane de son pamphlet, pour comprendre ce qui fonde la singularité des collaborateurs du Mouton dans notre petit paysage médiatique, à savoir : comment se définit un véritable « mouton noir » ? Comment le distinguer parmi le troupeau bêlant ? Et, par extension, à partir de quelle conviction idéologique précise sort-on délavé à l’eau de javel, plus blanc que blanc ? Ou encore, quel tamis idéologique permet de séparer avec certitude le bon grain de l’ivraie, les collaborateurs fréquentables des infréquentables ?

Jacques Bérubé, pour sa part, semble avoir tracé une ligne rouge d’une extrême netteté : vous n’êtes plus un mouton « noir » dès que vous critiquez le néoprogressisme woke issu des universités états-uniennes de gauche né des tensions raciales et identitaires réelles propres au terreau de ce pays, ce mouvement vertueux autoétiqueté woke, c’est-à-dire « éveillé aux injustices de tous ordres. » Si j’ai bien compris son propos, Jacques Bérubé vient de décréter interdites à la fois l’utilisation du mot et la critique du mouvement, sauf pour l’encenser ; toute critique à son égard vous fait basculer illico dans le camp des frileux moutons blancs comme neige.

Mon cher Jacques, sachez que si je peux être très radical dans plusieurs de mes propos quand un rebond de l’actualité me pique à vif, je revendique haut et fort, sur plusieurs questions, le droit d’être un mouton gris pâle ou gris foncé. Si l’aiguille de mes chroniques penche le plus souvent à gauche, je ne m’empêche pas de flirter avec le centre droit. Que cela plaise au non, coûte que coûte, j’essaie de rester autant que possible nuancé. Parfois noir comme dans la tanière du loup, mais souvent gris pâle ou gris foncé. Si les moutons fâchés noirs s’en scandalisent, qu’ils blâment leurs propres œillères.

À 18 ans, un mouton noir, pour moi, ne pouvait que s’opposer à tout discours de droite, un social-démocrate en lutte contre les capitalistes, doublé d’un anticolonialiste militant. Je lisais de sulfureux pamphlets comme Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallières, penseur du FLQ, avec la même passion que Le portrait du colonisateur suivi du Portrait du colonisé, d’Albert Memmi ou Les damnés de la terre de Franz Fanon. J’y reconnaissais ma condition, notre condition, en copie carbone. Je comprenais que le destin individuel était intimement lié au destin collectif, et nos tergiversations nationales, le reflet de nos tergiversations individuelles. Aujourd’hui, le wokisme scande ad nauseam que tout ça est suranné, dépassé. Et gratifie de l’étiquette « raciste » quiconque défend le destin collectif.

La suite de ce palpitant récit dans le prochain numéro.

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  • Carvalho doit s’en aller!
    De toute évidence les mobilisations citoyennes exemplaires à Pohénégamook comme aux Trois-Pistoles auront porté leurs fruits. Le projet du CISSS du Bas-Saint-Laurent de fermer les deux urgences les soirs et la fin de semaine a été mis sur la voie de garage pour l’instant. Bien lire ici qu’il s’agit de la fin d’une bataille, mais pas celle d’une véritable guerre pour défendre nos soins de proximité en périphérie. Fallait voir l’air patibulaire du directeur général qui devait pour une 3e fois c
     

Carvalho doit s’en aller!

10 juin 2026 à 11:35

De toute évidence les mobilisations citoyennes exemplaires à Pohénégamook comme aux Trois-Pistoles auront porté leurs fruits. Le projet du CISSS du Bas-Saint-Laurent de fermer les deux urgences les soirs et la fin de semaine a été mis sur la voie de garage pour l’instant. Bien lire ici qu’il s’agit de la fin d’une bataille, mais pas celle d’une véritable guerre pour défendre nos soins de proximité en périphérie.

Fallait voir l’air patibulaire du directeur général qui devait pour une 3e fois changer son discours de bord en bord devant des médias médusés. Après avoir raconté des peurs imaginaires sur des bris de services pour tenter de justifier les compressions budgétaires, après avoir affirmé que ce n’était pas des coupes, mais des réaménagements justifiés par l’impossibilité de maintenir le statu quo, le doc Carvalho a finalement trouvé ce même statu quo comme solution à la crise qu’il a lui-même causée.

Je vois très mal comment le docteur Carvalho peut rester encore plus longtemps à la tête du CISSS du Bas-Saint-Laurent. D’aucuns diraient qu’il est brûlé. Il va nous falloir du sang neuf, de la crédibilité et surtout de l’engagement. Les comités citoyens lui tendent des perches à la suite de son appel à la mobilisation, mais leurs demandes restent hélas lettres mortes.

Il faut aussi saluer la mobilisation qui se lève du côté du Kamouraska et de Mont-Joli, toujours sur les enjeux de soins de proximité. Les régions périphériques ont été laissées de côté par la centralisation de l’administration de la santé et par la quasi-privatisation de sa gestion. Il ne faudrait pas laisser les politiciens menacer ainsi nos soins de santé les plus précieux, incapables de défendre nos intérêts dans cette machine centralisée loin des soins et des soignants.

Les régions périphériques ne peuvent plus être à la remorque des partis politiques, des promesses de politiciens et de leur incapacité maintes fois démontrée à nous représenter dans l’exercice décisionnel à Québec comme à Ottawa.

Il faut établir une liste de revendications claires et atteignables sur les enjeux qui nous concernent comme nos soins de santé et nos infrastructures publiques. Il faut que les communautés territoriales entrent en négociation avec l’État centralisé pour s’assurer que les intérêts des populations soient entendus et respectés partout sur le territoire du Québec.

Yes we scan!

Les soins de santé en milieu périphérique ou rural revêtent leurs particularités propres et on semble en faire abstraction dans les cercles de décideurs.

Cela mérite d’être réfléchi sous des lunettes diverses : scientifiques, communautaires et citoyennes, et j’ai justement eu la chance d’assister à la représentation d’Urgences rurales 360 qui propose une réflexion documentaire sous forme de médiation culturelle qui intègre les arts du cirque. On a confié l’aspect artistique de cette démarche, qu’on pourrait qualifier de recherche-action, à la troupe Les 7 doigts de la main appuyée de l’École nationale de cirque.

Le chercheur et médecin d’urgence originaire de Charlevoix, Richard Fleet, est le maestro derrière cette démarche. Les représentations accompagnées de discussions sont offertes dans toutes les communautés en périphérie des grands centres. Le 3 avril dernier, nous étions une trentaine de citoyens des Basques en délégation à bord d’un autobus jaune pour nous rendre à la représentation au Théâtre du Bic.

La démarche, en plus d’offrir un état des lieux de la situation de nos urgences rurales, fait émerger des pistes de solutions pour changer concrètement les choses, ce qui implique entre autres la participation citoyenne et la décentralisation des lieux décisionnels.

Pour améliorer un bilan selon lequel une personne qui habite en ruralité a trois fois plus de chance de mourir de sa condition qu’une personne en milieu urbain, les menaces de fermeture des urgences de Pohénégamook et de Trois-Pistoles apparaissent encore plus anachroniques et déconnectées des besoins de la population.

Au lieu de ces menaces, j’aimerais voir le docteur Carvalho expliquer comment nous pouvons ajouter du matériel de diagnostic comme des scans pour appuyer le travail dans nos urgences en région et pour sauver plus de vies. Yes we scan!

Apprenez-en plus sur Urgences rurales 360 :https://www.medecineurgence.ca/ur360

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  • Bilan de l’ère Legault : Est-ce qu’il a cru à l’entrepreneuriat québécois ?
    Quel héritage François Legault laisse-t-il au Québec ? En termes d’interventionnisme économique, il suit une longue tradition québécoise. En effet le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est engagé dans plusieurs projets de développement économique. Voulant amener l’industrie des batteries au Québec, la CAQ souhaite incarner le parti de l’économie à l’Assemblée nationale. Rappelons les faits : en 2023, 11 milliards de dollars de projet sont annoncés par le gouvernement Legault. De ces
     

Bilan de l’ère Legault : Est-ce qu’il a cru à l’entrepreneuriat québécois ?

9 juin 2026 à 08:33

Quel héritage François Legault laisse-t-il au Québec ? En termes d’interventionnisme économique, il suit une longue tradition québécoise. En effet le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est engagé dans plusieurs projets de développement économique. Voulant amener l’industrie des batteries au Québec, la CAQ souhaite incarner le parti de l’économie à l’Assemblée nationale.

Rappelons les faits : en 2023, 11 milliards de dollars de projet sont annoncés par le gouvernement Legault. De ces 11 milliards, 46 % viendraient des différents paliers de gouvernement1. Le gouvernement fait le pari que ces investissements amèneront une nouvelle industrie au Québec.

Nous pouvons nous questionner sur la définition de l’économie selon nos élites politiques. En effet, nous assistons plutôt à une succession de gouvernements qui se plient aux volontés des différentes chambres de commerce, du Forum mondial et de l’élite économique. En analysant le plan de la CAQ, nous pouvons soulever trois failles importantes.

En premier lieu, l’ingérence du gouvernement du Québec dans le libre marché a un effet pervers sur le développement économique et les PME. En choisissant quelles compagnies bénéficieront des subventions, des crédits d’impôt et de l’énergie au rabais, on contourne un des mécanismes les plus puissants de notre économie de marché : la compétition. Comme pour toute compétition, les mêmes règles doivent s’appliquer à tous. Or, nous assistons plutôt à un gouvernement qui dirige l’économie.

En deuxième lieu, le fait de subventionner les multinationales a comme effet d’établir de la concurrence déloyale dans le marché de l’emploi. En subventionnant cette nouvelle industrie, le gouvernement s’attaque par le fait même aux autres entreprises ayant la même catégorie d’employés. Elles devront faire compétition avec ces nouveaux géants pour attirer et retenir la main-d’œuvre. Les nouveaux venus bénéficient de subventions auxquelles leur compétiteur n’a pas droit. Cela aura comme effet d’augmenter artificiellement les salaires et les conditions des travailleurs et d’accentuer l’inflation.

François Legault argumente que c’est le coût de la création de richesse. Or, la vraie création de richesse se fait par des gens ordinaires qui mettent toutes leurs économies sur la table et qui prennent des risques en se lançant en affaires. Les entrepreneurs locaux québécois, qui sont les plus taxés de l’Amérique du Nord, subventionnent indirectement les nouveaux venus. Il se retrouve donc dans la fâcheuse situation de subventionner leur compétiteur! Quel cauchemar kafkaïen!

En troisième lieu, il est pertinent de se questionner sur le type d’entreprise que nous attirons. À première vue, nous sommes portés à croire que l’industrie de la batterie est une industrie de haute pointe. Cependant, une analyse nous mène à des conclusions différentes. En effet, 80 % du coût manufacturier d’une batterie réside dans la recherche et le développement4. Cependant, cette étape du processus se fait hors Québec, parce que nous sommes les manufacturiers et non les concepteurs.

Avec la présence d’universités de premier plan et une ingéniosité pouvant rivaliser avec celle de n’importe quel peuple, le Québec peut aspirer à développer des technologies de pointe. En faisant venir des entreprises d’ailleurs, toute l’ingénierie, les choix stratégiques ainsi que la propriété intellectuelle seront hors de nos frontières. On peut se demander si les grands centres d’innovation mondiaux auraient décidé de faire les mêmes choix économiques que notre administration.

Enfin, pouvons-nous vraiment dire que l’ère Legault aura été celle du développement économique?

1. Sylvain Larocque, « 2023, l’année des milliards de dollars pour la filière batterie », Le Journal de Montréal, janvier 2024,https://www.journaldemontreal.com/2024/01/03/2023-lannee-des-milliards-de-dollars-pour-la-filiere-batterie#:~:text=Selon%20le%20gouvernement%20Legault%2C%20ce,%25

2. Anuj Narkhede, « Pourquoi les économies planifiées échouent-elles? », Readers Blog, octobre 2020, https://timesofindia.indiatimes.com/readersblog/understanding-new-concept/why-planned-economies-fails-26749/

3. Fred McMahon, « As the world shifted to free markets, poverty rates plummeted », Fraser Institute, novembre 2018,

« https://www.fraserinstitute.org/blogs/as-the-world-shifted-to-free-markets-poverty-rates-plummeted#:~:text=In%201950%2C%20as%20free%20markets,power%20parity%20adjusted%20US%24).

4. Anton Beck, « Why are Lithium Batteries so Expensive to Manufacture? », Engineered Technologies, août 2023, https://blog.epectec.com/why-are-lithium-batteries-so-expensive-to-manufacture

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  • Parlementarisme canadien : Où est l’esprit de collaboration?
    (Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.) À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine… Au fil de mes années d’implication polit
     

Parlementarisme canadien : Où est l’esprit de collaboration?

6 juin 2026 à 13:51

(Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.)

À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine…

Au fil de mes années d’implication politique, j’ai eu l’occasion de rencontrer des centaines de candidates et de candidats, de nombreux députés, parfois des ministres, j’ai pris une bière avec Jack Layton et j’ai même serré la main de Stephen Harper. (Un peu de name dropping ne fera pas de tort à ce journal d’extrême gauche!) Une anecdote m’a particulièrement marqué : un ancien député du NPD, dont j’oublie le nom, critique de la justice pendant le gouvernement de Trudeau Ier, racontait avoir reçu, un soir vers minuit, un appel du ministre de la Justice, qui lui avait dit : « Je vais présenter une pièce législative demain au Parlement. Viens à la maison, j’aimerais te la présenter. » Une rencontre avait alors eu lieu à la résidence du ministre libéral, en présence des députés conservateur et néo-démocrate, tous deux critiques de la justice dans leur cabinet fantôme.

Voilà un bel exemple de l’esprit de collaboration qui régnait autrefois au Parlement canadien. Une tradition où les partis d’opposition et le parti au pouvoir travaillaient ensemble pour servir l’intérêt public. Et on parlait déjà de réformer le mode de scrutin, qui était désuet à l’époque! Les politiciens élus étaient là pour participer activement à la vie démocratique, dans un esprit de collaboration populaire.

Vous ne verrez jamais ça aujourd’hui.

Le feuilleton est gardé secret jusqu’à la dernière minute.

Encore mieux, on fait couler des éléments d’un projet de loi directement dans les médias : les pires passages, les morceaux les plus extrêmes, afin de faire vivre une émotion forte à la population. Et lorsque le projet est déposé en chambre : « Miracle! On a enlevé ces éléments de la loi! » Et le tout a l’air beaucoup plus acceptable!

Les partis politiques sont polarisés et polarisants. Tout est fait pour discréditer l’adversaire politique, parfois même sur des bases aussi futiles que l’apparence plutôt que les idées. On voit le chef conservateur monter au front pour insulter ses opposants, et les libéraux ne sont pas en reste. Prenons l’exemple actuel : le premier ministre Mark Carney, quelques heures après avoir obtenu une majorité, annonce qu’il va « accélérer le pas »sur différents chantiers. Ce que je comprends, c’est qu’il compte profiter de cette majorité – obtenue en partie grâce à cinq députés conservateurs transfuges – pour imposer ses projets aux Canadiens sans véritable consultation de l’opposition.

Pourtant, depuis 2019, nous sommes en situation de gouvernement minoritaire, une configuration qui était censée favoriser la collaboration entre les partis. Or, même dans ce contexte, l’opposition n’a que très peu été consultée. Et maintenant, on nous annonce que ça va être encore pire.

Il y a aussi la question de la distorsion électorale. Le Parti vert, par exemple, est passé de 6,5 % d’appui en 2019 à 2,3 % en 2021, puis à 1,2 % en 2025. Oui, on peut dire que la performance des chefs et les luttes internes sont en partie en cause, mais le mode de scrutin est certainement très présent dans ces résultats : on avait tellement peur que Poilievre devienne premier ministre en 2025 qu’on a tout misé sur les libéraux. Et aujourd’hui, on se fait servir quoi? Une soupe aux libéraux majoritaires, une concentration du pouvoir exécutif monolithique. Une situation que personne ne voulait réellement avoir. Et les libéraux vont bien sûr scander : « Les Canadiens et les Canadiennes voulaient […] ». My 2 cents1, yo!

Et pendant ce temps, que font les médias? La Presse et une ancienne députée bloquiste continuent de taper le clou sur le Comité du bulletin de vote le plus long parce que nous présentons une quarantaine de candidats et de candidates dans l’élection partielle de Terrebonne. Le mode de scrutin aurait dû être changé il y a 50 ans, on nous accuse d’avoir ralenti le processus électoral – alors qu’en réalité nous avons retardé les résultats électoraux de 45 minutes par rapport aux élections ayant eu lieu le même soir – et cerise sur le gâteau : le citoyen moyen va se tromper en aller voter2! Les chroniqueurs prennent la population pour des épais, les ministres modifient la loi électorale pour empêcher les longs bulletins de vote (mais ne changent pas le mode de scrutin), et les partis politiques se font rembourser 50 % de leurs dépenses de campagne : pourquoi est-ce que le gouvernement n’envoie pas le chèque directement à Facebook?

1. Arrondi à la caisse, ça donne 0 cent! #free #gratuit
2. Non seulement les résultats sont très proches de ce qui était attendu, mais l’analyse des résultats de huit élections « long bulletin de vote » permet de découvrir que le nombre de votes annulés est largement inférieur à ce qui a lieu dans les autres circonscriptions. C’est donc dire que ceux qui allaient annuler leur vote ont plutôt décidé de… voter!

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  • Un LOUPerivois dans la bergerie: De la musique avant toute chose
    La musique adoucit les morses, la preuve en est qu’un certain phoque en Alaska fait vibrer le cœur et les cordes vocales des Québécois depuis plus de cinquante ans, comme le relate Jean-François Brassard dans une publication qui retrace les péripéties de la saga Beau Dommage. Et pour ne pas quitter trop tôt l’univers des pinnipèdes (vite, le petit Robert), j’ai moi-même interprété récemment une sympathique composition signée Plume-Landru intitulée Le loup fuck?  Fuck le loup! C’était à l’occasio
     

Un LOUPerivois dans la bergerie: De la musique avant toute chose

5 juin 2026 à 12:13

La musique adoucit les morses, la preuve en est qu’un certain phoque en Alaska fait vibrer le cœur et les cordes vocales des Québécois depuis plus de cinquante ans, comme le relate Jean-François Brassard dans une publication qui retrace les péripéties de la saga Beau Dommage. Et pour ne pas quitter trop tôt l’univers des pinnipèdes (vite, le petit Robert), j’ai moi-même interprété récemment une sympathique composition signée Plume-Landru intitulée Le loup fuck?  Fuck le loup! C’était à l’occasion d’un cabaret « déjanté » en hommage à notre plumesque camarade présenté dans le cadre du Salon du livre de Québec, Salon où l’on a d’autre part cherché à mettre en parallèle deux entités légèrement incompatibles, soit celle du géant Beaupré et celle de l’ineffable Sainte-Trinité. On aurait pu tirer de cette rencontre un mix assez original : « Crois-moi, crois-moi pas, j’viens d’débarquer d’un drôle de trip, j’pas mal fucké, j’tout mélangé pis j’sais pus trop où m’garrocher, c’est comme ça quand ta blonde t’a lâché… »

Les deux groupes sont nés à quelques années d’intervalle, et après que leurs membres respectifs eurent baigné dans des eaux à la salinité passablement différente : Plume, Pierrot et moi, davantage chats de ruelle, chants de poubelle, tandis que l’autre cohorte frayant plutôt du côté « sunny side of the street », pour puiser dans le catalogue du Great American Songbook. On parvient malgré tout de temps à autre à naviguer sous les mêmes cieux, car même si on peut se lasser de voir pousser palmiers et bananiers, il n’en demeure pas moins que l’hiver est moins rude sur une plage, n’est-il pas? Ceci étant, Ginette a cependant peu à voir avec Bobépine ou avec une certaine Polonaise droguée supposément fréquentée par Plume, lequel aurait semble-t-il choqué un tant soit peu la sensibilité d’un Pierre Huet, travestissant le nom de la formation dont ce dernier était membre en la rebaptisant de la douce appellation de Beau Crémage… Pour notre part, c’est plutôt du glorieux titre de Cellule divertissement dont on nous a affublés pendant la crise d’Octobre.

Bon. Trêve de ragots et de méchanceté. N’ai-je pas amorcé cette chronique en vantant les mérites lénifiants et apaisants de la chanson? Et pour que le baume s’étende judicieusement et avec bonheur, comment ne pas raviver le souvenir de cette mémorable soirée où, dans une superbe maison sise en plein bois en bordure de la rivière Assomption (merci Guylaine), nous avons caressé le répertoire des Beatles pendant des heures et des heures, jusqu’à plus voix, accompagnés par une pléiade de superbes musiciens dont Michel Hinton au clavier et Pierre Bertrand à la basse?

Toujours est-il que nous descendions la rue Saint-Jean ma blonde et moi après avoir quitté le brouhaha du Salon du livre. La soirée était fraîche telle que cette mauvaise fin d’hiver nous en a servi plus que de raison cette année. Place D’Youville, Le Diamant resplendissait de tous ses cristaux, le Palais Montcalm brillait de tous ses feux, le Capitole s’imposait majestueusement, exhibant sa fière et arrogante façade Second Empire. Et tout à coup, montant de ce décor enchanté, au cœur même du berceau de cette Amérique française qu’on nous a volée, à deux pas de la porte Saint-Jean, voilà que nous parvient, véritable souffle d’ange, un joyau polyphonique, les voix magistrales d’un chœur formé d’une douzaine de jeunes filles, assemblées en cercle, debout, sur le trottoir, à quelques pas devant nous et qui chantent. En harmonie. Et en français. Les épithètes en viennent à manquer quand vient le temps d’exprimer la parfaite beauté, quand elle est à ce point saisissante, quand elle vous atteint comme un direct au cœur. La grâce. Sublime. Majestueux. Car elles chantaient juste et bien, ces jeunes filles de Laval, et lorsque, médusés et charmés, seuls spectateurs conviés à ce concert improvisé, nous nous sommes mis à applaudir, elles se sont tournées vers nous pour entonner le refrain de la chanson Je reviens chez nous. J’en suis convaincu, quelle que soit l’oasis où il repose, Jean-Pierre en a certainement frémi jusqu’à la moelle de son âme.

Et rentrant chez nous, justement, j’apprends que Viktor Orban vient de concéder la victoire. Toujours et encore : de la musique à mes oreilles.

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  • Prioriser notre santé, un choix de société
    Depuis plus de 40 ans au Québec, chaque élection provinciale est le théâtre d’une surenchère politique où tous promettent de régler les problèmes de notre système de santé. À quelques mois du déclenchement des élections provinciales, nous jugeons important d’apporter des précisions sur l’idéologie qui a transformé notre réseau public, la structure qui nous a été proposée et le rôle de la privatisation sur l’accessibilité générale aux soins et aux services. Une idéologie à questionner Dans
     

Prioriser notre santé, un choix de société

4 juin 2026 à 06:03

Depuis plus de 40 ans au Québec, chaque élection provinciale est le théâtre d’une surenchère politique où tous promettent de régler les problèmes de notre système de santé. À quelques mois du déclenchement des élections provinciales, nous jugeons important d’apporter des précisions sur l’idéologie qui a transformé notre réseau public, la structure qui nous a été proposée et le rôle de la privatisation sur l’accessibilité générale aux soins et aux services.

Une idéologie à questionner

Dans les années 1970, notre système de santé faisait l’envie du monde entier. Des sociologues et des gouvernements étrangers envoyaient des missions étudier le modèle québécois pour mieux comprendre comment nous avions pu, en l’espace de quelques années, nous doter d’un des systèmes de santé les plus performants et égalitaires de la planète.

Dès les années 1980, des pratiques associées à la droite économique néolibérale des Reagan et Thatcher se frayaient un chemin jusqu’au sommet de notre appareil de santé et de services sociaux. En pleine crise inflationniste, on cherchait à contenir l’augmentation des coûts, à privatiser certains soins et services et à limiter le pouvoir des travailleurs et des travailleuses. Les principes de cette «nouvelle gestion publique» se traduiront par la transformation du cadre administratif, de la négociation et des structures de notre réseau public. Des transformations qui se font encore sentir aujourd’hui.

Perte démocratique et enlisement bureaucratique

Graduellement depuis le début des années 1990-2000, les instances locales autonomes, démocratiques et orientées vers les besoins de leurs milieux ont cédé le pas à une structure hiérarchique hautement centralisée. En l’espace de vingt ans, nous avons assisté à la disparition de centaines de conseils d’administration locaux, organisés par quartier, ville ou village, et à leur remplacement par de véritables colosses bureaucratiques.

Situé à l’origine à la base d’un appareil décentralisé, le pouvoir décisionnel est désormais concentré au sommet de la structure du réseau. De là-haut, on ne voit malheureusement pas tout ce qui se passe sur le terrain, ce qui provoque un manque important d’agilité au sein de nos établissements de santé. Un manque qu’on associe souvent à tort à la présence syndicale.

Cette inversion du pouvoir engendre également une grave déconnexion : les gestionnaires ne sont pas en contact avec les besoins réels des usagers, des communautés, des travailleuses et des travailleurs sur le terrain. La distance physique, et parfois même culturelle, des milieux où sont offerts les services et des gens qui les donnent prive les gestionnaires d’éléments importants pour comprendre la réalité. Cela les prive également de la nécessaire ouverture aux solutions disponibles localement.

Pour pallier cette distance, le courant de la « nouvelle gestion publique » a imposé le développement d’un lourd appareil de collecte de données statistiques. Ces données, nous dit-on, permettraient de mieux connaître la réalité des opérations en temps réel et d’en améliorer l’efficacité.

Les travailleurs et les travailleuses qui produisent ces données y laissent une part importante de leur temps et même de leur intérêt pour le travail. Perte de temps productif, perte de sens au boulot, baisse de l’attractivité des emplois sont autant de conséquences majeures de ce virage. Compilées en vastes quantités, puis analysées en vases clos, comparées et rapportées en plus haut lieu, ces données quantitatives ont nécessité la création d’une large classe de gestionnaires et d’un lourd appareil de surveillance. Chaque réforme ces vingt dernières années n’a fait qu’alimenter cette inefficace entreprise statistique.

Une surcentralisation à endiguer

Ces dernières années, les centres décisionnels se sont d’abord regroupés par territoire local de services (globalement par territoire de MRC au Bas-Saint-Laurent) avec la création des CSSS, puis ont été centralisés à Rimouski dans la foulée de la réforme Barrette et la création des CISSS et des CIUSSS.

Depuis le déploiement de l’agence Santé Québec, les décisions sont désormais prises ou validées à Québec ou à Montréal, selon des critères établis nationalement. Alors qu’on réfléchissait jadis localement à l’offre de services en fonction des besoins exprimés à petite échelle, on le fait désormais sur des bases nationales. Loin des yeux, loin du cœur, parlez-en aux communautés qui se mobilisent pour le maintien de leurs services de proximité au Bas-Saint-Laurent.

C’est ainsi qu’on mène chaque réforme en santé et en services sociaux au Québec depuis trop longtemps : on établit une nouvelle structure et on cherche ensuite à adapter les soins et les services aux besoins de la machine et non l’inverse.

La privatisation tranquille

Un élément dont on parle très peu lorsqu’il est question de la place du privé en santé, c’est que la province en est la championne au Canada. En effet, plus de 90 % des médecins s’étant retirés du régime public de soins de santé (comme la RAMQ pour le Québec) se trouvent dans la Belle Province. Et cela ne concerne pas que les médecins. On le voit de plus en plus dans les soins spécialisés, l’hébergement, les prélèvements, les services de diagnostic, les soins de santé mentale, les chirurgies mineures, les services de réadaptation physique et même dans les services sociaux. Combien d’entre nous se font diriger vers le privé à la suite d’un diagnostic sous prétexte que les listes d’attente au public sont trop longues?

Et si le privé était au moins partiellement responsable des enjeux rencontrés dans le secteur public? C’est du moins la position de plusieurs acteurs des milieux sociaux, syndicaux et professionnels, dont le Collège des médecins du Québec1.

En plus du coût excessif, le nœud du problème avec le privé en santé, c’est qu’il n’est pas guidé par un impératif d’accessibilité universelle. Sa mission prioritaire étant le profit, il se concentre sur les activités les plus lucratives et les plus simples à exploiter. Facile d’être efficace quand on se concentre sur ce qui rapporte gros.

En ciblant les opérations les plus rentables, le secteur privé s’installe d’abord là où il a la plus forte clientèle potentielle. Et cela signifie généralement que le privé déploie d’abord ses tentacules dans les grands centres urbains et les banlieues, où l’on retrouve une plus forte densité de population, mais également une population qui a des revenus parmi les plus élevés. Avec la rapide progression du secteur privé en santé au Québec, l’accessibilité générale aux soins de santé et aux services sociaux est en voie de devenir différenciée, selon que l’on demeure en ville ou en région rurale, ce qui devrait grandement nous inquiéter.

La présence de plus en plus grande du privé au Québec doit également être perçue comme une menace sérieuse pour la continuité des soins dans le réseau public. En plein cœur d’une pénurie historique de main-d’œuvre, le privé nuit directement à l’organisation des soins dans le secteur public, en y recrutant massivement techniciens, professionnels et médecins. La présence des agences de placement de personnel en est un exemple éloquent. À terme, le drainage des ressources du public vers le privé accentuera les disparités entre les soins et les services offerts dans ces réseaux et portera atteinte à l’accessibilité universelle aux soins et aux services publics.

Regarder en avant

À l’aube du déclenchement de la prochaine élection provinciale, il est temps d’exiger mieux que la création d’une nouvelle superstructure pour notre réseau public. La santé et les services sociaux devront être au cœur de la prochaine campagne électorale, et des propositions pour démocratiser et humaniser tant la dispensation des soins et des services que les conditions de travail devront faire partie de la solution. Et si nous retournions à l’essence de ce qui a jadis fait le succès de notre modèle québécois? Un réseau décentralisé, démocratique, agile et prioritairement axé sur les besoins des populations locales, qui sont après tout les expertes de leurs propres besoins.

1. Collège des médecins du Québec, Place du privé en santé : des faits et des chiffres pour y voir plus clair, 2025, https://www.cmq.org/fr/informer-sante/infocmq/pratique-medicale/place-prive-sante

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  • L’Iran, un conflit inutile
    La guerre en Iran, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, n’est pas seulement un affrontement militaire de plus dans une région déjà fragile : elle est le symptôme d’un échec politique profond, collectif et répété. Derrière les frappes, les représailles et les discours martiaux, se cache une réalité plus dérangeante : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu, et rien ne justifie qu’elle se prolonge. Depuis le début du conflit, les événements s’enchaînent avec une logique implacable d’escalad
     

L’Iran, un conflit inutile

3 juin 2026 à 12:47

La guerre en Iran, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, n’est pas seulement un affrontement militaire de plus dans une région déjà fragile : elle est le symptôme d’un échec politique profond, collectif et répété. Derrière les frappes, les représailles et les discours martiaux, se cache une réalité plus dérangeante : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu, et rien ne justifie qu’elle se prolonge.

Depuis le début du conflit, les événements s’enchaînent avec une logique implacable d’escalade. Des frappes israélo-américaines ont visé des infrastructures stratégiques iraniennes, notamment des sites liés au nucléaire. En réponse, l’Iran a multiplié les attaques contre des intérêts régionaux, allant jusqu’à menacer le trafic pétrolier mondial en perturbant le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle de l’énergie mondiale. Ce cycle de représailles illustre une constante tragique : chaque camp prétend se défendre, mais tous contribuent à aggraver la situation.

Le problème fondamental réside dans l’illusion stratégique. Cette guerre était censée être rapide, ciblée, maîtrisée. Or, comme tant d’autres conflits avant elle, elle s’enlise. Aux États-Unis mêmes, des responsables reconnaissent que la durée et le coût de l’intervention dépassent largement les prévisions initiales. L’histoire récente aurait pourtant dû servir de leçon : les guerres modernes, surtout au Moyen-Orient, échappent presque toujours aux plans initiaux et produisent des conséquences imprévisibles.

Mais au-delà des erreurs de calcul, c’est la logique même de la guerre qui doit être interrogée. Que cherche-t-on réellement ? La sécurité ? La stabilité ? La fin du programme nucléaire iranien ? Rien, dans les faits observables, ne permet d’affirmer que ces objectifs se rapprochent. Au contraire, la guerre renforce les postures les plus dures de chaque côté. À Téhéran, le pouvoir se raidit et refuse les négociations. À Washington et chez ses alliés, la pression militaire s’intensifie, nourrissant un engrenage dont personne ne semble capable de sortir.

Les premières victimes de cette impasse ne sont ni les dirigeants ni les stratèges, mais les populations civiles. Bombardements, destructions d’infrastructures, isolement économique : la guerre impose un coût humain considérable, souvent invisibilisé derrière les discours géopolitiques. À cela s’ajoute une autre conséquence majeure : l’instabilité globale. Le conflit a déjà des répercussions économiques importantes, notamment sur les prix de l’énergie et l’inflation mondiale. Une guerre locale devient ainsi un problème planétaire.

Il faut également dénoncer une forme d’hypocrisie internationale. Chaque acteur invoque le droit, la sécurité ou la paix pour justifier ses actions, mais ces principes semblent à géométrie variable. Les mêmes puissances qui appellent à la désescalade participent, directement ou indirectement, à la militarisation du conflit. Cette contradiction affaiblit toute crédibilité diplomatique et entretient un climat de méfiance généralisée.

Plus inquiétant encore, cette guerre semble avancer sans véritable vision politique de sortie. Une fragile trêve a été évoquée, mais elle reste précaire et suspendue à des calculs stratégiques de court terme. Or, une guerre sans perspective de paix claire devient une guerre sans fin. Et une guerre sans fin est, par définition, une faillite politique.

Critiquer la guerre en Iran, ce n’est pas prendre parti pour un camp contre un autre. C’est refuser la logique binaire qui réduit des enjeux complexes à des affrontements simplistes. C’est rappeler que la sécurité ne peut être durablement construite par la force seule. C’est exiger que la diplomatie reprenne sa place, non pas comme un aveu de faiblesse, mais comme une nécessité.

Car au fond, la question essentielle est la suivante : combien de destructions faudra-t-il encore avant de reconnaître l’évidence ? Cette guerre n’apporte ni paix, ni stabilité, ni solution durable. Elle ne fait que déplacer les problèmes, les amplifier et préparer les conflits de demain.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront préféré la confrontation à la négociation, l’orgueil à la lucidité. Mais il est encore temps de changer de cap. Refuser la guerre en Iran, c’est affirmer une conviction simple, mais essentielle : aucune victoire militaire ne compensera jamais le prix humain et moral d’un tel conflit.

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  • Identité et laïcité
    Être descendants de colonisateurs colonisés à leur tour, ce n’est pas l’héritage identitaire le plus simple. Quelques siècles après les faits, la population du Québec est plus nombreuse et plus diversifiée que jamais, sa terre n’ayant cessé d’être un lieu d’accueil. Et on se demande maintenant s’il y a de la place pour tout ce beau monde, pour leurs us et coutumes si différents de ceux importés jadis avec fierté (et condescendance) depuis la vieille Europe. Tout d’un coup, ça nous prend de dé
     

Identité et laïcité

2 juin 2026 à 10:08

Être descendants de colonisateurs colonisés à leur tour, ce n’est pas l’héritage identitaire le plus simple. Quelques siècles après les faits, la population du Québec est plus nombreuse et plus diversifiée que jamais, sa terre n’ayant cessé d’être un lieu d’accueil. Et on se demande maintenant s’il y a de la place pour tout ce beau monde, pour leurs us et coutumes si différents de ceux importés jadis avec fierté (et condescendance) depuis la vieille Europe.

Tout d’un coup, ça nous prend de définir « l’identité québécoise » au-delà de la définition géographique ou nationale. Ça nous prend d’affirmer comment « on vit1 » au Québec.

Un des mots d’ordre, c’est la laïcité. La laïcité, on le sait, c’est le « principe de séparation de la société civile et de la société religieuse2 ». La séparation signifie l’absence de lien entre l’État et l’Église et donc, une « neutralité à l’égard des confessions religieuses3 ». En d’autres mots : l’État laïque n’est lié à aucune Église et n’est ni pour ni contre les religions, quelles qu’elles soient.

Quand les Européens sont venus coloniser les Amériques, ils se sont fait un devoir d’imposer leur religion et d’interdire celles des Autochtones. À l’époque, le mot laïcité existait peut-être, mais n’était certainement pas vu comme une vertu à atteindre.

Si la Révolution tranquille a été relativement tranquille, elle n’en a pas moins signifié un rejet assez radical de l’omnipotence catholique. Quelques bonnes décennies plus tard, le gouvernement cherche d’un côté à officialiser ce rejet et de l’autre à protéger l’héritage catholique face aux religions de nos concitoyens d’autres traditions. Dans ce double mouvement, l’État entre en conflit avec ses propres valeurs et préfère souvent trancher contre la laïcité et pour la protection de l’héritage catholique.

On l’a vu avec le fameux crucifix de l’Assemblée nationale, finalement exposé à proximité. D’autres crucifix continuent d’orner en toute légalité mairies, écoles et autres bâtiments publics supposément laïques. On ne compte pas au Québec les écoles Christ-Roi, Immaculée-Conception, Notre-Dame-de-Ceci-ou-de-Cela sans que cela ne heurte les visées laïques de nos dirigeants. Mais qu’une femme à l’intérieur d’une telle école se couvre les cheveux, ça oui, ça heurte la sacro-sainte laïcité. Je le répète : la laïcité, c’est la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses.

Petite anecdote personnelle : dans ma jeunesse, nous avons eu dans notre école un enseignant disciple de Bhagwan, tout habillé en rouge comme l’exigeait sa secte et portant autour du cou un médaillon avec la photo du gourou. Assez ostentatoire comme signe religieux! Cet homme était un excellent professeur avec qui nous avons eu des discussions très enrichissantes. Aucun élève de l’école n’est devenu disciple de Bhagwan à sa suite. Son passage dans nos vies nous a plutôt permis de nous ouvrir sur la diversité des croyances et de comprendre qu’une personne peut être brillante, très bonne pédagogue et pourtant, pour des raisons qui lui appartiennent, vouer une partie de sa vie personnelle à un gourou détraqué. Belle leçon d’humilité!

Peut-être que ce genre de leçon manquait à notre ancien premier ministre quand il a eu le malheur de regarder par la fenêtre juste au moment où des gens priaient à genoux dans la rue et que lui est venue l’idée d’une loi interdisant ces gestes incompréhensibles venus perturber sa sérénité. Les processions du Vendredi saint ou de la sainte Anne, elles, ne semblent pas empêcher notre premier ministre de dormir : elles peuvent se poursuivre impunément dans l’espace public.

Interdire certaines cérémonies et pas d’autres, veut, veut pas, ça a des relents d’histoire qu’on cherche pourtant à oublier. À une autre époque, pas si différente finalement, on interdisait des cérémonies autochtones sous prétexte qu’elles « nuisaient à l’assimilation ». Ainsi, les potlatchs ont été interdits jusqu’en 19514. Même chose pour certains vêtements et accessoires de cérémonie. Par incompréhension devant l’étrangeté, par sentiment de menace devant l’inconnu, on a édicté des lois pour bien montrer qu’ici, « c’est comme ça qu’on vit ». Au Québec, on l’a fait avec ceux qui étaient ici avant nous, on le fait maintenant avec ceux qui arrivent après nous. Et on ose appeler ça laïque.

1. François Legault a affirmé le 31 mars 2019 lors du dépôt du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État : « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit ».

2. Le Robert, Dico en ligne, « Laïcité », https://dictionnaire.lerobert.com/definition/laicite

3. Wikipédia, « Laïcité », 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

4. L’Encyclopédie canadienne, « Interdiction du potlatch », 2024, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/interdiction-du-potlatch

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  • Mon point de vue philosophique : philosophie moderne, Saint-Augustin et mathématiques
    1- Je soutiens que la philosophie moderne est, d’un point de vue épistémologique, partiellement augustinienne. Depuis Descartes, elle accorde en effet une place centrale à l’intériorité du sujet:  certitude du cogito, primauté du sujet transcendantal, évidence première de l’entendement, bref un ensemble d’éléments qui résonnent avec certains thèmes augustiniens. Toutefois, la philosophie moderne ne s’y réduit pas, car elle développe parallèlement une approche critique et systématique de la conna
     

Mon point de vue philosophique : philosophie moderne, Saint-Augustin et mathématiques

21 mai 2026 à 13:26

1- Je soutiens que la philosophie moderne est, d’un point de vue épistémologique, partiellement augustinienne. Depuis Descartes, elle accorde en effet une place centrale à l’intériorité du sujet:  certitude du cogito, primauté du sujet transcendantal, évidence première de l’entendement, bref un ensemble d’éléments qui résonnent avec certains thèmes augustiniens. Toutefois, la philosophie moderne ne s’y réduit pas, car elle développe parallèlement une approche critique et systématique de la connaissance qui lui est propre.

2- Sur le plan méthodologique, la philosophie moderne tend vers un idéal mathématique. Elle cherche à se fonder sur des principes universels et nécessaires : clarté et distinction des idées chez Descartes, méthode axiomatique et déductive chez Spinoza, formes a priori chez Kant. Une telle orientation répond à une exigence de rigueur inspirée des mathématiques et contribue à structurer l’élaboration de la “raison philosophique moderne”. 

3-On pourrait toutefois m’opposer l’objection suivante : où situer l’empirisme humien dans ce cadre d’analyse ? Mon propos n’exclut nullement David Hume. Certes, le philosophe écossais critique la philosophie abstraite d’inspiration chrétienne et le modèle more geometrico, mais il ne les rejette pas entièrement ; il en propose plutôt une transformation. En articulant les « relations d’idées » à ses « questions de fait », il confère à la raison une assise empirique et concrète. Ainsi, chez Hume, l’héritage rationaliste auquel l’augustinisme et l’idéal mathématique ont contribué, se trouve rééquilibré par l’expérience. Il s’inscrit donc, à sa manière, dans la dynamique générale de la modernité philosophique, tout en redéfinissant les contours.  

4- En définitive, la philosophie chrétienne, notamment augustinienne,  et l’essor des mathématiques à l’époque moderne ont contribué, selon moi, à l’émergence de la philosophie moderne. Non pas comme ses uniques fondements, mais comme deux des forces intellectuelles majeures ayant orienté son « développement épistémologique et méthodologique. »

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  • L’accompagnement philosophique : un espace de clarification et d’orientation
    Dans un contexte marqué par l’accélération des rythmes de vie, la complexité des choix et la pluralité des valeurs, il devient difficile de discerner ce qui fonde réellement nos décisions. L’accompagnement philosophique propose un temps d’arrêt structuré, orienté vers la clarification, la cohérence et l’approfondissement de la réflexion personnelle ou collective. À la croisée de la philosophie, des sciences humaines et des pratiques d’aide, cette démarche ne vise ni le conseil directif ni la
     

L’accompagnement philosophique : un espace de clarification et d’orientation

20 mai 2026 à 08:14

Dans un contexte marqué par l’accélération des rythmes de vie, la complexité des choix et la pluralité des valeurs, il devient difficile de discerner ce qui fonde réellement nos décisions. L’accompagnement philosophique propose un temps d’arrêt structuré, orienté vers la clarification, la cohérence et l’approfondissement de la réflexion personnelle ou collective.

À la croisée de la philosophie, des sciences humaines et des pratiques d’aide, cette démarche ne vise ni le conseil directif ni la résolution technique de problèmes. Elle ouvre plutôt un espace d’examen critique où les convictions, les émotions et les valeurs peuvent être interrogées avec rigueur. Il s’agit d’un travail de mise en lumière : comprendre les fondements de ses choix afin d’agir avec davantage de lucidité.

Une démarche exploratoire

L’accompagnement philosophique repose sur un dialogue attentif et structuré. Il mobilise l’écoute active, le questionnement conceptuel et l’analyse des présupposés qui orientent les décisions. Cette pratique favorise

  • L’identification des valeurs sous-jacentes aux choix et aux tensions vécues;
  • La clarification des conflits intérieurs;
  • L’élaboration d’une pensée plus personnelle et cohérente.

Particulièrement pertinent en période de transition, de doute ou de remise en question, cet espace réflexif permet de reconstruire un cadre de sens ajusté à sa situation actuelle.

Pour les personnes, les groupes ou les artistes

Toute personne confrontée à une interrogation existentielle, à une bifurcation professionnelle ou personnelle, ou à un besoin de cohérence intérieure peut bénéficier de cet accompagnement. Il ne s’agit pas de fournir des réponses toutes faites, mais d’élaborer les siennes avec méthode, précision et liberté.

Les entreprises, organismes et collectifs sont également confrontés à des enjeux de sens. Clarifier la mission, expliciter les valeurs directrices, harmoniser les pratiques avec les intentions déclarées : autant de dimensions qui peuvent être travaillées dans des ateliers participatifs adaptés aux dynamiques propres à chaque équipe. Ces rencontres favorisent un dialogue éthique structuré et contribuent à aligner intention, mission et pratiques.

La création artistique implique souvent un questionnement identitaire et symbolique. L’accompagnement philosophique offre aux artistes un espace d’exploration approfondie des thématiques qui traversent leur œuvre. Il permet d’affiner le message, de renforcer la cohérence expressive et de soutenir une démarche créative ancrée dans une compréhension plus claire de ce qui anime le geste artistique.

Comment se déroule un accompagnement?

Chaque rencontre individuelle prend la forme d’un dialogue attentif, structuré et rigoureux. À travers une écoute active et des questionnements ciblés, le travail consiste à clarifier les pensées, à mettre au jour les présupposés implicites et à identifier les valeurs sous-jacentes aux choix, aux hésitations ou aux tensions vécues. Les questions essentielles sont progressivement formulées avec précision, afin de déplacer le regard porté sur la situation et d’en affiner la compréhension.

Le philosophe praticien n’apporte pas de solution prédéfinie. Il ne prescrit ni conduite ni orientation. Il ouvre un espace réflexif dans lequel émergent des pistes d’analyse, des distinctions conceptuelles et des reformulations structurantes. L’enjeu est de rendre à la personne la pleine appropriation de sa réflexion, en favorisant l’élucidation de ses motivations et de ses cadres de référence.

L’objectif est une compréhension plus lucide de soi et de ses déterminations, permettant des choix davantage alignés avec ses convictions profondes et sa cohérence intérieure.

Pour les organismes et les groupes, l’accompagnement se déploie sous forme d’ateliers thématiques adaptés aux enjeux spécifiques du milieu. Ces espaces collectifs visent à expliciter les valeurs communes, à clarifier le sens des actions entreprises et à renforcer l’alignement entre mission, pratiques et orientations stratégiques, dans une perspective de cohérence et d’ancrage éthique.

À Rimouski, de l’accompagnement philosophique est offert depuis trois ans, entre autres à la Clinique l’Horizon. La pratique, qui s’adresse aux individus, aux groupes, aux entreprises, aux organismes et aux artistes, intègre des apports issus de la philosophie, de la psychologie, de la sociologie, de l’anthropologie, de l’art et de la biologie, dans une approche à la fois rigoureuse, sensible et accessible.

L’accompagnement philosophique : une pratique à découvrir!

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  • OUI l’espionnage existe : Les centres de sécurité et des télécommunications (CST).
    Tout récemment, lorsque Paul St-Pierre Plamondon évoque la possibilité que le Parti québécois soit espionné par le gouvernement fédéral, certains y voient une paranoïa souverainiste. Pourtant, l’histoire prouve que ses craintes ne sont pas infondées. Les Centres de sécurité et des télécommunications (CST), créés pendant la Seconde Guerre mondiale, ont évolué pour devenir un outil clé de la surveillance mondiale, notamment via le réseau Échelon. Ce système, révélé au grand public en 1988 par le j
     

OUI l’espionnage existe : Les centres de sécurité et des télécommunications (CST).

19 mai 2026 à 12:32

Tout récemment, lorsque Paul St-Pierre Plamondon évoque la possibilité que le Parti québécois soit espionné par le gouvernement fédéral, certains y voient une paranoïa souverainiste. Pourtant, l’histoire prouve que ses craintes ne sont pas infondées. Les Centres de sécurité et des télécommunications (CST), créés pendant la Seconde Guerre mondiale, ont évolué pour devenir un outil clé de la surveillance mondiale, notamment via le réseau Échelon. Ce système, révélé au grand public en 1988 par le journaliste Duncan Campbell, permet aux pays alliés (Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande) d’intercepter et analyser les communications privées et publiques à l’échelle planétaire. Si le Canada a longtemps nié son implication, les lois antiterroristes de 2001 ont légitimé ces pratiques. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si l’espionnage existe, mais qui est surveillé, et dans quel but.

Bref survol

Les centres de sécurité et des télécommunications (CST) sont apparus lors de la seconde guerre mondiale et étaient sous le contrôle de l’armée. Ils sont importants à définir pour comprendre en quoi s’inscrivent les enjeux de sécurité nationale à l’ère numérique considérant qu’ils sont un acteur clé. En effet, à l’origine les CST avaient pour mission de protéger les pays alliés (Canada, États-Unis, Angleterre, Nouvelle-Zélande, Australie) pour « assurer que les communications émises par les pays alliées sont chiffrées (cryptées) correctement pour ne pas être lues pas les pays ‘ennemis’ et que l’on puisse intercepter et déchiffrer (décrypter) (SIGINT), si nécessaire, les renseignements émis par les pays ‘ennemis’. » (Beauchesne, 2022, p.3). En structurant initialement les CST sous contrôle militaire, ils sont restés, par le fait même et jusqu’en 1988, invisibles pour les citoyens ordinaires. Le traité UKUSA en 1946 créa une collaboration par l’échange des données et une hiérarchisation entre les pays alliés quant à la place qu’ils occupent au sein des CST. Le traité USUKA permit alors d’établir, avec un plus grand nombre d’acteurs, un réseau mondial d’interception des communications privées et publiques, soit le réseau Échelon. Par ailleurs, même si les pays membres ont pour tâche de collecter de l’information (captation des messages, etc.), seuls les États-Unis et l’Angleterre ont la capacité de traiter et d’analyser les données stockées. Par ailleurs, il faut également souligner que le que le réseau Échelon se situe au sein du quartier général de la NSA américaine (National Security Agency) qui « possède une puissance technologique inégalée » (Beauchesne, 2022, p.4).

Ce n’est qu’en 1988, quand le journaliste écossais Duncan Campbell révèle au grand jour le réseau Échelon que « Plusieurs pays, dont le Canada, leur donneront un mandat en bonne et due forme dans le cadre des lois antiterroristes en 2001. » (Beauchesne, 2022, p.4). Avec la fin de la deuxième guerre mondiale, le mandat des CST a considérablement évolué pour prendre en considération les contextes socio-économiques et politiques changeants. On peut noter quatre périodes: la première (années 50-60) pour surveiller le bloc soviétique, la deuxième (années 70) pour contrôler des cibles internes (comme les mouvements nationalistes du Québec), la troisième (années 80-90) pour se battre contre le terrorisme international mais aussi pour défendre la sécurité économique des intérêts américains, la quatrième (années 2000) pour lutter contre la cyberguerre qui menace la sécurité nationale des États. Comme l’explique Beauchesne : « En lien avec cette priorité et les développements technologiques, c’est à cette époque également que les pays vont commencer à utiliser leur CST pour assurer la cybersécurité de leurs institutions gouvernementales, des universités (innovation technologique), des secteurs stratégiques (énergie, etc.) et des grandes industries. » (2022, p.5). Paul St-Pierre Plamondon n’est pas un complotiste. Il est un réaliste : l’espionnage existe, et le Québec, en tant que nation distincte avec des ambitions souverainistes, est une cible plausible.

RÔLE ET ÉVOLUTION DU MANDAT DES CENTRES DE SÉCURITÉ ET DES TÉLÉCOMMUNICATIONS (CST)

Contexte :Objectif(s) :Acteurs :Combat :Structure :Rôle des parties :
Seconde guerre mondialeCrypter et décrypter les messages pour assurer la sécurité des pays alliés durant la guerre.États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-ZélandeGagner la guerre et pour la liberté de la démocratieStructure militaire sous le secretCollecter les données militaires et traitement des données militaires (tous les pays)
Guerre froide 1950-1960 (Élément déclencheur : Traité UKUSA en 1946)Apparition du réseau Échelon qui permet l’interception des communications privées et publiques de tous les pays.États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-Zélande   Allemagne Norvège Turquie Etc.Combattre le bloc soviétique et le surveiller.Structure militaire sous le secret Quartier général du réseau Échelon : NSA américaineCollecter les données privées et publiques et traitement des données par É.-U. et Angleterre
1970’sInterception des communications privées et publiques de tous les pays.États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-Zélande   Allemagne Norvège Turquie Etc.Combattre le bloc soviétique et le surveiller. Surveiller les cibles internes des pays alliésStructure militaire sous le secret Quartier général du réseau Échelon : NSA américaineCollecter les données privées et publiques. Traitement des données par É.-U. et Angleterre
1980’s : Contexte de paix relatif. Début de néolibéralisme et fin de l’État-providence. Début du « War on Drugs » aux États-Unis.Interception des communications privées et publiques de tous les pays.États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-Zélande   Allemagne Norvège Turquie Etc.Surveiller les cibles internes du pays Combattre le terrorisme international ainsi que le trafic d’armes. Espionnage des É.-U. à l’ensemble des pays alliés selon leurs besoins.Structure militaire sous le secret Quartier général du réseau Échelon : NSA américaineCollecter les données privées et publiques. Monopole des États-Unis dans le traitement et le stockage des données. Début des tensions entre les pays membres du réseau Échelon.
1990’s : Rivalités économiques entre les pays industrialisés.Sécuriser les secteurs économiques et industriels. Chaque pays développe leur CST pour assumer leur cybersécurité.  États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-Zélande   Allemagne Norvège Turquie Etc.Protéger le modèle économico-politique des pays démocratique. Espionnage des É.-U. à l’ensemble des pays alliés selon leurs besoins.Structure militaire sous le secret Quartier général du réseau Échelon : NSA américaineCollecter les données privées et publiques.Monopole des États-Unis dans le traitement et le stockage des données. Tension des pays membres avec la NSA américaine.
2000’s : Lutte au terrorisme et cyberguerre et cybersécuritéInterception des communications privées et publiques de tous les pays. Sécuriser les secteurs économiques, industriels et militaire.États-Unis Angleterre Canada Australie Nouvelle-Zélande Allemagne Norvège Turquie Etc.Combattre le terrorisme international Combattre les intrusions informatiques de pays ‘ennemis’ ou ‘ennemis’ à l’interne Espionnage des É.-U. à l’ensemble des pays alliés selon leurs besoins.Les CST reçoivent un mandat officiel suite aux nouvelles lois antiterroristes. Quartier général du réseau Échelon : NSA américaineCollecter les données privées et publiques.Monopole des États-Unis dans le traitement et le stockage des données. Tension des pays membres avec la NSA américaine.

BIBLIOGRAPHIE

BEAUCHESNE, L. (2022) Notes de cours Première partie CRM 4725A, Département de criminologie, Université d’Ottawa.

BORNSTEIN, R. (2020). Ingérence numérique, mode d’emploi. Le débat, no.208, 42-55

D’ÉLIA, D. (2014) La guerre économique à l’ère du cyberespace.  Hérodote, Vol.1,

no.152-153, p.240-260.

DOUTRIAUX, C. (2013) Droit et piraterie virtuelle : les hacktivistes face à la loi

Sécurité Globale, Vol.2, no.24, 69-80.

FRÉNOT, S. et S. GRUMBACH (2014) Les données sociales, objets de toutes les

convoitises Hérodote, Vol.1, no.152-153, 43-66.

LACROIX, D. (2014) Ranger la Terre. Le nommage des domaines est-il l’expression

d’une stratégie des États-Unis de domination des réseaux ? Hérodote, Vol.1, no.152-153, p.185-200.

MELO, A.A. (2017) Un câble pour les BRICS : un défi stratégique insurmontable.

Hermès, CNRS Éditions, p.145-149.

NOCETTI, J. (2018) Géopolitique de la cyber-conflictualité. Politique étrangère, no.2, 15-27.

PÉTINIAUD, L. (2014) Cartographie de l’affaire Snowden Hérodote, Vol.1, no.152-153,

p. 35-42.

SERVICE CANADIEN DU RENSEIGNEMENT ET DE SÉCURITÉ (SCRS),

programme de liaison-recherche (2018). Examen du Brexit : ascension et déclin

d’un réseau de zombies sur twitter. Dans Qui dit quoi ? Défis sécuritaires

découlant de la désinformation aujourd’hui. Points saillants de l’atelier, 51-59.

Publication no 20118-02-01 de la série Regards sur le monde : avis d’experts.

TAGUIEFF, P.A. (2021). Les théories du complot. Presses universitaires de France.

Extrait p.66-79.

VAN RAEMDONCK, N. (2019). The Echo chamber of anti-vaccination conspiracies:

mechanisms of radicalisation on Facebook and Reddit. Dans The Digital Age,

Cyber Space, and Social Media: the Challenges of Security & Radicalization. (IPAG – Institute for Policy and Governance) Knowledge Series Book. Extrait – 11 pages.

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  • La vie s’appelle Richard, de la rue Ouellet.
    J’aime le vent quand il fait des fouilles mon coeur s’emballe comme un animal j’aime quand les nuages farfouillent avec les soucis qui s’baladent en sandales – Jean-Claude Vannier, La chanson de la pluie J’aime le hasard. Les objets trouvés. L’humour et la modestie de l’imprévu. Les petites choses du quotidien qui nous font symboliser, créer des liens, organiser la conjoncture poétique de nos vies. Parmi ces objets que l’on rencontre, que l’on fréquente et qui nous défini
     

La vie s’appelle Richard, de la rue Ouellet.

14 mai 2026 à 11:41

J’aime le vent quand il fait des fouilles

mon coeur s’emballe

comme un animal

j’aime quand les nuages farfouillent

avec les soucis qui s’baladent en sandales

– Jean-Claude Vannier, La chanson de la pluie

J’aime le hasard. Les objets trouvés.

L’humour et la modestie de l’imprévu. Les petites choses du quotidien qui nous font symboliser, créer des liens, organiser la conjoncture poétique de nos vies.

Parmi ces objets que l’on rencontre, que l’on fréquente et qui nous définissent, les disques et les livres occupent une place particulière. Il faut dire qu’ils sont un peu faits pour ça : nous offrir du sens, de la poésie, des moments d’errance ou de réflexion.  En plus, il existe des meubles faits exprès pour les ranger, les classer, pour manager nos affects et nos points de fuite.

L’autre matin, en mettant une galette sur ma platine, je me suis mis à me questionner sur les raisons qui faisaient que je m’entête à acheter des disques tandis que 90 % de mes concitoyens utilisent les plateformes? «  Tu achètes même des CD*? », me demande mon jeune voisin. Oui, oui, les petits et les grands.

Car, si elles peuvent sembler issues de quelques anxiétés orwelliennes, ces raisons ne sont pas moins fondamentales que celles qui me poussent à acheter des tomates d’un producteur local ou du café équitable.

Acheter, c’est voter. Streamer, c’est laisser voter, comme je dis.

Ce matin-là, la réflexion a été stimulée par ce disque de Big Audio Dynamite que je posais sur la table tournante, et que j’aurais eu bien peu de chance de retrouver sur Spotify. Résonnait une musique née d’une rencontre temporelle insolite, résultante d’une promenade en brocante enjouée.

Ce qui est encore plus formidable : sur le dos du disque, au stylo, on lit que l’album a été acheté par Richard, de la rue Ouellet, à sa sortie, en 1985. Je me demande alors si c’était un Richard qui avait dansé comme un fou sur ce disque, charmé par les rythmes du hip-hop naissant et des accents de world music ou encore Rich, le punk, remisant l’album marquant la déchéance finale de ses héros des Clash.

Anyway, j’ai eu bien du plaisir à l’écouter, avec la distance. Il y a quand même quelque chose d’assez symptomatique dans notre vision de l’histoire des musiques populaires : bien que Big Audio Dynamite marque la première collaboration d’un duo d’auteurs-compositeurs remarquables depuis le « Only Band That Matters », l’album No. 10, Upping Str. est très peu connu, commenté aujourd’hui.

Pour moi, ce disque se présente comme une apparition du réel. Alors que ma vie connectée ne m’offre que du modélisé, rien de simple, pas de Richard de la rue Ouellet, juste cette folie d’idéal consumériste et de clientélisme poussé à son ridicule absolu par la puissance de l’algorithme et de l’IA; une prise en charge vertigineuse de mes goûts, par espionnage et statistiques, afin de les consensualiser, de les conformer, et surtout de générer des clics et des profits car, plus de honte à le dire, à l’ère numérique, we are only in it for the money.

L’algorithme, c’est le capitalisme qui nous poursuit dans nos goûts, comme un poison dans nos veines, comme le marketing de l’envie qui nous vend à chacun une pomme personnalisée du jardin d’Éden. Finie l’idée du libre choix, tout finit dans le grand canal publicitaire de l’influence et de la visibilité monnayée….

Décidément, ce disque me fait beaucoup trop réfléchir. Je devrais peut-être le donner à quelqu’un de moins angoissé.

Je ne me sens pas très bien. Je décide d’aller fouiner dans les bacs de ma voisine de friperie afin de voir si je ne trouve pas de quoi de plus léger à me mettre dans les oreilles.

Eurêka. En moins de 15 minutes je reviens à la maison avec quelques excitantes découvertes : d’abord, un album de Steve Waring, toujours réjouissant, une copie du « Blues de la poisse », mais encore un étrange opus d’un certain Michel Maurice Fortin. L’album, publié à compte d’auteur en 1979, est toujours dans son « shrink », lequel est savamment déchiré afin de permettre à l’auto-produit de numéroter, au crayon mine svp : 175/500. N’ayant aucunement la fibre du collectionneur (j’ai brisé plusieurs objets qui avaient survécu bien plus que mon âge), je m’empresse de déballer le truc et de lui poser une aiguille. Une entrée en matière audacieuse aux allures de complainte a capella, une bonne voix, une belle maîtrise instrumentale, un côté folk-prog. Je passe un bon moment. Mais, c’est la vie, on ne peut pas tous passer à l’histoire.

Si j’avais voulu trouver celui-là sur Spotify, j’aurais cherché catégorie folklore nordique au patchouli?

*Abréviation de disque compact

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  • Enceintes et endettées : la réalité des femmes migrantes sans couverture médicale
    L’on se vante parfois de l’universalité du système de santé québécois, mais les femmes migrantes sans assurance maladie (FEMSAM) ne bénéficient pas de cet accès universel : on leur facture habituellement les services périnataux (suivi prénatal et accouchement notamment), un montant qui peut facilement atteindre 25 000 $, ou plus, s’il y a des complications. Depuis l’instauration d’une directive ministérielle en 1992, ajoutée à la Loi sur l’assurance-hospitalisation, les établissements de sant
     

Enceintes et endettées : la réalité des femmes migrantes sans couverture médicale

13 mai 2026 à 04:26

L’on se vante parfois de l’universalité du système de santé québécois, mais les femmes migrantes sans assurance maladie (FEMSAM) ne bénéficient pas de cet accès universel : on leur facture habituellement les services périnataux (suivi prénatal et accouchement notamment), un montant qui peut facilement atteindre 25 000 $, ou plus, s’il y a des complications.

Depuis l’instauration d’une directive ministérielle en 1992, ajoutée à la Loi sur l’assurance-hospitalisation, les établissements de santé ont le droit – duquel ils se prévalent – de facturer une surcharge de 200 % des frais hospitaliers aux femmes enceintes non couvertes par la RAMQ. Cependant, cette directive, instaurée au départ pour limiter le tourisme obstétrical, engendre d’importants frais non recouvrables pour les hôpitaux. Par ailleurs, les sommes non acquittées gonflent artificiellement leurs dépenses à cause du triplement des factures.

Alors que la situation financière des FEMSAM est souvent déjà précaire, certains établissements leur demandent de payer d’avance pour leurs soins périnataux. Avec quel argent? Plusieurs d’entre elles sont des étudiantes étrangères, des femmes dont les conjoints sont étudiants étrangers, des femmes en attente d’un changement ou d’un renouvellement de statut d’immigration. Question de limiter l’endettement, certaines refusent les suivis prénataux et se présentent aux urgences pour accoucher. On peut les comprendre, lorsqu’on voit qu’à l’hôpital de Rimouski, par exemple, l’un des 24 accouchements non couverts par la RAMQ recensés en 2024 et en 2025 a été facturé à plus de 53 000 $1. L’équipe médicale du CISSS Bas-Saint-Laurent (CISSS BSL) tente au mieux de trouver des solutions adaptées pour prioriser la santé de la mère et du bébé.

Si la situation des FEMSAM à Montréal et à Québec a fait l’objet de recherches universitaires depuis les années 2000, leur réalité hors des grands centres n’est toujours pas étudiée. Le fait que cet enjeu en région ne soit pas documenté de manière scientifique constitue un angle mort majeur dans l’exploration de solutions adaptées aux différentes réalités terrain et dans la discussion sur la qualité et l’accessibilité des soins offerts aux femmes migrantes.

L’une des difficultés des chercheurs qui s’intéressent à cette question est liée à la manière de colliger les données dans les hôpitaux, qui limite la possibilité d’identifier avec précision les FEMSAM et de brosser un portrait de leur réalité migratoire souvent complexe. Ainsi, la Régie de l’assurance maladie a tenté d’estimer combien avaient accouché dans la province à partir du nombre d’enfants nés de mères non couvertes par la RAMQ, des chiffres obtenus du Directeur de l’état civil. On estime que 9 917 femmes sans accès à la RAMQ ont accouché en 2021 seulement2.

L’équipe derrière le projet de recherche PRENA-E-COUT’3 a inclus un volet qualitatif sur les expériences des FEMSAM de la Côte-Nord. Bien que les résultats n’aient pas encore été publiés, Lara Gautier, professeure agrégée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal et chercheuse principale du projet, indique que, malgré ce qu’on pourrait penser, les FEMSAM en région ont des expériences beaucoup plus positives que celles en ville, si elles sont accompagnées par les bonnes personnes, par exemple les ressources ICI-Santé de leur territoire, même si l’accès aux soins peut être plus difficile à cause des distances à parcourir. Le personnel médical des régions, empathique et sensible à la précarité des patientes, essaie de trouver des solutions pour diminuer les coûts, voire les annuler, par souci de déontologie médicale. Mais c’est de plus en plus difficile avec les directives de Santé Québec en matière de facturation des frais pour les services hospitaliers et médicaux reçus.

À Montréal, à Québec, l’effet de volume a plutôt le résultat inverse : des établissements de santé ont parfois retenu (illégalement) des constats de naissance tant que la facture de l’accouchement restait impayée, ce qui empêchait les parents de déclarer la naissance de leur enfant au Directeur de l’état civil et de faire en sorte que le bébé soit couvert par la RAMQ en cas de problème de santé. Les enfants nés au Québec, de facto citoyens canadiens, sont couverts par la RAMQ depuis 2021 peu importe le statut d’immigration de leurs parents. Une victoire de l’Observatoire des tout-petits, de l’ONG Médecins du Monde et de nombreux autres acteurs qui militaient pour que cette couverture s’étende également à la mère pour les soins périnataux.

Afin de ne pas encourager le tourisme obstétrical, l’ancien premier ministre a rejeté en 2024 un projet pilote pour assurer la gratuité des soins périnataux aux FEMSAM. Le tourisme obstétrical demeure pourtant marginal au Québec, et il est facile d’identifier ces cas en posant quelques questions, selon Lara Gautier. Au contraire, les femmes dont il est question ici étudient ou travaillent dans la province depuis plusieurs années et veulent y rester. Leur offrir ou pas des soins périnataux revient donc à un choix politique en matière d’accès universel.

1. Information obtenue du CISSS du Bas-Saint-Laurent à la suite d’une demande d’accès à l’information.

2. Régie de l’assurance maladie du Québec, Portrait des femmes enceintes sans couverture santé au Québec, Gouvernement du Québec, 2022, p. 11.

3. Évaluation mixte et participative de l’expérience et du coût des soins chez les femmes enceintes sans assurance maladie au Québec

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  • CONTRE le projet de loi 23: Quand Agir devient vital, diversifier les approches face à la souffrance humaine
    Le projet de loi 23 présente plusieurs lacunes et risques qui vont, s’il est adopté dans la forme actuelle, compromettre les droits fondamentaux des individus psychiatrisés, la santé des professionnels de la santé et qui vont fragiliser le secteur communautaire. Par « individus psychiatrisés », nous entendons toute personne susceptible d’être hospitalisée de force ou ayant déjà vécu l’hospitalisation forcée, les personnes ayant des antécédents en santé mentale et toute personne anticonformiste q
     

CONTRE le projet de loi 23: Quand Agir devient vital, diversifier les approches face à la souffrance humaine

12 mai 2026 à 11:35

Le projet de loi 23 présente plusieurs lacunes et risques qui vont, s’il est adopté dans la forme actuelle, compromettre les droits fondamentaux des individus psychiatrisés, la santé des professionnels de la santé et qui vont fragiliser le secteur communautaire. Par « individus psychiatrisés », nous entendons toute personne susceptible d’être hospitalisée de force ou ayant déjà vécu l’hospitalisation forcée, les personnes ayant des antécédents en santé mentale et toute personne anticonformiste qui pourrait susciter un inconfort pour l’ordre public (sans poser un danger suicidaire ou homicidaire). Les mesures actuelles, sans même l’adoption du projet de loi 23, sont d’ailleurs déjà appliquées de façon non-égalitaires. Comme le souligne Bernheim (2024) :

« Les personnes soumises à ces pratiques sont disproportionnellement marginalisées, vivent dans des conditions précaires, sont moins susceptibles d’avoir une formation professionnelle, sont socialement isolées et racisées » (p.47).

Face au sentiment d’urgence viscérale que j’ai ressenti avec l’arrivée de ce projet de loi 23, je vous soumets ce mémoire en tant qu’universitaire et criminologue de formation. Rappelons[1] que ce projet de loi 23 s’intitule Loi visant principalement à mieux accompagner les personnes dont l’état mental pourrait représenter un risque pour leur propre sécurité ou celle d’autrui. Nous reviendrons sur les présupposés que ce titre sous-entend……

Dans un premier temps, nous reconstituerons ce que dit le projet de loi 23 et ce qu’il omet de dire, les dérives potentielles. Éventuellement, un deuxième mémoire en cours de rédaction offrira des pistes alternatives et recommandations.

PROJET DE LOI 23 : Ce qu’il propose versus les conséquences humaines qu’il comporte

En commençant par le titre en lui-même, Plusieurs incohérences sont présentes. Le projet de loi 23 ne permet pas un accompagnement, car toute prise de décision de la première personne concernée est éliminée dans le présent projet de loi. On parle d’acteurs « susceptibles d’intervenir », « d’action concertée » entre les acteurs qui interviennent, autrement dit, de tout le monde sauf la personne qui subit cette mesure coercitive. Par ailleurs, toutes les communications faites sur le dos de la personne sous contrainte ne lui seront jamais accessibles. Voici les extraits :

En précisant que « seuls les renseignements personnels qui sont nécessaires à la concertation entre les intervenants désignés et à la coordination de leurs actions peuvent faire l’objet d’une communication entre eux dans le cadre d’un processus d’action concerté », nous sommes très inquiets que plusieurs informations pertinentes concernant l’individu visé par l’intervention soient exclues. Par exemple, une amie qui n’entre pas dans la définition « d’intervenant désigné » ne pourra pas communiquer ou participer activement à l’action concertée. Peut-être son témoignage sera-t-il recueilli, mais le risque qu’il soit réutilisé et modifié par les « intervenants désignés » à leur propre fin reste très présent, d’autant plus que cela va l’exclure (cette amie ou tierce personne) pour le reste des démarches. Par ailleurs, cette « action concertée » exclut complètement la personne visée par cette mesure de prise en charge psychiatrique. Cela est une atteinte, à nos yeux, de ce que signifie un réel accompagnement.

Par ailleurs, le projet de loi 23 élimine la notion de dangerosité, pierre angulaire du cadre législatif actuel régissant les différentes mises sur garde. Cette notion de dangerosité, bien que non définie dans la Loi, repose tout de même sur deux concepts dans le cas des hospitalisations forcées : 1- Dans le cas de la garde préventive, ce danger doit être grave et immédiat ; 2- Dans le cas de la garde provisoire et de la garde en établissement, le tribunal doit avoir des motifs sérieux qui lui font croire que la personne représente un danger.

En éliminant la notion de dangerosité, que nous reste-il ? Un modèle managérial basé sur la gestion des risques qui s’appuie sur des outils quantitatifs. Ces outils quantitatifs, nous propose le projet de loi 23, seront fournis par Santé Québec et serviront de guide afin de décider s’il faut hospitaliser ou pas une personne qui « coche les cases » en termes de probabilités de risques, le tout, sans considérer le contexte de la situation et en éliminant toute dissidence ou diversité chez les intervenants de première ligne. En effet, Il est mentionné que le projet de loi « précise les responsabilités des intervenants qui collaborent en ce sens dans le cadre d’un processus d’action concerté ». Petite question à se poser : S’ils ne collaborent pas « en ce sens », cela sera-t-il une infraction ?

Le projet de loi 23 précise plus loin que seuls les intervenants d’un service d’aide en situation de crise ayant « reçu la formation » (de Santé Québec) et qui sont dans l’une des situations suivantes peuvent pratiquer :

Ce que signifie cet extrait est simple : Une diminution considérable du pouvoir discrétionnaire des intervenants de proximité qui doivent se plier à une formation verticale (TOP-DOWN) décontextualisée, un danger flagrant de prises de décisions qui évacuent le contexte global de la « situation » et des organismes communautaires qui pourraient offrir des mesures alternatives se voyant pénalisées et devant se plier à Santé Québec, la centrale toute-puissante.

Le plus alarmant à nos yeux est que les organismes communautaires qui ont des rapports fréquents avec certains usagers des services sociaux se voient relégués en seconde-zone lorsque vient le temps de recevoir le rôle de « intervenant désigné » considérant que pour le devenir il faut qu’un des organismes gouvernementaux approuvent le titre (voir page suivante).

Parmi les organismes qui auront ce pouvoir d’offrir le titre « d’intervenant désigné », nous retrouvons le curateur public et le directeur des poursuites criminelles et pénales. Cela nous inquiète considérant que leur mission respective s’éloigne de l’aspect humaniste des personnes en souffrance qui peuvent vivre des situations difficiles sans nécessairement poser un danger. D’ailleurs la notion de « danger grave et immédiat » étant éliminée, il nous semble inapproprié que de tels organismes aient un pouvoir d’action pour offrir le titre « d’intervenant désigné » qui doit (ou devrait) évaluer de façon clinique et empathique les cas de personnes potentiellement à risque de détérioration ou d’altération. Quelle est la réelle mission d’un « intervenant désigné » si autant d’organismes, évoluant dans différents domaines de droit (principalement liés ici au droit criminel), peuvent attribuer ce rôle, mais que les organismes communautaires qui connaissent bien les usagers des services sociaux ne le peuvent (ou doivent avoir une permission de l’un de ces organismes)? Ne sommes-nous pas en train de confondre les rôles et mandats de ces organismes et de créer plus de répression à l’égard des individus psychiatrisés ou personnes présentant des différences?

Ce n’est pas fini. On passe d’un état mental dangereux qui demande des motifs sérieux d’hospitaliser de force, donc des preuves matérielles, à une approche arbitraire centralisée qui n’oblige plus l’élément de santé, mais qui peut concerner toute situation où la « sécurité » est « compromise », ce qui revient à hospitaliser de force sur la base d’une perception sans élément de preuve à l’appui. Vous remarquerez aussi qu’il y a des incohérences. Parfois, il est mentionné « santé ET sécurité » et, la majorité du temps, il est mentionné « santé OU sécurité ». À défaut d’éliminer complètement le projet de loi comme nous le revendiquons, il serait avisé dans un amendement d’inclure obligatoirement ces deux éléments (santé ET sécurité).


Par ailleurs, le projet de loi 23 parle « d’altération » et non plus d’état mental posant un « danger grave et immédiat ». Une altération englobe une grande variété d’états, dont plusieurs qui ne sont pas dangereux du tout (ivresse d’alcool, consommation de café et de sexe, décalage horaire, etc.). Trop de « situations » peuvent tomber sous le couperet de ce projet de loi de nature répressive et managérial, à nos yeux (voir page suivante).

Ce passage du projet va encore plus loin en accordant une exemption à « l’action concertée » (qui possède déjà son lot de problèmes) et en accordant un pouvoir d’agir sur la vie des personnes visées par cette prise en charge psychiatrique d’enfermement. Par ailleurs, une « détérioration » possède une connotation très subjective et ouvre la porte à des jugements de valeurs qui ne sont pas pour autant gage d’un passage à l’acte quelconque. Parler de « risque raisonnablement prévisible » nous semble très flou et sortir de l’objectivité pour tomber dans les croyances. Par ailleurs, plusieurs personnes vivant avec le stigmate de la maladie mentale soulèvent une double-peine lorsqu’ils/elles vivent l’hospitalisation forcée. Pour nous, cela se manifeste souvent par une délégitimation[2] du ressenti des premières personnes concernées, comme lorsqu’ils/elles s’opposent à certains types de traitements médicamenteux ou lorsqu’ils/elles soulèvent leurs traumatismes en lien avec une prise en charge non-volontaire. Le projet de loi 23, si adopté dans la forme actuelle, va accentuer cela en considérant toute dissention comme de la « méfiance à l’égard de tels services » et amener les « intervenants désignés » à agir au nom de ces personnes sans « action concertée », renforçant la perte d’autonomie quant aux modalités de traitement que la personne aurait choisies si elle avait pu s’exprimer dans un cadre sécurisant (et sans la peur de se faire hospitaliser en cas de désaccord).  

Maintenant, il est aussi mentionné dans le projet de loi 23 que les personnes avec une problématique de santé mentale peuvent faire une demande de directives psychiatriques anticipées, un peu comme l’aide médicale à mourir.

Cela signifie aussi qu’en situation où les directives anticipées n’ont pas été faites, n’importe qui ayant reçu « la formation » (de Santé Québec) peut faire n’importe quoi aux personnes concernées. Par ailleurs, grande confusion entre personnes majeures qui vivent avec un trouble mental et n’importe qui ayant une altération. Incohérence. Non seulement incohérence, mais la porte est grande ouverte pour qu’il arrive des pressions indues et de la manipulation à forcer une personne à remplir cette demande (qui peut d’ailleurs être modifiée sans qu’elle n’ait un mot à dire). En effet, avec le terme « contresigner », un médecin spécialiste ou une infirmière a le dernier mot sur le contenu de la demande. Un contrat ne devrait-il pas être signé en toute connaissance de cause ?… Plus maintenant… (voir page suivante).

Par ailleurs, tel que mentionné dans le projet de loi 23 « Un intervenant désigné ne peut être poursuivi en justice pour un acte accompli de bonne foi en application du présent article ». Nous sommes très inquiets qu’aucune compensation ne puisse exister auprès des individus psychiatrisés en cas d’abus/négligence et maltraitance médicale.

Nous ne souhaitons pas nuire aux conditions de travail des professionnels de la santé, bien au contraire. Nous avons de la sympathie pour ceux-ci et connaissons très bien les difficultés associées au fait d’être enfermés. Tous les professionnels de la santé qui évoluent dans la psychiatrie au Québec méritent des conditions dignes. Avec le projet de loi 23, par l’élargissement des possibilités d’enferment, il est inévitable qu’une hausse flagrante du nombre d’admissions en psychiatrie fera jour. Cela va créer une surpopulation carcérale psychiatrique. Pour plusieur.es ayant vécu l’hospitalisation forcée, il est relaté que la quantité en termes de population élevée réduit les interactions sensibles et de qualité, à la fois pour les patient.es que pour les professionnels de la santé. Nous sommes attristés de voir que le projet de loi 23 n’attaque pas les causes structurelles du manque de soutien auprès des professionnels de la santé. Au lieu de cela, le projet de loi 23 renforce les préjugés à l’égard des individus psychiatrisés. Pourtant, la plateforme du Gouvernement du Québec (2023a) précise « La très grande majorité des personnes qui vivent avec un trouble mental ne présentent pas de comportements violents. Elles sont dans les faits beaucoup plus à risque d’en être victimes. » Le projet de loi 23 va dans la direction opposée en polarisant les professionnels de la santé contre les individus psychiatrisés de force et en dépouillant les individus psychiatrisés de recourir à des moyens légaux de défense des droits en santé mentale. Nous ne voulons pas diaboliser quiconque, nous soulevons seulement que la négligence médicale existe. Précariser les professionnels de la santé et punir nos plus vulnérables semble manquer de nuance sur notre condition humaine commune : l’imperfection et donc la perfectibilité.

Merci pour votre attention,

  • Anne-Marie Urli

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BIBLIOGRAPHIE

Bernheim, E. (2024). Profilage et violence judiciaire : la multijudiciarisation civile et administrative en santé mentale à l’intersection de la classe sociale, du genre et de la race. Criminologie (Montréal), 57(1), 45‑78. https://doi.org/10.7202/1112601ar

Godrie, Baptiste et Camille Rivet (2019), « Faire la preuve de sa crédibilité : diagnostics et groupes d’entraide dans la trajectoire de soins en santé mentale » , Revue du CREMIS , 11(1) , 23-27.

Gouvernement du Québec. (2023a). Combattre les préjugés sur les troubles mentaux. S’informer sur les troubles mentaux. Consulté le 21 avril 2026, à l’adresse https://www.quebec.ca/sante/sante-mentale/s-informer-sur-sante-mentale-et-troublesmentaux/combattre-prejuges-troubles-mentaux

Gouvernement du Québec. (2023b). Définition des stéréotypes. Conséquences des stéréotypes sur le développement. Consulté le 21 avril 2026, à l’adresse https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/enfance/developpement-desenfants/consequences-stereotypes-developpement/definition-stereotypes


[1] Je recoure au pronom à la première personne du pluriel, le « nous », pour souligner l’importance qu’ont eu les témoignages d’individus psychiatrisés lors d’une recherche qualitative menée pour PLAIDD-BF, un organisme de défense des droits en santé mentale de la région du Bas-Saint-Laurent, en 2021 en tant que contractuelle.

[2] « Plusieurs personnes rencontrées nous ont confié devoir «parler plus fort pour se faire entendre», avoir le «sentiment de ne pas être écoutées», voire d’être «invalidées» par des professionnel.le.s et cer tain.e.s de leurs proches, renforçant ainsi leur isolement ou encore les difficultés psychiques qu’elles vivent. » DANS Godrie, Baptiste et Camille Rivet (2019) , « Faire la preuve de sa crédibilité : diagnostics et groupes d’entraide dans la trajectoire de soins en santé mentale » , Revue du CREMIS , 11(1) , p.23.

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  • Projet de loi 23 : Le « bien-être » qui enferme 
    Le projet de loi 23 crée un régime où des personnes peuvent être privées de liberté et soumises à des traitements chimiques sans acte concret (actus reus) ni intention coupable (mens rea) — deux éléments pourtant essentiels en droit pénal pour établir la culpabilité. En effet, au Canada, une infraction exige à la fois un comportement interdit (actus reus) et un état mental coupable (mens rea, comme l’intention ou la connaissance). Sans ces éléments, il n’y a pas de culpabilité. Pourtant, le P
     

Projet de loi 23 : Le « bien-être » qui enferme 

11 mai 2026 à 11:42

Le projet de loi 23 crée un régime où des personnes peuvent être privées de liberté et soumises à des traitements chimiques sans acte concret (actus reus) ni intention coupable (mens rea) — deux éléments pourtant essentiels en droit pénal pour établir la culpabilité.

En effet, au Canada, une infraction exige à la fois un comportement interdit (actus reus) et un état mental coupable (mens rea, comme l’intention ou la connaissance). Sans ces éléments, il n’y a pas de culpabilité. Pourtant, le PL23 permet d’hospitaliser de force des individus sur la base d’un risque potentiel, un critère si vague qu’il pourrait s’appliquer à presque n’importe quelle situation de vulnérabilité. En droit pénal, un tel flou serait inacceptable : comment est-il acceptable de condamner quelqu’un pour un crime qui n’a pas encore été commis ?

Car, au fond, c’est bien d’une punition qu’il s’agit lorsque nous retirons de force des personnes de leur milieu de vie, tel que proposé dans le PL23. Cela engendre d’ailleurs des conséquences financière, relationnelle et sociale importantes, comme dans tout enfermement. Avec le PL23, on va même plus loin dans l’esprit du châtiment que si nous avions recouru au droit criminel.

Prenons un exemple : une personne en crise psychique n’est pas coupable si elle n’a pas l’intention de nuire en droit criminel (avec le mens rea). Avec le PL23, qui ignore ce principe, cette même personne sera hospitalisée de force même si elle n’a pas l’intention de nuire et qu’elle n’a pas commis de crime (actus reus).

Comment justifier qu’une personne soit privée de sa liberté sans avoir commis d’acte répréhensible ni avoir l’intention de le faire ? En droit pénal, cela serait impensable. Pourquoi l’accepter en santé mentale?! 

Il est urgent de faire mourir dans le feuilleton ce projet de loi. À défaut, il est primordial de réviser ce projet de loi pour y intégrer des garanties juridiques fondamentales comme l’exigence d’un acte concret interdit (actus reus) pour justifier toute mesure coercitive. Sinon, nous risquons de normaliser un système où l’on punit sans preuve concrète, sur la base de simples soupçons — une dérive inacceptable pour nos droits fondamentaux.

Il faut aussi prévoir dans le projet de loi un mécanisme indépendant de plainte pour les abus médicaux ou les négligences, avec un droit à réparation pour les victimes. Actuellement, le PL23 exonère les intervenants de toute responsabilité pour les actes accomplis « de bonne foi », ce qui exclut tout recours pour les personnes psychiatrisées qui peuvent (et oui!) vivre de la négligence médicale (voire criminelle). Sans ces protections, le PL23 ne fera qu’aggraver la méfiance des personnes psychiatrisées envers un système déjà perçu comme répressif. C’est le temps de diversifier nos approches face à la souffrance humaine et d’arrêter d’alourdir un système de santé sur le bord du gouffre.

J’aurais aimé finir sur une note positive, mais je n’y arrive pas.

Merci lectorat.

* PL23 = Projet de loi n° 23 (Loi visant principalement à mieux accompagner les personnes dont l’état mental pourrait représenter un risque pour leur propre sécurité ou celle d’autrui) / Assemblée nationale du Québec / provincial

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  • Quand les promoteurs éoliens s’invitent chez vous…
    Ça s’est un peu produit un soir de mai 2024. Un promoteur éolien débarque à la maison pour savoir si nous sommes intéressés à recevoir une éolienne sur la terre que nous habitons. Il n’a rien dans les mains, pas de carte à nous montrer, « c’est embryonnaire », qu’il dit. Pourtant, c’est chez nous qu’il cogne, il sait où il va. En quête d’information, notre conseil municipal nous rassure : il ne se passera rien sans que toute la population ne le sache, c’est embryonnaire, c’est normal, il n’y
     

Quand les promoteurs éoliens s’invitent chez vous…

10 mai 2026 à 11:22

Ça s’est un peu produit un soir de mai 2024. Un promoteur éolien débarque à la maison pour savoir si nous sommes intéressés à recevoir une éolienne sur la terre que nous habitons. Il n’a rien dans les mains, pas de carte à nous montrer, « c’est embryonnaire », qu’il dit. Pourtant, c’est chez nous qu’il cogne, il sait où il va.

En quête d’information, notre conseil municipal nous rassure : il ne se passera rien sans que toute la population ne le sache, c’est embryonnaire, c’est normal, il n’y a pas de projet.

Pourtant, ça nous est vraiment tombé dessus un soir de février 2025, alors qu’un autre promoteur éolien, qui a pris rendez-vous celui-là, nous informe que nous pourrions signer un contrat pour peut-être avoir une éolienne. Là, maintenant. Une éolienne de 200 mètres, 656 pieds de hauteur. À 750 mètres de notre maison et de celle du voisin. C’est « bien raisonnable » qu’il dit, parce que la réglementation de notre MRC, c’est 500 mètres. 500 mètres! À peine quelques feuilles de papier, qu’il ne nous laisse pas, pour appuyer ses explications. Il préfère ne pas nous montrer de carte, mais accepte finalement d’ouvrir brièvement son ordinateur : les éoliennes projetées sont éparpillées sur tout le territoire de la municipalité. Il n’y a pas moyen de voir le contrat d’option d’octroi, on ne se montre pas assez intéressé à signer. Nous avons la chance exceptionnelle d’avoir un environnement silencieux. C’est vrai qu’il « ne connaît pas ce que c’est », il « habite Montréal ». Le BAPE? « Disons que ça oblige les entreprises à sophistiquer leur narration. »

De pareils propos, une pareille situation, ça ne s’invente pas.

Dans les jours, les semaines qui suivent, nous constatons que nos voisins et la majorité des résidents de la municipalité n’ont jamais entendu parler de projet éolien chez nous, nous les en informons. Du même coup, nous apprenons que plusieurs contrats sont déjà signés. C’est fait, il y a une fracture dans le tissu social de ma communauté.

Pour prétendre à une acceptabilité sociale, la population doit avoir l’information lui permettant de prendre une décision libre et éclairée. Dans les faits, tout débat public est évité, les propriétaires terriens sont approchés et, avec très peu d’information en main, décident chacun pour soi. Les contrats sont confidentiels et ça se passe dans chaque cuisine. Avec suffisamment de signatures en main, un promoteur peut remporter un appel d’offres d’Hydro-Québec et ensuite, les étapes suivent inévitablement leurs cours, chaque case du processus sera cochée. Les dés sont jetés.

Comble de chance, le premier ministre, François Legault, se déplace au Bas-Saint-Laurent en novembre 2025 pour annoncer une entente de 1 500 mégawatts signée entre Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est. Notre MRC fait partie de cette entente. Au BSL, « il y a de lacceptabilité sociale pour les projets éoliens ». Ah ben, voilà! La population aurait donné son accord avant même de connaître l’entente? La PDG d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, tient à rassurer, il y aura des consultations. Euh, pardon, mais vous venez bien d’annoncer que l’entente est signée, non?

Cela représente une très petite portion de la façon dont l’acceptabilité sociale est traitée. Depuis des mois, nous ne comptons pas les heures pour lire et comprendre, documenter, partager de l’information, réseauter, poser des questions… Les surprises ne cessent de s’accumuler sur les façons de manipuler l’opinion publique, les faits, les chiffres pour que les projets de développement éolien puissent aller de l’avant. Jamais nous n’aurions pensé qu’une telle force de lobby était en place.

En quelques minutes, comment arriver à partager à nos concitoyens ce que nous avons mis des heures à débusquer? La contribution du développement éolien à la transition énergétique n’est qu’un mirage. Les bienfaits pour la région sont beaucoup moindres qu’on le prétend et, surtout, ne tiennent pas compte des coûts. Coûts sociaux, environnementaux, économiques futurs. Au rythme actuel des annonces, on peut même parler de coût identitaire, notre identité rurale. Non seulement il faut donner de son temps, de son énergie, de son argent aussi pour ces démarches, mais il faut encore accepter de prendre la parole et de se faire pointer du doigt par certains. Tout ça pour protéger notre milieu de vie, notre communauté, notre environnement, l’avenir de notre région.

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  • Chronique du gars en mots dits: Haïr ses alliés naturels
    Quelques mois avant le référendum du 30 octobre 1995, Jacques Parizeau concluait une alliance avec le chef de l’ADQ, Mario Dumont, et celui du Bloc québécois, Lucien Bouchard, en vue de la bataille décisive qui approchait. L’initiative avait donné un élan inespéré à la campagne du oui, qui battait fortement de l’aile. Grâce à cette alliance, jamais les Québécois ne sont passés si proche du pays… Dire que les forces indépendantistes devront de nouveau s’unir si elles veulent gagner un éventuel tr
     

Chronique du gars en mots dits: Haïr ses alliés naturels

9 mai 2026 à 15:37

Quelques mois avant le référendum du 30 octobre 1995, Jacques Parizeau concluait une alliance avec le chef de l’ADQ, Mario Dumont, et celui du Bloc québécois, Lucien Bouchard, en vue de la bataille décisive qui approchait. L’initiative avait donné un élan inespéré à la campagne du oui, qui battait fortement de l’aile. Grâce à cette alliance, jamais les Québécois ne sont passés si proche du pays… Dire que les forces indépendantistes devront de nouveau s’unir si elles veulent gagner un éventuel troisième acte constitue la mère de toutes les lapalissades.

Entre une telle union et sa concrétisation, il y a loin de la coupe aux lèvres. Aujourd’hui, on se demande bien quel serait le troisième parti désireux de se joindre au camp du Oui aux côtés du PQ et du Bloc québécois… À droite, l’ADQ, depuis longtemps dissoute dans la fédéraliste CAQ sous l’impulsion de François Legault, devrait se saborder pour y adhérer. Quant à Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, le sinistre personnage a passé sa vie de chroniqueur, d’animateur radio et de politicien à pourfendre les indépendantistes comme s’ils étaient affublés de la pire maladie mentale.

Il reste, à bâbord toute, Québec solidaire…

En mars 2024, pour préparer le terrain en vue de la renaissance du camp du Oui, QS lançait l’initiative « Nouveau Québec ». Ruba Ghazal et Sol Zanetti partaient en tournée pour promouvoir l’indépendance à travers le Québec, souhaitant faire gonfler l’appui au-delà du plancher des 35 %, en prêchant sciemment à des non-convertis. « Même si on a des divergences sur la façon dont s’articulerait le projet de société d’un Québec libre, on a eu l’appui du PQ pour notre campagne », avait alors déclaré Ghazal. Du miel à mes oreilles.

Depuis l’automne 2025 cependant, les positions raffermies et assumées du Parti québécois sur la laïcité et l’immigration ont considérablement refroidi les ardeurs de QS, un parti de plus en plus à l’aise avec le multiculturalisme canadien. Au point où on apprend ces jours-ci que le dernier survivant de la « vague orange » du NPD, Alexandre Boulerice, pourrait se présenter sous les couleurs qsistes aux élections québécoises d’octobre 2026.

Rappelons qu’en 2017, Québec solidaire acceptait d’intégrer dans ses rangs les indépendantistes du parti Option nationale, fondé par l’économiste Jean-Martin Aussant. Depuis, QS est assis sur la lame d’un rasoir : plus il parle d’indépendance du Québec, plus il s’aliène les 67 % de ses partisans qui tiennent plus à leurs idéaux socialistes ou sociaux-démocrates qu’à l’indépendance du Québec. Pour eux, un Canada dirigé par une coalition de partis de gauche comme le PLC et le NPD sous Justin Trudeau vaut mieux qu’un Québec indépendant gouverné par des partis centristes ou du centre droit. Pour la majorité des partisans de QS, le dilemme est réglé : la question sociale passe avant la question nationale, point. D’où le flirt électoral constant de QS avec le NPD, les deux seuls partis aux logos orange.

Une trêve nécessaire

Personne ne demande à QS de devenir l’allié naturel du PQ, mais tout au moins de consentir à une trêve circonstancielle. À force de tirer à boulets rouges sur les péquistes en les traitant de cryptofascistes, de racistes, d’étroits d’esprit ou de transphobes, QS épargne ses vrais adversaires fédéralistes, qui peuvent dormir tranquilles ou mourir de rire : à droite, ceux de la CAQ et du Parti conservateur du Québec, et à gauche, ceux du PLQ. Les partisans du Canada tel qu’il est peuvent demeurer cois et quiets pendant que le futur camp du Oui se fissure avant même de naître.

Les partisans de QS doivent cesser de percevoir comme une trahison impardonnable le fait que le Parti québécois essaie de se tenir au centre de l’échiquier politique pour ratisser un électorat plus large et engranger les votes indépendantistes. L’indépendance acquise, tous les partis, de gauche comme de droite, en profiteraient. Les débats gagneraient en qualité et en pertinence, alors que depuis 1867 ils sont condamnés à se dissoudre sur la rive ontarienne de la rivière des Outaouais, et restent le plus souvent sans échos dans ce grand pays étranger dont le nom est écrit en lettres d’or sur mon passeport.

« Divide et impera », disait déjà le roi de Macédoine Philippe II au 4e siècle avant notre ère. Oui, quand on divise le camp adverse, on arrive à régner… Maxime que les fédéralistes ont depuis longtemps mise en pratique à leur plus grand profit.

Il faudrait maintenant que les indépendantistes soient au moins assez clairvoyants pour s’en rendre compte, puis en tirer les conclusions qui s’imposent.

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  • L’indépendance, vraiment?
    La lutte des classes s’est jouée après le dernier référendum au Québec. Quand Parizeau est parti et que Lucien Bouchard l’a remplacé, j’étais militant souverainiste à Jonquière en pleine plaque tectonique. J’ai dit dans mon discours de candidature à la présidence du comité de comté du PQ qu’il fallait bloquer le vent de droite qui soufflait sur le monde. Je l’ai dit devant Lucien Bouchard. J’ai pas été élu. Et j’ai quitté ce parti illico. C’est à ce moment que le projet d’indépendance tel qu’
     

L’indépendance, vraiment?

8 mai 2026 à 12:20

La lutte des classes s’est jouée après le dernier référendum au Québec. Quand Parizeau est parti et que Lucien Bouchard l’a remplacé, j’étais militant souverainiste à Jonquière en pleine plaque tectonique. J’ai dit dans mon discours de candidature à la présidence du comité de comté du PQ qu’il fallait bloquer le vent de droite qui soufflait sur le monde. Je l’ai dit devant Lucien Bouchard. J’ai pas été élu. Et j’ai quitté ce parti illico.

C’est à ce moment que le projet d’indépendance tel qu’on l’a connu, social démocrate et civique, est mort. Pour le militant en moi en tout cas. Ensuite, il y a eu le néolibéralisme, le déficit zéro, la globalisation des marchés, les crises financières, l’austérité, les bulles spéculatives qui explosent et la concentration de la richesse à la barre du paroxysme. Et aujourd’hui, le fascisme.

Et des politiciens peu scrupuleux ont utilisé les enjeux identitaires pour diviser la classe ouvrière selon des clivages qui nous nuisent tous les jours. Et qui nous font oublier que, pour constituer une nation, il ne faut laisser personne en arrière. Sans justice, pas de véritable indépendance.

Les Cowboys Fringants avait un couplet éloquent pour le dire dans la chanson « Lettre à Lévesque » :

« Pour c’qui est d’la souverain’té

On peut pas dire que c’est la fièvre

Le projet s’est mal renouvelé

Et on en parle du bout des lèvres

Mais quoiqu’à voir les extrêmistes

Qui se réclament patriotes

Avec leur discours passéiste

J’me dis qu’on est loin du jackpot

Si on regarde ça René

Les enjeux ont bien changé

Et les jeunes se conscientisent

Faudrait écouter ce qu’ils disent

Et que pour bâtir un pays

Faudrait pas oublier d’inclure

Les citoyens des autres ethnies

Et leur culture »

Ce nationalisme civique n’est plus le projet porté par le PQ. D’une coalition arc-en-ciel jusqu’au référendum, le tout s’est démobilisé, et les solidarités ont été détruites entre les tendances.

Les derniers Jedi avaient tous quitté le parti (Marois, Drainville, Cloutier, jusqu’à Sylvain Gaudreault, qui a été l’un des derniers boy-scouts).

Il ne restait que Pascal Bérubé.

Le regain?

Le retour du PQ après la torchée électorale tient aux circonstances. Un opportuniste a été favorisé par un acte disgracieux mais vraiment pas criminel dans sa circonscription, acte qui a écarté la candidate solidaire qui autrement aurait facilement gagné, ce qui a permis au petit homme fâché de l’emporter. Et il s’est construit un tout nouveau parti qui semble profiter du soutien indéfectible de la ligue du vieux poêle qui constitue une armée électorale redoutable. Les jeunes, que les vieux nationalistes les appellent.

On se croirait en pleine trilogie Star Wars. C’est leur dernier espoir.

Un parti clone de la CAQ (leurs électeurs sont interchangeables) a ensuite profité de l’effondrement du gouvernement usé de mononcle Legault pour trôner au sommet des sondages.

Son projet est de construire une nation québécoise inféodée aux États-Unis plutôt qu’au Canada. Une nation qui adopte des politiques en fonction de cette relation. Il propose de troquer le colonialisme britannique pour l’impérialisme américain. La souveraineté n’est dès lors qu’une vue de l’esprit.

Mais la majorité des électeurs semblent s’en foutre et souhaitent lui donner sa chance pour gouverner. En se bouchant les oreilles quand il parle de référendum et de pays.

Voilà la recette du succès du petit homme fâché.

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  • Le printemps en novembre
    Qu’évoque le jour du 15 novembre 1976? Je serais curieux de connaître les réponses à cette question posée à d’autres que celles et ceux du groupe des baby-boomers dont je fais partie. Cela fera 50 ans en novembre que le Parti québécois a pris le pouvoir pour la première fois, porté par un élan de nationalisme bon teint et une volonté progressiste de changement. L’auteur et cinéaste d’origine gaspésienne Carl Leblanc, avec qui nous avons discuté, fait de cet événement le vecteur de son roman Le p
     

Le printemps en novembre

7 mai 2026 à 12:16

Qu’évoque le jour du 15 novembre 1976? Je serais curieux de connaître les réponses à cette question posée à d’autres que celles et ceux du groupe des baby-boomers dont je fais partie. Cela fera 50 ans en novembre que le Parti québécois a pris le pouvoir pour la première fois, porté par un élan de nationalisme bon teint et une volonté progressiste de changement. L’auteur et cinéaste d’origine gaspésienne Carl Leblanc, avec qui nous avons discuté, fait de cet événement le vecteur de son roman Le printemps en novembre.

Le livre propose en alternance deux trames temporelles : novembre 1976, devant le petit écran du salon d’une famille gaspésienne, et novembre 2006 à Montréal, devant le grand écran où est projeté un documentaire couplant des films d’archives avec des entrevues où des protagonistes commentent ce moment marquant de leur vie. « L’écran, c’était d’ailleurs le titre de travail du livre, mais mon éditeur a eu la bonne idée de retenir plutôt Le printemps en novembre, une expression que j’avais utilisée dans le texte », nous confie l’auteur. La couverture du livre met en évidence un téléviseur d’époque où s’affiche une mythique photo de René Lévesque sur l’estrade du centre Paul-Sauvé le soir du 15 novembre 1976.

Le narrateur du roman, Étienne Vallières, a 16 ans en 1976. Il vit l’événement chez la famille Caissy composée de militantes et de militants péquistes de la première heure. Il est secrètement amoureux de la fille de la famille, Julianne, 18 ans, qui lui a fait l’offrande quelques jours plus tôt d’un baiser enthousiaste, emportée qu’elle était par le discours de celui qui allait devenir le nouveau député du coin, le jeune tribun Simon Lemieux. Mais Julianne n’est pas présente à cette soirée festive puisqu’elle a fui vers Montréal plus tôt dans la journée. Étienne ne la reverra plus et demeurera amer de ce premier amour perdu. En novembre 2006, il est convié par un cinéaste ami à la première de son film documentaire portant sur la soirée du 15 novembre 1976. Il revit alors l’émotion intense vécue trente ans plus tôt et revoit, sur grand écran et dans la vie, Julianne.

Carl Leblanc a écrit plusieurs autres livres (dont Fruits, Prix Jovette-Bernier – Ville de Rimouski en 2014) et il a réalisé une vingtaine de films documentaires (dont le puissant Perdre Mario en 2021, sur le suicide d’un ami). Il nous révèle son bonheur de pouvoir mener de front ces deux carrières qui ont en commun le fait d’écrire. Son éditeur souligne qu’il est « cinéaste pour gagner sa vie et écrivain pour ne pas la perdre ». L’auteur nous rappelle qu’il serait impossible pour lui de gagner sa vie grâce à la seule écriture de romans. Ce roman est d’abord le fait d’une commande pour un polar, mais le thème ne se prêtait pas à ce genre. Il a mis de côté le tapuscrit pour plus tard le reprendre, mais dans un style bien à lui.

Carl Leblanc sait très bien comment déployer une bonne histoire. Le printemps en novembre m’a particulièrement interpellé, car le personnage principal d’Étienne Vallières est comme moi politologue et professeur d’université, un transclasse issu de région. Il a vécu un intense moment d’émotion lors de l’élection du premier gouvernement péquiste en 1976, pour plus tard être sceptique quant à la possibilité objective de faire du Québec un pays. Comme moi, il est ému à l’écoute de Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt.

En 2026, à mon avis, le Parti québécois est très loin de sa version sociale-démocrate de 1976. Il mise sur le centre droit et se distingue peu sur ce plan de la Coalition Avenir Québec et du Parti conservateur. Son nationalisme est étroit et son chef ne m’inspire aucune sympathie. Il est aussi probable qu’un référendum sur l’indépendance du Québec se traduirait par un appui en deçà de 38 %, ce qui affaiblirait le Québec. De plus, le Parti québécois croit exercer un monopole sur les souverainistes, ce qui est loin de permettre une quelconque ouverture à l’Autre. Bref, en 2030, est-ce que je voterais Oui à la proposition d’un pays Quebecor? Je n’en suis pas convaincu.

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  • Le miracle « Je raccroche »
    Je marche sur la rue Monseigneur-Plessis pour me rendre au Centre de formation Rimouski-Neigette. Il fait gris. Au propre comme au figuré. Mais les jeunes de Je raccroche vont me remonter le moral. Je vais passer l’après-midi avec 16 des élèves qui forment la cohorte 2025-2026. Elles et ils m’accueillent chaleureusement avec leurs intervenants pour discuter de leur école de rue. Et de ce qui fait son succès depuis 2004. Philippe Garon – Quel est le but de Je raccroche? Je raccroche – Termi
     

Le miracle « Je raccroche »

6 mai 2026 à 13:53

Je marche sur la rue Monseigneur-Plessis pour me rendre au Centre de formation Rimouski-Neigette. Il fait gris. Au propre comme au figuré. Mais les jeunes de Je raccroche vont me remonter le moral. Je vais passer l’après-midi avec 16 des élèves qui forment la cohorte 2025-2026. Elles et ils m’accueillent chaleureusement avec leurs intervenants pour discuter de leur école de rue. Et de ce qui fait son succès depuis 2004.

Philippe Garon  Quel est le but de Je raccroche?

Je raccroche  Terminer les études qu’on a abandonnées. Nous aider à poursuivre notre parcours, notre cheminement scolaire. Nous préparer à la vie adulte aussi, pour pouvoir être autonomes sur le plan financier et assumer notre rôle de citoyens et de citoyennes. L’équipe d’intervention nous accompagne dans notre vie actuelle et future, nous fait découvrir autre chose que ce qu’on peut voir dans le cursus normal. Cela nous amène à vivre des expériences qu’on n’a pas nécessairement eu l’occasion de vivre dans notre enfance ou à l’école avant. En plus, le dépassement de soi, ici, c’est important. On en parle beaucoup. Pour être la meilleure personne qu’on peut devenir, pour s’améliorer.

P. G. On retrouve qui à Je raccroche?

J R  On a entre 16 et 30 ans. Mais une fois qu’on est passé par ici, c’est pour la vie. Je raccroche, c’est plus qu’une école. C’est une famille. On est là pour se soutenir les uns les autres. Ça s’adresse à celles et à ceux qui veulent vraiment finir leur école, devenir quelqu’un dans la vie.

Tu peux pas être lâche pour venir ici. Des fois, c’est tough, mais il faut continuer. Il y a une belle équipe d’intervenants et d’intervenantes.

P. G. Qu’est-ce que ça prend pour travailler à Je raccroche?

J R  Il faut vouloir aider les jeunes. Ça prend de la force d’esprit. Certaines personnes peuvent avoir une histoire compliquée. Il faut rester impassible par rapport à ça, neutre. Être capable d’avoir une opinion externe.

Oui, parce qu’ils nous disent pas tout le temps ce qu’on veut entendre. (Rires…)

Ça prend aussi un intérêt profond pour l’éducation, pour les stratégies d’apprentissage. Il faut savoir être empathique, ouvert d’esprit.

P. G. Pourquoi choisir Je raccroche?

J R  Parce que sinon, on ne serait juste pas à l’école. Ici, il y a de l’encadrement, du soutien. Le fait d’avoir toujours quelqu’un qui nous ramène à l’ordre quand on dévie, ça aide. Pour commencer, on travaille les savoir-être. C’est la base. Avec une meilleure attitude, ça rend capable de prendre les critiques, de participer, de s’appliquer puis de s’impliquer. D’accepter d’être là plutôt que de subir.

Quand on nous a expliqué les règles au début, je me disais : « Ça se peut que je reste pas longtemps… »  J’avais beaucoup de préjugés en arrivant. J’étais très mal à l’aise. Mais on s’habitue aux règles. Par respect pour les autres, pour le groupe. Les responsables du groupe ont à cœur que ça marche. Maintenant, je vois pourquoi les règles sont là et pourquoi elles doivent être là. Puis je suis fier d’être ici.

P. G. À quoi ressemble une semaine typique?

J R  Le matin, on travaille les matières, le français, l’anglais, les maths. Ça fonctionne avec des cahiers, comme aux adultes, sauf qu’on profite d’un meilleur accompagnement. Le midi, avec le conseil étudiant, on a des activités comme le club de lecture, le cinéclub, des jeux vidéo, du rempotage, en plus des tâches comme le ménage et l’arrosage des plantes. En après-midi, c’est des ateliers de toutes sortes, en lien avec l’éducation à la citoyenneté, la connaissance de soi, les saines habitudes de vie, etc.

P. G.  Pourquoi Je raccroche existe?

J R  Pour répondre aux besoins de la société sur le plan du décrochage scolaire. Et on en a encore plus besoin maintenant qu’en 2004, car plus de jeunes décrochent. On n’a jamais eu une aussi grosse liste d’attente. Si on pouvait, on partirait un deuxième groupe et malgré ça, on n’arriverait pas à répondre aux besoins. L’école est pleine.

Ici, je me sens en sécurité. Aucune menace n’est acceptée. On nous fournit un espace sain et sécuritaire.

L’équipe s’adapte à nos différentes façons d’apprendre. On nous accompagne dans nos démarches, on nous fait prendre conscience de nos difficultés, mais pour nous aider. À l’école conventionnelle, je me sentais comme s’il y avait un moule dans lequel on essayait de me faire entrer. Ce qu’on vit ici, ça devrait être partout dans le système scolaire. Plus tard, j’aimerais que mes enfants puissent bénéficier de ce que je vis ici.

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  • Le train de passagers en Gaspésie : une ligne de vie
    Le train de passagers en Gaspésie existe depuis 1902, jusqu’à Paspébiac et jusqu’à Gaspé depuis 1911. Plusieurs compagnies se sont succédé jusqu’en 1929 où le Canadien National Railways (CNR devenu CN) devient propriétaire des voies ferrées et gère le train de passagers et de marchandises au nom du gouvernement du Canada. Le train de la Gaspésie jouit d’une belle notoriété et est reconnu à travers le monde. En 1977, année de la création de VIA Rail par le gouvernement canadien, la situation c
     

Le train de passagers en Gaspésie : une ligne de vie

5 mai 2026 à 13:32

Le train de passagers en Gaspésie existe depuis 1902, jusqu’à Paspébiac et jusqu’à Gaspé depuis 1911. Plusieurs compagnies se sont succédé jusqu’en 1929 où le Canadien National Railways (CNR devenu CN) devient propriétaire des voies ferrées et gère le train de passagers et de marchandises au nom du gouvernement du Canada. Le train de la Gaspésie jouit d’une belle notoriété et est reconnu à travers le monde.

En 1977, année de la création de VIA Rail par le gouvernement canadien, la situation change. VIA a le mandat d’exploiter un service public national de transport ferroviaire de passagers reliant les grandes villes, les régions et les communautés éloignées à travers le Canada et les rails appartiennent toujours au CN.

Durant l’année 1984-1985, 80 565 voyageurs ont pris le train entre Matapédia et Gaspé. Malgré cela, tranquillement mais sûrement, les services commencent à diminuer. Les gares de la Gaspésie jouent un rôle important dans l’organisation sociale, comme celle de Maria qui relie les gens de partout dans la Baie-des-Chaleurs à leur unique hôpital.  Pourtant elle est fermée dans la première vague de réduction des services. Plusieurs fermetures subséquentes font qu’il ne reste que cinq gares en 2013.

En 1990, le train de la Gaspésie, nommé Le Chaleur, ne passe plus que trois fois par semaine au lieu de sept allers-retours hebdomadaires. Évidemment l’achalandage chute à 42 000.

En 1995, le CN est privatisé, il demeure propriétaire des rails, et VIA paie un droit de passage. Malheureusement, l’entente donne la priorité de circulation aux trains de marchandises plutôt qu’aux trains de passagers. Ce qui aura un impact désastreux sur les trains de passagers.

En 2011, des problèmes sur la structure d’un pont à Grand-Pabos, oblige VIA à suspendre le service de New Carlisle à Gaspé mais conserve la portion de New Carlisle à Matapédia, jusqu’en 2013. En août 2013, en raison de problèmes aux passages à niveau, le service est complètement suspendu à l’est de Matapédia. Malgré que les problèmes aux passages à niveau se règlent rapidement et que le train de marchandises recommence à circuler, VIA refuse de revenir, demandant rapport après rapport.

À ce moment, Le Chaleur a déjà moins de voitures-lits, plus du tout de voiture-restaurant, ni panoramique et il fonctionne avec des voitures en mauvais état.  

La Coalition pour le retour du train de passagers, fondée en 2013, milite depuis tout ce temps pour le retour des services de qualité d’un train de passagers en Gaspésie.

D’énormes travaux financés par le gouvernement du Québec, propriétaire des rails de Matapédia à Gaspé, ont permis l’ouverture des voies de Matapédia à Port-Daniel–Gascons, au début janvier 2026. Des trains de marchandises y circulent présentement, mais pas de trains de passagers, car VIA refuse de revenir de façon progressive, même si lors de la suspension, la société s’était engagée à revenir au fur et à mesure que les voies seraient réparées.

Présentement, dans l’est du Canada, la situation du service ferroviaire de passagers laisse nettement à désirer. Il n’y a plus de services du tout en Gaspésie, malgré les 355 millions de dollars investis. Le train passe toujours au beau milieu de la nuit dans le Bas-Saint-Laurent, et le train Montréal-Halifax accuse très souvent un retard de plusieurs heures.

Il est difficile de comprendre que VIA refuse de revenir en Gaspésie jusqu’à Port-Daniel–Gascons parce que les voies ne sont pas encore réparées jusqu’à Gaspé mais, qu’en 2018, la société d’État n’a pas hésité à continuer les services entre Winnipeg et Gillam au Manitoba en attendant la réfection du rail jusqu’à Churchill. Cette réfection a été complétée en deux ans et le gouvernement fédéral a versé 117 millions de dollars à Arctic Gateway pour la relance de ce chemin de fer1.

Des travaux sont en cours pour le dernier tronçon de Port-Daniel–Gascons à Gaspé et des pressions sont exercées sur le gouvernement du Québec pour la réhabilitation complète, le plus rapidement possible. Le fédéral doit aussi investir, comme il l’a fait au Manitoba, pour terminer les travaux jusqu’à Gaspé, le plus vite possible.

La Coalition multiplie les démarches pour que VIA revienne MAINTENANT de façon progressive en Gaspésie avec un service de qualité qui permettrait aussi de desservir la population du Bas-Saint-Laurent et d’offrir un trajet plus court jusqu’à Halifax.

1. Simon Deschamps, « La reprise du chemin de fer entre Gillam et Churchill a répondu ʺà un besoin crucial » », Radio-Canada, 29 janvier 2025, ici.radio-canada/nouvelle/2136006/churchill-train-economie-etude

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  • Vivre ici, plutôt qu’ailleurs
    Lorsque j’étais enfant, je ne savais pas que je vivais dans un espace rural. Je vivais dans le rang 4 de Saint-Alexandre-de-Kamouraska : difficile de faire plus rural, et pourtant, l’image que je me faisais de la ruralité n’était pas ma cour, ou les champs derrière la maison, mais bien ce que je voyais à la télé. Pour moi, la « campagne », c’était Rigodon dans Passe-Partout. (Rigodon, ça ne s’invente pas!) La ruralité de Rigodon était archétypale. Je me souviens avoir demandé à ma mère : « Pourr
     

Vivre ici, plutôt qu’ailleurs

3 mai 2026 à 12:48

Lorsque j’étais enfant, je ne savais pas que je vivais dans un espace rural. Je vivais dans le rang 4 de Saint-Alexandre-de-Kamouraska : difficile de faire plus rural, et pourtant, l’image que je me faisais de la ruralité n’était pas ma cour, ou les champs derrière la maison, mais bien ce que je voyais à la télé. Pour moi, la « campagne », c’était Rigodon dans Passe-Partout. (Rigodon, ça ne s’invente pas!) La ruralité de Rigodon était archétypale. Je me souviens avoir demandé à ma mère : « Pourrait-on aller à la campagne? » (J’étais très sérieuse – je n’avais pas encore développé mon savoir-faire ironique.) J’ai vu la surprise (inquiétude?) dans son regard, avant d’accueillir sa réponse : « Mais nous vivons à la campagne! »

Maintenant adulte, et après avoir monté en rang (de trois rangs pour être précise), j’ai pris le temps de décortiquer ce que signifiait la ruralité aujourd’hui dans une perspective sociologique. Et je comprends mieux pourquoi ce que nous sommes se construit, aussi et beaucoup, en dehors de soi. Quel intérêt pour maintenant? C’est que le 5 février dernier, à l’initiative de Mélanie Rioux et de sa gang de la Ville de Trois-Pistoles, s’est tenu un 5@8 festif sur la ruralité aujourd’hui. Sous la forme d’un cercle de parole, l’idée était de nous réunir, sans prétention, pour jaser de ce que ça signifie la ruralité pour les gens qui y vivent. Il ne s’agissait pas de produire une définition de la ruralité – d’autres espaces s’y prêtent mieux – mais d’en partager des bouts, des sensibilités et des possibles.

Différentes questions ont permis de lancer la discussion : qu’est-ce qui caractérise la ruralité pour les gens qui y vivent? Pourquoi vivre ici plutôt qu’ailleurs? Puis, qu’est-ce qui m’a menée, à consacrer une thèse en sociologie à la ruralité (au-delà d’une réminiscence de Rigodon)? Pour le dire rapidement, j’étais à la recherche d’observations nuancées et plus justes sur l’expérience de la vie rurale aujourd’hui. Je cherchais à dépasser à la fois les stéréotypes qui visent le bon rural (soi-disant naturellement accueillant), et le mauvais rural (soi-disant naturellement replié sur son groupe). Et je m’intéressais au poids des représentations historiques qui agissent encore, de l’intérieur, et de l’extérieur, pour dire ce qui « est » rural. (Rappelons que la représentation de la ruralité s’est historiquement construite en opposition avec l’urbanité, de manière concomitante, révélant les stéréotypes associés à l’un et à l’autre.)

Conformément à tout autre espace social, la ruralité n’est pas cristallisée dans un modèle statique. Elle est vivante, et les paroles de Raymond Beaudry, d’Ariane Breault, d’Elisabeth Li-Dupuis, de Louis Lahaye-Roy montraient cette variété de possibles. Bobby Valérie et Benoît Ouellet, ont, de leur côté, partagé avec sensibilité leurs « Lettres d’amour à ma ville culturelle », incarnant par là une manière particulière d’habiter ici. Le photographe et sociologue, Raymond Beaudry a, quant à lui, relevé la pluralité des manières d’habiter les lieux (ruraux). Pour lui, par-delà leurs dimensions institutionnelles, les communautés rurales se définissent d’abord par les gens qui y vivent, insistant sur l’importance des communs, et de l’interdépendance entre l’individu et le groupe. Ici, la conscience de l’histoire d’un territoire, et des gens qui nous y ont précédés, offre une compréhension fine, et complexe, des styles de vie contrastés, qui apparaissent éventuellement, même à l’intérieur d’une très petite communauté.

En ce sens, la présentation du projet de la communauté intentionnelle l’Archipel par deux de ses cofondatrices, Élisabeth Li-Dupuis et Ariane Breault, illustre de manière exemplaire une recherche d’un modèle rural novateur, marginal, et néanmoins réalisable. Elles incarnent une façon d’aborder la vie rurale conforme à des valeurs d’autonomie, d’entraide, en faisant le pari de la patience et du temps long. Cette temporalité particulière leur permet d’envisager la construction de leur communauté de manière à exprimer les valeurs qui les animent et – conscientes de la délicatesse de l’exercice – d’insuffler la souplesse nécessaire à l’approche d’un cadre réglementaire existant, érigé au fil du temps pour faciliter un autre modèle de vivre ensemble. Lucides et engagées, elles imaginent et vivent, ici et maintenant, le possible auquel elles croient.

Louis Lahaye-Roy, a relaté de manière personnelle, son rôle comme agent de Place aux jeunes Kamouraska, et les intentions de faciliter le passage d’une région à l’autre pour les personnes intéressées par pareil projet. Par ces deux derniers exemples, émerge l’idée d’une ruralité plurielle, aux dynamiques variables et subtiles : d’une part, une ruralité qui se renouvelle par la base, plus punk; d’autre part une ruralité, qui sans être figée, reste institutionnalisée dans sa manière de viser un renouvellement.

Et la tenue d’un cercle de parole autour de la ruralité dit, en soi, quelque chose d’important. Ça parle, par son existence même d’affirmation de soi, de volonté d’exister et d’être là. Comme si la ruralité pouvait se construire comme un lieu d’hybridation de tous les possibles, à la fois espace de résistance, et lieu de l’ordinaire choisi.

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  • Le spectacle Sciences Po 101 – Traité d’insoumission à l’usage du vrai monde
    Vincent Massé-Gagné et Catherine Dorion, ancienne députée de Québec solidaire, étaient  à Rimouski le 16 avril à la salle Desjardins. Les acteurs-auteurs livrent ici un extrait du texte du spectacle, écrit à partir de témoignages reçus de citoyens. Catherine est à jardin, seule sur scène, dans la pénombre.  CATHERINE J’ai récemment fait un appel public de témoignages sur la crainte de s’exprimer politiquement. J’en ai reçu un déluge. Vincent est entré à cour, sur la réplique précéden
     

Le spectacle Sciences Po 101 – Traité d’insoumission à l’usage du vrai monde

30 avril 2026 à 10:11

Vincent Massé-Gagné et Catherine Dorion, ancienne députée de Québec solidaire, étaient  à Rimouski le 16 avril à la salle Desjardins. Les acteurs-auteurs livrent ici un extrait du texte du spectacle, écrit à partir de témoignages reçus de citoyens.

Catherine est à jardin, seule sur scène, dans la pénombre. 

CATHERINE

J’ai récemment fait un appel public de témoignages sur la crainte de s’exprimer politiquement. J’en ai reçu un déluge.

Vincent est entré à cour, sur la réplique précédente. Il laisse tomber au sol une massive pile de feuilles sur lesquelles sont écrits des dizaines de témoignages. Catherine traverse et le rejoint. À tour de rôle, ils les lisent, alors que sont projetées les silhouettes des personnes au fond de la scène. 

EMPLOYÉE D’UNE MRC

Quand je suis arrivée dans ma nouvelle job, on m’a affirmé que mon poste était incompatible avec toute prise de position politique. Je passe mon temps à me poser des questions : 

  • Est-ce que je peux aller manifester contre la destruction de l’église?
  • Est-ce que je peux écrire des livres sous mon vrai nom?
  • Si je jase de transition écologique avec des partenaires de la MRC, est-ce qu’il faut que je fasse semblant de croire à leur greenwashing?

FONCTIONNAIRE

Longs sermons sur le devoir de réserve dans toutes nos activités, même les loisirs. Nos fréquentations (y compris sociales, amoureuses) sont à déclaration obligatoire. On est obligés de remplir un formulaire de déclaration de toutes nos activités à saveur potentiellement politique, même celles qui le sont en doses homéopathiques. Ma conclusion a été : je m’éclipse des réseaux sociaux, sauf pour les photos de chats et de chiens.

ORGANISATEUR COMMUNAUTAIRE

Notre organisme est supposé défendre les droits des citoyens, mais notre direction a tellement peur qu’on perde notre financement qu’au final, on défend tout ce que fait le gouvernement.

EMPLOYÉE DU RÉSEAU DE LA SANTÉ

J’ai été obligée de me cacher derrière un pseudo pour aider une mobilisation qui visait à dénoncer les violences dans le milieu de la santé. Tout le long j’étais super stressée, j’avais vraiment peur d’être démasquée.

ENSEIGNANTE

Se faire dire quoi faire par des ministres en costume qui mettent le pied dans les écoles publiques une fois tous les quatre ans pour la photo. Obligation de rester neutre et loyale face à des gens qui ne nous respectent pas pis qui disent n’importe quoi sur notre compte aux médias. Pourquoi j’ai un « devoir de loyauté » envers une minorité de monsieurs qui décident à l’aveugle pour une majorité de femmes et d’enfants?

ATTACHÉE POLITIQUE

Je voulais travailler dans un parti politique pour changer le monde. On m’a vite fait comprendre que j’étais une exécutante pis que mon avis était pas le bienvenu sur Internet, ni en réunion d’ailleurs.

DÉPUTÉ DE L’OPPOSITION

Mon premier choc en tant que député de l’opposition, et de très loin, c’est vraiment les médias. Moi, je me suis fait de la corne. Mais j’ai vu un collègue qui a dit une chose, une choseparmi les milliers de choses qu’il a dites, une chose qui lui a valu des chroniques. J’ai vu la peur dans ses yeux. J’ai vu comme un gars qui arrive dans une cour d’école pis qui se fait totalement… Il a plus jamais été le même après ça.

DÉPUTÉE DU PARTI AU POUVOIR

Quand t’es dans le parti au pouvoir, tu peux pas chiâler contre ton gouvernement dans les médias, tu comprends. Les discussions, ça se passe « en famille » dans les caucus de députés. Donc moi, dans les caucus, je le faisais avec respect, mais je m’exprimais, t’sais. Ben je me suis fait dire par quelqu’un de la garde rapprochée du premier ministre :

 « Fais attention. Fais attention. Parce que tu commences à être une leader négative, des fois. »

JOURNALISTE

Ça m’est arrivé en tant que journaliste que les chroniqueurs me rentrent dedans pour un sujet sur lequel j’avais enquêté. Ils voulaient me rentrer dans la tête que si je veux encore écrire sur ce sujet-là, je suis mieux d’être prêt à me faire traîner dans la bouette. J’ai vraiment senti le poids de l’intimidation.

INTERVENANTE SOCIALE EN MILIEU AGRICOLE

Je me suis fait rencontrer par mon employeur avec tout le CA en arrière de lui. Ce que j’avais fait, c’était de l’insubordination, un manque de loyauté, comme quoi une simple intervenante n’a pas à s’exprimer librement comme ça sur ce qui se passe dans le milieu, que c’est les hautes sphères qui font ça.

FONCTIONNAIRE

Je prends la chance de t’écrire, mais mon « code d’éthique » gouvernemental m’interdit ce genre de commentaire, même en privé… Les fonctionnaires qui ont été accusés de déloyauté dans les médias n’ont pas eu des expériences très heureuses.

INFLUENCEUSE

J’ai écrit ceasefire dans ma bio sur Instagram, c’est-à-dire « cessez-le-feu » pour la Palestine. J’ai perdu un partenariat. Ils m’ont dit : « Écoute, on est prêts à continuer notre contrat si tu l’enlèves. » Non, je l’enlève pas. 

TRAVAILLEUR D’USINE

Les RH m’ont demandé d’enlever mes posts concernant une entreprise de la région. J’ai refusé, en expliquant que j’ai ma région à cœur pis que leurs crimes environnementaux ont été prouvés dans un reportage d’enquête de Radio-Canada. C’est mon devoir de citoyen de prendre parole. Ils m’ont mis à la porte.

ENSEIGNANTE

Je me suis confiée à visage découvert à un journaliste sur les problèmes dans mon école. Tout de suite après que c’est sorti, j’ai reçu un avis de congédiement de la part de mon centre de services.

AGENT DE SÉCURITÉ

J’étais agent de sécurité dans une université pendant la crise étudiante. Je prenais pour les étudiants pis je m’en suis pas caché. Ben j’ai perdu ma job. 

Le rythme s’accélère. 

X

On m’a interdit de parler publiquement de ma transidentité pour ne pas nuire à l’image de l’institution.

X

On a eu une formation sur comment avoir un profil plate et beige qui ne dit rien.  

X

Refuser le silence autour du harcèlement m’a coûté très cher en énergie et en santé.

J’ai failli perdre ma job parce que j’hésitais à me faire injecter un vaccin qui avait à peine été testé.

X

Un grand bailleur de fonds privé bien connu nous a fait savoir que personne de chez nous ne devait plus jamais collaborer avec cette organisation-là.

X

Si je garde le silence sur ce qui m’insurge, les personnes pénalisées, c’est les élèves.

X

… les personnes pénalisées, c’est les patients.

X

C’est les citoyens.

X

En ce sens, j’envie Elon Musk, il peut dire les pires conneries, il aura jamais à craindre la précarité.

X

​​Je suis à deux ans de ma retraite et j’ai hâte de retrouver ma liberté de parole.

X

Envers qui faut que je sois fidèle? Un boss qui veut se sauver la face, ou les gens qu’on est supposé servir?

X

Est-ce qu’un lanceur d’alerte contrevient à son devoir de loyauté?

X

Ne pas parler, est-ce que c’est rester neutre? Non. C’est endosser contre son gré. 

X

Ça a eu un impact réel sur ma santé mentale et physique. 

X

C’est comme une machine à éteindre la flamme. 

X

Je suis partie à boutte. En congé de maladie.

Catherine ramasse un dernier témoignage et se tourne face au public pour le lui livrer dans les yeux. 

CATHERINE

Pourquoi est-ce qu’on trouve ça normal, dans une société qui prône la liberté d’expression, que la majorité des Québécois soient assujettis à des règles de leur employeur qui ont l’effet d’imposer une autocensure politique?

Les silhouettes se dispersent en fond de scène. Catherine et Vincent les suivent et sortent du plateau.

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  • Que le sifflet ne soit pas la seule arme de la désobéissance civile
    J’ai habituellement le verbe facile et la plume aiguisée, mais la sidération qui m’habite m’embrouille l’esprit au point qu’il m’est vraiment pénible de trouver un sujet précis en peu de mots. Pour tenter de rester en vie et ne pas étouffer d’indignation dans mes combats du quotidien, j’ai pris l’habitude malgré moi d’entrer en mode action-réaction sur le terrain. Je fais quotidiennement violence à une marée mentale de rats fuyant la cale d’un bateau ivre et je tente de restreindre leur propagat
     

Que le sifflet ne soit pas la seule arme de la désobéissance civile

29 avril 2026 à 10:12

J’ai habituellement le verbe facile et la plume aiguisée, mais la sidération qui m’habite m’embrouille l’esprit au point qu’il m’est vraiment pénible de trouver un sujet précis en peu de mots. Pour tenter de rester en vie et ne pas étouffer d’indignation dans mes combats du quotidien, j’ai pris l’habitude malgré moi d’entrer en mode action-réaction sur le terrain. Je fais quotidiennement violence à une marée mentale de rats fuyant la cale d’un bateau ivre et je tente de restreindre leur propagation. Je lutte pour ne pas sombrer.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que ce tourbillon ressenti habite plus d’une personne et qu’il est le symptôme du fait que nous nous sentons trop souvent impuissants.

Pour qui s’intéresse à la justice sociale et climatique, l’époque est pratiquement au stade d’alertes permanentes aux tsunamis qui lessivent ceux et celles qui veulent organiser le filet social pour protéger le vivant. On nous sert à tout vent des scénarios catastrophes sur fond de vérités déguisées en vendeur de poissons pas frais ou des propositions de paysages arc-en-ciel au goût amer d’écoblanchiment. Devant la montée de la légitime détresse et des débordements dont nous percevons à peine tous les rouages, des questions doivent se poser. Comment rester dans la bienveillance sans tomber dans la mièvrerie de la psycho-pop? Comment rester sur le pont et garder notre sang-froid sans se couper des affects ainsi que de la colère, cette force de levier nécessaire aux changements devant l’assaut des injustices? Comment prendre soin de soi et de nos proches en ne nous cachant pas dans une bulle de licornes nous poussant à mettre les voiles, siège du déni confortable qui met de l’avant des discours creux : « La vie est trop courte, soyons épicuriens » (sans vraiment respecter le sens profond de ce précepte qui voudrait que l’on savoure à son maximum ce que l’on a, que l’on développe ses talents dans une perspective de bien commun au lieu de s’adonner à des orgies de surconsommation)?

Cette pulsion de consommation est normalisée et fait malheureusement partie de nos vies. Elle vient d’un réflexe primaire de fuite vers l’avant que le marché exploite à son paroxysme, et nous y succombons tous, plus ou moins, selon la fatigue du moment. Car tout a été calculé pour nous y astreindre : la vitesse, l’isolement causé par la scission sociale dans cette course au  « confort individuel », la perte de liens, de sens au profit du matériel à grands coups de marge de crédit à rembourser, et la noyade dans une mer d’informations, le tout régi par les puissants tentacules du Kraken algorithmique qui alimente notre chambre d’écho et exacerbe hyperstimulation et émotivité, le tout cadrant dans un tableau catastrophe parfait.

Il n’est pas vain de rêver à une utopie : nous libérer du joug de ce qui semble une condamnation aux galères pour qui veut créer des communs hors de ce système nous cadençant comme des forçats au bagne; les écrans et leurs notifications permanentes aussi efficaces que garde-chiourmes pour nous faire avancer au rythme de fourmis frénétiques afin de combler l’angoisse et le vide qui nous frappent d’autant plus fort que l’on a réduit à peau de chagrin le choix des outils de travail et des moyens de communication hors ligne nous rendant (ainsi que nos gouvernants) totalement dépendants des GAFAM dont le monopole est mondialisé.

Pouvons-nous nous déposer un moment afin de réaliser que la promesse de croisière cinq étoiles vendue par la tech aurait pu être cet outil qui nous libère, si et seulement si les fins de cet enrôlement forcé n’étaient pas le contrôle et le profit exponentiel qui renforcent notre cloisonnement, notre vulnérabilité et notre dépendance au capital, faisant main basse sur nos ressources?

Ce système intempestif laisse peu de place à l’analyse qui se drape de leurres aux teintes des phares de l’ego de certains lanceurs d’alertes qui carburent aux « likes » et que nous continuons de suivre malgré un relent nauséabond de déception nous donnant la nausée dont certains veulent se détourner avec un dégoût naturel, ne sachant plus qui et quoi croire. Et c’est dans cette brèche que s’immisce insidieusement le fascisme dont les voiles se gonflent au gré du désespoir, du racisme dont le tonnage s’amplifie de haine et du classicisme scandé en chants de sirènes des discours populistes laissant croire que dans l’uniformité et la conformité il y aura des gagnants.

La seule façon de colmater les fissures de nos embarcations respectives dans un contexte de lois violentes contre le peuple émanant d’amiraux-despotes corrompus sera l’amour!

Le « je me souviens » doit nous rappeler qu’à une loi injuste, un homme a non seulement le droit de désobéir, mais il en a le devoir (Martin Luther King Jr).

Soyons les albatros annonçant un port d’accueil après la fatigue du voyage quotidien afin de nous insuffler le courage de l’autonomie et davantage de résilience dans les communs.

N’attendons pas d’être au creux de la vague et d’avoir à user de nos sifflets pour agir!

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  • Un LOUPerivois dans la bergerie: Le confort et la différence
    La Suède, l’Autriche, la Suisse, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, le Danemark, la Finlande, la Slovaquie, la Norvège, l’Irlande, la Croatie, le Paraguay, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama, l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande… Qu’est-ce que ces pays ont en commun? Eh bien, tout comme le Québec, ils ont une population qui soit avoisine les dix millions d’habitants, soit y est nettement inférieure. Malgré de nombreuses disparités, des formes de gouvernement et des économies divergentes, des orien
     

Un LOUPerivois dans la bergerie: Le confort et la différence

28 avril 2026 à 07:36

La Suède, l’Autriche, la Suisse, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, le Danemark, la Finlande, la Slovaquie, la Norvège, l’Irlande, la Croatie, le Paraguay, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama, l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande… Qu’est-ce que ces pays ont en commun? Eh bien, tout comme le Québec, ils ont une population qui soit avoisine les dix millions d’habitants, soit y est nettement inférieure. Malgré de nombreuses disparités, des formes de gouvernement et des économies divergentes, des orientations politiques parfois à l’opposé l’une de l’autre, on ne parle pas ici de petites entités insignifiantes, de peuplades « sans culture et sans histoire », mais bien de nations indépendantes, autonomes, ancrées sur leur territoire certaines depuis des siècles. Peu importe leur climat, un environnement géopolitique plus ou moins favorable, un trésor plus ou moins bien garni, ces peuples s’autogouvernent et sont maîtres de leur destin. Et bon an mal an, ces nations persistent et signent. Plusieurs ont de plus une langue qui leur est propre, parlée sur leur seul territoire ou par leurs uniques ressortissants.

Alors nous, au Québec, avec les invraisemblables richesses naturelles qui sont les nôtres, avec notre savoir-faire, notre résilience, les institutions phares que nous nous sommes données, nous ne serions pas en mesure de gérer un État capable de suffire à ses propres besoins et de combler ceux de ses citoyens? Nous serions moins doués, plus morons que l’ensemble de ces nations qui ont la même taille que la nôtre? Oh là là! Appelez le psychiatre, ça presse! On a besoin de multiples séances de thérapie collective et d’un crash course majeur en matière de macroéconomie!

Maintenant imaginez le scénario suivant. Demandez à l’un ou l’autre de ces pays, mettons la Suède, le Portugal ou la Grèce, demandez à cette nation qu’elle exige de sa population qu’elle verse une large part de ses impôts à une entité autre. Enlevez-lui de plus la gestion de l’immigration, des relations extérieures, des communications et retirez-lui le contrôle de son armée. Est-ce que la Suède pourrait encore s’appeler la Suède? Est-ce que le Portugal ne deviendrait pas une coquille vide, inféodée par exemple à l’Espagne avec le portugais en décroissance constante?

Et le Québec? Dépossédé de l’intérieur. Infantilisé par procuration. Gaston Miron qui en connaissait gros au chapitre de l’aliénation évoquait en 1995 le fait que, lorsqu’il était petit, le poids du Québec au sein de la « fédération » canadienne était de l’ordre de 33 %. On parle aujourd’hui de 21,8 %, 18 % cent dans un avenir prévisible. Alors c’est quoi le plan de match? Rapetisser jusqu’à la disparition? Ratatiner jusqu’à l’éradication? S’écraser jusqu’à l’extinction?

Ils nous rabâchent constamment les oreilles : « On est trop petits. On n’est pas capables. » Alors, ces pays que j’ai nommés, ils sont tous dans la dèche? Ils vont faire faillite parce qu’économiquement non viables? L’économie est une drôle de bibitte. On peut lui faire porter de nombreux habits, l’assaisonner à plusieurs sauces, lui faire dire à la fois une chose et son contraire. Mais l’économie, c’est avant tout la confiance combinée à la volonté de résultat. Si on veut se procurer tel ou tel gadget, on coupe dans les dépenses, on met des sous de côté, on fait des heures supplémentaires. On sacrifie une part de son bien-être actuel en fonction d’une satisfaction ou d’un bonheur à venir. On peut aussi réagir de la même façon lorsqu’on se sent menacé, que l’avenir est incertain. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les usines d’armement tournaient à plein régime, l’État émettait des obligations afin de financer l’effort de guerre, on distribuait des coupons de ravitaillement, chacun faisait sa part afin d’éradiquer la menace.

Et bien la menace, celle qui nous concerne nous, en tant que seul peuple francophone en cette terre d’Amérique, elle existe bel et bien, et elle est de plus en plus préoccupante. Il y a moyen d’y obvier. Imaginez la fierté et le bonheur en voyant le nom du Québec s’afficher aux côtés de ceux de ces nations citées au début de ce texte! Et imaginez la liesse au moment où un éventuel Méchant Lapin (Bad Bunny) mentionne le Québec lorsqu’il décline en rappant la liste des pays d’Amérique! À moins que vous ne préfériez continuer à vivre avec des inepties du genre : « Ma queue et mon cœur s’emballent quand tu t’exerces à parler une deuxième langue officielle ». Dans mon cas, non, la deuxième langue officielle ne me fait pas bander pantoute!

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