Mystery drones spotted over port, strategic sites in the Netherlands



Elle apparaît sur l’écran de mon ordinateur avec sa tignasse rousse pleine de la Baie-des-Chaleurs. De passage à Maria pour le lancement de son deuxième recueil dans le cadre du festival de poésie Vivaces, Sophie Rochefort assume bellement son penchant pour la baignade. Le bord de mer est son refuge idéal. Aucun lieu ne stimule autant la créativité de l’autrice originaire de Gaspé. Dans Le flot et le jusant, paru en août aux éditions Perce-Neige, c’est la laisse de mer surtout qui attire son attention, cette ligne qu’atteignent les eaux sur le rivage. Une limite où gît ce que les marées brassent. Rencontre avec une penseuse de grève.
Philippe Garon – Dans le premier morceau du livre, tu évoques les « risques de [t]a mollesse ». À quoi ça fait référence?
Sophie Rochefort – Dans la laisse de mer, on trouve des beaux coquillages, mais aussi parfois des morceaux cassés, pointus, sur lesquels on peut se blesser. Est-ce qu’on décide de ne rien voir, d’adopter une attitude de mollesse, dans le sens de paresse, ou on aborde cette réalité avec courage, avec lucidité? Devant les périls, les confrontations, c’est plus confortable de rester dans une certaine mollesse. Placé en ouverture, ça évoque pour moi un sentiment récurrent d’incapacité, alors qu’on devrait faire face. Voir seule ce qui reste, la laisse de mer, voir ce qui est emporté, c’est difficile, mais nécessaire. Ça met de l’avant le choix entre lucidité ou absence de courage.
P. G. – Les poèmes qui composent le recueil se présentent sous deux formes : des strophes bien découpées placées en haut de pages et des paragraphes plus nerveux, plus haletants, en bas de page. Pourquoi ces deux possibilités?
S. R. – Ça m’est venu spontanément pendant le processus d’écriture. Quand la solitude venait avec plus d’urgence, j’adoptais la forme « bas de page ». À d’autres moments, j’avais plus de temps pour regarder, plus de temps pour la composition. Ça me permettait d’organiser l’écriture différemment. Émilie Turmel, directrice littéraire aux éditions Perce-Neige, a vu ce contraste et a proposé qu’on garde cette trouvaille en plus de me faire part d’autres excellentes idées.
P. G. – Justement, parle-moi de la collaboration avec Perce-Neige.
S. R. – Je suis vraiment ravie par la lumière révélatrice qu’Émilie m’a offerte. Par exemple, elle m’a rapidement présenté les concepts d’anabase et de catabase. L’anabase, c’est la montée de la mer vers l’intérieur des terres. La catabase, c’est la descente aux enfers. Le flot et le jusant portait dès le départ cette volonté d’un mouvement vers les profondeurs pour mieux comprendre et, après, celui de revenir à la surface. La plongée en soi et la remontée, ça caractérise toute la démarche du livre. Le territoire montre ça concrètement, mais il offre aussi la possibilité de l’appliquer à soi-même, au sens métaphorique. La foi que Perce-Neige montre en mon travail me confirme que j’ai quelque chose à dire qui doit être entendu, me confirme la pertinence de ma voix. C’est Hélène Dorion qui a déjà dit en entrevue que « […] c’est une chose d’écrire, mais c’en est une autre de bâtir un livre ». Que des gens croient en mes mots, ça m’encourage à chercher pour aller encore plus loin.
P. G. – Le découpage du livre me semble particulièrement important.
S. R. – « Submersible », c’est l’absence d’énergie, quand on se laisse couler, quand on se lasse aller dans la noirceur. « Du belvédère », c’est la volonté de clarté, d’horizon. Avec « Vives-eaux » et « Mortes-eaux », les marées basses, les marées hautes, c’est ce qui vient, ce qui fuit. C’est l’action d’observer ce qui monte, ce qui part. Enfin, dans « Au rivage », je pose des constats.
P. G. – Même si Le flot et le jusant ne parle pas de notre époque de manière frontale, je vois quand même un lien important avec une possible posture à adopter aujourd’hui.
S. R. – La solitude est le terreau pour observer, pour vivre la difficulté, l’inconfort. De manière générale, on voit l’autre comme pour répondre à nos besoins. Je voulais questionner ça dans le recueil. La rencontre de l’autre demande un effort, mais « effort » pas nécessairement dans un sens péjoratif. Arriver à se sentir sincèrement là, dans le moment présent, c’est pas évident. Par exemple, quand on va courir, qu’on a chaud, on vit aussi une exaltation. Ça prouve une implication sincère. Un engagement sincère envers soi-même. C’est peut-être là que se trouve le sens.
Dans Les jours parfaits, Wim Wenders s’intéresse justement à l’engagement, à l’effort dans la recherche de sens. Je pense à ça parce que le personnage principal, on ne connaît pas son passé ni son futur. Il nettoie des toilettes publiques. Son effort est dilué, mais il n’apparaît pas comme accablant. Par son engagement, il participe au bien commun. C’est jamais nommé, mais on le voit. En général, le mot « effort » évoque quelque chose de pénible, une tension pour résoudre une difficulté. Mais on peut aussi éprouver un plaisir dans lequel la charge se désintègre, se dissout au bénéfice du sens.
Sophie Rochefort, Le flot et le jusant, Perce-Neige, 2026, 96 p.







Le Vieux Théâtre de Saint-Fabien a reçu le prix Assurart lors de la 35e Rencontre d’automne du ROSEQ, tenue du 13 au 16 octobre, à Rimouski.
Ce prix a été remis pour souligner la démarche exemplaire en développement durable du diffuseur ainsi que ses initiatives pour bâtir un lieu communautaire et inclusif.
En avril dernier, le Vieux Théâtre de Saint-Fabien a officiellement inauguré ses nouvelles installations construites au coût de 8 M$. Sa mise aux normes, qui a nécessité 19 mois de travaux. Inauguré en 1930, le Vieux Théâtre n’avait jamais fait l’objet de réparations majeures depuis ce temps.

La salle de plus de 200 places compte maintenant tous les équipements nécessaires à l’industrie du spectacle. Elle offre tout le confort pour le public et les artistes, avec une acoustique exceptionnelle, tout en conservant ses éléments patrimoniaux et sa vocation communautaire.
Les Rencontres d’automne du ROSEQ visent à connaître le travail exceptionnel de diffuseurs et de professionnels du milieu par la remise des prix ROSEQ. Cette année, ce sont plus de 400 professionnels des arts de la scène qui sont venus de tout le Québec et de la francophonie canadienne pour assister à l’événement. Les participants ont pu découvrir plus de 50 nouvelles propositions artistiques de disciplines variées.
L’événement 2026 a permis d’offrir aux professionnels du milieu un espace de découverte où les vitrines et les clins d’œil se sont succédé et où des panels ont proposé des pistes de réflexion et des outils pour enrichir leur pratique. À l’aube du 50e anniversaire du ROSEQ, une consultation lors de l’événement aura permis de recueillir des inspirations pour célébrer en grand en 2028.
Figure marquante de la diffusion dans l’Est-du-Québec, Alan Côté s’est vu attribuer le Prix Reconnaissance Groupe Méga-Scène pour saluer sa contribution exceptionnelle au réseau, célébrer son parcours artistique et souligner son départ à la retraite. Monsieur Côté est le président du conseil d’administration du ROSEQ et directeur général et artistique sortant du Village en chanson de Petite-Vallée.






La conclusion de la trilogie 100 % soccer de l’auteur jeunesse rimouskois, François Bérubé, est maintenant disponible en librairie. Dans ce troisième tome, Entre deux mondes, l’esprit d’équipe est mis en lumière.
Après la fièvre de la Coupe du monde qui occupait les deux premiers tomes, l’auteur se concentre sur le retour à la normale après la vague d’émotions intenses.
Une fois rentré à Rimouski, le personnage principal, Édouard, poursuit son été sous le signe du soccer. Il enchaîne les entraînements, les tournois et l’encadrement de son équipe junior.

Alors qu’il parvient enfin à trouver un équilibre, aussi bien sur le terrain que dans ses relations avec ses
proches, une nouvelle inattendue viendra bouleverser son été.
Avec cette série destinée aux jeunes de 10 ans et plus, François Bérubé aborde des thèmes comme l’amitié, l’esprit d’équipe, la résilience et la famille sous un fond de sport.
Publié aux Éditions Hurtubise, Entre deux mondes fait suite au deuxième tome de la trilogie À nous la coupe lancé en avril dernier et au premier, Du rêve au terrain, paru à l’automne 2025.


Les mélomanes, collectionneurs et passionnés de musique profiteront d’un premier marché du vinyle à Rimouski, ce samedi 17 octobre, à la Coopérative Paradis.
Nommé la Bourse du disque, l’événement présenté gratuitement réunira 15 exposants, de 10 h à 16 h, qui offriront des milliers de vinyles aux amateurs de partout au Bas-Saint-Laurent.
Coordonnée conjointement par l’organisateur d’événements culturels et musicaux underground ANAR de Rimouski, l’entreprise de production et de diffusion Tour de bras et la Coopérative Paradis, la Bourse du disque souhaite devenir « un véritable terrain de fouilles », avec des classiques bien connus et des raretés convoitées, à des prix pour toutes les bourses.
« Un DJ animera la journée en musique, faisant tourner les découvertes entre deux passages dans les bacs. De l’animation ponctuera l’événement, un tirage récompensera les visiteurs et le disquaire Audition Musik sera sur place avec du matériel audio pour échanger sur ce volet, de quoi accompagner autant celui qui achète son premier 33 tours que celui qui peaufine son installation depuis vingt ans », indique Carl Desrosiers, du comité organisateur, dans un communiqué.
Puisque le disque vinyle fait un retour en force depuis quelques années, autant chez les collectionneurs qu’auprès d’un nouveau public, les trois organismes producteurs souhaitent offrir un lieu de rencontre et veulent faire de ce premier rendez-vous une tradition annuelle pour la communauté musicale de l’Est-du-Québec.


The president reportedly chose Zacharia after seeing her on television, but her first press briefing and disastrous interviews sealed her fate
And so Katie Zacharia joins the mayfly ranks of Liz Truss, Anthony Scaramucci, New Coke, CNN+ and Quibi. To say she burned twice as bright and half as long would be too kind. She went out like a firework on a soggy night.
The White House confirmed on Friday that Zacharia was leaving her role as press secretary after just five days on the job. No one was surprised after a lacklustre press briefing debut and scrutiny over her legal credentials.
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© Photograph: Jim Lo Scalzo/EPA

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Le tout nouveau film de Rafaël Ouellet, natif de Dégelis, a fait une entrée fulgurante au box-office lors de la longue fin de semaine de l’Action de grâce. Pour ses 4 premiers jours à l’affiche, Hantée a enregistré des recettes de 350 000 $, le deuxième meilleur départ de l’année dans le cinéma québécois.
Par Lydia Barnabé-Roy, Initiative de journalisme local- Infodimanche
Parmi tous les autres titres à l’affiche, Hantée est arrivé deuxième derrière Autre maman, aussi nouvellement à l’affiche, et devant Verity qui en était à sa deuxième semaine.
Avec ces résultats, le film pourrait franchir le cap du million de dollars au terme de son passage en salles.
« En France, c’est compté en entrées, en nombre de gens qui vont voir ton film. C’est ça qui est important, c’est ce qu’on veut. On fait des films pour qu’ils soient vus. Je regarde les chiffres et ce n’est pas ce qui me fait triper autant que ce que ça veut dire en nombre de spectateurs », souligne le réalisateur, Rafaël Ouellet. Si Hantée atteint le million, cela signifie que 100 000 de personnes ou plus se seraient déplacées pour le voir, ce qui réjouit le cinéaste.
Scénarisé par India Desjardins, Hantée commence comme tous les films classiques de maison hantée : la famille déménage dans une maison abordable et lugubre, puis l’enfant a un contact avec un phénomène paranormal.
La jeune Mathilde (Jade Brind’amour), expulsée de sa précédente école, se lie d’amitié avec la fantôme Isabeau (Virginie Fortin). Cette dernière ignore pourquoi elle est décédée. L’adolescence enquête pour le découvrir et en apprend beaucoup sur elle-même par le fait même.
Rafaël Ouellet a été approché pour faire la réalisation du film il y a environ deux ans. « J’ai tout de suite été sous le charme, je trouvais ça bien écrit, je voyais le potentiel visuel », confie le Dégelisien.
À ce moment, sa fille avait quatre ans et elle commençait à être curieuse de sa collection de films d’horreur en disant « C’est quoi l’histoire? » à son père.

« Je me suis amusé à lui montrer des bouts, mais des bouts pas d’horreur », raconte-t-il. Hantée permet la même chose, mais tout d’un long, sans que les parents aient à faire une sélection au préalable.
Le film, qui se déroule dans les années 80, met aussi en vedette Évelyne Brochu, Claude Legault, Josée Deschênes et les humoristes Katherine Levac et Coco Belliveau, notamment.
Pour le réalisateur, il s’agissait d’une première aventure en terrain jeunesse, familial. Tout au long de son travail, il a dû porter une attention particulière au rythme, aux couleurs et aux éléments de peur.
Et le réalisateur assure qu’Hantée est un film qui lui ressemble, qui est tout aussi important que ses autres films. C’est pourquoi il se désole de ne pas pouvoir davantage l’accompagner et le présenter dans sa ville natale, pour des raisons de santé.
« Je ne veux pas donner l’impression que j’ai fait ce film-là parce que c’est mon travail. Des fois, en télé, c’est le « feeling » que ça donne », soulève-t-il.
Mais il soutient qu’il s’agit d’un projet de cœur qu’il a réalisé pour des raisons qui l’allumaient et rejoignaient sa propre histoire familiale. « Je l’ai fait comme si c’était mon propre film », termine-t-il.
Hantée est à l’affiche depuis le 9 octobre dans près de 70 salles de cinéma du Québec. Il sera présenté au moins jusqu’à l’Halloween.
« On a le bon film pour attirer les foules », croit le réalisateur qui mentionne que le public, autant les plus jeunes que les plus vieux réagissent bien. Certains se sont même costumés pour aller l’écouter. Ceux qui le désirent sont invités à le faire lors de leur visionnement, surtout le 31 octobre.

The president is used to bullying his media targets. The quagmire that is his libel actions shows the broadcaster is working to a different script
For the greatest account of the BBC’s finest hour, one must turn to Penelope Fitzgerald’s novel, Human Voices, written in 1980 and set 40 years earlier, at the corporation’s Portland Place wartime HQ. Flanked by sandbags and infused with a smell of cooking “from the deep hold that suggested more strongly than ever a cruise on the Queen Mary”, the organisation that Fitzgerald describes is at once noble and deeply eccentric. “Broadcasting House stood headed on a fixed course south,” she writes. “With the best engineers in the world, and a crew varying between the intensely respectable and barely sane, it looked ready to scorn any disaster.”
In other words, a formidable foe, one that in the spring of 1940, in the face of anticipated Nazi invasion, decided “without prompting, that truth was more important than consolation, and, in the long run, would be more effective”. I bring this up in respect to the gathering storm of Donald Trump versus the BBC, a fight triggered by the US president’s $10bn defamation lawsuit – $10bn! It’s a wonder he didn’t go for $10 gazillion – brought against the corporation at the end of last year in response to a poorly edited episode of Panorama. The BBC was at fault, editing together comments made by the US president at a rally on 6 January 2021 to give, as the corporation’s apology put it, “the mistaken impression that President Trump had made a direct call for violent action”. But it is fighting the lawsuit.
Emma Brockes is a Guardian columnist
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© Photograph: Bill Clark/CQ-Roll Call, Inc/Getty Images

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Aimée Lévesque (Arts littéraires et livre), Joan Sullivan (Arts visuels et métiers d’art) et Ito Laïla (Arts visuels et métiers d’art), toutes trois de la MRC de Rimousk-Neigette, sont finalistes au prestigieux Prix du CALQ – Artiste de l’année au Bas-Saint-Laurent 2026.
Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), en collaboration avec Culture Bas-Saint-Laurent et Le Devoir, dévoilera la personne lauréate le 29 octobre prochain au Centre culturel Berger de Rivière-du-Loup lors du 50e anniversaire de la création des Conseils régionaux de la culture.
Le choix des finalistes et du lauréat ou de la lauréate est déterminé́par un jury composé de pairs et coordonné par le CALQ.
Aimée Lévesque vit à Rimouski, où elle enseigne l’anglais et la linguistique au collégial. Ses poèmes abordent le dialogue entre l’étranger et le familier, incluant le monde vivant non humain.
Elle a publié deux livres de poésie aux Éditions La Peuplade, soit Tu me places les yeux en 2017 et Parmi les femmes : de Prague à Sarajevo, en 2024.
Elle écrit actuellement un essai poétique sur notre rapport au vivant en observant le lien qui nous unit à cet oiseau mal aimé qu’est le goéland.
Artiste interdisciplinaire, écrivaine et agricultrice, Joan Sullivan collabore avec des musiciens, des poètes et des scientifiques pour offrir la voix aux non-humains comme le fleuve Saint-Laurent, la forêt boréale ou le phytoplancton.
Ses textes et récits visuels ont été publiés dans les revues Vie des arts et Le crachoir de Flaubert au Québec ainsi que dans le réseau international en ligne ClimateCultures, en Angleterre.
Ito Laïla a établi son atelier de verre et sculpture en 2015 au Bas-Saint-Laurent. Sa pratique artistique passe par l’exploration des territoires sauvages et de leurs ressources matérielles et immatérielles.
À ce jour, elle a réalisé une vingtaine d’expositions individuelles entre les murs de musées, galeries et centres d’artistes en art actuel au Québec, ailleurs au Canada en France et en Norvège, en plus d’avoir remporté de nombreux prix et bourses.
Depuis 2002, Culture Bas-Saint-Laurent organise la cérémonie de remise du Prix du CALQ – Artiste de l’année dans la région.
Ce prix vise à̀ reconnaître un artiste ou un écrivain qui se démarque par le dynamisme de son parcours et l’excellence de ses réalisations récentes.
Assorti d’un montant de 15 000 $, il reflète la volonté du CALQ d’offrir un soutien à la carrière de ceux qui contribuent de manière exceptionnelle à la vitalité́ culturelle de leur région, par leur travail et leur talent.
Cette distinction s’accompagne également d’une campagne publicitaire déployée par le CALQ dans les éditions papier et numérique du Devoir au lendemain de la remise du prix.
De plus, Culture Bas-Saint-Laurent offrira à la personne lauréate une œuvre originale de l’artiste visuelle Fernande Forest.



Le Salon du livre de Rimouski accueillera 250 auteurs lors de sa 61e édition, du 5 au 8 novembre, au Centre de congrès de l’Hôtel Rimouski.
L’écrivaine Roxanne Bouchard agira comme présidente d’honneur. Enseignante en littérature au Cégep de Joliette, elle a publié huit romans.
Sa série Moralès a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Ancres Noires 2025 du meilleur roman policier, le Prix Mystère de la Critique 2024 du meilleur roman francophone et le Prix des lecteurs Quais du Polar en 2023.
Le journaliste et auteur Réjean Tremblay figurera parmi les invités d’honneur pour présenter son livre autobiographique, Avant que j’oublie.
Il y retrace les coulisses de sa longue carrière médiatique, notamment sa couverture des activités du Canadien, des Expos et des Jeux olympiques, ainsi que la création de ses nombreuses séries télévisées, dont Lance et compte.
Le Salon recevra également Ghislain Tachereau. Écrivain, comédien et narrateur, l’ancien membre du groupe humoristique Les Bleu Poudre a publié L’Amour du sexe, un roman dont le personnage principal rêve de devenir acteur porno.
Présent sur la scène culturelle québécoise depuis 40 ans, Tristan Demers sera aussi de passage à Rimouski.
Il a récemment lancé Un dîner avec les Pierrafeu : La petite histoire d’une adaptation québécoise, qui revient sur le premier dessin animé doublé par des comédiens québécois et truffé de savoureuses références d’ici.
La Rimouskoise Marie-Hélène Voyer, les romancières Amélie Dubois et Yara El-Ghadban ainsi que le journaliste et animateur Alain Crevier seront également de la programmation.


Tom Cruise’s latest film could lose $250m (£190m) – could one reason be that audiences are tired of Hollywood telling them what they already know about the super-rich?
It seems as if nobody can decide who should shoulder most of the blame for the recent box office flop of Digger.
Was it the ousted Warner Bros film executives Mike De Luca and Pam Abdy, whose love of big-budget auteur cinema usually came with a hefty price tag? Or was it the marketing team, who were responsible for hiding the movie’s biggest swing from all trailers, ensuring many viewers would be left alienated from its early meta-reveal onwards?
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© Photograph: Keizo Mori/UPI/Shutterstock

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The once heroic boxer showcases a frankness in this compelling new series but also an unwillingness to take accountability for his darkest moments
Mike Tyson never envisioned old age. And yet here he still is, having outlived his parents, Brooklynites of ill repute who died when he was a teenager, and the Brownsville tough guys who teased him for being scrawny and having a lisp. Here he is after doing hard time for rape in his prime, winning and losing great fortunes and battling addiction to drink, drugs and fame. Here he still is, 60 years old and a grandfather now, mixing it up with Jake Paul in the ring, opening up to manosphere-adjacent podcasters, bobbing into an impromptu White House press briefing – Māori face-tattoo unmistakably in the frame – while on a DC visit to buck up his old pal as his party faces a bleak midterm forecast. “I don’t have to exist,” the champ says in Tyson, the latest four-part vanity project on his turbulent life and times. “Some reason, something allowed me to exist.”
In his heyday, Tyson was a mesmerizing sporting event unto himself – the ruthless knockout machine who struck fear into opponents at first sight, felled them in seconds and looked back on the carnage with cool nonchalance. His darkest episodes – the combustive relationship with actor Robin Givens, the six-year prison sentence for rape, biting off Evander Holyfield’s ear – only deepened the public fascination with him, adding to the lore of boxing’s baddest man. In the winter of his life, Tyson’s self-reflection, so deep it tips into self-parody, is the enthralling spectacle now. And if generations of Black comedians have proved anything, it’s that the appetite for Mike Tyson impersonations is inexhaustible.
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© Photograph: Netflix

© Photograph: Netflix

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Le groupe rétro rimouskois Les Années Jukebox invite le public à deux spectacles festifs les 7 et 8 novembre au Vieux Théâtre de Saint-Fabien. Les représentations seront différentes et les dix artistes proposeront des nouveautés aux spectateurs.
La première soirée en sera une dansante avec le spectacle Entrez dans la danse. Les amateurs de musique des années 50 à 70 pourront donc se laisser transporter par l’ambiance.
« Nous allons aussi faire des clins d’œil aux années 80. Il y aura des rock and roll. La nouvelle salle du Vieux Théâtre nous donne l’opportunité d’enlever les sièges et de faire une soirée dansante. Il y aura quelques sièges au balcon pour les gens qui voudraient s’asseoir. Nous allons pouvoir dire les danses pour ceux qui veulent danser. Ce sera très festif et un feu roulant avec de la mise en scène », mentionne l’une des chanteuses et interprètes du groupe, Anybel Roussy.
Cette dernière précise qu’une touche humoristique a été ajoutée par la metteuse en scène, Marylène Thériault.
Le spectacle du dimanche 8 novembre, quant à lui, sera offert avec des places assises. En termes de chansons, la moitié de la représentation sera différente de celle de la journée précédente alors que la mise en scène sera complètement modifiée, tout comme les costumes.

« C’est en après-midi, donc c’est intéressant si des enfants veulent venir. Ça s’appelle Souvenirs retrouvés et il va y avoir beaucoup de mise en scène et de changements de costumes. Ce sera un récapitulatif des meilleurs moments vécus dans les années passées. Il va aussi y avoir des invités surprises ainsi qu’une belle touche humoristique. Ce sera très intéressant comme spectacle », indique madame Roussy.
La chanteuse précise que plusieurs nouveautés seront offertes aux spectateurs, autant francophones qu’anglophones.
Composé de cinq chanteurs et de cinq musiciens de Rimouski, de Saint-Fabien et de Saint-Eugène-de-Ladrière, le groupe Les Années Jukebox connaît un bel engouement en ce moment avec plusieurs projets. Toutefois, il doit composer avec des défis.
« Ce n’est pas facile de fouler les salles de spectacle avec la crise économique que nous vivons. Tout le monde est dans le même bateau. Nous ne chargeons pas cher, mais nous sommes quand même 10 membres dans le groupe. Pour les spectacles de Saint-Fabien, les billets sont à 30 $ par personne pour que ça demeure accessible à tous », affirme Anybel Roussy.
L’artiste est membre du groupe depuis 13 ans et elle y trouve toujours un grand plaisir.
« Pour moi, c’est un terrain de jeu incroyable. Je ne suis pas juste une chanteuse, je suis aussi une interprète. J’adore que Marylène fasse de la mise en scène parce que je m’amuse beaucoup. Nous avons un beau groupe dynamique qui prend des décisions tous ensemble. Je crois que les gens aiment nous voir en spectacle grâce au plaisir que nous avons de partager notre talent en nous amusant. »
Le groupe Les Années Jukebox sera en Beauce à la fin novembre et à Rivière-du-Loup en décembre en plus d’événements corporatifs pour le temps des Fêtes. Les informations sont disponibles sur la page Facebook de la formation.
Pour les représentations à Saint-Fabien, le 7 novembre à 20 h et le 8 novembre à 14 h, les billets sont en vente sur lepointdevente.com ainsi qu’au dépanneur Ultramar de Saint-Fabien. Le groupe est à la recherche d’un point de vente dans une entreprise à Rimouski.


L’auteure rimouskoise Marie-Jeanne Rioux participe au collectif de l’avent Les imprévus de Noël. Chaque jour de décembre, les lecteurs pourront découvrir 12 romances divisées en 25 chapitres pour patienter jusqu’à Noël.
À la suite du grand succès du calendrier littéraire de l’avent, Les anges de Noël, l’an dernier, 12 auteures québécoises reviennent avec une nouvelle proposition pour le prochain temps des Fêtes.
« Ce n’est pas une suite des histoires qui ont été racontées dans Les anges de Noël, mais c’est dans le même principe », explique Marie-Jeanne Rioux.
Avec ses collègues, elle entraîne les lecteurs au cœur du domaine du Mont-des-Cèdres, un petit centre de villégiature fictif situé dans la forêt des Laurentides.
« Ce sont 12 histoires différentes qui suivent des couples différents. Chaque couple vit son histoire dans le domaine, mais ça se passe en même temps. Une panne d’électricité survient au domaine à cause du verglas et c’est l’imprévu de Noël. Les gens doivent se rassembler et des histoires d’amour vont naître », indique l’auteure.
L’histoire de Marie-Jeanne Rioux, qui sera découverte les 7 et 8 décembre, est celle de James, le responsable des sorties de traîneau à chiens. Il a son chenil sur le domaine, dont le propriétaire est son oncle.
« C’est son cousin qui s’occupe du domaine pendant quelques semaines. Il rencontre un client qui s’appelle Clément et qui a un passé compliqué. Il s’en allait au domaine du Mont-des-Cèdres pour relaxer et faire la paix avec la rupture qu’il vient de vivre. Il rencontre James de manière rocambolesque et ils vont devoir cohabiter en apprenant à se connaître. »

Mené par Suzanne Roy, le projet rassemble les auteures Marilou Addison, Geneviève Boucher, Valérie Dionne, Marjorie D. Lafond, Chloé Duval, Geneviève Guilbault, Crystel Jobin-Gagnon, Claudia Lupien, Sandrine Pépin et Marie Potvin en plus de Marie-Jeanne Rioux qui est la seule bas-laurentienne.
« C’est comme un projet bonbon parce que ce n’est jamais très long à écrire, mais ça reste toujours plaisant. Le groupe est le fun et ce sont toutes des personnes avec qui j’ai aimé collaborer. Au Salon du livre de Montréal, nous allons toutes nous voir et les lecteurs vont pouvoir nous rencontrer », dit-elle.
L’auteure ajoute que l’objectif de ce roman est d’apporter du réconfort et d’amener les lecteurs dans l’ambiance du temps des Fêtes.
« Ça permet d’attendre Noël d’une façon différente qu’avec les calendriers de l’avent avec les chocolats. Les anges de Noël ont eu un gros succès l’an passé. Je pense que les gens l’attendent cette année. C’est un recueil qui va faire du bien, c’est juste du beau. Il y a aussi un côté comique cette année, sans enlever le côté mignon et réconfortant. C’est beau cadeau différent à offrir. »
Les imprévus de Noël est en vente depuis le 16 septembre dans les librairies. Marie-Jeanne Rioux participera au Salon du livre de Rimouski en novembre. Elle travaille présentement sur le troisième tome de la trilogie Les sabliers, dont la sortie est prévue au début 2027.


La Rimouskoise Léa Charest fait partie de la quatrième saison de l’émission MasterChef Québec présentement diffusée sur les ondes de TVA. La cuisinière amatrice vit une expérience marquante qui lui permet de réaliser un rêve.
« C’est extraordinaire ! C’est quelque chose que je n’ai jamais vécu dans ma vie. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de faire quelque chose comme ça. Quand on se donne la peine et qu’on fonce, on est capable de réaliser des rêves », s’exprime-t-elle.
Léa Charest s’était inscrite pour la deuxième saison de l’émission. Rendue à l’étape de l’audition, elle a décliné.
« J’ai eu peur. Je venais d’accoucher de mon deuxième bébé, donc je n’y suis pas allée. Ils m’ont rappelé l’année suivante et j’ai encore dit non. À Noël, en jasant avec mes proches, je me suis dit que c’était le moment ou jamais. J’ai été faire les auditions à Montréal et ils m’ont rappelé pour me dire que je faisais partie des 20 candidats. »
La mère de deux jeunes enfants doit se rendre à Montréal toutes les semaines pour les tournages en plus de travailler comme représentante dans le domaine de l’alimentation.

« J’ai un conjoint extraordinaire qui a embarqué dans ce rêve-là à 150 %. C’est un projet à deux que nous vivons ensemble », dit-elle.
Originaire de Trois-Rivières, la femme de 32 ans s’est amenée au Bas-Saint-Laurent il y a huit ans pour le travail. Elle représente avec fierté sa région d’adoption à MasterChef Québec.
« Jusqu’à maintenant, les gens me disent que je suis la même personne à la télé qu’en personne. Je suis vraiment contente de ça. Je suis la même personne un peu fofolle, travaillante et qui fait les choses à fond. Je me reconnais », affirme-t-elle.
Léa Charest avait 12 ans lorsqu’elle a commencé à cuisiner avec sa mère. Quelques années plus tard, elle a commencé à travailler dans une résidence pour aînés.
« Je faisais la vaisselle et je servais, mais je trouvais que les cuisiniers avaient l’air heureux et c’était juste du positif. Ça me donnait encore plus le goût de cuisiner et j’écoutais plusieurs émissions de cuisine. L’intérêt s’est poursuivi à l’âge adulte. Chez nous, la cuisine est à moi. »

La cuisinière aime particulièrement travailler avec les fruits de mer. Elle se dit fière ambassadrice de la région et de ses produits.
« J’aime cuisiner tout ce qui est en fraîcheur, crudo, ceviche, carpaccio. J’adore la viande et les produits de la mer. »
Pendant les tournages, la Rimouskoise fait face à certains défis, dont le fait de composer avec le temps accordé pour la réalisation des plats et de s’adapter à de nouveaux outils de cuisine qu’elle ne connaissait pas.
« Être loin de ma famille a aussi été difficile. Plusieurs candidats revenaient chez eux le soir alors que j’allais à l’hôtel sans voir mes enfants. Depuis le début de l’émission, mon principal défi a été les pâtisseries. Je n’en fais pas beaucoup à la maison. J’ai dû faire une tartelette alors que c’était la première fois de ma vie que j’en faisais une. J’avais la recette en tête parce que j’avais fait mes devoirs. »
Léa Charest se préparait depuis quelques années à participer à l’émission. « Je l’avais toujours en tête depuis trois ans lorsque j’avais refusé pour la deuxième saison. J’essayais des choses. Quand j’ai eu la confirmation pour cette année, j’ai eu seulement quelques jours pour me préparer, mais j’étudiais à fond et le soir j’étudie en arrivant à l’hôtel pendant les tournages. »
MasterChef Québec est présenté du lundi au mercredi, à 19 h 30, ainsi que les dimanches, à 20 h 30.


Après avoir été acclamé au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en novembre 2024, le spectacle Neige sur Abidjan débute sa tournée au Québec et s’arrêtera au Théâtre du Bic, le mardi 20 octobre.
Ce récit autobiographique raconté et interprété par le comédien Iannicko N’Doua relate le voyage qu’il a fait en Côte d’Ivoire, en 2008, pour retrouver son père qu’il n’avait pas vu depuis 20 ans.
Avec la présence sur scène du comédien malien Hamadoun Kassogué, cette pièce de théâtre aborde les thèmes de la filiation, de l’héritage et de la recherche d’identité à travers la mise en scène de Marc Beaupré.
Entre Sainte-Thérèse au Québec et Abidjan en Côte d’Ivoire, c’est le choc. Comment alors effacer la distance, suspendre le jugement et oublier 20 ans d’absence? Le spectacle tisse ici une histoire autobiographique où s’entrelacent souvenirs, correspondances et fragments d’archives.
Pour acheter vos billets ou en savoir plus sur la programmation, consultez le site Internet du Théâtre du Bic.
Le Théâtre du Bic offre la possibilité à ses spectateurs de poursuivre la conversation sur la pièce ou à toute autre personne intéressée par les thèmes abordés à participer à son Club de lecture.
Pour l’occasion, sa médiatrice, Florence Rainville-Desbiens, propose la lecture du roman Dans mon sang, de l’autrice Rebecca Makonnen, qui propose une autre perspective de la recherche de ses origines.
Pour plus de détails sur le Club de lecture du Théâtre du Bic, consultez son site web.



Plus de 400 artistes et professionnels convergeront vers la 35e Rencontre d’automne du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), qui se tiendra du 13 au 16 octobre, à Rimouski. L’événement se veut l’un des grands points de rencontre des arts de la scène au Québec.
Pendant quatre jours, plus de 50 nouvelles propositions artistiques seront mises en lumière en chanson, musique, théâtre, danse, cirque, humour et art de la parole.
La Rencontre d’automne permet chaque année aux diffuseurs de prendre le pouls de la création actuelle, et d’imaginer les programmations de demain.
Plusieurs de ces découvertes seront également accessibles au grand public lors de trois soirées de vitrines présentées les 13, 14 et 15 octobre à la Salle Desjardins.
Pendant la Rencontre d’automne, une vitrine donne 20 minutes à un artiste ou à une compagnie pour ouvrir une porte sur son univers.
Pour le public, c’est une occasion assez unique de découvrir, au cours d’une même soirée, des propositions provenant de disciplines, d’esthétiques et d’horizons complètement différents.
Le mardi 13 octobre, une soirée exceptionnellement composée de cinq vitrines donnera le coup d’envoi.
Zeugma Danse fera résonner la danse percussive avec Rapaillé, avant que le pianiste néoclassique Thelonious Garcia entraîne les spectateurs dans sa Marche nocturne.
Alexandre Désilets présentera Déplacer les montagnes, Razalaz fera bifurquer la soirée vers son jazz éclaté avec Jungle givrée, puis l’auteur-compositeur-interprète mi’kmaq du Cap-Breton, Morgan Toney, viendra clore le programme avec Heal the Divide, à la rencontre du folk et des traditions musicales autochtones.
Le mercredi 14 octobre, les mots, la chanson et le groove prendront le relais. Le Théâtre de l’Opsis présentera Nomme-Moé, suivi de Mathieu Barrette et les Saint-Thomas avec La dernière histoire de toute ma vie.
La Gaspésienne Luan Larobina, lauréate des Francouvertes 2026, fera ensuite découvrir son univers avant de céder la scène à Comment debord, qui présentera son nouvel opus Des fois danser.
Enfin, le jeudi 15 octobre, place au cirque, à la chanson, et à une rencontre musicale sans frontières. La compagnie L’Autre animal ouvrira la soirée avec Des fleurs dans les bottes. Maude Audet présentera des pièces de Que ta lumière, puis Jeanne Côté nous entraînera sur Nos routes pleines de branches.

La Rencontre se terminera à la Salle Desjardins avec Laurent Perrault-Jolicœur et Zal Sissokho, et leur projet Racines nourri par la rencontre des traditions mandingues et du jazz.
Parce que les découvertes artistiques ne s’arrêtent pas lorsque tombe la nuit, le ROSEQ renouvelle pour une quatrième année sa collaboration avec Le Phoque OFF pour présenter ses vitrines de fin de soirée au cabaret culturel Les Bains publics.
Les 13, 14 et 15 octobre, neuf artistes prendront le relais dans l’atmosphère intimiste des Bains publics : Puits sans fond, Roxanne Izzo, Klaus, Piala, Édouard Tremblay-Grenier, Douance, Charlie Rivard, Le Belladone, ainsi que Q052.
Cette collaboration avec Le Phoque OFF permet au ROSEQ d’ouvrir une autre fenêtre sur la création musicale actuelle, avec des propositions audacieuses et émergentes.
Le vendredi 16 octobre, l’équipe du ROSEQ conviera les participants pour une activité de clôture consacrée à la reconnaissance de ceux qui contribuent à la vitalité et à la circulation des arts de la scène.
Plusieurs artistes se verront remettre, grâce aux partenaires du ROSEQ, des bourses, des invitations, et différentes occasions professionnelles visant à soutenir la suite de leur parcours.
Des Prix ROSEQ seront également décernés à des diffuseurs et à des professionnels du milieu afin de souligner des initiatives et des contributions remarquables.
Les lauréats recevront cette année une œuvre originale de Pierre Durette, artiste en arts visuels et sculpteur originaire du Bas-Saint-Laurent.
La clôture permettra également de découvrir la quatrième cohorte des Flambettes, projet du ROSEQ consacré à l’accompagnement, à l’audace, et au développement de la relève artistique.
Les billets pour assister aux vitrines de la Salle Desjardins sont en vente à la billetterie de Spect’Art Rimouski au 25, rue Saint-Germain Ouest, au 418 724-0800, ou en ligne. Il sera également possible de se procurer des billets à la porte avant les spectacles.


A Russian missile attack on Kyiv overnight on 7 October destroyed warehouse premises in the Podil district and badly damaged a book warehouse of Ukrainian publishing house Knyholav, the publisher said. Tens of thousands of books were lost, but no staff were hurt. It was the second time this year that Russia has destroyed Knyholav's stock.
Russia has destroyed Ukrainian books since the start of its invasion, seizing them from libraries in occupied areas and burning them in boiler houses. Since spring, it has also been aiming missiles and drones at the industry that makes them—printing houses, publishers' warehouses, and bookshops—destroying books by the millions. Each strike takes out not only stock but the reprints, new titles, and textbooks Ukrainian readers were waiting for, at a time when publishing in Ukrainian is part of how the country holds onto its identity.
The publisher can't yet say how many books were destroyed or can no longer be saved, it said, but tens of thousands were lost. The final count will be possible only once staff get full access to the warehouse and check the state of every book.
The losses include new titles Knyholav received over the past two months. They also include reprints of books Russia had destroyed in July at its previous warehouse. Knyholav had moved its rebuilt stock to this new warehouse after a Russian strike on 19 July destroyed its previous one outside Kyiv, along with about 250,000 books.
"This is a tangible blow for us. These are books we created, printed, and prepared for you," the publisher wrote. "But despite everything, we are holding on!"
The strike hit Kyiv's Podilskyi district, where a Russian attack caused a fire and the partial collapse of the floors of an office and warehouse building, Kyiv Mayor Vitali Klitschko said. The same overnight attack killed people in Pryluky, Kyiv, Kremenchuk, and Oleksandriia.
Russia's attacks destroyed more than 1.5 million books in July alone, Culture Minister Tetiana Berezhna said. On 1 August, a strike on the logistics center of publisher Ranok and the distribution center of the KnyhoLand bookshop chain in Kharkiv destroyed 8 million books, including 628,000 new school textbooks. Over three months, Russia burned about 13 million Ukrainian books, nearly a third of everything the country printed in 2025. In August, Russian missiles also hit Kyiv's largest book market.


Pour sa 30e présentation, le Rendez-vous des Grandes Gueules de Trois-Pistoles proposera 41 spectacles en neuf jours, du 3 au 11 octobre.
Une cinquantaine d’artistes de la parole de la francophonie prendront d’assaut les petites et grandes scènes du Bas-Saint-Laurent. Le cœur du festival demeure la Forge à Bérubé à Trois-Pistoles.
L’événement s’épivardera dans 21 lieux du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches.
« Le festival a 30 ans, c’est incroyable! Depuis maintenant trois décennies, les Compagnons de la mise en valeur du patrimoine vivant de Trois-Pistoles font vibrer l’automne au rythme des mots et des histoires avec son incontournable Rendez-vous des Grandes Gueules », mentionne le fondateur de l’événement et maire de Trois-Pistoles, Maurice Vaney.
La Forge à Bérubé accueillera 15 spectacles publics au cours de ces neuf jours. Le Rendez-vous des Grandes Gueules y débutera ce samedi 3 octobre avec le spectacle Radio-Compost de David Marin, mais avec aussi un spectacle familial d’Ariane Labonté à la Bibliothèque Anne-Marie-D’Amours, et les visites animées de l’église de Trois-Pistoles.

Ces dernières auront lieu également le dimanche 4 octobre, et la Forge recevra L’épopée migratoire, une proposition musicale rassembleuse qui aborde les récits d’immigration, les chants et musiques des musiciens, et le tout nouveau spectacle d’Elise Argouarc’h et de Michel Faubert, Ailleurs que nous.
Le jeudi est dorénavant le rendez-vous de la poésie au sein de ce festival de contes, et une carte blanche a été donnée à Stéphanie Pelletier le 8 octobre en soirée, alors qu’elle proposera une soirée de Sortilèges et incantations.
Puis, la Forge à Bérubé accueille les traditionnelles Veillée de la francophonie, le vendredi, et la Grande veillée du conte, le samedi.
Les spectacles solos ou duos de conte, permettant au public de découvrir en profondeur l’univers d’un artiste, prendront place dans l’intimité de la Forge le samedi 10 et dimanche 11 octobre en après-midi, avec les artistes Arleen Thibault et Robin Servant, Rachid Bouali pour la troisième partie du triptyque, Michèle Nguyen et Pascal Guéran.
Pour le spectacle de clôture, une folie de programmation, une soirée Grands crus : vieillis 30 ans avec Joséphine Bacon, Jocelyn Bérubé, Mike Burns, Claudette L’Heureux et Joujou Turenne, accompagnés en musique avec le trio jazz de Carl Mayotte.
Le lancement de livre-balado de Planète rebelle, celui d’un livre pour enfant, une grande rencontre avec Joséphine Bacon, deux formations ainsi qu’un atelier de mise en récit de son parcours d’immigration, dont le résultat sera présenté en après-midi le dimanche à la Maison du Notaire lors des Grands et petits récits font partie des autres activités du Cœur du festival.
Une randonnée contée dans la forêt de Luc Malenfant à Saint-Mathieu-de-Rioux transportera les enthousiastes dans l’univers de Myriam Pellicane. Un off, dit le MoFF, se tiendra le samedi en fin d’après-midi sur le Chemin de la Côte-du-Bic à quelques lieues de la Forge. Évidemment, l’incomparable Concours national de la plus grande menterie aura lieu, comme toujours, le dernier dimanche du festival à la Forge à Bérubé.
Et bien sûr, le Café des Grandes Gueules reprendra du service pour accueillir, nourrir et abreuver les artistes, les bénévoles et le public dès le mercredi au rez-de-chaussée de l’Auberge du Cheval noir.
L’ensemble de la programmation, les tarifs ainsi que les portraits des conteuses et conteurs invités seront disponibles en ligne au rendezvousdesgrandesgueules.com.


Spect’Art Rimouski annonce la présentation de neuf nouveaux spectacles à la Salle Desjardins pour sa saison hiver-printemps 2027. Les billets seront mis en vente le jeudi 8 octobre.
Génération MusiquePlus – 86-96 sera offert le 2 avril. Pour célébrer ses 40 ans, le phénomène télévisuel MusiquePlus est de retour, mais sur scène.
Le spectacle propose les meilleurs hits, vidéoclips, entrevues et anecdotes de cette décennie. La soirée sera animée par les VJs vedettes Geneviève Borne et Paul Sarrasin. Les plus grands succès de l’époque seront livrés par Rafaëlle Roy et Jonas Tomalty accompagnés de musiciens.
Patrick Groulx (20 mars) avec son 5e spectacle solo Trop longtemps seul et Michel Barrette (3 avril) avec son spectacle Drôle depuis 1957 seront les humoristes à monter sur scène.
Du côté musical, Marc Déry (19 février) présentera J’aime ça quand t’es là, Mélissa Bédard (12 mars) fera découvrir son nouveau spectacle et Philippe B (5 mars) s’amènera à Rimouski avec Cigale.
Le projet musical Nikamu Mamuitun 2 (26 février) sera sur scène avec Mamowi / Ensemble. La rencontre et la créativité entre artistes autochtones et allochtones seront célébrées.
Après une première proposition, une nouvelle cohorte s’apprête à aller à la rencontre du public sous la direction musicale d’Ivan Boivin-Flamand (Atikamekw, Manawan) et la direction artistique de Guillaume Arsenault.
Natasha Kanapé (11 mars) dévoilera son nouveau spectacle de poésie et de musique Nikan – Dans Cent Ans alors que le quintet de maloya évolutif Grèn Sémé (13 mars) présentera Maloya Gazé.
La mise en vente pour ces spectacles commencera le jeudi 8 octobre, à midi, en ligne au spectart.com, par téléphone au 418 724-0800 ou directement aux guichets de la billetterie.



Avec son premier roman Enfances effacées publié récemment, la Rimouskoise Diane Sirois relate le parcours d’une femme marquée par une enfance pendant laquelle la peur, l’abandon et le silence ont laissé des traces.
Lorsqu’elle est devenue mère, madame Sirois a voulu ressortir des souvenirs bien enfouis pour éviter de reproduire ce qu’elle a vécu.
« Ça faisait plusieurs années que je pensais publier ce livre. J’avais déjà commencé à écrire des petits textes sur lesquels je suis tombée en octobre dernier. Je me suis relue et j’ai décidé de m’y remettre », mentionne-t-elle.
L’auteure aborde la confiance et les liens familiaux difficiles dans son roman. Elle a voulu lancer un message d’espoir à travers son histoire et le cheminement qu’elle a fait depuis son enfance.

« Je me suis inspirée de certains fragments de mon histoire. C’est le parcours d’une femme qui a été marqué par ce qu’elle a vécu. Ce sont les souvenirs d’une enfant de 8 à 12 ans. J’ai romancé pour transformer certaines petites choses afin de préserver l’intimité des autres personnes concernées. »
Diane Sirois souhaite que son histoire inspire les lecteurs et qu’elle amène à les faire réfléchir. La femme de 50 ans a voulu démontrer que la guérison, la transmission et la force de transformer la douleur en amour sont envisageables pour tous.
« C’est un livre qui laisse avec des questionnements, mais qui a été comme une thérapie pour moi. Quand on met nos souvenirs sur papier, ça porte à réfléchir et ça libère les souvenirs enfouis. C’est un travail sur soi-même. Ça a été libérateur et en même temps c’est venu avec une crainte parce que je m’expose et je m’ouvre sur cette partie de ma vie. Je me suis mise à nue », dit-elle.
Depuis la sortie de son ouvrage, il y a quelques semaines, l’auteure constate un grand engouement.
« J’ai été surprise par la demande. C’est une belle fierté pour moi. Ceux qui ont lu mon livre jusqu’à maintenant m’ont tous fait de bons commentaires. Ils trouvent ça émouvant. Je suis contente d’avoir réussi à les captiver du début à la fin. »
Enfances effacées est publié à compte d’auteur. Les personnes qui veulent se le procurer peuvent communiquer directement avec Diane Sirois sur sa page Facebook pour réserver une copie. Il sera en vente à la librairie L’Alphabet au début du mois d’octobre.
L’achat de livres et l’accès à des sorties éducatives culturelles scolaires ont été sujets à des remises en question répétées au fil des budgets partisans, des déclarations et des moyens de pression syndicaux. Pourtant, la culture et les livres sont primordiaux. Voici le survol d’une trentaine d’années qui ont fait et défait le rapport aux livres et à la culture dans le monde scolaire.
À la fin des années 1990, les compressions budgétaires sous les gouvernements Bouchard et Landry forcent la réorganisation des services dans les commissions scolaires. La réduction, la fusion ou la suppression de postes d’enseignants spécialistes en musique et en arts plastiques se multiplient.
Après une accalmie toute relative de quelques années, Couillard et son ministre Coiteux, de 2014 à 2016, réduisent directement les budgets consacrés aux activités culturelles et aux sorties éducatives sans hésiter. Parallèlement, des syndicats (FAE, FSE-CSQ) suspendent les activités « non prioritaires » dans les écoles. Conséquemment, de nombreuses représentations théâtrales et visites de musées seront annulées ou reportées partout au Québec, en raison tant des coupes budgétaires que des moyens de pression.
De 2023 à 2024, les grèves de la FAE et du Front commun provoquent la suspension des sorties éducatives dans plusieurs établissements causant rapidement d’importantes pertes financières pour les organismes culturels.
À la fin 2025, le gouvernement de la CAQ annonce son intention de couper le financement de l’accès à la culture. Il y renoncera toutefois temporairement en mars 2026 sous la pression des organismes culturels et syndicaux. Néanmoins, en mai 2026, le regroupement des mesures budgétaires finançant l’éducation retire la protection spécifique accordée aux programmes La culture à l’école et Sorties scolaires en milieu culturel. Les sommes autrefois réservées sont dorénavant à la discrétion des milieux scolaires.
Ce n’est pas plus rose du côté des livres…
Entre 1996 et 1998, faute de directives protégeant les bibliothèques scolaires lors de la recherche du déficit zéro, ces dernières deviennent des soupapes d’ajustement locales pour équilibrer les budgets via le renouvellement ou non des collections.
Quelques années plus tard dans la foulée de compressions de 150 millions de dollars, le ministère de l’Éducation lève en 2014 l’obligation minimale d’investir 7 $ par élève dans l’achat de nouveaux livres. Le ministre Yves Bolduc (du gouvernement Couillard) justifie ce recul en affirmant que les bibliothèques sont déjà « bien garnies ».
À l’été 2025, Bernard Drainville prend une décision qui entraîne une chute documentée de 11,9 % des achats de livres par les écoles et les bibliothèques.
Puis en 2026, la ministre Sonia LeBel annonce une réforme des règles budgétaires des centres de services scolaires. La mesure d’acquisition d’œuvres littéraires et documentaires perd son statut protégé : plus aucune obligation légale ne force désormais les centres de services scolaires à consacrer des sommes précises à l’achat de livres.
Mais pourquoi donc?
Cette démonstration montre bien combien culture et livres deviennent rapidement les premières victimes des arbitrages budgétaires, localement et nationalement.
Une telle succession de décisions soulève une question plus fondamentale : qu’est-ce que l’on retire réellement aux enfants lorsqu’on réduit leur accès aux livres et aux arts?
Fondamentalement, les livres et les arts permettent à l’humain, et au premier chef aux enfants et aux enseignants, de renouveler la vision qu’ils ont de leur monde. Ils provoquent le dépaysement ou la « défamiliarisation ». La vie quotidienne émousse nos sens par l’habitude. L’art brise cet automatisme perceptif pour nous faire ressentir les choses au lieu de simplement les reconnaître machinalement par une sorte d’habituation. L’écrivain Chklovski a inventé la notion d’ostranénie pour désigner le processus qui repousse cet émoussement. « L’art rend les objets étranges, il rend la pierre pierreuse et restaure la sensation de vivre contre l’automatisation perceptive ». Il faut de l’art, dira-t-il, autrement le monde disparaît à nos yeux tellement notre cerveau se met en mode automatique et insensible.
Alors je pose la question : pourquoi prendre des décisions budgétaires qui privent les enfants de l’ostranénie émanant des arts et de la culture? Pourquoi permettre que petit à petit ils deviennent étrangers à leur monde, apathiques parce qu’habitués?
Sir Ken Robinson, anglais reconnu mondialement pour ses propos et sa sagacité à propos de l’éducation, est devenu célèbre à l’échelle mondiale grâce à sa conférence TED de 2006, « Do schools kill creativity? ». Sa réponse était claire : l’école tue la créativité. Pour lui, la solution passe par du temps obligatoirement dédié aux arts (musique, théâtre, arts visuels) auxquels on accorderait le même statut que celui réservé aux maths ou au français, sans mettre ces activités en périphérie.
C’est tellement convenu comme solution qu’on oublie qu’elle relève de l’évidence même. Malheureusement la productivité, la compétitivité, la standardisation recherchées imprègnent notre monde.
Une société qui choisit d’économiser sur les livres et les arts ne devrait pas s’étonner ensuite de voir s’éroder graduellement la curiosité, l’imagination et la capacité de ses enfants à regarder le monde autrement. L’ostranénie n’est pas qu’un luxe culturel. Elle est peut-être l’une des conditions essentielles d’une société vivante.


Juliette de Rimouski et Engie d’Amqui font partie des huit nouveaux candidats qui intégreront prochainement les maisons de l’émission Occupation double Panama.
Les portraits des nouveaux célibataires ont été présentés à deux candidats déjà dans l’aventure, Emma et Enzo, lors de l’épisode de ce mardi 29 septembre. Ils risquent donc de faire leur entrée lors des épisodes des prochains jours.
Juliette est une entrepreneuse à la tête de sa propre compagnie de bijoux. Dans son profil, elle est décrite comme étant une personne qui n’attend pas que les choses arrivent.
« Derrière son côté confiant et son regard qui désarme les hommes se cache toutefois une grande romantique qui cherche l’homme de la situation, pas un simple flirt. Elle craque pour les hommes ambitieux, intelligents et passionnés. Très stratégique et compétitive, Juliette cherche à connecter, séduire », peut-on lire.
« J’ai le goût de trouver quelqu’un qui va faire 80 burpees avec moi ou même plus (…) J’aime quelqu’un qui va m’apprendre des choses que je ne connais pas. En toute humilité, je suis la meilleure blonde de la Terre. Ce qui fait tripper les gars, c’est mon regard, mes yeux », affirme-t-elle dans sa vidéo de présentation.
De son côté, la mannequin Engie est décrite comme étant une grande sportive, une charmeuse naturelle et un papillon social qui apporte de la vie partout où elle passe.
« Engie peut sembler discrète au premier regard, mais il suffit de quelques minutes pour découvrir une personnalité pétillante. Quand elle veut quelque chose, elle fait tout pour l’avoir. Sous son côté confiant, se cache une grande sensible qui donne beaucoup aux gens qu’elle aime », est-il indiqué dans son profil.
Après une longue relation, Engie dit avoir envie de rencontrer un homme qui saura être son partenaire, son plus grand allié et son meilleur ami avant tout. Elle aime les hommes travaillant qui ont de l’ambition.
« J’ai peut-être l’air d’une petite princesse, mais je n’ai pas peur de me salir les mains. Quand je descends dans mon coin, c’est chasse, pêche, quatre-roues, motoneige. J’ai fait plusieurs sports quand j’étais plus jeune et j’ai fait de la course automobile, donc je considère que je suis assez compétitive et je ne recule pas devant les défis », exprime-t-elle dans sa présentation.
L’émission Occupation double Panama, animée par Alicia Moffet et Fred Robichaud, est diffusée sur les ondes de Noovo et sur la plateforme Crave.



La Municipalité de Notre-Dame-des-Neiges a procédé, samedi après-midi (26 septembre), au dévoilement d’une sculpture en bronze et en granit en hommage à l’auteur et dramaturge Victor-Lévy Beaulieu, décédé en juillet 2025.
La sculpture a été conçue par l’artiste sculpteur Jules Lasalle, des Ateliers Attitude. Elle présente un livre avec un extrait du premier et du dernier livre écrit par VLB.
Une soixantaine de personnes ont assisté au dévoilement de l’œuvre, dont les candidates à l’élection provinciale du 5 octobre Ariane Boyer (PQ) et Amélie Dionne (CAQ).
L’implication de la députée sortante pour aider les initiateurs du projet a été soulignée par le directeur de la Municipalité de Notre-Dame-des-Neiges et ami de VLB, Dany Larrivée.
« Ça me fait chaud au cœur comme ami de VLB et représentant de la municipalité de vous voir ici pour rendre hommage à l’œuvre d’un homme, à son implication comme créateur, mais aussi comme incubateur de talents », relate monsieur Larrivée.
Il a rappelé comment Victor-Lévy Beaulieu a touché à tous les genres littéraires. Son œuvre est impressionnante avec 10 séries télé totalisant 447 épisodes, qui ont rejoint plus de 2 millions de téléspectateurs.

« Comme éditeur, il a fait découvrir 300 auteurs. Il a remporté une vingtaine de prix littéraires. Au total, il a publié 94 ouvrages. Il a malheureusement manqué de temps pour ses mémoires qu’ils projetaient d’écrire », indique Dany Larrivée.
Parmi les allocutions présentées avant le dévoilement du moment, notons celles du maire de Notre-Dame-des-Neiges, Charles Lavoie, le représentant du député bloquiste de Rimouski-Neigette-Matapédia-La Mitis-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, Paul Dumas et de deux amis intimes de VLB, les auteurs Christine Charlebois et Nicolas Falcimaigne. Ce dernier a été l’adjoint de VLB pendant une dizaine d’années.
« C’est une belle marque de reconnaissance pour un citoyen de Notre-Dame-des-Neiges qui a fait briller notre région », mentionne Charles Lavoie. « Nous rendons hommage à un homme qui a marqué notre culture. Il écrivait avec passion et conviction. On va se souvenir de son héritage », a affirmé Paul Dumas qui a lu un mot de Maxime Blanchette-Joncas.
« L’étendue de ses connaissances était immense. J’ai eu accès à l’homme devant la fatalité », souligne Christine Charlebois. « Il a toujours été entier et sans compromis », lance Nicolas Falcimaigne.
L’ex-maire de Notre-Dame-des-Neiges, Jean-Marie Dugas, a souligné le travail de Dany Larrivée dans la réalisation de ce projet.
La sculpture est située devant La Riveraine, ancienne église de Rivière-Trois-Pistoles.


Le quatrième Salon du livre mobile de La Mitis se tiendra le 8 octobre à Sainte-Angèle-de-Mérici et le 15 octobre à Saint-Donat-de-Rimouski. Ces deux soirées permettront de célébrer la culture en famille.
Organisé par COSMOSS La Mitis, l’événement vise à mettre la littérature régionale à l’honneur. Les participants pourront rencontrer des auteurs du Bas-Saint-Laurent.
Le poète et chroniqueur, Philippe Garon, l’illustrateur et bédéiste, VoRo, ainsi que les auteurs Jean-Dominic LeDuc, Catherine Roussel, Alyson Sirois, Pitre, Nicole Testa, Réjean Pigeon figurent parmi les invités.
« Réunir autant de plumes d’ici au même endroit, c’est une occasion rare. Le Salon du livre mobile, c’est
plus qu’un salon. C’est une fête du livre, un moment de rencontre et de transmission entre les auteurs et la population. On invite chaleureusement toute la communauté à inscrire ces dates à leur calendrier », affirme la co-coordonnatrice de COSMOSS La Mitis, Kariane Lavoie.
Chaque soirée se tiendra de 17 h à 19 h. Les salles communautaires seront transformées pour accueillir les visiteurs qui pourront, en plus de rencontrer les auteurs, prendre part à de nombreuses activités. Maquillage, coin lecture, casse-têtes familiaux, jeux de Lego, quiz « À go, on lit ! », librairie mobile L’Hibou-Coup et prêt de livres du Réseau BIBLIO sont au programme.
« Notre objectif est de créer un engouement autour de la lecture. C’est un événement convivial et rassembleur pour célébrer la culture et la littérature au cœur de nos villages », explique madame Lavoie.
Cette dernière souligne qu’en amenant les auteurs directement dans les villages, l’événement contribue à renforcer le lien entre la lecture et la vie communautaire.

« Au-delà des animations littéraires pendant la journée, le Salon du livre mobile rappelle l’importance de la littératie pour nos milieux. La capacité de lire, de comprendre et de communiquer est un levier essentiel pour la réussite éducative, la participation citoyenne et l’épanouissement collectif. »
L’an dernier, l’événement a attiré environ 400 personnes. Les organisateurs souhaitent rassembler un large public encore cette année.


Les mélomanes, collectionneurs et passionnés de musique auront droit à un premier marché du vinyle à Rimouski, prévu le 17 octobre à la Coopérative Paradis. Nommé la Bourse du disque, l’événement présenté gratuitement réunira 15 exposants, de 10 h à 16 h, qui offriront des milliers de vinyles aux amateurs de partout au Bas-Saint-Laurent.
Coordonnée conjointement par l’organisateur d’événements culturels et musicaux underground ANAR de Rimouski, l’entreprise de production et de diffusion Tour de bras et la Coopérative Paradis, la Bourse du disque souhaite devenir « un véritable terrain de fouilles », avec des classiques bien connus et des raretés convoitées, à des prix pour toutes les bourses.
« Un DJ animera la journée en musique, faisant tourner les découvertes entre deux passages dans les bacs. De l’animation ponctuera l’événement, un tirage récompensera les visiteurs et le disquaire Audition Musik sera sur place avec du matériel audio pour échanger sur ce volet, de quoi accompagner autant celui qui achète son premier 33 tours que celui qui peaufine son installation depuis vingt ans », indique Carl Desrosiers, du comité organisateur, dans un communiqué.
Puisque le disque vinyle fait un retour en force depuis quelques années, autant chez les collectionneurs qu’auprès d’un nouveau public, les trois organismes producteurs souhaitent offrir un lieu de rencontre et veulent faire de ce premier rendez-vous une tradition annuelle pour la communauté musicale de l’Est-du-Québec.



Après une première phase de collecte de dons estivale, le Théâtre du Bic entame la nouvelle étape de sa campagne de financement majeure.
Avec plus de 50 % de son objectif financier de 500 000 $ atteint et la confirmation d’une base de donateurs majeurs engagés, le théâtre invite maintenant la population à se joindre au mouvement en fournissant des dons selon ses moyens.
« Le Théâtre du Bic a le devoir, en tant que plus grand théâtre à l’est de Québec, d’assurer la pérennité de la relève artistique de la région. Notre campagne de même que la générosité de nos donateurs permettront d’assurer la réalisation de cette mission pour les années à venir », mentionne Florence Forest, présidente du conseil d’administration.
Sous la présidence d’honneur de Nathalie Babin, le comité de financement a déjà consolidé un montant considérable en vue de l’atteinte de l’objectif.
« Nous sommes heureux d’annoncer la contribution de neuf grands mécènes contribuant à la hauteur de 25 000 $ chacun. La générosité de ces mécènes est essentielle à la création de ce fonds et leur appui financier vient solidifier le souhait de la communauté de voir cette initiative à soutenir le milieu se réaliser. D’autres dons majeurs de 5 000 $ et plus ainsi que des contributions du public viennent s’ajouter au montant déjà récolté qui totalise 253 000 $ », précise Mme Babin.
Le théâtre espère que cette première vague encouragera d’autres dons majeurs à s’ajouter. On rappelle que tout premier don entre 5 000 $ et 25 000 $ fait à un organisme culturel comme le Théâtre du Bic est admissible à un crédit d’impôt de 50 %, auquel s’ajoute un crédit d’impôt supplémentaire de 25 % relié à l’initiative Premier don majeur en culture du gouvernement du Québec, totalisant donc un crédit de 75 %.

Un avantage fiscal qui s’ajoute au souhait de soutenir la cause de la jeunesse et des arts. Une reconnaissance perpétuelle entre les murs du théâtre, en échange de leur don considérable, est également accordée à ce groupe de mécènes.
« Ici, c’est la force du groupe qui compte. Participer à la campagne de dons majeurs du Théâtre du Bic, c’est bien plus qu’une contribution financière. C’est un geste concret et nécessaire pour le développement de la culture en région. C’est la garantie que demain, de grands textes continueront de résonner sur notre scène grâce à la relève que vous aurez propulsée », déclare Nathalie Babin.
En plus de pouvoir compter sur la mobilisation d’un comité de financement sensibilisé, le Théâtre du Bic confirme la participation de Steven Lee Potvin à titre de parrain d’honneur de la campagne.
Monsieur Potvin jouit d’une belle notoriété et mène une carrière de comédien enviable au théâtre et à la télévision.
Ayant grandi à Rimouski et foulé les planches du Théâtre du Bic dès sa sortie de l’école de théâtre, il est très apprécié de la communauté et incarne à merveille les objectifs de ce fonds, soit de permettre aux arts vivants et au lieu de créer un impact positif sur les jeunes de notre communauté et les artistes de la relève.

« Je trouvais ça particulièrement important de m’associer à la campagne de financement parce que pour moi, c’est un lieu nécessaire, particulièrement pour les jeunes de la région, parce que c’est un contact avec la culture, avec l’art dans tout ce qu’il a de plus vivant. C’est un contact avec l’intelligence des créateurs de notre région », affirme Steven Lee Potvin.
Chaque don fait avant la fin de l’année, qu’il soit petit ou grand, contribuera à cette campagne et s’ajoutera au montant du capital qui restera dans le fonds à perpétuité.
Les intérêts du fonds, géré par la Financière Banque Nationale, Groupe Conseil Khalil, serviront à financer des projets dédiés à la jeunesse et à la relève artistique.
Chaque donateur de cette campagne pourra y laisser sa trace, qui demeurera significative et durable. Les dons seront récoltés sur la plateforme de billetterie en ligne de l’organisation, par l’intermédiaire de codes QR placés dans le théâtre ou en communiquant directement avec notre équipe au 418 736-4141, poste 102.
Il est également possible de soumettre son nom comme bénévole pour aider les efforts de collecte de dons. L’évolution de la campagne sera visible sur notre site web et sur un thermomètre présent dans le théâtre jusqu’à la fin de l’année.

Dans un article du Monde Diplomatique de novembre 2011, le chercheur Frédéric Kaplan avait introduit la riche notion de « capitalisme linguistique ». Dans un petit livre pour Actes Sud, Dealers de mots, il revisite son concept à l’heure de l’IA générative pour souligner combien la fortune du capitalisme linguistique est plus totale qu’elle ne l’était quand Google inventait son Page rank, son algorithme de classement des résultats de recherche. Parier sur les mots a permis à Google de bâtir son empire et désormais bâtit ceux des producteurs d’IA. La langue est plus que jamais le pouvoir et certains l’accaparent au risque de nous en déposséder.
A l’heure où nous faisons nôtres les mots produits par des machines ou plutôt à l’heure où nous louons à d’autres nos capacités d’expression, l’usage de « prothèses linguistiques » nous exproprie toujours plus de notre propre parole. Tous nos discours ont été accaparés par quelques entreprises se forgeant un capital qu’elles n’ont plus qu’à nous revendre.
Dans son livre, le chercheur raconte l’évolution du capitalisme linguistique comme un roman, avec beaucoup de clarté, d’une manière très accessible. Une histoire que Google s’est longtemps accaparé, la firme transformant le classement des pages par les mots puis réinventant leur modèle économique par la publicité avec Adwords. « Tout ce qui peut être nommé peut donner lieu à une enchère ». Et l’immense capital accumulé par Google provient tout entier de ce marché : celui de la vente des mots. La somme des données linguistiques accumulées est devenue l’un des capitaux moteurs du capitalisme technologique. La plus value désormais consiste à découpler totalement la valeur économique des textes écrits du travail nécessaire pour les produire. C’est-à-dire de les réexploiter sans avoir à les payer : leur donner une nouvelle existence économique pour leur faire produire de nouvelles valeurs encore. Un capitalisme visant à exploiter la connaissance sous toutes ses formes, comme un raffinage nouveau d’une première extraction afin de produire non seulement de la connaissance mais plus encore des machines à connaissance. « Chaque année, Google gagne des centaines de milliards de dollars simplement en organisant la vente des mots à l’échelle planétaire » (493 millions de dollars par jour de chiffre d’affaires en 2020). Kaplan explique que le capital linguistique n’est rien d’autre que la somme des données linguistiques accumulées par un acteur. Ce capital résulte de l’extraction de textes existants et consiste à les accumuler pour les valoriser sous formes de services. Il consiste à capter, « idéalement sans les payer, ces écritures productives de valeur ». Ce nouveau territoire d’exploitation à l’avantage d’être peu balisé et peu réglementé, hormis par la propriété intellectuelle dont il exploite les failles.
Pour Kaplan, le modèle économique de Google ne repose pas tant sur une économie de l’attention, que sur une économie de l’expression, c’est-à-dire d’être un médiateur de l’écrit. Le but est bien plus d’optimiser l’efficacité de l’écrit, d’optimiser l’écriture, d’infléchir les productions à son profit et au profit de ses outils et services. Google nous corrige parce que les mots sont exploitables, à l’image des systèmes d’autocomplétion. Les corrections sont orientées « selon la valeur économique donnée par le marché aux expressions produites ». Nous écrivons via les outils de Google et Google peut exploiter chaque mouvement des productions langagières. Et la vente des mots se faisant sans effort, Google dégage des profits lui permettant de produire des projets sans contrainte de rentabilité.
Google ne fait pas qu’intercepter les flux de discours, il s’est également lancé dans des opérations d’extraction langagière, comme Google Books, qui a permis de numériser plus de 40 millions de livres, rappelle Kaplan, « l’équivalent de 820 millions d’années de travail ». Là, encore, Google a fait grandir son capital épistémique, accumulant « métaphores, personnages, concepts, faits ». Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 a produit une nouvelle démonstration de la valeur qui pouvait être extraite de ce capital linguistique, dont la plupart des technologies sous-jacentes ont été produites par les équipes de Google (notamment la technologie Transformer). Le chercheur, rappelle d’ailleurs, avec une grande pédagogie, combien l’invention de cette linguistique plate, statistique, probabiliste, n’est pas autre chose que la continuité de l’approche que Google a appliqué avec Page Rank et Adwords. Désormais, la valeur du capital linguistique repose sur « la longueur cumulée de toutes les séquences de tokens auxquelles un acteur à un accès exclusif », car c’est ce capital même qui va permettre d’ajuster les paramètres des systèmes d’IA, de les ajuster depuis « la table de mixage du Transformer ». Dans cette reconfiguration, « seules comptent les performances de calcul des réseaux et la taille des données d’entraînement ». La performance des systèmes n’est qu’une question de puissance, de volume, d’argent. La puissance, la force brute, les volumes d’investissements… sont devenus les seuls enjeux et consistent à prendre le contrôle d’un marché depuis des logiques de pertes assumées.
OpenAI ne disposait pourtant pas du capital linguistique de Google. Pour résoudre cette difficulté, il a fait ce que Google avait fait avant lui : moissonner l’ensemble du web, comme l’a montré l’enquête du Washington Post. Dans ce moissonnage, tout l’enjeu est de qualifier les données pour donner plus de poids à certains contenus plutôt qu’à d’autres, notamment aux contenus issus de la presse. Dans la course au capital linguistique, désormais, les acteurs tentent de trouver des ressources exclusives permettant d’affiner leurs modèles pour produire d’innombrables « simulateurs de discours ». Mais plus encore désormais les différences tiennent bien plus dans les paramètrages, les phases d’entraînement et de renforcement. Pour Kaplan, les guerres du capitalisme linguistique risquent surtout de refermer les projets d’ouverture de la science. « Si le capital linguistique devient une ressource précieuse, liée à une forme de souveraineté linguistique nationale, il peut paraître irresponsable de l’offrir librement à n’importe quel acteur. Les grandes entreprises de l’intelligence artificielle l’ont compris depuis plusieurs années déjà : les corpus les plus stratégiques pour l’entraînement des modèles de langage ne sont jamais rendus publics ».
Nous sommes désormais enjoints à vivre avec les simulateurs de discours. Et cela n’est pas sans conséquences. Dans tous les domaines où le texte est moteur, les crises sont là : journalisme, éducation, droit… En exploitant la langue, c’est elle-même qui est transformée et en ré-exploitant les textes, c’est leur condition de production largement artisanale qui est menacée. L’économie du texte construit sur la difficulté à écrire est d’un coup bouleversée par les modèles de langage. En sciences, cela conduit par exemple à l’effondrement des modèles d’évaluation. A l’école, cela conduit à interroger le sens même de l’apprentissage. Tout notre édifice épistémique, construit sur les performances rédactionnelles, vacille, sous les coups du développement du capitalisme linguistique. Partout, les machines qui écrivent réévaluent la valeur du travail d’écriture dans les structures de management. Du code au droit, des contrats aux instructions, de l’information aux textes instrumentaux (compte rendu, demandes de rendez-vous, courriers administratifs…), c’est la pertinence même des processus bureaucratiques qui est remise en question. « Ecrire avec la machine à écrire de quelqu’un d’autre, c’est prendre le risque de se voir voler son texte ». Mais plus encore d’en être non seulement dépossédé, quand ce n’est pas remplacé par les productions automatisées. Derrière ces enjeux épistémiques, c’est l’épistémologie elle-même qui est remise en question. « L’écriture algorithmique change notre confiance dans l’écrit », explique Kaplan. Mais c’est désormais à chacun d’entre nous de gérer cela, dans une relation d’autant plus difficile que ces textes sont construits pour « cacher la nature des procédés qui les ont engendrés ».
Pour le professeur en Humanités numériques, nous sommes confrontés désormais à notre prolétarisation linguistique. Nous sommes désormais invités à payer pour écrire tant de mots (tokens) par mois, avec des prothèses plus ou moins sophistiquées, plus ou moins chères. L’usage de la langue n’est plus vendu seulement aux annonceurs, mais elle est désormais revendue à chacun d’entre nous. Les prothèses linguistiques sont partout. Elles interviennent dans la production, l’interprétation, la transmission. Elles améliorent l’efficacité, la précision ou la qualité ou la dénaturent. Nous déléguons nos compétences au risque de les abandonner, au risque de transformer profondément nos propres savoir-faire, comme le souligne très bien la philosophe Anne Alombert dans ses travaux, notamment son dernier livre, De la bêtise artificielle. Avec ces prothèses, le risque d’une atrophie de nos compétences semble plus certaine que celui d’un élargissement des compétences linguistiques du plus grand nombre. « Chaque fois qu’une technique prend en charge une faculté humaine, elle en accroît la puissance tout en affaiblissant la maîtrise (…). Les prothèses qui étendent notre intelligence risquent aussi de nous en déposséder si nous ne réinventons pas sans cesse notre façon de penser et d’agir avec elles ». Pour Kaplan, le risque d’une « atrophie expressive », d’une incapacité à composer un discours sans intermédiation est devant nous. « Le locuteur est devenu un locataire ». Nous écrivons et parlons par l’intermédiaire de mots que nous louons à ceux qui possèdent les machines.
Pour Kaplan, même si nous ne nous y sommes pas encore habitué, ce capitalisme linguistique là est pourtant peut-être déjà derrière nous !
Dans le premier régime du capitalisme linguistique, on a revendu les mots aux annonceurs. Dans le second, on peut désormais revendre les mots aux utilisateurs. Dans le troisième, les simulateurs linguistiques peuvent désormais construire, agir, décider. Depuis quelques instructions, les systèmes construisent des systèmes. « Dans le premier régime, les mots qui s’accumulent de façon exponentielle permettent l’organisation d’une bourse qui se globalise à l’échelle mondiale et peut générer des centaines de milliards de dollars de revenus. Dans le deuxième régime, les avancées des modèles de langage prédictifs rendent possibles des prothèses linguistiques d’une expressivité croissante, favorisant l’élargissement des parts de marché et l’accumulation accélérée de capital linguistique supplémentaire. Enfin, dans le troisième régime, l’augmentation conjointe des capacités de calcul et des volumes de données permet de produire des modèles capables de simuler des raisonnements plus complexes ou de résoudre des tâches plus difficiles, sans qu’il soit nécessaire d’apporter des changements significatifs à la nature des architectures informatiques. Il suffit d’investir davantage dans les centres de calcul pour bénéficier de cette augmentation des performances cognitives des modèles. » Avec l’arrivée de « l’autocatalyse cognitive », le capital linguistique croit alors de façon quasi automatique. L’IA agentique promet désormais la grande orchestration des systèmes entre eux et la production d’agents à la carte, facturés selon leur degré d’expertise. « Cette mise au travail du capital linguistique ne se déploie pas comme une superintelligence omnisciente, mais comme une force d’engendrement qui tire sa puissance des boucles de rétroaction dans lesquelles elle s’inscrit. » « Nous sommes en train de passer d’un savoir hérité des communautés humaines à un savoir auto-entretenu par les modèles ». Pour Kaplan, ce sont nos systèmes culturels mêmes qui sont en train d’être transformés, de changer d’état, de phase. Le risque, conclut le chercheur, c’est de basculer dans un quatrième régime du capitalisme linguistique : celui du contrôle de la production du discours et de la langue elle-même. Une forme de convergence des discours, une homogénéisation voire un aplatissement de la langue, structurant une lecture du monde unique. Une logique proche de la novlangue imaginée par George Orwell : « une langue conçue pour limiter la liberté de pensée et d’expression, par l’introduction progressive de contradictions internes. La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; l’ignorance, c’est la force ». Mais est-ce les machines qui nous conduisent à cette impasse ? Cette langue est aujourd’hui celle des discours les plus confus et elle n’est pas tant produite par les machines que par les hommes et les idéologies qu’ils activent.
Ce qui est sûr, c’est que le glissement culturel a commencé. En avril 2025, le trafic de Wikipédia, de Youtube, de Facebook et Google a commencé à baisser, alors que celui de l’IA, partout, explose. « L’attention se détourne des contenus construits, discutés et sourcés, pour s’orienter vers des savoirs instantanés et contextualisés ». Le document disparaît. Il est désormais recomposé à la volée. « Le quatrième régime du capitalisme linguistique confère un pouvoir démesuré à ceux qui contrôlent les modèles ». Kaplan plaide certes pour une reprise en main pour construire des corpus et des modèles publics, des modèles à code et paramètres ouverts. Nous devons garder la main sur les forces de production du langage, « avant que n’ayons peut-être plus les mots pour imaginer comment faire ». Le constat qui s’annonce est d’autant plus sombre que la puissance des outils tourne la tête de tous.
Si l’essai de Frédéric Kaplan manque souvent de perspective critique, notamment sur les errements que ces systèmes produisent où sur les gens que ces systèmes exploitent, sa force réside surtout dans sa clarté et dans l’éclairage que produisent les concepts. Reste que si face au capitalisme de surveillance, on pouvait encore réclamer ou opposer une exigence d’une moindre surveillance. Face au capitalisme qui exploite nos propres mots pour nous en déposséder, on ne sait plus quels leviers adresser pour le contenir voire le faire refluer. Face à l’exploitation de notre propre pensée, c’est assurément nous-mêmes qui en seront dépossédés.
Hubert Guillaud


Dans un article du Monde Diplomatique de novembre 2011, le chercheur Frédéric Kaplan avait introduit la riche notion de « capitalisme linguistique ». Dans un petit livre pour Actes Sud, Dealers de mots, il revisite son concept à l’heure de l’IA générative pour souligner combien la fortune du capitalisme linguistique est plus totale qu’elle ne l’était quand Google inventait son Page rank, son algorithme de classement des résultats de recherche. Parier sur les mots a permis à Google de bâtir son empire et désormais bâtit ceux des producteurs d’IA. La langue est plus que jamais le pouvoir et certains l’accaparent au risque de nous en déposséder.
A l’heure où nous faisons nôtres les mots produits par des machines ou plutôt à l’heure où nous louons à d’autres nos capacités d’expression, l’usage de « prothèses linguistiques » nous exproprie toujours plus de notre propre parole. Tous nos discours ont été accaparés par quelques entreprises se forgeant un capital qu’elles n’ont plus qu’à nous revendre.
Dans son livre, le chercheur raconte l’évolution du capitalisme linguistique comme un roman, avec beaucoup de clarté, d’une manière très accessible. Une histoire que Google s’est longtemps accaparé, la firme transformant le classement des pages par les mots puis réinventant leur modèle économique par la publicité avec Adwords. « Tout ce qui peut être nommé peut donner lieu à une enchère ». Et l’immense capital accumulé par Google provient tout entier de ce marché : celui de la vente des mots. La somme des données linguistiques accumulées est devenue l’un des capitaux moteurs du capitalisme technologique. La plus value désormais consiste à découpler totalement la valeur économique des textes écrits du travail nécessaire pour les produire. C’est-à-dire de les réexploiter sans avoir à les payer : leur donner une nouvelle existence économique pour leur faire produire de nouvelles valeurs encore. Un capitalisme visant à exploiter la connaissance sous toutes ses formes, comme un raffinage nouveau d’une première extraction afin de produire non seulement de la connaissance mais plus encore des machines à connaissance. « Chaque année, Google gagne des centaines de milliards de dollars simplement en organisant la vente des mots à l’échelle planétaire » (493 millions de dollars par jour de chiffre d’affaires en 2020). Kaplan explique que le capital linguistique n’est rien d’autre que la somme des données linguistiques accumulées par un acteur. Ce capital résulte de l’extraction de textes existants et consiste à les accumuler pour les valoriser sous formes de services. Il consiste à capter, « idéalement sans les payer, ces écritures productives de valeur ». Ce nouveau territoire d’exploitation à l’avantage d’être peu balisé et peu réglementé, hormis par la propriété intellectuelle dont il exploite les failles.
Pour Kaplan, le modèle économique de Google ne repose pas tant sur une économie de l’attention, que sur une économie de l’expression, c’est-à-dire d’être un médiateur de l’écrit. Le but est bien plus d’optimiser l’efficacité de l’écrit, d’optimiser l’écriture, d’infléchir les productions à son profit et au profit de ses outils et services. Google nous corrige parce que les mots sont exploitables, à l’image des systèmes d’autocomplétion. Les corrections sont orientées « selon la valeur économique donnée par le marché aux expressions produites ». Nous écrivons via les outils de Google et Google peut exploiter chaque mouvement des productions langagières. Et la vente des mots se faisant sans effort, Google dégage des profits lui permettant de produire des projets sans contrainte de rentabilité.
Google ne fait pas qu’intercepter les flux de discours, il s’est également lancé dans des opérations d’extraction langagière, comme Google Books, qui a permis de numériser plus de 40 millions de livres, rappelle Kaplan, « l’équivalent de 820 millions d’années de travail ». Là, encore, Google a fait grandir son capital épistémique, accumulant « métaphores, personnages, concepts, faits ». Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 a produit une nouvelle démonstration de la valeur qui pouvait être extraite de ce capital linguistique, dont la plupart des technologies sous-jacentes ont été produites par les équipes de Google (notamment la technologie Transformer). Le chercheur, rappelle d’ailleurs, avec une grande pédagogie, combien l’invention de cette linguistique plate, statistique, probabiliste, n’est pas autre chose que la continuité de l’approche que Google a appliqué avec Page Rank et Adwords. Désormais, la valeur du capital linguistique repose sur « la longueur cumulée de toutes les séquences de tokens auxquelles un acteur à un accès exclusif », car c’est ce capital même qui va permettre d’ajuster les paramètres des systèmes d’IA, de les ajuster depuis « la table de mixage du Transformer ». Dans cette reconfiguration, « seules comptent les performances de calcul des réseaux et la taille des données d’entraînement ». La performance des systèmes n’est qu’une question de puissance, de volume, d’argent. La puissance, la force brute, les volumes d’investissements… sont devenus les seuls enjeux et consistent à prendre le contrôle d’un marché depuis des logiques de pertes assumées.
OpenAI ne disposait pourtant pas du capital linguistique de Google. Pour résoudre cette difficulté, il a fait ce que Google avait fait avant lui : moissonner l’ensemble du web, comme l’a montré l’enquête du Washington Post. Dans ce moissonnage, tout l’enjeu est de qualifier les données pour donner plus de poids à certains contenus plutôt qu’à d’autres, notamment aux contenus issus de la presse. Dans la course au capital linguistique, désormais, les acteurs tentent de trouver des ressources exclusives permettant d’affiner leurs modèles pour produire d’innombrables « simulateurs de discours ». Mais plus encore désormais les différences tiennent bien plus dans les paramètrages, les phases d’entraînement et de renforcement. Pour Kaplan, les guerres du capitalisme linguistique risquent surtout de refermer les projets d’ouverture de la science. « Si le capital linguistique devient une ressource précieuse, liée à une forme de souveraineté linguistique nationale, il peut paraître irresponsable de l’offrir librement à n’importe quel acteur. Les grandes entreprises de l’intelligence artificielle l’ont compris depuis plusieurs années déjà : les corpus les plus stratégiques pour l’entraînement des modèles de langage ne sont jamais rendus publics ».
Nous sommes désormais enjoints à vivre avec les simulateurs de discours. Et cela n’est pas sans conséquences. Dans tous les domaines où le texte est moteur, les crises sont là : journalisme, éducation, droit… En exploitant la langue, c’est elle-même qui est transformée et en ré-exploitant les textes, c’est leur condition de production largement artisanale qui est menacée. L’économie du texte construit sur la difficulté à écrire est d’un coup bouleversée par les modèles de langage. En sciences, cela conduit par exemple à l’effondrement des modèles d’évaluation. A l’école, cela conduit à interroger le sens même de l’apprentissage. Tout notre édifice épistémique, construit sur les performances rédactionnelles, vacille, sous les coups du développement du capitalisme linguistique. Partout, les machines qui écrivent réévaluent la valeur du travail d’écriture dans les structures de management. Du code au droit, des contrats aux instructions, de l’information aux textes instrumentaux (compte rendu, demandes de rendez-vous, courriers administratifs…), c’est la pertinence même des processus bureaucratiques qui est remise en question. « Ecrire avec la machine à écrire de quelqu’un d’autre, c’est prendre le risque de se voir voler son texte ». Mais plus encore d’en être non seulement dépossédé, quand ce n’est pas remplacé par les productions automatisées. Derrière ces enjeux épistémiques, c’est l’épistémologie elle-même qui est remise en question. « L’écriture algorithmique change notre confiance dans l’écrit », explique Kaplan. Mais c’est désormais à chacun d’entre nous de gérer cela, dans une relation d’autant plus difficile que ces textes sont construits pour « cacher la nature des procédés qui les ont engendrés ».
Pour le professeur en Humanités numériques, nous sommes confrontés désormais à notre prolétarisation linguistique. Nous sommes désormais invités à payer pour écrire tant de mots (tokens) par mois, avec des prothèses plus ou moins sophistiquées, plus ou moins chères. L’usage de la langue n’est plus vendu seulement aux annonceurs, mais elle est désormais revendue à chacun d’entre nous. Les prothèses linguistiques sont partout. Elles interviennent dans la production, l’interprétation, la transmission. Elles améliorent l’efficacité, la précision ou la qualité ou la dénaturent. Nous déléguons nos compétences au risque de les abandonner, au risque de transformer profondément nos propres savoir-faire, comme le souligne très bien la philosophe Anne Alombert dans ses travaux, notamment son dernier livre, De la bêtise artificielle. Avec ces prothèses, le risque d’une atrophie de nos compétences semble plus certaine que celui d’un élargissement des compétences linguistiques du plus grand nombre. « Chaque fois qu’une technique prend en charge une faculté humaine, elle en accroît la puissance tout en affaiblissant la maîtrise (…). Les prothèses qui étendent notre intelligence risquent aussi de nous en déposséder si nous ne réinventons pas sans cesse notre façon de penser et d’agir avec elles ». Pour Kaplan, le risque d’une « atrophie expressive », d’une incapacité à composer un discours sans intermédiation est devant nous. « Le locuteur est devenu un locataire ». Nous écrivons et parlons par l’intermédiaire de mots que nous louons à ceux qui possèdent les machines.
Pour Kaplan, même si nous ne nous y sommes pas encore habitué, ce capitalisme linguistique là est pourtant peut-être déjà derrière nous !
Dans le premier régime du capitalisme linguistique, on a revendu les mots aux annonceurs. Dans le second, on peut désormais revendre les mots aux utilisateurs. Dans le troisième, les simulateurs linguistiques peuvent désormais construire, agir, décider. Depuis quelques instructions, les systèmes construisent des systèmes. « Dans le premier régime, les mots qui s’accumulent de façon exponentielle permettent l’organisation d’une bourse qui se globalise à l’échelle mondiale et peut générer des centaines de milliards de dollars de revenus. Dans le deuxième régime, les avancées des modèles de langage prédictifs rendent possibles des prothèses linguistiques d’une expressivité croissante, favorisant l’élargissement des parts de marché et l’accumulation accélérée de capital linguistique supplémentaire. Enfin, dans le troisième régime, l’augmentation conjointe des capacités de calcul et des volumes de données permet de produire des modèles capables de simuler des raisonnements plus complexes ou de résoudre des tâches plus difficiles, sans qu’il soit nécessaire d’apporter des changements significatifs à la nature des architectures informatiques. Il suffit d’investir davantage dans les centres de calcul pour bénéficier de cette augmentation des performances cognitives des modèles. » Avec l’arrivée de « l’autocatalyse cognitive », le capital linguistique croit alors de façon quasi automatique. L’IA agentique promet désormais la grande orchestration des systèmes entre eux et la production d’agents à la carte, facturés selon leur degré d’expertise. « Cette mise au travail du capital linguistique ne se déploie pas comme une superintelligence omnisciente, mais comme une force d’engendrement qui tire sa puissance des boucles de rétroaction dans lesquelles elle s’inscrit. » « Nous sommes en train de passer d’un savoir hérité des communautés humaines à un savoir auto-entretenu par les modèles ». Pour Kaplan, ce sont nos systèmes culturels mêmes qui sont en train d’être transformés, de changer d’état, de phase. Le risque, conclut le chercheur, c’est de basculer dans un quatrième régime du capitalisme linguistique : celui du contrôle de la production du discours et de la langue elle-même. Une forme de convergence des discours, une homogénéisation voire un aplatissement de la langue, structurant une lecture du monde unique. Une logique proche de la novlangue imaginée par George Orwell : « une langue conçue pour limiter la liberté de pensée et d’expression, par l’introduction progressive de contradictions internes. La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; l’ignorance, c’est la force ». Mais est-ce les machines qui nous conduisent à cette impasse ? Cette langue est aujourd’hui celle des discours les plus confus et elle n’est pas tant produite par les machines que par les hommes et les idéologies qu’ils activent.
Ce qui est sûr, c’est que le glissement culturel a commencé. En avril 2025, le trafic de Wikipédia, de Youtube, de Facebook et Google a commencé à baisser, alors que celui de l’IA, partout, explose. « L’attention se détourne des contenus construits, discutés et sourcés, pour s’orienter vers des savoirs instantanés et contextualisés ». Le document disparaît. Il est désormais recomposé à la volée. « Le quatrième régime du capitalisme linguistique confère un pouvoir démesuré à ceux qui contrôlent les modèles ». Kaplan plaide certes pour une reprise en main pour construire des corpus et des modèles publics, des modèles à code et paramètres ouverts. Nous devons garder la main sur les forces de production du langage, « avant que n’ayons peut-être plus les mots pour imaginer comment faire ». Le constat qui s’annonce est d’autant plus sombre que la puissance des outils tourne la tête de tous.
Si l’essai de Frédéric Kaplan manque souvent de perspective critique, notamment sur les errements que ces systèmes produisent où sur les gens que ces systèmes exploitent, sa force réside surtout dans sa clarté et dans l’éclairage que produisent les concepts. Reste que si face au capitalisme de surveillance, on pouvait encore réclamer ou opposer une exigence d’une moindre surveillance. Face au capitalisme qui exploite nos propres mots pour nous en déposséder, on ne sait plus quels leviers adresser pour le contenir voire le faire refluer. Face à l’exploitation de notre propre pensée, c’est assurément nous-mêmes qui en seront dépossédés.
Hubert Guillaud

Pour le magazine canadien Maisonneuve, le journaliste Michael Rancic, qui fait partie de la coopérative de journalistes musicaux New Feeling, se désole de l’omniprésence de la musique générative partout. Mais si les plateformes de streaming sont déjà envahies des morceaux produits notamment via les outils proposés par Suno et Udio, les acteurs majeurs de la musique (stations de radio, organismes de réglementation et maison de disques), eux, tergiversent, hésitant entre intégrer ou au contraire à contrer la musique générative.
En octobre 2025, la Socan (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a annoncé avoir harmonisé sa position sur la génération de musique avec son homologue américain, l’Ascap (la société américaine des compositeurs, auteurs et éditeurs).
Désormais, « les auteurs-compositeurs peuvent enregistrer des chansons partiellement générées par l’IA pour percevoir des redevances ». Pour Rancic, c’est là un tournant : les œuvres créées avec l’aide de l’IA générative peuvent être intégrées aux systèmes existants de propriété et de rémunération. L’annonce précise soigneusement que, pour être éligible aux redevances, une chanson doit toujours comporter des « éléments de création humaine ». Cependant, elle légitime simultanément une technologie que beaucoup perçoivent comme une menace pour le savoir-faire musical humain.
Or, rappelle Rancic, Suno a reconnu avoir entraîné son modèle depuis toute la musique enregistrée disponible. L’entreprise n’avait aucune autorisation pour ce faire et n’a offert aux artistes aucun moyen de retirer leurs œuvres, qu’elles soient protégées ou non par le droit d’auteur. Des plateformes comme Suno absorbent ainsi des décennies de travail humain et produisent des imitations convaincantes en quelques secondes. Entraînée sur des milliers d’œuvres protégées par le droit d’auteur, la production est alors considérée comme une « nouvelle » chanson. Durant leurs premières années d’activité, Suno et Udio ont également mis en place des cadres propriétaires autour de ces nouvelles chansons : celles-ci peuvent être immédiatement acquises par quiconque saisit l’instruction de génération. Ce contournement des droits d’auteur a, à juste titre, suscité l’inquiétude des artistes.
Premièrement, il a permis aux entreprises d’IA de tirer profit d’œuvres pour lesquelles elles n’avaient pas nécessairement acquis de licence. Deuxièmement, il permet aux utilisateurs de générer des quantités massives de musique sans rémunérer les artistes – un système qui pourrait entraîner la perte de revenus pour de nombreux musiciens. Une lettre ouverte de 2024, signée par des artistes tels que Billie Eilish, Chappell Roan et Arkells, qualifiait l’entraînement d’IA sur de la musique sans compensation d’« atteinte à la créativité humaine ».
Ces tensions ne sont pas propres à la musique. Les artistes visuels ont exprimé des préoccupations quasi identiques concernant les générateurs d’images entraînés sur leurs œuvres, tandis que les cinéastes et les acteurs ont commencé à se confronter aux outils d’IA capables de reproduire des voix, des textes et même des images.
En annonçant les nouvelles lignes directrices sur les redevances, la Socan a décrit l’IA comme un outil précieux largement adopté par les musiciens. Dans le même temps, la déclaration critique le fonctionnement actuel de cet outil censément utile : « l’utilisation par les entreprises de technologies d’IA de modèles basés sur des œuvres musicales protégées par le droit d’auteur, sans autorisation, compensation ni mention des créateurs, ne relève pas de l’usage loyal, mais du vol ». La Socan a réitéré ce point de vue lors d’une récente campagne publique, appelant le gouvernement fédéral à « dire non à l’entraînement de l’IA sur de la musique sans licence ». Mais si la Socan le croit vraiment, pourquoi autoriser la perception de redevances sur des œuvres produites à l’aide de telles plateformes ?
Les lignes directrices de la Socan concernant l’enregistrement de l’IA font la distinction entre les « productions générées par l’IA », qui ne sont pas admissibles à l’enregistrement, et les « œuvres assistées par l’IA ». Or, les déclarants n’ont pas à divulguer l’utilisation de l’IA dans leurs œuvres assistées par l’IA, ce qui signifie que la Socan fait preuve d’une grande confiance, explique Michael Rancic. Déterminer si une chanson a été partiellement ou entièrement créée avec l’IA semble reposer sur une simple intuition. Seule compte une directive vague selon laquelle « la créativité de l’auteur humain doit être centrale ». Il serait envisageable de déposer une chanson avec des voix humaines sur une musique instrumentale générée par IA – entraînée sur les meilleurs rythmes jamais créés – et de satisfaire ainsi aux exigences minimales fixées. Si certains défenseurs font la distinction entre la musique utilisant simplement des composants d’IA et celle entièrement produite par IA, cette frontière est de plus en plus difficile à maintenir. En pratique, les deux reposent souvent sur les mêmes infrastructures d’entraînement et l’extraction de données à partir d’enregistrements humains, ce qui rend la distinction moins pertinente qu’il n’y paraît et pourrait même contribuer à redorer l’image de la génération par IA.
Bien que toutes les plateformes de musique générée par IA ne soient pas entraînées sur de la musique sans licence, la nouvelle réglementation n’identifie aucun mécanisme permettant de distinguer la musique générée par IA utilisant ou non des chansons sans licence, et crée un précédent en faveur de l’adoption de cette technologie. Parallèlement, la déclaration souligne l’importance de soutenir les artistes et de favoriser la créativité. « L’avenir de la musique peut intégrer l’IA tout en restant profondément humain », affirme Jennifer Brown, PDG de la Socan. Ce cadre confère de fait la propriété intellectuelle aux utilisateurs d’IA générative et fragilise les structures de propriété antérieures, censées protéger les artistes. Il révèle une asymétrie dans le traitement de la paternité, du travail et des risques au sein de l’industrie musicale. « Les associations musicales s’empressent d’adopter les nouvelles technologies et plateformes, tout en les critiquant, reflétant une tendance générale du secteur à privilégier les plateformes au détriment des artistes ».
Alors que des organismes comme la Socan acceptent la musique générée par l’IA, les acteurs gouvernementaux et industriels élaborent leurs propres approches. Le gouvernement fédéral canadien consulte actuellement les intervenants du secteur, notamment la Socan, sur l’interaction entre l’IA générative et le droit d’auteur. Ces consultations, menées auprès du Groupe de travail sur la stratégie en matière d’IA du gouvernement et du Comité permanent du patrimoine canadien, visent à éclairer l’élaboration de la stratégie canadienne en matière d’IA pour les années à venir. Malgré la croissance rapide de l’IA générative, le Canada ne dispose actuellement d’aucune loi spécifiquement conçue pour traiter de ses implications en matière de droit d’auteur et de droits des créateurs. Toutes les questions relatives au droit d’auteur relèvent de la Loi sur le droit d’auteur. Actuellement, la Loi sur le droit d’auteur limite l’« utilisation équitable » à des fins spécifiques comme la recherche, la critique, l’éducation ou la parodie. Autrement dit, il est légal d’utiliser des œuvres protégées par le droit d’auteur sans autorisation à ces fins et dans certains contextes. Ces fins n’incluent pas explicitement les entreprises d’IA qui entraînent leurs modèles sur de la musique sans autorisation. « Dans ce contexte, la décision de la Socan d’intégrer la musique générée par l’IA à son système de redevances, avant même que le Canada n’ait établi si cette technologie est conforme à la loi sur le droit d’auteur, revient à mettre la charrue avant les bœufs ».
Il est paradoxal de voir les organisations de l’industrie s’empresser de créer des voies d’accès pour l’IA, explique Michael Rancic. « Prenons l’exemple des plateformes musicales. Lorsque de nouvelles technologies ont bouleversé les normes créatives par le passé, l’industrie n’a pas hésité à intervenir pour protéger les titulaires de droits et sanctionner ceux qui opéraient en dehors du cadre établi. Le sampling (ou échantillonnage), par exemple, a suscité des décennies de litiges, d’accords de licence stricts et une dynamique inéquitable où la charge du risque juridique lié à l’autorisation des échantillons incombait à celui qui les utilisait. Dans les années 1980 et 1990, les différends canadiens liés au sampling ont été largement influencés par les grandes maisons de disques et les titulaires de droits américains. John Oswald, pionnier de l’approche de collage musical par échantillonnage baptisée « plunderphonics », a ressenti le poids et l’influence de la Canadian Recording Industry Association (CRIA, aujourd’hui Music Canada). L’œuvre d’Oswald transformait des tubes classés en tête des palmarès en mosaïques sonores abstraites, métamorphosant le familier en quelque chose d’étrange et d’insolite – une prouesse alliant virtuosité technique et créativité. La CRIA a agi pour le compte des majors américaines en adressant à Oswald une mise en demeure, obtenant finalement la destruction de son œuvre. »
Le régime actuel du droit d’auteur favorise les artistes établis représentés par de grandes maisons de disques, ces dernières disposant des ressources nécessaires pour identifier les titulaires de droits, négocier les licences et régler les frais initiaux éventuels, rappelle Michael Rancic. « Ce système opaque et bureaucratique pénalise lourdement les artistes émergents : il rend risquée l’utilisation transparente d’échantillons et les empêche souvent de détenir légalement les droits sur leurs œuvres – et donc d’en tirer profit. Une chanson contenant un seul échantillon non autorisé ne peut être enregistrée pour percevoir des redevances ; en revanche, une chanson créée par des plateformes entraînées sur une quantité colossale de musique non autorisée semble, elle, échapper à ces contraintes. »
« Les structures du droit d’auteur dans l’industrie musicale sont conçues pour servir ses membres les plus puissants » (voir notre article, « Mais qui décide de comment on compte ? », qui prenait justement l’exemple des Majors de la musique). « Les nouvelles technologies contribuent à perpétuer ce mécanisme : il est révélateur, par exemple, qu’avant même de pouvoir générer de la musique, les outils d’IA aient été utilisés par l’industrie pour surveiller les violations du droit d’auteur ». Spotify a acquis The Echo Nest en 2014 après que cette entreprise a mis au point une technologie d’empreinte acoustique (audio fingerprinting), capable d’analyser les caractéristiques sonores uniques d’un enregistrement pour les convertir en une signature numérique compacte. Concrètement, cette technologie permet aux plateformes de reconnaître les chansons dès leur mise en ligne et d’empêcher la diffusion de copies non autorisées. Aujourd’hui, les plateformes de streaming utilisent des technologies similaires – telles que des « filtres anti-spam musical » – pour identifier la musique générée par IA et les violations potentielles du droit d’auteur. Ces outils sont présentés comme une réponse aux violations du droit d’auteur liées à la génération de musique par IA, alors même qu’ils reposent eux aussi sur cette technologie, explique Rancic. Lorsque l’IA est à la fois le problème et la solution, il semble qu’il n’y ait plus vraiment de choix.
« Le déploiement rapide, au cours de la dernière décennie, d’outils de protection des droits basés sur l’IA témoigne de la priorité accordée de longue date à la préservation de la propriété intellectuelle et des redevances associées. Pourtant, lorsque ces mêmes technologies sous-jacentes permettent la production automatisée de musique, la réaction du secteur se fait nettement plus permissive, voire complaisante. » Au départ, l’industrie a semblé céder à la panique face à l’émergence de la musique générée par IA, les grandes maisons de disques intentant des procès aux entreprises technologiques à l’origine de ces outils. Aujourd’hui, certains de ces mêmes acteurs cherchent activement à collaborer avec ces entreprises. Warner Music Group a récemment trouvé un terrain d’entente avec Suno et Udio concernant les méthodes d’entraînement de leurs modèles d’IA, et Universal Music Group a également conclu un accord avec Udio, sans que les détails financiers et une grande partie des clauses contractuelles de ces accords ne soient ni publics ni transparents, rappelle le journaliste. « Ce que l’on sait, en revanche, c’est que ces accords s’accompagnent de l’annonce d’un partenariat entre Warner, Universal et Udio visant à créer une nouvelle plateforme de génération de musique par IA. Les accords conclus par Udio avec ces deux labels, tout comme celui passé entre Warner et Suno, prévoiraient des mécanismes permettant aux artistes de choisir si leur musique peut ou non servir à l’entraînement des modèles d’IA. Udio et Suno promettent tous deux d’abandonner progressivement les modèles actuels de leurs plateformes – entraînés à partir de musiques non autorisées -, bien que ces modèles soient toujours en service à l’heure où nous écrivons ces lignes. »
Cette attitude permissive de l’industrie face au vol de contenu par les plateformes devient plus compréhensible si l’on reconsidère la véritable finalité de la génération de musique par IA, explique Rancic. Le discours marketing d’Udio affirme que l’entreprise « développe des outils d’IA pour permettre à la prochaine génération de créateurs musicaux d’émerger », tout en soulignant sa capacité à « élargir les horizons musicaux et à permettre à chacun de créer une musique extraordinaire ». Cette présentation de l’IA comme un outil de création se retrouve dans les déclarations de la Socan ainsi que dans des articles du secteur vantant les innombrables possibilités offertes par la musique générée par IA ; comme de générer « des genres musicaux nouveaux ». « Mais tout cela relève de la communication. La véritable proposition de valeur des plateformes de musique générative ne réside ni dans l’innovation esthétique, ni dans un meilleur accès aux outils musicaux, ni même dans l’enrichissement de la création. Elle consiste avant tout à produire des contenus sonores dont on peut immédiatement s’approprier les droits. » Avant les poursuites engagées à leur encontre par les grandes maisons de disques, Suno et Udio permettaient toutes deux aux utilisateurs de télécharger et, de fait, de s’approprier les morceaux générés par l’IA. Dans le cadre de son accord à l’amiable, Udio ne permet plus aux utilisateurs de télécharger et de posséder des chansons générées par IA. Tandis que Suno impose désormais aux utilisateurs de payer pour télécharger les morceaux créés sur sa plateforme. Le nouvel abonnement « Pro » de Suno promet aux utilisateurs la possibilité de générer jusqu’à 500 chansons par mois et l’octroi immédiat des « droits d’utilisation commerciale pour les nouvelles créations ».
« Vous n’avez pas les moyens d’obtenir les droits d’utilisation d’un sample d’artistes Warner comme Neil Young ou Ed Sheeran ? Aucun souci. Vous pouvez désormais créer une chanson dans le style de ces artistes. Vous en devenez immédiatement propriétaire, vous pouvez l’échantillonner à volonté et, grâce à l’annonce de la Socan, vous pouvez même percevoir des droits d’auteur, à condition d’avoir écrit les paroles. Ce nouveau modèle contourne complètement les structures de droits d’auteur et de propriété de l’industrie musicale, le tout dans le but de générer de la valeur pour les investisseurs du secteur technologique (et, grâce à leurs accords, les maisons de disques s’assurent toutefois de conserver leur part du gâteau). Il est franchement lassant de voir ce cycle se répéter sans cesse et de constater que ceux qui, dans l’industrie, ont le pouvoir d’influencer le changement, traitent ces évolutions comme s’il s’agissait de nouveautés – une énième technologie présentée comme un outil de démocratisation de la musique, alors qu’elle sert surtout à consolider leur pouvoir et à s’approprier le travail d’autrui. »
L’abonnement « Pro » offrant « 500 chansons par mois » fait qu’il est difficile de voir Suno autrement que comme un outil de production de masse de musique sous licence pour la publicité, la télévision, les réseaux sociaux et les espaces publics. Cette stratégie est tout à fait logique étant donné la financiarisation croissante de l’industrie, où la propriété des compositions est devenue primordiale. Posséder les droits sur la composition d’une chanson – non seulement l’enregistrement sonore, que l’industrie a toujours exploité, mais aussi la musique et les paroles – est devenu un bien précieux. Des musiciens canadiens comme Young et Justin Bieber ont vendu les droits d’une part importante de leur catalogue. « L’argent dans l’industrie musicale provient désormais des contrats de licence, et non plus des ventes de disques, et les chansons constituent un actif financier », rappelle pertinemment le journaliste. « Grâce à l’IA, les grandes maisons de disques peuvent exploiter davantage ces actifs pour créer de la musique à l’image de leurs artistes sans nécessairement leur verser de royalties ». Un phénomène qui se manifeste dans l’ensemble des industries créatives, à l’image du monde des acteurs et des scénaristes… « Si l’industrie musicale s’est d’abord montrée méfiante face à la menace que représente l’IA pour le droit d’auteur, elle a désormais compris qu’elle pouvait intégrer cette technologie à ce système à son propre avantage ». Au final, tout cela se traduit par moins de travail et probablement une baisse des revenus pour les artistes.
La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer la musique, mais dans quelles conditions cette transformation aura lieu. « Des décisions comme celle de la Socan, et les récents accords conclus entre les grandes maisons de disques et les principales entreprises de musique générée par IA, laissent penser que l’industrie se prépare à intégrer les systèmes génératifs avant même d’avoir mis en place des garde-fous capables de protéger les créateurs que ces systèmes exploitent. Les nouvelles politiques de la Socan, et leur exclusion des œuvres entièrement générées par IA, pourraient constituer les prémices de tels garde-fous, mais leur portée reste floue et leur application encore plus complexe. En l’absence de normes contraignantes concernant les données d’entraînement, le consentement et la rémunération, la normalisation de la paternité assistée par IA risque de consolider les inégalités plutôt que de les résoudre. Les cadres émergents permettent aux plus influents de tirer profit de la musique générée par IA, tandis que les artistes moins connus, dont le travail a été volé, sont exploités de manière perpétuelle à chaque utilisation de ces plateformes. »
« Bien que je ne partage pas leur analyse selon laquelle les craintes suscitées par l’IA sont comparables à celles qui ont accompagné l’apparition des synthétiseurs et des boîtes à rythmes, Gordon A. Gow et Brian Fauteux proposent une idée pertinente pour un cadre potentiel encadrant l’IA », explique encore Rancic. S’appuyant sur le précédent du système de classification canadien MAPL – un label apposé sur la musique canadienne indiquant qu’elle répond à un certain niveau de contribution canadienne -, ils proposent d’étiqueter les chansons générées par l’IA. Des labels physiques et numériques pour l’IA pourraient à tout le moins favoriser la transparence et permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés, souligne le journaliste pour qui « la transparence est essentielle et doit guider tout cadre réglementaire futur ». « Les plateformes d’IA générative doivent divulguer leurs sources de données d’entraînement et fournir une documentation sur leurs modèles d’IA (taille de l’ensemble de données, répartition par genre et méthodologie). »
Certains de ces changements sont en cours : Suno a annoncé en 2025 qu’elle abandonnerait ses modèles d’IA actuels et les remplacerait par de nouveaux modèles « plus avancés », entraînés exclusivement sur des données autorisées, dans le cadre de son accord avec Warner. Toutefois, on peut soutenir que les plateformes ayant bâti leur valeur grâce à de la musique non autorisée devraient être explicitement exclues de tout cadre réglementaire régissant la musique générée par IA. Les récompenser aujourd’hui ne ferait qu’encourager, à l’avenir, ces mêmes modèles fondés sur le principe « construire d’abord, demander ensuite ».
« L’IA générative menace de déstabiliser non seulement les revenus des artistes, mais aussi le lien conceptuel entre la créativité et les créateurs eux-mêmes ». Contrairement au sampling ou à l’imitation – pratiques ancrées dans des choix guidés par un dialogue artistique et une longue tradition de la citation musicale -, « l’IA générative évince totalement le créateur ». Il ne s’agit pas d’un outil de création retravaillant ou répondant à une œuvre existante, mais d’un processus qui dépossède les artistes de leur propre travail. « Si les accords conclus entre les grandes maisons de disques et les plateformes d’IA peuvent sembler positifs pour les artistes, il convient de rappeler qu’ils sont conçus dans l’intérêt des dirigeants et des actionnaires, et non nécessairement de celui des artistes et musiciens ; ces derniers risquent de subir des pressions pour s’intégrer à ces nouveaux systèmes d’IA, alors même que leurs opportunités s’amenuisent face à la production de masse de chansons ».
« Si les décideurs politiques n’agissent pas avec détermination, les artistes pourraient se retrouver confrontés à un avenir où prospèrent des structures de propriété prédatrices et des plateformes dominantes, tandis que la pratique musicale humaine deviendrait de plus en plus précaire au sein des systèmes qui reposent pourtant sur elle. Il n’en résulterait pas nécessairement le silence, mais une profusion de musique à la tonalité étrangement anonyme : un flux ininterrompu de chansons aux styles familiers, générées pour imiter des artistes et des genres populaires, mais déconnectées des communautés et des relations qui les avaient fait naître. Dans ce scénario, la musique de demain se caractériserait par une présence sonore constante doublée d’une absence croissante d’auteur identifiable. »
Pour le magazine canadien Maisonneuve, le journaliste Michael Rancic, qui fait partie de la coopérative de journalistes musicaux New Feeling, se désole de l’omniprésence de la musique générative partout. Mais si les plateformes de streaming sont déjà envahies des morceaux produits notamment via les outils proposés par Suno et Udio, les acteurs majeurs de la musique (stations de radio, organismes de réglementation et maison de disques), eux, tergiversent, hésitant entre intégrer ou au contraire à contrer la musique générative.
En octobre 2025, la Socan (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a annoncé avoir harmonisé sa position sur la génération de musique avec son homologue américain, l’Ascap (la société américaine des compositeurs, auteurs et éditeurs).
Désormais, « les auteurs-compositeurs peuvent enregistrer des chansons partiellement générées par l’IA pour percevoir des redevances ». Pour Rancic, c’est là un tournant : les œuvres créées avec l’aide de l’IA générative peuvent être intégrées aux systèmes existants de propriété et de rémunération. L’annonce précise soigneusement que, pour être éligible aux redevances, une chanson doit toujours comporter des « éléments de création humaine ». Cependant, elle légitime simultanément une technologie que beaucoup perçoivent comme une menace pour le savoir-faire musical humain.
Or, rappelle Rancic, Suno a reconnu avoir entraîné son modèle depuis toute la musique enregistrée disponible. L’entreprise n’avait aucune autorisation pour ce faire et n’a offert aux artistes aucun moyen de retirer leurs œuvres, qu’elles soient protégées ou non par le droit d’auteur. Des plateformes comme Suno absorbent ainsi des décennies de travail humain et produisent des imitations convaincantes en quelques secondes. Entraînée sur des milliers d’œuvres protégées par le droit d’auteur, la production est alors considérée comme une « nouvelle » chanson. Durant leurs premières années d’activité, Suno et Udio ont également mis en place des cadres propriétaires autour de ces nouvelles chansons : celles-ci peuvent être immédiatement acquises par quiconque saisit l’instruction de génération. Ce contournement des droits d’auteur a, à juste titre, suscité l’inquiétude des artistes.
Premièrement, il a permis aux entreprises d’IA de tirer profit d’œuvres pour lesquelles elles n’avaient pas nécessairement acquis de licence. Deuxièmement, il permet aux utilisateurs de générer des quantités massives de musique sans rémunérer les artistes – un système qui pourrait entraîner la perte de revenus pour de nombreux musiciens. Une lettre ouverte de 2024, signée par des artistes tels que Billie Eilish, Chappell Roan et Arkells, qualifiait l’entraînement d’IA sur de la musique sans compensation d’« atteinte à la créativité humaine ».
Ces tensions ne sont pas propres à la musique. Les artistes visuels ont exprimé des préoccupations quasi identiques concernant les générateurs d’images entraînés sur leurs œuvres, tandis que les cinéastes et les acteurs ont commencé à se confronter aux outils d’IA capables de reproduire des voix, des textes et même des images.
En annonçant les nouvelles lignes directrices sur les redevances, la Socan a décrit l’IA comme un outil précieux largement adopté par les musiciens. Dans le même temps, la déclaration critique le fonctionnement actuel de cet outil censément utile : « l’utilisation par les entreprises de technologies d’IA de modèles basés sur des œuvres musicales protégées par le droit d’auteur, sans autorisation, compensation ni mention des créateurs, ne relève pas de l’usage loyal, mais du vol ». La Socan a réitéré ce point de vue lors d’une récente campagne publique, appelant le gouvernement fédéral à « dire non à l’entraînement de l’IA sur de la musique sans licence ». Mais si la Socan le croit vraiment, pourquoi autoriser la perception de redevances sur des œuvres produites à l’aide de telles plateformes ?
Les lignes directrices de la Socan concernant l’enregistrement de l’IA font la distinction entre les « productions générées par l’IA », qui ne sont pas admissibles à l’enregistrement, et les « œuvres assistées par l’IA ». Or, les déclarants n’ont pas à divulguer l’utilisation de l’IA dans leurs œuvres assistées par l’IA, ce qui signifie que la Socan fait preuve d’une grande confiance, explique Michael Rancic. Déterminer si une chanson a été partiellement ou entièrement créée avec l’IA semble reposer sur une simple intuition. Seule compte une directive vague selon laquelle « la créativité de l’auteur humain doit être centrale ». Il serait envisageable de déposer une chanson avec des voix humaines sur une musique instrumentale générée par IA – entraînée sur les meilleurs rythmes jamais créés – et de satisfaire ainsi aux exigences minimales fixées. Si certains défenseurs font la distinction entre la musique utilisant simplement des composants d’IA et celle entièrement produite par IA, cette frontière est de plus en plus difficile à maintenir. En pratique, les deux reposent souvent sur les mêmes infrastructures d’entraînement et l’extraction de données à partir d’enregistrements humains, ce qui rend la distinction moins pertinente qu’il n’y paraît et pourrait même contribuer à redorer l’image de la génération par IA.
Bien que toutes les plateformes de musique générée par IA ne soient pas entraînées sur de la musique sans licence, la nouvelle réglementation n’identifie aucun mécanisme permettant de distinguer la musique générée par IA utilisant ou non des chansons sans licence, et crée un précédent en faveur de l’adoption de cette technologie. Parallèlement, la déclaration souligne l’importance de soutenir les artistes et de favoriser la créativité. « L’avenir de la musique peut intégrer l’IA tout en restant profondément humain », affirme Jennifer Brown, PDG de la Socan. Ce cadre confère de fait la propriété intellectuelle aux utilisateurs d’IA générative et fragilise les structures de propriété antérieures, censées protéger les artistes. Il révèle une asymétrie dans le traitement de la paternité, du travail et des risques au sein de l’industrie musicale. « Les associations musicales s’empressent d’adopter les nouvelles technologies et plateformes, tout en les critiquant, reflétant une tendance générale du secteur à privilégier les plateformes au détriment des artistes ».
Alors que des organismes comme la Socan acceptent la musique générée par l’IA, les acteurs gouvernementaux et industriels élaborent leurs propres approches. Le gouvernement fédéral canadien consulte actuellement les intervenants du secteur, notamment la Socan, sur l’interaction entre l’IA générative et le droit d’auteur. Ces consultations, menées auprès du Groupe de travail sur la stratégie en matière d’IA du gouvernement et du Comité permanent du patrimoine canadien, visent à éclairer l’élaboration de la stratégie canadienne en matière d’IA pour les années à venir. Malgré la croissance rapide de l’IA générative, le Canada ne dispose actuellement d’aucune loi spécifiquement conçue pour traiter de ses implications en matière de droit d’auteur et de droits des créateurs. Toutes les questions relatives au droit d’auteur relèvent de la Loi sur le droit d’auteur. Actuellement, la Loi sur le droit d’auteur limite l’« utilisation équitable » à des fins spécifiques comme la recherche, la critique, l’éducation ou la parodie. Autrement dit, il est légal d’utiliser des œuvres protégées par le droit d’auteur sans autorisation à ces fins et dans certains contextes. Ces fins n’incluent pas explicitement les entreprises d’IA qui entraînent leurs modèles sur de la musique sans autorisation. « Dans ce contexte, la décision de la Socan d’intégrer la musique générée par l’IA à son système de redevances, avant même que le Canada n’ait établi si cette technologie est conforme à la loi sur le droit d’auteur, revient à mettre la charrue avant les bœufs ».
Il est paradoxal de voir les organisations de l’industrie s’empresser de créer des voies d’accès pour l’IA, explique Michael Rancic. « Prenons l’exemple des plateformes musicales. Lorsque de nouvelles technologies ont bouleversé les normes créatives par le passé, l’industrie n’a pas hésité à intervenir pour protéger les titulaires de droits et sanctionner ceux qui opéraient en dehors du cadre établi. Le sampling (ou échantillonnage), par exemple, a suscité des décennies de litiges, d’accords de licence stricts et une dynamique inéquitable où la charge du risque juridique lié à l’autorisation des échantillons incombait à celui qui les utilisait. Dans les années 1980 et 1990, les différends canadiens liés au sampling ont été largement influencés par les grandes maisons de disques et les titulaires de droits américains. John Oswald, pionnier de l’approche de collage musical par échantillonnage baptisée « plunderphonics », a ressenti le poids et l’influence de la Canadian Recording Industry Association (CRIA, aujourd’hui Music Canada). L’œuvre d’Oswald transformait des tubes classés en tête des palmarès en mosaïques sonores abstraites, métamorphosant le familier en quelque chose d’étrange et d’insolite – une prouesse alliant virtuosité technique et créativité. La CRIA a agi pour le compte des majors américaines en adressant à Oswald une mise en demeure, obtenant finalement la destruction de son œuvre. »
Le régime actuel du droit d’auteur favorise les artistes établis représentés par de grandes maisons de disques, ces dernières disposant des ressources nécessaires pour identifier les titulaires de droits, négocier les licences et régler les frais initiaux éventuels, rappelle Michael Rancic. « Ce système opaque et bureaucratique pénalise lourdement les artistes émergents : il rend risquée l’utilisation transparente d’échantillons et les empêche souvent de détenir légalement les droits sur leurs œuvres – et donc d’en tirer profit. Une chanson contenant un seul échantillon non autorisé ne peut être enregistrée pour percevoir des redevances ; en revanche, une chanson créée par des plateformes entraînées sur une quantité colossale de musique non autorisée semble, elle, échapper à ces contraintes. »
« Les structures du droit d’auteur dans l’industrie musicale sont conçues pour servir ses membres les plus puissants » (voir notre article, « Mais qui décide de comment on compte ? », qui prenait justement l’exemple des Majors de la musique). « Les nouvelles technologies contribuent à perpétuer ce mécanisme : il est révélateur, par exemple, qu’avant même de pouvoir générer de la musique, les outils d’IA aient été utilisés par l’industrie pour surveiller les violations du droit d’auteur ». Spotify a acquis The Echo Nest en 2014 après que cette entreprise a mis au point une technologie d’empreinte acoustique (audio fingerprinting), capable d’analyser les caractéristiques sonores uniques d’un enregistrement pour les convertir en une signature numérique compacte. Concrètement, cette technologie permet aux plateformes de reconnaître les chansons dès leur mise en ligne et d’empêcher la diffusion de copies non autorisées. Aujourd’hui, les plateformes de streaming utilisent des technologies similaires – telles que des « filtres anti-spam musical » – pour identifier la musique générée par IA et les violations potentielles du droit d’auteur. Ces outils sont présentés comme une réponse aux violations du droit d’auteur liées à la génération de musique par IA, alors même qu’ils reposent eux aussi sur cette technologie, explique Rancic. Lorsque l’IA est à la fois le problème et la solution, il semble qu’il n’y ait plus vraiment de choix.
« Le déploiement rapide, au cours de la dernière décennie, d’outils de protection des droits basés sur l’IA témoigne de la priorité accordée de longue date à la préservation de la propriété intellectuelle et des redevances associées. Pourtant, lorsque ces mêmes technologies sous-jacentes permettent la production automatisée de musique, la réaction du secteur se fait nettement plus permissive, voire complaisante. » Au départ, l’industrie a semblé céder à la panique face à l’émergence de la musique générée par IA, les grandes maisons de disques intentant des procès aux entreprises technologiques à l’origine de ces outils. Aujourd’hui, certains de ces mêmes acteurs cherchent activement à collaborer avec ces entreprises. Warner Music Group a récemment trouvé un terrain d’entente avec Suno et Udio concernant les méthodes d’entraînement de leurs modèles d’IA, et Universal Music Group a également conclu un accord avec Udio, sans que les détails financiers et une grande partie des clauses contractuelles de ces accords ne soient ni publics ni transparents, rappelle le journaliste. « Ce que l’on sait, en revanche, c’est que ces accords s’accompagnent de l’annonce d’un partenariat entre Warner, Universal et Udio visant à créer une nouvelle plateforme de génération de musique par IA. Les accords conclus par Udio avec ces deux labels, tout comme celui passé entre Warner et Suno, prévoiraient des mécanismes permettant aux artistes de choisir si leur musique peut ou non servir à l’entraînement des modèles d’IA. Udio et Suno promettent tous deux d’abandonner progressivement les modèles actuels de leurs plateformes – entraînés à partir de musiques non autorisées -, bien que ces modèles soient toujours en service à l’heure où nous écrivons ces lignes. »
Cette attitude permissive de l’industrie face au vol de contenu par les plateformes devient plus compréhensible si l’on reconsidère la véritable finalité de la génération de musique par IA, explique Rancic. Le discours marketing d’Udio affirme que l’entreprise « développe des outils d’IA pour permettre à la prochaine génération de créateurs musicaux d’émerger », tout en soulignant sa capacité à « élargir les horizons musicaux et à permettre à chacun de créer une musique extraordinaire ». Cette présentation de l’IA comme un outil de création se retrouve dans les déclarations de la Socan ainsi que dans des articles du secteur vantant les innombrables possibilités offertes par la musique générée par IA ; comme de générer « des genres musicaux nouveaux ». « Mais tout cela relève de la communication. La véritable proposition de valeur des plateformes de musique générative ne réside ni dans l’innovation esthétique, ni dans un meilleur accès aux outils musicaux, ni même dans l’enrichissement de la création. Elle consiste avant tout à produire des contenus sonores dont on peut immédiatement s’approprier les droits. » Avant les poursuites engagées à leur encontre par les grandes maisons de disques, Suno et Udio permettaient toutes deux aux utilisateurs de télécharger et, de fait, de s’approprier les morceaux générés par l’IA. Dans le cadre de son accord à l’amiable, Udio ne permet plus aux utilisateurs de télécharger et de posséder des chansons générées par IA. Tandis que Suno impose désormais aux utilisateurs de payer pour télécharger les morceaux créés sur sa plateforme. Le nouvel abonnement « Pro » de Suno promet aux utilisateurs la possibilité de générer jusqu’à 500 chansons par mois et l’octroi immédiat des « droits d’utilisation commerciale pour les nouvelles créations ».
« Vous n’avez pas les moyens d’obtenir les droits d’utilisation d’un sample d’artistes Warner comme Neil Young ou Ed Sheeran ? Aucun souci. Vous pouvez désormais créer une chanson dans le style de ces artistes. Vous en devenez immédiatement propriétaire, vous pouvez l’échantillonner à volonté et, grâce à l’annonce de la Socan, vous pouvez même percevoir des droits d’auteur, à condition d’avoir écrit les paroles. Ce nouveau modèle contourne complètement les structures de droits d’auteur et de propriété de l’industrie musicale, le tout dans le but de générer de la valeur pour les investisseurs du secteur technologique (et, grâce à leurs accords, les maisons de disques s’assurent toutefois de conserver leur part du gâteau). Il est franchement lassant de voir ce cycle se répéter sans cesse et de constater que ceux qui, dans l’industrie, ont le pouvoir d’influencer le changement, traitent ces évolutions comme s’il s’agissait de nouveautés – une énième technologie présentée comme un outil de démocratisation de la musique, alors qu’elle sert surtout à consolider leur pouvoir et à s’approprier le travail d’autrui. »
L’abonnement « Pro » offrant « 500 chansons par mois » fait qu’il est difficile de voir Suno autrement que comme un outil de production de masse de musique sous licence pour la publicité, la télévision, les réseaux sociaux et les espaces publics. Cette stratégie est tout à fait logique étant donné la financiarisation croissante de l’industrie, où la propriété des compositions est devenue primordiale. Posséder les droits sur la composition d’une chanson – non seulement l’enregistrement sonore, que l’industrie a toujours exploité, mais aussi la musique et les paroles – est devenu un bien précieux. Des musiciens canadiens comme Young et Justin Bieber ont vendu les droits d’une part importante de leur catalogue. « L’argent dans l’industrie musicale provient désormais des contrats de licence, et non plus des ventes de disques, et les chansons constituent un actif financier », rappelle pertinemment le journaliste. « Grâce à l’IA, les grandes maisons de disques peuvent exploiter davantage ces actifs pour créer de la musique à l’image de leurs artistes sans nécessairement leur verser de royalties ». Un phénomène qui se manifeste dans l’ensemble des industries créatives, à l’image du monde des acteurs et des scénaristes… « Si l’industrie musicale s’est d’abord montrée méfiante face à la menace que représente l’IA pour le droit d’auteur, elle a désormais compris qu’elle pouvait intégrer cette technologie à ce système à son propre avantage ». Au final, tout cela se traduit par moins de travail et probablement une baisse des revenus pour les artistes.
La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer la musique, mais dans quelles conditions cette transformation aura lieu. « Des décisions comme celle de la Socan, et les récents accords conclus entre les grandes maisons de disques et les principales entreprises de musique générée par IA, laissent penser que l’industrie se prépare à intégrer les systèmes génératifs avant même d’avoir mis en place des garde-fous capables de protéger les créateurs que ces systèmes exploitent. Les nouvelles politiques de la Socan, et leur exclusion des œuvres entièrement générées par IA, pourraient constituer les prémices de tels garde-fous, mais leur portée reste floue et leur application encore plus complexe. En l’absence de normes contraignantes concernant les données d’entraînement, le consentement et la rémunération, la normalisation de la paternité assistée par IA risque de consolider les inégalités plutôt que de les résoudre. Les cadres émergents permettent aux plus influents de tirer profit de la musique générée par IA, tandis que les artistes moins connus, dont le travail a été volé, sont exploités de manière perpétuelle à chaque utilisation de ces plateformes. »
« Bien que je ne partage pas leur analyse selon laquelle les craintes suscitées par l’IA sont comparables à celles qui ont accompagné l’apparition des synthétiseurs et des boîtes à rythmes, Gordon A. Gow et Brian Fauteux proposent une idée pertinente pour un cadre potentiel encadrant l’IA », explique encore Rancic. S’appuyant sur le précédent du système de classification canadien MAPL – un label apposé sur la musique canadienne indiquant qu’elle répond à un certain niveau de contribution canadienne -, ils proposent d’étiqueter les chansons générées par l’IA. Des labels physiques et numériques pour l’IA pourraient à tout le moins favoriser la transparence et permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés, souligne le journaliste pour qui « la transparence est essentielle et doit guider tout cadre réglementaire futur ». « Les plateformes d’IA générative doivent divulguer leurs sources de données d’entraînement et fournir une documentation sur leurs modèles d’IA (taille de l’ensemble de données, répartition par genre et méthodologie). »
Certains de ces changements sont en cours : Suno a annoncé en 2025 qu’elle abandonnerait ses modèles d’IA actuels et les remplacerait par de nouveaux modèles « plus avancés », entraînés exclusivement sur des données autorisées, dans le cadre de son accord avec Warner. Toutefois, on peut soutenir que les plateformes ayant bâti leur valeur grâce à de la musique non autorisée devraient être explicitement exclues de tout cadre réglementaire régissant la musique générée par IA. Les récompenser aujourd’hui ne ferait qu’encourager, à l’avenir, ces mêmes modèles fondés sur le principe « construire d’abord, demander ensuite ».
« L’IA générative menace de déstabiliser non seulement les revenus des artistes, mais aussi le lien conceptuel entre la créativité et les créateurs eux-mêmes ». Contrairement au sampling ou à l’imitation – pratiques ancrées dans des choix guidés par un dialogue artistique et une longue tradition de la citation musicale -, « l’IA générative évince totalement le créateur ». Il ne s’agit pas d’un outil de création retravaillant ou répondant à une œuvre existante, mais d’un processus qui dépossède les artistes de leur propre travail. « Si les accords conclus entre les grandes maisons de disques et les plateformes d’IA peuvent sembler positifs pour les artistes, il convient de rappeler qu’ils sont conçus dans l’intérêt des dirigeants et des actionnaires, et non nécessairement de celui des artistes et musiciens ; ces derniers risquent de subir des pressions pour s’intégrer à ces nouveaux systèmes d’IA, alors même que leurs opportunités s’amenuisent face à la production de masse de chansons ».
« Si les décideurs politiques n’agissent pas avec détermination, les artistes pourraient se retrouver confrontés à un avenir où prospèrent des structures de propriété prédatrices et des plateformes dominantes, tandis que la pratique musicale humaine deviendrait de plus en plus précaire au sein des systèmes qui reposent pourtant sur elle. Il n’en résulterait pas nécessairement le silence, mais une profusion de musique à la tonalité étrangement anonyme : un flux ininterrompu de chansons aux styles familiers, générées pour imiter des artistes et des genres populaires, mais déconnectées des communautés et des relations qui les avaient fait naître. Dans ce scénario, la musique de demain se caractériserait par une présence sonore constante doublée d’une absence croissante d’auteur identifiable. »
Bon an mal an, il se publie environ 6 500 livres au Québec. Certains gagnent des prix. Certains sont vendus à plusieurs milliers d’exemplaires. Certains font parler. Et certains surgissent des profondeurs pour briller de leur éclat vif dans notre ciel littéraire. Des perles noires pour lesquels les mots « inventivité », « virtuosité » et « singularité » ne suffisent pas à décrire la valeur artistique. La base et le sommet est le sixième recueil de François Guerrette. Rencontre avec un poète.
Philippe Garon – Depuis plusieurs années, ton écriture m’impressionne. Mais là, avec ce recueil, il me semble que t’as réussi quelque chose d’encore plus important…
François Guerrette – J’ai déposé sept ans de ma vie dans ce texte-là. L’écrire a été une grande souffrance. Ça m’a vraiment tout pris. La poésie, ç’a toujours été comme ça pour moi. En général, je dors pas beaucoup, je mange pas beaucoup. Mais pour celui-là, ç’a été encore pire. Au début, je trouvais ça rigolo comme mode de vie. À me prendre pour une sorte de sorcier. Mais c’est toujours devenu de plus en plus violent.
Quand j’ai commencé La base et le sommet, j’étais déjà pas solide sur mes patins. En fait, j’étais à genou. Je vois l’écriture un peu comme une malédiction. Si je pouvais parler au jeune François, je lui dirais : « Fais autre chose. » Je lui suggérerais de se consacrer à une activité plus réelle. J’aurais aimé mener une vie plus simple. Pour expliquer ce que ça me fait vivre, je prendrais l’exemple de la série Stranger Things. Le monde de la poésie pour moi, c’est un peu comme un monde à l’envers, un monde dans le monde et hors du monde. Oui, ça m’épouvante, mais je continue pareil. C’est certain que je cours après quelque chose. Un certain plaisir. Mais le plaisir, c’est pas nécessairement léger. On est loin de l’image du gars assis tranquille dans un café avec le sourire aux lèvres. J’écris pas autour du feu. J’écris dans le feu.
P. G. – Qu’est-ce que tu as découvert pendant le processus de La base et le sommet?
F. G. – Que je ne peux plus écrire comme j’écrivais avant. Heureusement que ça s’est mal passé, parce que j’aurais continué à écrire à peu près la même sorte de livres. Donc, ce recueil-là m’a changé. Plus j’avançais, plus il était différent des autres. J’ai tenté d’écrire la cathédrale de moi-même. Quand l’écriture prend toute la place, tu fais face à l’absence de vie. J’ai passé du temps en désintox, puis même là, je continuais à écrire parce que je continuais à découvrir des choses en écrivant.
Le livre est ambitieux. On rentre dans un abîme. J’ai réellement vécu l’expérience d’un abîme. C’est sans fond. Mais je continuais à avancer pareil, parce que je continuais à découvrir. J’ai failli abandonner. Je comprends le plaisir qu’on peut éprouver à sortir un livre aux deux ans. Mais La base et le sommet, c’est pas le genre de projet qu’on peut faire rapidement. C’est pas parce que je me suis mis à moins écrire. C’est parce que ses matériaux sont dangereux, douloureux, troublants. Plus sensés et plus près de soi. Saignants.
P. G. – Quelles ont été tes influences?
F. G. – Avant, j’idéalisais les auteurs fous, comme Denis Vanier. Je me suis écœuré de ça. Maintenant, les textes qui me soufflent dans la bouche, qui me donnent de l’air, sont loin de moi. Des trucs comme des poètes persans mystiques du XIe siècle. René Char. Je l’avais déjà lu plus jeune, mais pendant la pandémie, je suis retourné vers lui et j’ai été touché par sa bienveillance. Je l’avais en moi, ce héros de guerre, ce cœur de géant. Je sentais que dans les textes que je venais d’écrire, je pouvais déposer plus de bienveillance. Il m’a aidé. Avec Feuillet d’Hypnos, de courtes pensées écrites quand il était au front. Les matinaux aussi.
Dans les dernières années, je me suis plus intéressé à la lecture. Lire, c’est une expérience sensible. De quoi c’est fait, un texte? D’un imaginaire, d’une singularité, d’un rapport au monde, d’une sensibilité. Quand t’as plus conscience de ça, tu peux travailler à déplacer le sens, à proposer un décalage. Maurice Blanchot est un de ceux qui ont le mieux décrit ce qu’est l’expérience de l’écriture. Il parle entre autres de Kafka : « Loin de toi se déroule une histoire mondiale de ton âme. » Cette citation-là m’a donné l’objectif de mon livre.
François Guerrette, La base et le sommet, Poètes de brousse, 2025.
Long métrage réalisé par le cinéaste iranien Jafar Panahi et tourné en Iran sans autorisation officielle, Un simple accident, sorti en 2025, se démarque notamment par les sujets profonds qu’il aborde et par la façon dont ils sont traités. L’audace dont le réalisateur a fait preuve a permis à son film de recevoir plusieurs distinctions dans de nombreux festivals et de remporter la Palme d’or au Festival de Cannes.
Après avoir écrasé un chien en voiture en direction de sa maison, un père de famille se voit dans l’obligation de s’arrêter à un garage avant de poursuivre sa route. Dès cet instant, le spectateur est plongé dans l’incompréhension et le doute. En effet, lorsque l’homme arrive au garage, le mécanicien Vahid, ex-prisonnier des autorités iraniennes, commence à agir bizarrement. On apprend plus tard que Vahid veut se venger de cet homme, puisqu’il croit avoir reconnu le grincement de la prothèse de son ancien tortionnaire, Eghbal. Ce grincement est d’ailleurs source de torture, non seulement pour Vahid, qui se remémore des souvenirs douloureux, mais également pour le spectateur, qui doit entendre le grincement même à la fin du film. Sous l’impulsion, Vahid suit l’automobiliste et décide de le kidnapper le lendemain matin avec le projet de l’enterrer vivant. Vahid commence toutefois à douter lorsque l’homme nie totalement être Eghbal. Il ira donc chercher d’anciens détenus pour l’aider à identifier leur bourreau. Le spectateur doit alors faire preuve de sens critique : ce père de famille peut-il vraiment être responsable d’autant de mal? Et si oui, doit-on combattre le feu par le feu?
Jafar Panahi réussit à plonger le spectateur dans l’inconfort à l’aide de bruits agressants et incessants. Les grincements, les klaxons, les moteurs, les aboiements s’enchaînent, ne donnant aucun repos aux spectateurs, comme si nous étions torturés, tout comme les ex-prisonniers. D’ailleurs, le grincement de la prothèse sert à créer une scène miroir où ce bruit revient nous hanter à la fin du long métrage. De plus, le réalisateur réussit à mettre en image la répression iranienne ainsi que la souffrance infligée à la population. En fait, même après plusieurs années, les ex-détenus encore traumatisés ne se sont pas remis de leur emprisonnement. Nous pouvons penser à la scène où Vahid va chercher Hamid pour identifier Eghbal. Lorsqu’Hamid confirme que c’est bien lui, il devient hystérique et tout le monde doit essayer de le calmer. Même si le jeu des acteurs laisse parfois à désirer, comme dans cette scène un peu surjouée, nous comprenons tout de même le message principal du film. De plus, les nombreux plans tournés dans une fourgonnette et dans des endroits peu fréquentés viennent nourrir l’idée d’un système autoritaire, puisque le réalisateur a dû tourner illégalement son film pour pouvoir critiquer ce système.
Malgré de grands défis de tournage, Jafar Panahi réussit à toucher le spectateur et conclut son histoire en montrant, avec ces personnages empathiques et humains, que la solution n’est pas de se réduire aux mêmes niveaux que les forces répressives iraniennes en combattant avec la violence. Il n’est donc pas étonnant que ce chef-d’œuvre cinématographique ait été récompensé.


Le gouvernement fédéral a présenté des mesures en représailles aux droits de douane américains entrés en vigueur samedi dernier.
À compter du 8 septembre, le Canada imposera des taxes à l’importation de 15%, 25% ou 50% sur environ 700 produits américains.
Secteurs les plus touchés
Ces contres-tarifs ne visent que des produits frappés par des tarifs américains.
Ils s’appliqueront à presque 28 milliards $ d’exportations annuelles des États-Unis vers le Canada.
Réponse américaine à la riposte canadienne
Donald Trump avait dès lundi, avant qu’on connaisse le détail des contre-tarifs, menacé de porter à 50% en janvier prochain les tarifs américains sur les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier canadiens.
[L'article Riposte canadienne aux tarifs douaniers américains – voici l’essentiel a d'abord été publié dans InfoBref.]